fraicheur. Dieu est beau.

Publié le 28 Août 2009








"Il n'y a au monde que Dieu, que sa tendresse, que sa vérité, que sa beauté. Ce sont les yeux mal faits qui voient et qui regardent autre chose."

dom Delatte


La nature revit, reprend vie, reprend goût à la vie.
Il y a quelqu’un derrière tout ça. Pas l’homme, même si celui-ci voudrait bien.
L’homme procréateur, s’est autoproclamé impunément créateur. Cependant, force est de le constater il n’est que « pro (= à la place de) créateur ». Dieu - lui - demeure le seul et l’unique « créateur ». La confusion des rôles pousse aussi l’homme à trop s’attacher à la créature, il s’éloigne du Créateur. Enfin l’homme pour « cueillir » la beauté ne doit pas s’arrêter à la Créature, mais aller jusqu’au bout du chemin, et remonter jusqu’au créateur, car c’est là que se tient la vraie beauté, l’unique beauté, l’éternelle beauté de Dieu. Une beauté impérissable. Une beauté inflétrissable, heureuse, inviolable, incessible et toujours belle, toujours neuve, toujours fraîche. La fraîcheur de Dieu. ! N’a-t-on jamais pensé que Dieu était frais ? Il est frais, car il est vrai. Comment arriver à goûter la fraîcheur de Dieu ?

L’homme qui se sait procréateur et ne prend pas la place de Dieu, reste frais et dispos. Il goûte à cette fraîcheur indicible qui rend l’âme légère et profonde en même temps, sereine et quiète, puissante et douce. L’homme qui connaît sa place, reste serein. Il devient saint.

L’homme doit pour cela tenir sa place, toute sa place et rien que sa place : celle de procréateur et non de créateur. Tout ce que l’homme peut inventer ou « créer » n’est jamais fait à partir de rien. L’homme transforme, mais ne "crée" pas ex nihilo ; car il a tout reçu. Car au fond, qu’est-ce l’homme possède qui ne lui ait été donné dit l’Apôtre aux Gentils (et aux méchants aussi).
Car Dieu reste le premier et unique Créateur ex nihilo, même si dans sa grande bonté, il laisse à l’homme le soin de la nature, de la création! Le Créateur part de rien pour donner vie, le procréateur reçoit la vie et la transmet. Si le procréateur prend la place du Créateur, c'est-à-dire s’il dévie l’ordre naturel, la loi naturelle, alors il ne faut pas s’étonner de ce que la Création se rebelle, dans ses éléments, mais aussi dans la nature humaine. C’est le début d’un chaos. Certains dysfonctionnements dans la nature n’arrivent pas « au hasard ». Ce n’est pas la faute à « pas d’chance ».
Si l’on va contre la vie, contre la nature, contre la Création, alors la vie, la nature, la création se retournent et se rebellent… ! C’est physique. Mieux : c'est Métaphysique.

Car la Vie est dans la Création, mais Dieu seul en est l’auteur, à la fois de la Vie et de la Création. Dieu est auteur. Dieu est à la hauteur. Dieu est l’auteur-compositeur-inter
prète d’une Création artistique, esthétique, ordonnée, qui ne fait que louer son Créateur. Que fait la nature, chaque printemps, sinon de louer Dieu dans cet acte générationnel de renaissance?
La Création est œuvre, chef-d’œuvre de Dieu, gros-œuvre, son ouvrage éternellement aimé, béni et recommencé. Et Dieu esthète ne se lasse pas d’aimer sa Créature, sa Création. Il y a dans le printemps de Dieu et de la nature un mélange de beauté et d’amour. Et quand la créature décide de s’autodétruire, Dieu la recrée, et l’aime encore davantage. Car Dieu aime sa Création. La preuve : chaque année il la fait renaître cycliquement avec toujours plus de beauté et de splendeur.

Il dirige cette œuvre et cet œuvre, tel un chef d’orchestre fait exécuter ces partitions que sont les éléments de la nature, et à travers lesquels l’homme, lorsqu’il entend bien l’harmonie musicale, parvient à lire la loi de Dieu ; car si l’on s’approche bien du papier-musique, l’on y découvre les merveilles de cette loi de nature. Or, l'homme aujourd'hui a plutôt tendance à déchirer la partition pour jouer de la musique sérielle inaudible et vomissable.

Dieu est auteur d’une musique douce où il fait alterner les espaces de silence avec la joie ineffable des saisons, dont les résonnances seront rationalisées par l’homme acquis à la Sagesse.

Dieu ne se contente pas d’être un grand auteur-compositeur, il est complet dans son art. Il cumule tous les arts. Dieu est artiste à savoir « musicien », mais aussi peintre, sculpteur, chorégraphe, potier, horloger. Il est bien davantage que le froid et impersonnel « architecte de l’Univers » de nos frères en truelles et tabliers. Dieu est bien plus qu’architecte car il AIME avant tout sa création. Un architecte peut être un bon technicien, cela ne veut pas dire pour autant qu’il soit un technicien bon. Dieu est bon, et cette bonté il la transmet à sa Création.

Dieu est tout ça à la fois, lorsqu’il a bâti l’humanité et la nature qui lui sert de toile de fond. Simplement parce que Dieu ne se contente pas de « créer » seulement mais aussi il maintient « dans la vie » sa création. Il donne à la fois l’essence et l’existence, ces deux choses qui, en lui, se confondent. Et lorsque Dieu crée, il aime d’abord. « Et Dieu vit que cela était bon » nous dit le premier livre du Livre.

Dieu est à la fois le sculpteur et le peintre de nos âmes. Sculpteur car il modèle notre âme autant qu’il le peut à l’aide du burin des épreuves, des intempéries de la vie ; il l’affine, l’ébauche jusqu’à en obtenir les traits lisses et suaves d’une âme bien ronde en générosité et rompue aux sacrifices. Il burine bien nos âmes jusqu’à ce que les aspérités de l’égoïsme et du caractère mauvais puissent tomber telles des scories.

Mais Dieu est le peintre aussi, et sur le fond de la toile qu’est l’âme humaine, Dieu se plaît à peindre des paysages aussi différents que sont les âmes ; précisément, parce que dans la nature, il y a autant de paysages aussi beaux les uns que les autres, mais tous différents. Et que les âmes que Dieu peint sont belles !!! Quelle splendeur ! Quelle beauté ineffable trouve-t-on dans les âmes ! Comme dans les paysages.

Tous différents, mais tous « beaux ». Car Dieu est beau. Dieu aime la beauté, Dieu s’aime, sa bonté et sa beauté sont « diffusives de soi ». Dieu peint de la beauté et il en met partout ; Dieu ignore la laideur, la disharmonie, le déséquilibre prétendument artistique. Dieu se tient caché dans le κανων, la règle, l’ordre esthétique, l’harmonie. Dans l’ordre de la splendeur, dans la tranquillité de la beauté. Dieu aime ce qui est Beau. Car DIEU est BEAU. Une âme est belle, parce que Dieu y réside ; la laideur d’une âme vient de ce qu’elle a chassé Dieu de son logis. L’âme qui a chassé Dieu de chez elle, cherche une beauté vaine, illusoire, éphémère. Elle recherche celle de la créature et non celle du Créateur. On y revient… !

La beauté physique est illusoire car elle est toute relative et se flétrit tôt ou tard, en revanche c’est la beauté de l’âme que Dieu cultive. L’on croit parfois que la beauté physique pourrait être le reflet de l’âme. Ça reste à prouver, et personne n’est parvenu à établir ce lien de causalité. Au reste, certaines personnes belles physiquement sont des ruines à l’intérieur, des marécages insoutenables, d’innommables perversions !

Dieu au contraire embellit notre âme par sa présence secrète, sa douce force, sa lumière suave, son imparable silence, ses vertus insignes et sa grâce… ! oui, la Grâce. Enfin la Grâce !

Aujourd’hui les hommes et les femmes passent des heures devant le miroir pour se trouver « beaux » ou « moches » ; tout cela est bien illusoire et éphémère. C’est dans le miroir d’éternité de Dieu qu’ils devraient plutôt regarder leur âme, pour voir que la Beauté de Dieu y demeur inviolée ! Se voir en Dieu, c’est trouver Dieu beau. C’est dans le miroir du Saint Tabernacle, devant l’écrin du Très Saint et Auguste Sacrement, qu’il faut qu’ils se regardent et se retrouvent.

Une âme qui découvre Dieu en elle, devant le Saint Sacrement, a tout compris de la beauté de Dieu, de sa bonté, de sa vérité. Elle ne se trompe plus entre le Créateur et la Créature, et s’attache à la beauté du Créateur, pour laisser resplendir celle de Dieu dans la Créature.
Oui Dieu est beau, aussi et surtout dans l’âme, car s’il s’y tient caché il se révèle à celui qui le cherche, tel un trésor et il se fait chercher dans sa beauté. Le reflet des rayons du Très Saint Sacrement vient se poser sur l’âme qui rayonne à son tour.

L’âme est belle, car Dieu y repose mystérieusement beau. Tel un ostensoir. Son "souvenir luit en nous" comme un ostensoir. Dieu est beau.

Mgr Jean-François Grégoire Lantheaume


Rédigé par philippe

Publié dans #divers

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Esther 14/06/2010 22:36



Merci pour ces mots qui font du bien au coeur.



annie gilbert 29/08/2009 09:36

Bonjour,
Je découvre sur l'écran le merveilleux jardin et les peintures de André Van Beek.
Cela me donne envie d'y aller un jour.
Je garde précieusement les coordonnées.
Merci le petit film est très intéressant aussi...
Si vous y allez cette année, vous me raconterez.
Cordialement.
Annie Gilbert

Loïc 28/08/2009 22:18

tout à fait bénédictin! félicitations.

Hervé 28/08/2009 21:40

combien coûte ses toiles? très beau texte.

philippe 28/08/2009 21:46


il faut demander à l'artiste. On ne juge pas ces toiles en fonction du prix demandé....
bon moi je ne peux pas m'en offrir une .. même pitipiti.. hélas.
 pour le moment. C'est un patrimoine que l'on garde des générations entières. Surtout quand l'artiste est coté. Cela a disons une certaine valeur.