Benoit XVI et l'art.

Publié le 23 Novembre 2009

 

 

En rappelant à la mémoire le pape Paul VI Benoît XVI démontre la visibilité de l'Eglise,   et qu'il n'y a jamais eu de rupture dans le magistère de l'Eglise,



Benoît XVI salue le génie des artistes

Jean-Marie Guénois

23/11/2009 | Mise à jour : 14:24 | Ajouter à ma sélection

En recevant, samedi, des artistes de toutes spécialités, le Pape a cherché à réconcilier le monde de l'art et l'Église, et les a appelés à leurs responsabilités dans un monde désenchanté.

 

L'Église et l'art sont de vieux amis.


Une amitié séculaire, complexe et féconde. Samedi, Benoît XVI a voulu célébrer cette alliance. Dans le joyau visuel du Vatican, la chapelle Sixtine, il avait invité 260 artistes, essentiellement italiens, mais représentants tous les arts. Ainsi, des personnalités aussi différentes que l'architecte Mario Botta, que les chanteurs Andrea Bocelli, Richard Cocciante, le compositeur Ennio Morricone, l'acteur Raul Bova, mais aussi le réalisateur britannique Peter Greenaway, le sculpteur Igor Mitoraj, ou la pianiste canadienne Angela Hewitt. La rencontre, assez formelle, ponctuée par l'audition d'œuvres de Palestrina interprétées par le chœur de la chapelle Sixtine, a été marquée par un discours du Pape où il a certes voulu appeler à leurs responsabilités les artistes mais en rendant hommage à deux de ses prédécesseurs qui avaient cherché à réconcilier l'Église et le monde de l'art, Paul VI et Jean-Paul II.

 

Ce dernier avait écrit en l'an 2000 une « lettre aux artistes » qu'il avait également reçus pour cette année jubilaire. Quant à Paul VI, il avait lancé un appel vibrant en leur direction en 1964 : « Nous avons besoin de vous » parce que, comme les prêtres, «vous êtes des maîtres » dans l'art de « rendre accessible (…) le monde de l'esprit, de l'invisible, de l'ineffable, de Dieu». Ce pape du concile Vatican II allait même jusqu'à conclure qu'«il faut rétablir l'amitié entre l'Église et les artistes » et faire « coïncider le sacerdoce avec l'art».

 

«Secousse salutaire»

 

Benoît XVI a donc voulu s'inscrire dans cet héritage. Quarante-cinq ans plus tard, en prenant l'initiative de cette réunion, il a cherché à tirer un bilan de cette volonté de réconciliation pour la réactiver, en quelque sorte. Méditant sur les fresques de la chapelle Sixtine aujourd'hui magnifiquement restaurées, il est parti de la notion de « beauté ». Et citant à nouveau Paul VI, il a lancé aux artistes : «Vous êtes les gardiens de la beauté du monde ! » Une haute responsabilité qui n'a rien d'« accessoire » en ces temps de « résignation, d'agressivité et de désespoir».


S'inspirant de Dostoïevski et de Braque, il a insisté sur la capacité de l'art à «provoquer» dans l'homme, un « réveil », une « secousse salutaire » qui lui ordonne de «sortir de lui-même » pour « ouvrir à nouveau les yeux du cœur et de l'esprit» et se «remettre en marche » à nouveau « rempli d'espérance».

 

Vision sans doute optimiste de l'art, car, a pu déplorer Benoît XVI, la beauté qui est diffusée est « trop souvent (…) illusoire et fallacieuse, superficielle et aveuglante jusqu'à l'étourdissement ». Il dénonce cette «beauté séduisante mais hypocrite » qui « emprisonne les hommes en eux-mêmes et les rend encore plus esclaves, privés d'expérience et de joie ». Il déplore ainsi «les visages de l'obscénité, de la transgression ou de la provocation pour elle-même». La beauté, a-t-il insisté, est une «voix vers la Transcendance, vers le mystère ultime, vers Dieu». En ce sens, «l'art a une valeur religieuse et peut se transformer en un parcours de profonde réflexion intérieure et de spiritualité ». Citant le théologien Hans Urs von Balthasar, la philosophe Simone Weil et Hermann Hesse, il a alors évoqué « une voie de la beauté », qui pourrait se résumer à cette formule : «L'art signifie montrer Dieu au cœur de toute chose.» En conclusion, Benoît XVI, grand joueur de piano à titre privé, a voulu lancer «un appel cordial, amical et passionné» aux artistes : «Vous êtes les gardiens de la beauté, grâce à votre talent, vous avez la possibilité de parler au cœur de l'humanité (…), de susciter des rêves et de l'espérance. (…) Soyez donc conscients de cette grande responsabilité de communiquer la beauté. (…) Vous êtes aussi des pèlerins dans le monde et dans l'histoire vers la beauté infinie. La foi n'enlève rien à votre génie, à votre art. Au contraire, elle les nourrit et les exalte.»

 

link le figaro.


Rédigé par philippe

Publié dans #divers

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