christianus moriens

Publié le 9 Janvier 2014

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Il est de grande importance de mettre l'accent sur cette morale particulière du catholicisme au moment de la mort, car il y a tellement de paganisme insconscient de tous côtés, et l'insensibilité avec laquelle les hommes et les femmes de notre temps envisagent la mort, est un trait fort alarmant dans l'horizon religieux du monde moderne.

 

Il est certainement vrai que les diverses races et les diverses civilisations regardent la mort très différemment du point de vue naturel. L'Arabe du désert, par exemple, passe de la vie dans l'inconnu, avec une insouciance qui est absolument déconcertante pour une société dans laquelle on fait tous les efforts et l'on n'épargne aucune dépense pour retarder la mort le plus longtemps possible.

 

Tous les historiens doivent admettre que l'appréciation de la valeur de la vie humaine, telle que la montrent les hommes des divers époques, est différente.

 

Nous vivons nous-mêmes en un temps qui professe une estime presque excessive pour la vie humaine, mais ceci est tout à fait un trait moderne;  dans la plupart des civilisations plus vieilles, la privation de la vie n'eut jamais autant d'importance qu'elle en a aujourd'hui. Mais, même quand on accorde ces différences dans les jugements de l'opinion, le fait demeure cependant que les chrétiens de tous les temps ont respecté l'heure de la mort comme une heure sacrée; ils l'ont entourée de toutes les cérémonies de la religion; même s'ils meurent joyeusement, ils meurent saintement, avec des prières sur les lèvres.

 

En dépit de cette estime exagérée de la vie humaine dans la société moderne, nos néo-païens, par une étrange contradiction, - bien qu'on rencontre souvent cette contradiction à la fois dans le domaine religieux et dans le domaine moral, - s'efforcent de nous imposer des méthodes qui révoltent notre sentiment chrétien.

 

Le mot gracieux "d'euthanasie" recouvre une très laide réalité;  une vie inutile, une vie sans joie, une vie sans profit, devrait, par l'autorité publique et par les ressources de l'art médical, finir dans l'allégresse d'une extase.

 

Le catholicisme s'est toujours dressé avec force contre ces perversités et il continuera toujours de les combattre. 

 

Mais, demande-t-on, sur quel principe fondamental exactement, l'Eglise base-t-elle sa conduite et réprouve-t-elle comme criminel et monstrueusement coupable tout attentat contre la vie humaine, même si cet attentat doit provenir des intentions les plus humanitaires et du désir de soulager ou de terminer la souffrance? Pourquoi donc le suicide est-il un crime si détestable aux yeux des chrétiens?

 

La position de l'Eglise sur ce point est extrêmement simple; il ne s'agit pas de savoir si une vie humaine est heureuse ou malheureuse, utile ou inutile; la question morale, qui est d'une importance si suprême pour la race humaine, se réduit à un seul principe: Dieu, et Dieu seul, est le maître de la vie et de la mort. 

 

Si l'on nie a priori la souveraineté de Dieu, il m'est impossible de voir quelle réponse on peut donner aux apôtres de l'euthanasie. Dans ce cas, comme ailleurs dans la morale chrétienne, une seule réponse est adéquate: la suprématie de Dieu, l'ordonnance de Dieu, en d'autres termes, la volonté de Dieu.

 

Une société complètement éloignée de la foi dans les droits transcendants de Dieu retombera sur les avantages de l'humanité avec une sorte de recul violent et fera du progrès de la race une religion plus fanatique que jamais aucune religion déiste ne pourrait l'être.

 

Que cette grande élimination de la suprématie de Dieu soit voulue, et il ne peut plus y avoir de restreinte pour le docteur de l'euthanasie, pour l'apôtre du contrôle des naissances, pour l'eugéniste, pour le propagandiste de l'amour libre ou pour le spiritiste; tous ces prophètes auront pleine liberté de prévoir et de prédire la grande félicité pour l'avenir de l'humanité.

 

 

2/ de la crémation.

 

Je ne puis conclure ce chapitre sans dire un mot de la crémation.

 

Cette façon de détruire les cadavres par le feu est en vérité très ancienne dans le monde et elle n'implique nécessairement aucune impiété ou exécration.

 

Mais il est évident que jamais les chrétiens n'ont brûlé leurs morts. Un écrivain du troisième siècle, Minutius Félix, explique clairement que même à cette date primitive, l'opposition faite au bûcher funéraire ne reposait pas sur quelque crainte pour les corps des élus. Il dit:" Nous ne craignons pas, comme vous le supposez, que ce mode de sépulture soit nuisible, mais nous restons attachés à la plus ancienne et meilleure."

 

Il est évident que la réintroduction de la crémation dans la société moderne a été invariablement associée à une pensée d'hostilité contre la religion catholique et chrétienne et qu'elle a été très distinctement l'oeuvre de la pire espèce de la franc-maçonnerie continentale.

 

Les ennemis de l'Eglise ont chois la crémation comme une manière d'afficher leur révolte même dans la mort.

 

 

dom Anschaire Vonier

1946


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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