christianus sacrificans

Publié le 26 Janvier 2014

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  On sait que l'élément mystérieux, le noyau caché de la prière chrétienne est le sacrifice chrétien. S'il y a le christianus orans, le chrétien en prière, il y a aussi le christianus sacrificans, le chrétien qui offre un sacrifice.

 

   En fait, dans le christianisme, les deux attitudes ne sont qu'une seule et la même, ou plutôt elles sont si complètement entrelacées que la prière chrétienne par excellence se trouve dans les paroles et les actions qui préparent, constituent et complètent le sacrifice chrétien, crète de la vague de la prière chrétienne. Le chrétien lui-même se trouve autant chez lui dans l'action du sacrifice qu'il l'est dans l'exercice de la prière.

 

   L'acte du sacrifice est le plus simple et le plus direct de tous les actes religieux dont l'homme est capable. Cet acte possède une signification naturelle et littérale que l'homme ignore vite quand il essaie de s'unir à Dieu d'une manière plus subjective et plus abstraite. Des rites compliqués de moindre importance peuvent entourer l'acte du sacrifice ou la victime, mais les hommes ont toujours compris que, lorsqu'ils offrent un sacrifice, ils livrent quelque chose à Dieu, de même qu'ils abandonnent leur fille à celui qui l'épouse.

 

   L'acte du mariage peut se dérouler dans les fêtes de noces les plus fantastiques et comprendre des cérémonies symboliques ou insignifiantes; l'action fondamentale demeure claire, simple et directe comme le chant de l'oiseau, et tout le monde le connait:" L'homme laissera son père et sa mère et s'attachera à son épouse, et ils seront deux dans une seule chair. "

 

   L'homme qui va offrir un sacrifice apporte à Dieu un don, un don définitif et final, un don sans regret. Si Dieu lui rend une part de ce don, ou même ce don tout entier, tant mieux pour l'homme, mais l'attente de ce retour n'est qu'accidentelle au don qui constitue le sacrifice. Le fait qui a contribué le plus à rendre l'acte du sacrifice clair et vrai, c'est qu'il implique une victime déterminée ou un objet qui doit être choisi pour des qualités déterminées, qui doit être offert à un moment déterminé, au moyen d'actions et de cérémonies exactement fixées par la tradition.

 

   La clarté d'intention est, plus que pour tout autre sacrifice, le glorieux privilège du sacrifice chrétien. Le christianus sacrificans se rend au temple avec une volonté si déterminée, si lucide, qu'elle lui donne une allégresse de coeur. Regardons-le, regardons sa foi, son intelligence, quand il quitte ses occupations quotidiennes pour accomplir l'acte sublime du sacrifice divin, qui surpasse les sacrifices de tous les lieux et de tous les temps; il sait que le Fils de Dieu a offert lui-même un holocauste parfait, un sacrifice d'une douceur infinie. La mort du Christ sur la Croix est le seul vrai sacrifice. Le chrétien connait la déclaration solennelle de saint Paul disant que le Christ "s'est livré lui-même pour nous à Dieu, comme une oblation et un sacrifice d'agréable odeur."

 

   "L'agréable parfum" a été le mérite de tous les sacrifices depuis celui de Noé jusqu'alors.

   Le chrétien sait que le Christ " ne s'est pas offert lui-même plusieurs fois comme le grand-prêtre entre chaque année dans le sanctuaire avec un sang qui n'est pas le sien."

 

   N'est-ce pas le coeur même de l'espérance chrétienne, que 'le Christ s'est offert une seule fois pour ôter les péchés de la multitude?"

 

   La conscience chrétienne est comme hantée par la mémoire de cette grande chose, la mort de Dieu, le sacrifice de l'Agneau de Dieu et sa richesse inépuisable de miséricorde.

 

   Qu'est-ce donc que le chrétien va voir, quand il porte le souvenir du sacrifice du Fils de Dieu sur la montagne? Il va encore voir un sacrifice, prendre part à un sacrifice, même offrir un sacrifice avec une intention aussi claire que s'il avait été invité à prendre un agneau de son troupeau et à l'apporter au prêtre.

 

   Car, bien que le sacrifice du Fils de Dieu ne puisse pas être répété dans le cadre naturel et terrible du premier Vendredi Saint, il peut être répété en toute vérité, en toute réalité, dans un mystère, dans le sacrement, in mysterio, in sacramento .

 

 

dom Vonier.

 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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