christianus tentatus . (2 ).

Publié le 3 Mars 2014

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   En ces jours où l'humanisme prévaut partout dans le monde et exerce sa subtile influence même sur les théologiens, on s'élève contre l'idée que les enfants de Dieu puissent être soumis à la tentation, et l'on présente des objections que nos ancêtres, plus forts dans la foi n'auraient pas acceptées.

 

   C'est là évidement la théologie du " Bon Père", qui n'a pas de place dans la doctrine classique du christianus tentatus. " Dieu, dit-on, est un bon Père, et comment son Coeur pourrait-il lui permettre de laisser ses enfants dans les perspexités de la tentation? "

 

   Le plus grand malheur qui est tombé sur la pensée religieuse moderne est d'écarter tous les autres noms divins pour ne garder que celui de Père, comme si celui-ci tout seul exprimait Dieu adéquatement.

 

   C'est donc le mérite de la vraie théologie chrétienne de n'être pas scandalisée, mais d'être édifiée par les tentations que Dieu envoie à ses créatures raisonnables; on peut dire qu'une divinité qui peut se permettre cette conduite donne la preuve de son authenticité.

 

   " Dieu est fidèle et il ne souffrira pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces; mais avec la tentation il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter . " Eph; V,8

 

   Dieu soumet donc ses enfants à un régime de tentation comme il leur ménage une providence de prospérité, et il en use tour à tour avec une égale perfection d'exécution. N'est-ce pas cette compréhension plus ancienne et plus vaste de la nature de Dieu, qui donne sa présentation dans la Bible une splendeur, une puissance, un intérêt qui manque complètement à la plupart de nos hymnes, de composition humaine?

 

" Quand il me tuerait, et que je n'aurais rien à espérer, je défendrais devant lui ma conduite, mais il est mon salut, car aucun hypocrite ne peut paraître en sa présence." 

 

Ainsi parlait Job, le poète inspiré de la tentation, celui qui en est le perpétuel modèle. Nos saintes Ecritures sont la seule histoire authentique que nous ayons de Dieu et de ses voies; elle nous présentent une Puissance si sûre d'elle-même qu'elle peut sans péril laisser tomber l'homme dans les plus profonds abîmes.  Cette réponse fut donnée à celui qui demanda par trois fois au Seigneur d'être délivré de la tentation:" ma grâce te suffit; "

 

La grâce est comme le transport d'allégresse du Seigneur en face du péril:" Le Seigneur est comme un homme de guerre; son Nom est le Tout-Puissant."

 

  Il n'est pas contradictoire que Dieu nous enseigne à prier ainsi: "' Ne nous induisez pas dans la tentation", tandis que, d'autre part, il nous envoie des tentations.

 

Ce qui ne nous a pas été révélé, c'est pourquoi Dieu nous tente; il est alors le vir pugnator, l'homme qui combat; Dieu affronte le danger, il nous emmène avec lui, et tout ce que nous savons de lui nous fait croire qu'il désire nous voir demander l'allègement des charges qu'il nous impose.

 

   Nous le prions de nous délivrer de sa propre colère:" Ab ira tua, libera nos Domine"." C'est l'une des invocations de l'Eglise dans ses grandes Litanies, et le Missel Romain renferme aussi une spéciale collecte: " Pro tentatis et tribulatis" (pour ceux qui sont dans la tentation et dans la tribulation. )

 

   ....

 

    Quand il y a des épreuves et des difficultés, des peines cuisantes et des échecs en quelque région de la maison de l'Eglise catholique, nous devons passer devant la scène de l'affliction avec un pas aussi léger et aussi délicat que si nous arrivions à la porte d'un ami gravement malade; c'est sur ce point que Jésus donna à ses apôtres la plus grande louange; ils le regardaient avec une terreur sacrée quand ils ne comprenaient pas la cause de ses peines: " Vous êtes ceux qui sont demeurés avec moi dans mes épreuves."

 

 

 

 


 

 

Rédigé par dom Vonier

Publié dans #spiritualité

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