de l'Assomption de la Très Sainte Vierge.

Publié le 14 Août 2012

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  O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous.


avec nos grands défunts qui nous tirent vers le Haut.

 

 

Tandis que je considère et médite souvent en esprit l'Assomption de la Mère de Dieu, une question se présente à moi, qui vaut la peine qu'on l'examine, qu'il y a profit à résoudre, et dont il est très doux de parler.

 

On peut se demander, en effet, pourquoi, lors de l'Ascension du Seigneur au ciel, sa Mère qui l'aimait d'un si grand amour, ne l'a pas suivi aussitôt. Elle n'était en rien compromise dans le brouillard du péché, et jamais n'avait été souillée d'aucune tâche au cours de toute sa vie. Sa charité étant plus ardente que le feu, sa chasteté plus rayonnante que la lumière, tranchant sur les habitants du ciel eux-mêmes par le caractère inouï de son enfantement virginal, comment n'a-t-elle pas tout aussitôt suivi son Fils montant au ciel?

 

Il est de fait qu'Enoch, qui vécut devant Dieu en toute pureté de coeur, n'a pas reparu: c'est Dieu qui l'a enlevé. (gen.V, 24) De même il est dit d'Elie, si embrasé du feu tiré par des chevaux de feu. (IV Reg, II II.)

 

Dépassant Enoch par la pureté de son coeur, surpassant Elie par son amour exceptionnel, comment se fait-il que la Vierge n'ait pas été sur-le-champ transportée au ciel, avec celui qu'elle avait mis au monde? N'était-elle pas pleine de grâce, et bénie entre toutes les femmes? (Luc I,28, 42)

 

Elle avait été trouvée digne de convevoir le Dieu vrai engendré du vrai Dieu. Vierge elle l'a enfanté, Vierge elle l'a allaité, le réchauffant dans ses bras et prenant soin de lui en tout avec un souverain respect. Elle a souffert avec son Fils mourant, plus encore en son âme qu'en sa chair. Enfin, quand il ressuscita, elle se sentit elle-même revivre, vivifiée par l'Esprit de Dieu. Pourquoi, dès lors, ne l'a-t-elle pas suivi dans son ascension?

 

Fécondée par le Saint-Esprit, en sa chair fut formé le germe du Roi magnifique, du Dieu qui voulait être homme; et le Verbe fut fait chair. (Joan. I,14) La divinité habitant donc en elle corporellement dans sa plénitude. Col. II,9- - et cela par l'intermédiraire du Christ, - il semblerait normal qu'elle ait été portée au ciel lors de l'Ascension du Seigneur.

 

Pourquoi donc ce délai, même d'un moment? Pourquoi cette séparation d'avec son Fils? Pourquoi un désir aussi saint, plus ardent que le feu, a-t-il vu sa réalisation différée? C'est  que ce délai ne fut pas pour les disciples du Christ une mince consolation. Sans rien enlever à sa Mère, il avait lui-même promis au monde de lui dispenser les remèdes du salut.

 

 

Le Seigneur a voulu, en effet, qu'après son retour vers le Père, les Apôtres pussent bénéficier des consolations comme des enseignements que leur prodiguerait sa Mère. Enseignés sans doute par l'Esprit, ils pouvaient néanmoins être aussi instruits par Celle qui avait donné au monde le Soleil de justice, et du sein très pur de laquelle avait pris naissance, ainsi que d'une terre virginale, la Source de la sagesse.

 

Bonté proprement merveilleuse!

 

L'Eglise des premiers temps se trouvant désormais privée de la vue de Dieu présent dans la chair, elle aurait du moins sous les yeux sa propre Mère, et serait bien réconfortée par un spectacle aussi aimable. Quoi de plus doux, en effet, quoi de plus beau et de plus délectable que d'être admis à contempler celle qui est la Mère du Créateur et du Rédempteur de tous les hommes?

 

Quant à elle, établie dans la citadelle escarpée des vertus, débordant d'un océant de charismes divins, elle épanchait largement sur les peuples croyants et altérés les flots de grâces qui l'avaient mise au-dessus du commun. Elle apportait la santé aux corps, le salut aux âmes,, aussi apte à ressusciter de la mort du corps que de celle de l'âme.

 

Qui l'a jamais quittée, ou souffrant ou triste, ou dans l'ignorance des mystères du ciel? Qui n'est rentré chez soi, heureux, joyeux, ayant obtenu de la Mère du Seigneur ce qu'il avait sollicité d'elle? La seule présence de Marie répandait autour d'elle comme une douce atmosphère de printemps; et, de quelque côté qu'elle se tournât pour y répandre ses bienfaits, c'était le paradis (...)

 

Certes il est bon de méditer sur ce délai, afin que toute âme fidèle, blessée par la charité, transpercée des traits de l'amour, apprenne à ne pas murmurer, si elle n'est pas elle-même retirée d'ici-bas aussi tôt qu'elle le voudrait. La Mère de Dieu a dû attendre; qui donc oserait murmurer? Elle n'était ainsi retardée qu'afin de progresser; et son progrès fut dans sa persévérance. Car la persévérance dans l'amour et dans l'action conduit à une plénitude dont la perfection est le fruit.

 

Marie qui, par le grand mérite et la droiture singulière de sa vie, a été trouvée digne d'être exaltée au-dessus des anges, a d'abord dû progresser étonnamment sur la terre durant sa vieillesse. Or, c'est bien ce qui arriva, par une disposition toute spéciale de Dieu. Comme sa beauté, qui n'avait jamais paru dans le secret, son mérite, jusque-là caché, éclata tout à coup plus clairement que la lumière, et sans plus aucune réserve, attira sur elle les yeux et les esprits des citoyens du ciel, captivés par un merveilleux amour.

 

Qui serait capable de célébrer dignement son assomption très sainte? Qui pourrait raconter avec quelle satisfaction elle quitta son corps, avec quelle joie elle revit son Fils, avec quelle allégresse elle vola vers le Seigneur, entourée des choeurs des Anges, soutenue par les Apôtres pleins de déférence pour elle, tandis que, pure de tout'e corruption, exempte de toute peine, elle avait devant elle son Roi dans toute sa splendeur, et contemplait son Fils qui l'attendait dans la gloire?

 

Elle a été tirée de sa demeure de chair pour habiter avec le Christ éternellement. Elle est passée à la vision de Dieu, rendant au Seigneur sa belle âme, plus lumineuse que le soleil, plus élevée que le ciel, plus noble que les anges.

 

Le Seigneur est donc  là au moment où son âme quitte son corps, et chante ses louanges en ces termes: " Tu es toute belle, ô ma Mère, il n'y a pas de tâche en toi." Cant. IV, 7

 

Tu es toute belle, dit-il: belle dans ta pensée, belle dans tes paroles, belle dans tes actions, belle depuis le premier jour jusqu'au dernier; belle dans ta conception virginale, belle dans ton enfantement divin, belle dans les hontes de ma Passion, belle dans l'éclatante lumière de ma Résurrection!

 

Lève-toi donc, mon amie, ma colombe, ma toute belle, mon immaculée et viens! Car l'hiver de mon absence est passé; la pluie de tes larmes s'est arrêtée, elle est désormais éloignée. Le Soleil de justice revenant, des fleurs angéliques sont apparues. Ta voix, ô chaste tourterelle, s'est fait entendre. (Cant. II, II-I4) Le moment de ton Assomption est venu."

 

Et tandis que la Vierge des vierges était ainsi conduite par Dieu même - son Fils et le Roi des rois - au milieu de l'exultation des Anges, de la jubilation des Archanges, des cris de louange de tout le ciel, on vit s'accomplir la prophétie de David, disant au Seigneur:

 

"La Reine est à ta droite, en un vêtement d'or, parée de couleurs variées. (Ps. XLIV, 10)

 

Alors, selon la parole de Salomon, les filles se levèrent, la proclamèrent bienheureuse, et les reines la louèrent. (Prov XXXI, 28)


Quelle est donc celle-ci, dirent les Vertus d'en-haut, qui monte toute blanche appuyée sur son Bien-Aimé?  (Cant VIII,5)


ou encore


Quelle est celle qui s'avance comme l'aurore à son lever, belle comme la lune, pure comme le soleil?  (Cant. VI,9)

 

ou enfin

 

Quelle est celle qui monte du désert comme une colonne de fumée, exhalant l'odeur de la myrrhe et de l'encens, et de tous les parfums des poudres d'aromates? (Cant. III,6)

 

Oui, c'est là pour nous une splendeur nouvelle et bien étonnante que cette Assomption inouïe et si glorieuse, parfum très suave et encore inconnu jusqu'ici.

 

Toute glorieuse elle nous assiste du haut du ciel de sa prière très puissante, écartant tout ce qui nous serait nuisible, nous inondant de tous les biens possibles.

 

A tous ceux qui la prient du fond du coeur elle accorde sa protection, pour la vie présente et pour la vie future. N'oubliant jamais toutes les pérogatives attachées à sa qualité de Mère du Rédempteur, elle accueille de bonne grâce les prières de tous les pécheurs et intercède auprès de son Fils pour les péchés des âmes repentantes.

 

Sans aucun doute elle obtiendra tout ce qu'elle peut désirer, cette Mère bien-aimée, puisque c'est par son chaste sein qu'a voulu venir à nous, pour laver dans son propre sang tous les crimes du monde commis depuis l'antique transgression, le Verbe de Dieu, Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui vit et règne, étant Dieu le Père, dans l'unité du Saint-Esprit pendant tous les siècles des siècles

 

Amen.


 

Amédée de Lausane (1110-1159)

 

"Pardonnez-nous ce qui inquiète notre conscience, accordez-nous ce que nous n'osons demander."

 

 

oraison XIème dimanche après la Pentecôte.

 

 

Sainte Marie Mère de Dieu,

Gardez-moi un coeur d'enfant

Pur et transparent comme une source.

Obtenez-moi un coeur simple

Qui ne savoure pas les tristesses,

Un coeur magnifique à se donner,

Tendre à la compassion,

Un coeur fidèle et généreux

Qui n'oublie aucun bien

Et ne tienne rancune d'aucun mal.


Faites-moi un coeur doux et humble

Aimant sans demander de retour

Joyeux de s'effacer dans un autre coeur

Devant votre divin Fils,

Un coeur grand et indomptable

Qu'aucune ingratitude ne ferme,

Qu'aucune indifférence ne lasse,

Un coeur tourmenté de la gloire

De Jésus-Christ

Blessé de son amour

Et dont la plaie ne guérisse qu'au ciel.

 

Père Léonce de Grandmaison

 

 

 

 


 

 

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Sainte fête de l'Assomption.

 

et

 

bonne fête à toutes les

 

Marie ..


 

 

 

 

 

 

 

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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Géraldine 12/08/2012 15:31


Ce texte est d'une excellente beauté....   Priez pour nous, pauvres pécheurs.

philippe 12/08/2012 16:29