de l'attente de l'Incarnation

Publié le 24 Novembre 2013

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"Montre-nous ta face adorable et nous serons sauvés"

 

" Aie pitié de nous, nous t'attendons.

 

"Regarde, nous sommes ton peuple.

 

" Que ne déchires-tu les cieux! que ne descends-tu pas vers nous.

 

Cieux répandez votre rosée et que les nuées pleuvent le juste.

 

Que la terre s'entr'ouve et germe le Sauveur.

 

-

- Ah ! il va venir, il ne tardera pas.

 

- C'est notre Dieu; nous l'avons attendu, il nous sauvera. "

 

 

Semblables à ces murmures, à ces bruits, à ces explosions de voix qui animent la nature aux approches de l'aurore, les prières deviennent plus pressantes à mesure que les temps s'avancent. Les désirs sont au comble à l'heure où le vieux Zacharie entonne son Benedictus.

 

L'Orient et l'Occident appellent un sauveur. Les grandes villes, les steppes barbares, les forêts sauvages, les îles égarées et les lointains continents attendent sa venue.

 

Les Chinois regardent l'Occident d'où doit venir " le véritable saint envoyé de Dieu, le saint qui saura toutes choses et aura tout pouvoir sur le ciel et sur la terre.

 

Les Indiens comptent sur une incarnation de Vichnou pour réparer les maux faits par Kaly l'ancien dragon.

 

Les Egyptiens saluent de loin le fils de la femme qui doit éteindre la rage de Typhon. Les Perses, enseignés par les mages, tendent l'oreille vers la parole qui vient du premier principe et dont le nom est je suis. C'est Mithra le médiateur entre Ormuzd dont il reçoit les ordres et les hommes qui sont confiés à ses soins, Mithra vainqueur du mauvais principe Ahriman, Mithra le liberateur qui naîtra d'une vierge.

 

Les Mexicains et les Scandinaves, pour tromper l'attente, sculptent dans la roche vive et sur les monuments la figure du Dieu qui doit écraser le grand serpent. Les druides de la Gaule élèvent une statue et un autel à la vierge dont le fils est attendu. La Grèce espère en un rejeton d'Apollon qui amènera le règne de la justice, en un Dieu, cher fils d'un père ennemi, qui s'offrira pour succéder aux souffrances de Prométhée, figure du genre humain châtié par la colère divine.

 

Pendant que les poëtes avivent cette espérance le sublime Platon la confirme.

" Il faut attendre, dit-il, par la bouche de Socrate, que quelqu'un vienne nous instruire de la manière dont nous devons nous conduire envers les dieux et envers les hommes;" à quoi Alcibiade répond  :" Quand viendra ce temps? qui nous enseignera ces choses? j'ai un désir ardent de connaître ce quelqu'un. "

 

Enfin, sur le seuil du nouvel âge, Virgile chante en ces termes l'espoir de l'univers:

 

 

" Les temps annoncés par l'oracle sont arrivés,

L'ordre immense des siècles se renouvelle

Un nouveau-né est envoyé des cieux.

Il prendra vie au sein de la divinité,

Il verra les héros mêlés aux dieux

et sera lui-même distingué par eux.

Il gouvernera l'univers apaisé par les vertus de son père.

 

L'heure est sonnée, viens prendre tes grands honneurs,

Viens, cher fils d'un dieu, grand rejeton de Jupiter!

Regarde devant toi, le globe s'incline et te salue.

La terre, la mer immense, le ciel profond,

Regarde, tout est en joie à l'approche du siècle qui vient."

 

 

Le but de Dieu est atteint. Il voulait humilier notre orgueil par une longue expérience de nos misères intellectuelles et morales, et faire concourir notre liberté, par le désir, à l'accomplissement de son oeuvre réparatrice. Il lui fallait du temps pour cela; il a pris quarante siècles. Ce n'est pas à notre infirme sagesse qu'il appartient de contester ses mesures et de dire: l'expérience a trop duré, le Libérateur s'est faiit attendre.

 

Nous devons croire que la sagesse divine conduit comme il faut ses calculs.

 

Les temps sont plein d'erreurs;  Dieu va éclairer le genre humain. Non pas qu'il rende l'erreur impossible; mais la doctrine de son Verbe répandra un tel éclat que, partout où elle aura pénétré, les ombres de mort seront dissipées, et l'erreur ne se pourra plus produire sans prendre un caractère d'insanité et de malice qui l'empêchera de prescrire et de s'universaliser.

 

Les temps sont plein de crimes; Dieu va guérir le monde malade. Non pas qu'il enchaîne toutes les passions et étouffe leurs coupables explosions; mais la loi sainte de son fils; ses exemples, les vertus de ses justes, en purifiant l'atmosphère morale où respire la conscience et se meut la liberté, pèseront avec une telle autorité sur les moeurs publiques qu'elles enlèveront au crime la triple protection qui l'avait installé dans les habitudes des nations.

 

Les temps sont plein de désirs; Dieu va les satisfaire. Non pas qu'il y soit obligé autrement que par la vertu de ses promesses; mais il daigne avoir égard aux humbles supplications des misérables qui l'implorent.

 

En nous faisant désirer son incarnation, le Verbe libérateur nous révèle la grandeur du don de Dieu;

 

en laissant à l'erreur et au crime le temps de se multiplier, il nous prépare une manifestation de sa puissance et de son amour.

 

 



 


 

 

 

Rédigé par R.P Monsabré OP

Publié dans #spiritualité

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