de la religion . 2 -

Publié le 14 Mai 2014

 

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Eh! bien, considérons maintenant cette fameuse promesse qui donna à la religion chrétienne sa toute première origine, et, selon que nous le disions plus haut, le statut fondamental.

 

 

   Nous sommes encore au paradis terrestre, où venait de se consommer la grande prévarication, suivie presque aussitôt de l'apparition de Dieu et de l'interrogatoire des coupables. Adam avait rejeté la faute sur la femme sa compagne, qui l'avait entraîné; la femme à son tour, sur le serpent qui l'avait trompée, et Dieu avait dit au serpent: Parce que tu as fait cela, je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et le fruit de ses entrailles; (par son fruit) elle t'écrasera la tête.

 

   Telle fut la sentence portée contre le premier auteur de notre ruine, et cette sentence, en même temps qu'elle témoignait des miséricordieuses intentions de Dieu à notre endroit, révélait déjà l'idée mère, la ligne directrice, le mode et tout le plan de la future rédemption. J'ai dit, de la future rédemption, car de toute évidence, l'écrasement de la tête du serpent ne pouvait signifier que le renversement de la puissance de l'enfer, et la destruction du règne du péché, en quoi précisément, toute l'oeuvre de notre rédemption consiste.

 

   C'est donc indubitablement un Sauveur que Dieu venait de nous promettre, et sur ce point aucune contestation ne fut jamais possible. Reste seulement à savoir quelle est la femme dont il est dit le fruit, et à l'ombre de laquelle il est, pour la première fois, montré à l'humanité déchue, comme consolation de son malheur, et objet de son espérance .

 

   Et pour éclairer ce point, capital en notre sujet, commençons par observer ce qui éclate avec tant d'évidence dans le récit de l'Ecriture, ce que la sentence divine mise en regard de l'interrogatoire et de la confession des coupables, fait en quelque sorte sauter aux yeux, même des plus aveugles; ce qui a toujours si vivement frappé les saints Pères et les commentateurs, à commencer par un saint Justin, un saint Irénée, un Tertulien et tant d'autres dont la lise ne se pourrait dresser sans aller à l'infini, savoir:

 

   Que Dieu entendait rétorquer contre le serpent toute la malice de son forfait, et faire montre de l'intention arrêtée où il était, non seulement d'arracher l'homme si misérablement perdu au domaine de Satan, mais encore de calquer exactement le plan de la rédemption annoncée, sur celui qu'avait suivi, pour nous amener à ruine, le tentateur infernal.

 

   C'est que c'était trop peu pour Dieu, d'enlever à Satan une proie tant convoitée par lui, et qu'il pensait tenir toujours; il fallait infliger à son orgueil une peine bien plus amère encore, en prenant comme base d'opération, à l'effet de relever l'homme, le plan et l'artifice de Satan lui-même.

 

   Car Satan avait usé de ruse, il s'était gardé d'aller droit au but. N'espérant pas tromper Adam, qui pourtant étant son principal, pour ne pas dire son unique objectif, puisque de l'infidélité du seul Adam dépendait notre perte, il avait calculé qu'auprès de la femme, et par le moyen de la femme, il y aurait chance d'un plus facile succès et d'une meilleure réussite.

 

   D'où, la ténébreuse machination dont l'histoire de la tentation nous déroule le drame. Lier d'abord partie avec la femme, la séduire par une amitié feinte, lui persuader que dans ce beau fruit pendant à l'arbre du paradis, était cachée quelque vertu mystérieuse qui la mettrait en communication avec les esprits supérieurs, maîtres d'une science transcendante du bien et du mal; puis, une fois la femme entrée dans le complot, s'en servir comme d'entremetteuse auprès d'Adam, en vue de l'amener à faire lui aussi, par complaisance du moins pour sa compagne, ce qu'elle n'aurait pas craint de faire, elle la première; obtenir enfin par le consentement d'Adam, le précipiter dans le péché, et avec lui sa postérité entière: telles avaient été les habiletés, les finesses de Lucifer, que Dieu maintenant, par un admirable jugement, retournait de point en point contre leur auteur.

 

   Tout ce que le serpent avait imaginé, tout ce qu'il avait ourdi et mis à exécution, cela même, et dans le même ordre, était contradictoirement repris par la sagesse et la bonté divine, comme si pour dénouer un noeud artistement formé, on se mettait à faire subir au lacet, mais en sens inverse, toutes les inflexions auxquelles la première fois il avait été soumis.

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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