de plenitudine ejus nos omnes accepimus.

Publié le 8 Janvier 2014

http://milanoartexpo.files.wordpress.com/2012/10/paolo-veronese-e-bottega-adorazione-dei-magi-1585-ca-olio-su-tela.jpg 

  Sainte Vierge, Saint Joseph, mettez-moi avec vous aux pieds de la crèche...

Que faites-vous? A quoi se passent vos jours et vos nuits? Faites-les moi passer comme vous, puisque je dois être l'un des vôtres, puisque c'est là ma vocation que j'ai reçue du ciel d'être le petit frère et le compagnon de Jésus et par conséquent votre petit enfant...

 

Vous avez tous deux vos occupations, l'une qui ne cesse pas si ce n'est pendant les courts instants donnés au sommeil, l'autre qui dure chaque jour un temps plus ou moins. Celle qui ne cesse pas, c'est la contemplation, l'adoration. Quand vous êtes dans la grotte, vos yeux ne se détachent pas du divin enfant... Quand vous êtes obligés de la quitter, votre pensée reste à ses pieds: cette occupation ne cesse pas, elle est de vous vos instants: votre coeur ne cesse pas d'adorer, de se fondre en amour, en adoration... l'autre occupation, c'est le travail manuel, matériel, pour Marie le soin de son fils et divers soin de ménage.. pour Joseph la plus grande partie des soins du ménage, les courses au-dehors, et puis il lui faut chercher du travail et louer ses bras pour subvenir à l'existence de la Sainte Famille pendant un temps qu'il prévoit devoir être assez long. ... et tout cela dans la pauvreté, l'abjection, le froid, la pénitence, dans une vie toute céleste où l'esprit perdu en Dieu ne donne rien au corps que le strict nécessaire, ne trouvant d'ailleurs de plaisir, de satisfaction que dans une chose: l'adoration de Jésus.

 

Faites-moi partager cette vie, ô Marie, ô Joseph, ..

Faites-là moi mener avec vous, ô mon père et ma mère, moi qui suis votre petit enfant.

 

Charles de Foucauld.

 


 

 

 

"Nous l'avons vu plein de grâce et de vérité. " Joan I, 16

 

L'ange salue Marie pleine de grâce; saint Luc dit de saint Etienne: "Il était plein de grâce et de force et faisait des prodiges et de grands miracles devant le peuple." et de saint Barnabé:" C'était un homme de bien, plein du Saint-Esprit et plein de foi."

 

On se rend compte bien vite que ces plénitudes appartiennent à des ordres tout différents. La plénitude du Christ est celle de l'abîme, auquel rien ne peut être ajouté, car elle dérive de l'union hypostatique: le Verbe s'est fait chair et en vertu de cette donation le Christ est plein de grâce et de vérité.

 

La plénitude de Marie est celle du fleuve immense, débordant, qui fait arriver jusqu'à nous les flots de l'insondable océan. La plénitude des autres saints est celle du ruisseau qui coule à pleins bords, mais qui a reçu son abondance du fleuve et de l'océan et qui reste toujours limité en longueur et en étendue, comme en profondeur.

 

Saint Chrysostome fait bien ressortir cette admirable économie:" Toute la grâce s'est répandue dans ce temple auguste, car Dieu ne lui donne pas le Saint-Esprit avec mesure. Nous recevons de sa plénitude, mais lui, sanctuaire divin, il reçoit la grâce dans son intégrité et dans son universalité.

 

C'est ce que déclarait Isaïe: Sur lui reposera l'Esprit de sagesse et d'intelligence, de conseil et de force, de science et de piété, et l'Espirt de la crainte du Seigneur le remplira.

 

En lui, c'est la grâce tout entière; dans les hommes c'est pour ainsi dire, une goutte dérivée de cette grâce.

 

La plénitude se présente sous deux aspects:

 

l'intensité, lorsqu'elle atteint la limite suprême, le dernier degré de la perfection, sans possibilité d'augmentation ou d'accroissement;

 

l'étendue, lorsque sa vertu et son efficacité embrassent tous les effets qui peuvent être réalisés.

 

La grâce est au sommet dans cette âme bénie, elle est portée jusqu'au faîte, elle ne peut aller plus loin; elle condense en elle tout ce qu'il peut y avoir d'excellent dans tout contact de la créature avec Dieu.

 

Il doit posséder en lui toute la grâce Celui qui la répand dans l'humanité, comme le soleil contient toute la chaleur qu'il déverse dans le monde, comme le réservoir avait déjà toutes les eaux qui en partent et y retournent.

 

Telle est l'efficacité de notre adorable Rédempteur: océan auquel doit puiser l'humanité pour avoir la vie, soleil de toute sainteté, de tout bonheur, de toute existence, à la lumière duquel s'abreuve sans cesse notre siècle ingrat, sa fécondité ne tarit point, son abondance ne diminue jamais.

 

Si Jésus est le soleil, le foyer, l'océan, tout doit dériver de lui; sa grâce est le principe universel qui applique sa vertu à tous les effets de l'ordre surnaturel; grâce sanctifiante, vertus infuses, dons qui enfantent l'héroïsme, illuminations qui élèvent et transforment l'intelligence, inspirations qui produisent le sublime dans les saints, élans de la volonté, divins enthousiasmes, grandioses entreprises , merveilles de l'apostolat et de la charité qui ont transformé le monde:

 

Tout cela est une aumône de l'Incarnation, un écoulement de cette plénitude.

 

 

 

r.p. HUGON. o.p.

 

 

 

 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article