des vertus morales.

Publié le 6 Décembre 2013

 

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Quelqu'un pourrait dire: A supposer que je jouisse de l'état de grâce, je possède en moi les dons du Saint-Esprit, et alors je n'ai qu'à me recueillir, et à implorer l'intervention divine pour entrer en contemplation?

 

- Non, ce serait passer d'un extrême à l'autre. Les dons du Saint-Esprit ne nous sont pas accordés pour nous dispenser de l'effort vertueux, mais pour le prolonger seulement.

 

Dieu achève à sa divine manière l'oeuvre commencée à la manière humaine.

 

Régulièrement parlant, l'Esprit de Dieu ne nous éclaire pas de sa lumière sans une double préparation éloignée et prochaine qui se résume ainsi: pratique des vertus morales, effort intellectuel de méditation et d'intuition, le tout gouverné par la charité.

 

Saint Thomas nous avertit expressément:" Par ordre de génération ou de disposition, écrit-il, les vertus morales et intellectuelles précèdent les dons, parce que c'est en se comportant comme il convient par rapport à sa propre raison que l'homme se dispose à bien se comporter vis-à-vis de Dieu.

 

D'abord la pratique des vertus morales s'impose.

 

En effet il faut établir entre nous la justice et la paix, en nous-mêmes l'harmonie et l'unité, afin que ni les tumultes extérieurs, ni les désirs intérieurs n'entravent l'action de l'intelligence, mais au contraire que les ressources du monde et nos propres facultés se mettent chacune à sa manière, et suivant l'ordre naturel au service de la contemplation.

 

....

 

L'homme doit tout faire pour vivre selon ce qu'il y a de meilleur en lui, disait Aristote dans un passage de son Ethique que saint Thomas s'est plus à commenter. Et ce meilleur, explique le philosophe grec, c'est l'acte de l'intelligence en contemplation de la vérité divine. "

 

La souveraine perfection de la vie humaine, écrit d'autre part saint Thomas, c'est que l'esprit de l'homme puisse librement vaquer à Dieu."

 

Tout doit être ordonné à ce but.

 

Le Docteur angélique se rend bien compte que la contemplation parfaite ne se réalisera qu'au ciel. Cependant il sait aussi qu'entre tous les moyens qui nous rendent capables d'une fin, il n'en est pas de plus efficace en soi que celui qui est l'image de cette fin même. Il faut donc que la concorde et l'entr'aide règnent dans la société pour que ses membres soient à même de vaquer dès ici-bas à cet acte là.

 

Il faut qu'une sérieuse discipline coordonne les multiples puissances de l'homme et les harmonise progressivement dans une unité supérieure pour que son être puisse ainsi s'épanouir par le sommet.

 

Là se trouve en définitive la raison d'être des vertus morales: rendre possible la contemplation. Et pour arriver à celle-ci, la première tâche qui s'impose, c'est de pratiquer celles-là.

 

Sans quoi, comment l'intelligence attirée vers les plaisirs sensibles sous l'influence des passions charnelles, distraite par les soucis que lui donne intérieurement une nature complexe livrée à l'anarchie, préoccupée par le tumulte des oeuvres et des luttes extérieures qui envahissent sa pensée et réclament son intervention, comment l'intelligence pourrait-elle s'acquitter de cette fonction suprême ?

Rédigé par R.P. Joret OP

Publié dans #spiritualité

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