En la fête de la Toussaint

Publié le 4 Novembre 2013

 

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TOUSSAINT Homélie prononcée

par le Très Révérend Père Dom Jean Pateau,

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault,

Administrateur de Saint-Paul de Wisques


(Saint-Paul de Wisques, le 1er novembre 2013)

 

 


Chers Frères et Sœurs, mes très chers Fils,


Tout homme naît et vit par Amour et pour l'Amour. Telle est la loi fondamentale de chaque vie humaine : ''Aimer''. Une loi inscrite au plus profond du cœur de chaque homme.

 

Tout homme a droit à être aimé et respecté, et tout homme a le devoir d'aimer et de respecter son prochain. À l'origine de toute vie, se tient d'abord l'acte d'amour de Dieu qui donne une âme et qui veut associer à ce moment unique et sacré un acte d'amour humain, celui d'un papa et d'une maman. Cet acte peut parfois faire défaut, il peut n'être pas un véritable acte d'amour. L'acte d'amour de Dieu, lui, est toujours présent et ne se démentira jamais. Ce dernier point suffit à ce que toute vie humaine vaille la peine d'être vécue et soit de façon inconditionnelle respectée.

 


Mais pour se développer pleinement, l'homme devra compter sur l'amour et l'accueil de ses frères en humanité. Combien d'hommes et de femmes, combien d'enfants, ne sont-ils pas aujourd'hui esclaves du plaisir d'autres hommes parce qu'ils sont faibles, privés du pouvoir de se défendre, ou parce qu'on ne veut pas entendre leur cri silencieux, ou encore parce qu'on n'estime pas devoir les protéger.

 


Si l'homme naît et vit par Amour, il naît et vit aussi pour l'Amour.

 

L'amour reçu, l'homme ne doit pas le garder jalousement pour lui. Chercher son plaisir en laissant de côté le bien d'autrui, c'est se condamner à la stérilité. Le véritable amour est fécond et s'exprime à travers les actes de la vie.

 


La fête d'aujourd'hui nous place au cœur de ce mystère. L'amour de Dieu a déjà été évoqué. En face de lui se tiennent tous les saints...


« Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, enseigne le Catéchisme de l’Église catholique, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ... Cette vie parfaite avec la Très Sainte Trinité, cette communion de vie et d'amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux est appelée "le ciel". Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l'homme, l'état de bonheur suprême et définitif. » (n° 1023-1024)


Malgré leur béatitude, nos frères du Ciel ne nous oublient pas, ils intercèdent jour et nuit pour nous. Sachons implorer leur secours. La mort ne brise pas les liens de charité tissés sur la terre ; bien au contraire, elle les rend plus profonds.


Demain, nous prierons pour ceux qui ont été rappelés à Dieu alors qu'ils étaient dans son amitié, mais imparfaitement purifiés. Assurés de leur salut éternel, ils doivent cependant souffrir après leur mort, dans le purgatoire, une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. Nous avons le devoir de ne pas oublier ces membres de l’Église souffrante. Nous les avons aimés sur la terre, continuons à les aimer dans leur épreuve. Le Catéchisme de l’Église catholique affirme : « Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu.

 

L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts... N'hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux. » (n° 1032) Il faut regretter que les prêtres reçoivent de moins en moins de demandes de célébration de Messes à leur intention. Soyons assurés que les habitants du purgatoire sont reconnaissants de notre secours.

 


La Toussaint est aussi un peu notre fête, car, en chemin, nous nous hâtons vers le ciel, vers la sainteté de Dieu.

 

Durant notre pèlerinage nous apprenons ce que nous aurons à faire durant l'éternité : aimer.

Aimer est un acte libre, c'est-à-dire responsable. Ce n'est pas l'acte d'un robot. L'homme, en particulier face aux actes importants et significatifs, ne peut se dispenser de consulter le jugement de sa conscience qu'il a le devoir de tenir éclairée.


Les dictatures, qu'elles soient de droite ou de gauche, n'aiment pas beaucoup la voix de la conscience, ce bon sens moral venu du sanctuaire où le Dieu créateur, dans le cœur de tout homme, se fait entendre (Gaudium et Spes n°16), et qui, de façon ultime, prononce : « c'est bien, c'est mal ; c'est vrai, c'est faux ». La conscience donne à l'homme sa noblesse, sa liberté aussi. Sa dignité, c'est de lui obéir. La vraie liberté n'est pas craintive, contrainte par la liberté d'autrui sur laquelle elle ne veut pas empiéter ; elle est ouverte au bien de tous car elle est fondée sur la vérité.

 

Le Christ l'enseigne « La vérité vous libérera. » (Jn 8, 32), et saint Paul : « Nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. » (2 Co 4, 2)


L'homme doit suivre le jugement de sa conscience. Il ne doit être avili au rang de robot, ni par la société, ni par ses passions. L'acte humain libre pèse son poids d'amour, son poids de vérité.

 


La société vit aujourd'hui dans la culture du supermarché, du relatif, de la recherche du plaisir jetable. Le rôle du chrétien dans le monde, en particulier à travers son engagement dans la politique, est précisément d'indiquer les valeurs sûres.

 

Face à la dictature de l'éphémère, du relatif, il doit faire apprécier à tous les hommes, d'abord par le témoignage de sa propre vie, et offrir à tous, la saveur de l'éternel, la splendeur de la vérité. Seule une vie, non dans l’éphémère mais dans ce qui dure, vaut la peine d'être vécue et donnée.

 

En sommes-nous convaincus ?


On a demandé un jour à Mère Téresa ce qui devait changer dans le monde. « Moi et toi ! » Voici du travail pour toute une vie !

 

Les saints sont de grands réalistes. Ils ont les pieds sur terre. Pour eux un homme est un homme, une femme, une femme, un oui, un oui, un non, un non.


Qu'en ce jour le message des béatitudes éclaire notre route. Ils seront bienheureux ceux qui s'occupent des faibles, des pauvres, de ceux qu'on oublie parce qu'ils gênent. Ils seront bienheureux les humbles, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de justice. Ils seront bienheureux les miséricordieux, les purs de cœur, les pacifiques. Enfin, ils seront bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, pour la vérité, à cause de Dieu.


En ce jour la première de tous les saints vient à notre rencontre comme notre mère aimante. Sainte Marie, aidez-nous, priez pour nous qui sommes sur le chemin difficile de la vie, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

 

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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