expérience: Messe du bx Jean XXIII

Publié le 9 Juin 2010

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Depuis la publication du motu proprio Summorum Pontificum en 2007, plus de 200 paroisses françaises proposent désormais la messe selon la forme extraordinaire du rite romain

 

 

«La seule fois de ma vie où j’ai été injurié en pleine messe»


Selon lui, cette cohérence n’est possible qu’à la condition que « les mêmes prêtres célèbrent les deux messes, ce serait moins vrai s’ils venaient de l’extérieur ». C’était d’ailleurs l’une des exigences qu’avait exprimée le P. Yvon Aybram, vicaire épiscopal du diocèse de Nanterre et curé doyen de Saint-Cloud, lorsque l’initiative a été lancée en 2007 : « Dans un souci de charité pastorale et d’unité de l’Église, écrivait-il alors, la paroisse de Saint-Cloud ne se contentera pas d’héberger une messe supplémentaire : elle accueillera fraternellement et chaleureusement les fidèles qui prendront part à cet office, qu’ils habitent sur la commune ou qu’ils viennent d’ailleurs. »

 

Après trois ans, le P. Aybram dresse un premier bilan encourageant : « Entre 100 et 150 personnes assistent chaque dimanche à la messe selon la forme extraordinaire. La majorité vient des communes avoisinantes, et un certain nombre d’entre eux assistent alternativement aux deux célébrations, soit pour des raisons pratiques, soit parce qu’ils apprécient l’une et l’autre forme. On ne peut pas dire qu’ils sont crispés sur ces questions, nous n’avons pas, ici, de militants acharnés. »

 

Même s’il y a eu, reconnaît-il, des tensions au moment où cette messe, antérieurement célébrée à Nanterre, fut transférée à Saint-Cloud : « C’est la seule fois de ma vie où j’ai été injurié en pleine messe, où l’on m’a traité publiquement de menteur », se souvient-il, affirmant que ce coup d’éclat avait été orchestré par La Paix liturgique, un petit groupe dont il juge les actions contre-productives et en aucun cas représentatives de l’ensemble des fidèles attachés à la forme extraordinaire. (ndlr: pas étonnant ! ) 

 

«Le problème de fond, c’est l’interprétation de Vatican II»

En effet, pour la plupart, la liturgie n’est pas d’abord « un lieu de combat », comme le dit le P. Aybram, mais l’expression d’une soif spirituelle.


« J’ai trouvé une immense richesse dans cette forme, confirme Aymeric, 37 ans, qui a goûté aux charmes du latin dans son enfance. Au moins, avec la liturgie traditionnelle, on est sûr de retrouver les mêmes repères dans n’importe quel lieu, tandis que la messe de Paul VI ne me semble pas toujours très homogène. »

 

François, 23 ans, habite une rue voisine. Quand la messe en latin est arrivée près de chez lui, ce jeune étudiant au sourire jovial y a vu une chance inespérée : « J’ai longtemps navigué entre Paris et Versailles, j’étais un vrai touriste liturgique ! Me voici enfin fixé », explique cet ardent défenseur de « la messe de toujours, celle de nos ancêtres ».

 

Malgré la brèche ouverte par le pape, « le chemin de réconciliation est encore long », nuance un père de famille de sensibilité traditionaliste, qui accueille avec prudence la main tendue du diocèse : « Le problème de fond, pour nous, c’est l’interprétation de Vatican II. Notamment sur la liberté religieuse, le rôle du prêtre, la dimension sacrificielle de la messe, la manière de faire du catéchisme… Beaucoup de choses doivent être posées sur la table. »

 

«La messe doit rester un acte collectif, accessible»

L’unité, dit-il, « ne peut se faire que dans la vérité ». Des divergences de fond qui n’empêchent pas, sur le perron de l’église, une certaine sympathie réciproque. Loin de se regarder en chiens de faïence, les fidèles des deux messes s’enquièrent les uns des autres, se saluent chaleureusement. « Les signes d’apprivoisement se font sentir », confirme le P. Aybram.

 

 

Journal la Croix

 

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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