guillaume de st Thierry _ lectio divina. + fête le 2 Décembre.

Publié le 3 Décembre 2013

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Une volonté négligée n'enfante que des pensées vaines et indignes de Dieu: corrompue, elle engendre l'iniquité qui sépare du Seigneur; droite , elle répond aux nécessités de la vie présente; pieuse enfin, elle prédispose aux fuits de l'Esprit et à la jouissance de Dieu.

 

Et nous les connaissons, ces fruits de l'Esprit, que l'Apôtre nous énumère:" La charité, la paix, la joie, la patience, la longanimité, la bonté, la bénignité, la mansuétude, la foi, la modestie, la continence et la chasteté. "

 

 

Quel que soit donc le genre des pensées qui se présentent à l'esprit, c'est l'intention de la volonté qui leur donne leur valeur propre; et il faut voir en cela un effet de la miséricorde et de la justice de Dieu, qui donne ainsi au juste de se justifier encore, et qui permet que l'impur se souille toujours davantage.

 

Aussi l'homme qui veut aimer Dieu, ou qui en fait déjà l'objet de son amour, doit-il continuellement veiller sur cette volonté et examiner dans sa conscience ce qu'il veut réellement et le motif de son vouloir, n'oubliant pas que la chair ne cesse d'exercer ses convoitises contre tout ce qui fait l'objet de l'amour ou de la haine de l'esprit.

 

Mais tout ce qui se présente à l'esprit, tout ce qui passe par la tête, toutes ces velléités qui font qu'on veut et qu'on ne veut pas, ne doivent en aucune façon être réputées "volontés" mais bien plutôt être reléguées parmi les pensées oiseuses.

 

Car, bien que tout cela aille parfois jusqu'à provoquer une certaine délectation de l'âme, celle-ci, une fois en pleine possession d'elle-même, ne tarde plas, en effet à s'en débarrasser.

 

 

Pour en revenir au vouloir foncier, que l'âme examine en tout premier lieu quel en est l'objet: qu'elle se demande ensuite jusqu'à quel point et de quelle manière elle veut ainsi ce qu'elle veut. Si l'objet réel de ce vouloir n'est autre que Dieu, qu'elle considère alors dans quelle mesure et de quelle manière elle Le veut: est-ce jusqu'au mépris d'elle-même? de tout ce qui est et de tout ce qui pourrait exister? Est-elle guidée dans cette recherche non seulement par le jugement de la raison, mais encore par l'affection du coeur, de sorte que sa volonté soit plus que volonté et devienne amour, dilection, charité, unité d'esprit?

 

Telles sont, en effet, les formes de l'affection que l'on doit à Dieu: quand la volonté se porte vers Lui, véhémente, c'est l'amour; lorsqu'elle s'attache et s'unit à Lui, c'est la dilection; lorsqu'elle arrive à en jouir, c'est alors la charité; quant à l'unité d'esprit avec Dieu, c'est pour l'homme qui tient son coeur élevé, la perfection d'une volonté qui tend vers Dieu; qui déjà ne se borne plus à vouloir que ce que Dieu veut; mais qui est telle dans son affection et dans la perfection de son amour, qu'il lui est vraiment impossible de vouloir autre chose que Dieu.

 

Or, vouloir ce que Dieu veut, c'est déjà ressembler à Dieu, ne pouvoir vouloir que ce que Dieu veut, c'est être déjà ce qu'il est, puisque en Lui le vouloir et l'être ne sont qu'une chose.

 

 

 

 

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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