Haiti: courage et prières !

Publié le 28 Janvier 2010

ROME, Jeudi 28 Janvier 2010 (ZENIT.org) -

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Frères et sœurs en Jésus Christ, compatriotes haïtiens, l'évêque du diocèse et le presbyterium vous saluent et vous disent : Courage !

 

L'épreuve est rude : des personnes sont mortes, d'autres sont portées disparues, des maisons sont détruites. Des édifices publics de l'Etat et de l'Eglise ont succombé. Mais nous sommes là, bien vivants. Tenons le flambeau de l'espoir allumé !

 

Face à cette désolation, divers questionnements demeurent possibles. Croyant en Dieu, nos regards se tournent spontanément vers Dieu. Vivant selon les réflexes des gens de l'Ancien Testament, nous aurions pu avouer que nous payons nos fautes. Nous ne sommes pas de ce temps. La Parole de Dieu nous éclaire davantage. Dieu n'est pas pour nous torturer : « Dieu a tellement aimé le monde qu'il lui a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu'il ait la vie et la vie éternelle. Il n'a pas envoyé son fils pour condamner le monde mais pour le délivrer » (Jn 3, 16-17)

 

Notre présente désolation n'est pas la conséquence d'une malédiction de Dieu.

 

La science nous montre que la nature a ses lois d'organisation au-delà de ce que l'intelligence humaine peut faire pour la dompter. Aussi, nous apprend-elle que nous ne pouvons pas l'empêcher de se manifester et qu'au mieux nous pouvons limiter ses manifestations dans la gestion respectueuse du droit à la vie selon nos relations avec notre environnement, celui de notre pays. Ce tremblement de terre meurtrier qui handicape notre population, qui réduit et anéantit notre espace vital nous fait ressentir un besoin urgent de nous solidariser.

 

Nous saluons les efforts individuels et particuliers des commis de l'Etat et de la communauté internationale, les dévouements des travailleurs de la santé, les organisations non-gouvernementales, les organismes de l'Eglise catholique et nous citons : Caritas, Catholic Relief Services, la Société Saint-Vincent de Paul, Projet Espoir Sud, ceux des cultes réformés qui n'ont rien ménagé pour secourir les victimes.

 

De grands efforts sont consentis et déployés pour sortir des gens sous des structures de béton effondrées et pour permettre à des blessés d'atteindre des centres de santé. Une forte prise de conscience est nécessaire de la part des gens du commerce pour ne pas augmenter le prix des produits ; de la part des transporteurs face au prix du transport en commun ; de la part des distributeurs des produits pétroliers pour ne pas augmenter ni conserver pour le marché noir ces produits. Nous félicitons l'honnêteté et le sens de la solidarité de ces personnes qui agissent déjà en ce sens et nous sollicitons la bonne compréhension des réticents.

 

Nous apprécions l'effort de solidarité de la communauté internationale et des organisations non-gouvernementales. Ceci prouve que la collaboration entre les peuples reste encore une valeur de haute qualité. Il faut s'en féliciter !

 

Nous souhaitons que nos dirigeants ainsi que la communauté internationale qui veut nous aider dans la reconstruction du pays, intègrent la question de la décentralisation par la mise en place, dans chaque département, de structures et d'infrastructures nécessaires aidant à l'amélioration de la qualité la vie des gens : emplois, écoles allant du préscolaire à l'université, institutions autonomes pour la gestion des biens de l'Etat, proximité des services de l'Etat en faveur des citoyens, promotion d'investissements publics et privés, construction de routes, de ports et d'aéroports ; ceci dans tous les départements et compte tenu des modèles de développement qui cadrent à nos réalités haïtiennes et qui répondent aux exigences scientifiques de notre temps.

 

Le chemin est long. Bon nombre d'entre nous peuvent s'essouffler. D'autres peuvent penser à l'immigration illégale. Le chemin est long, il sera difficile.

 

Nous avons besoin de la prière, de beaucoup de prières; non pas de celles qui accusent Dieu de nous avoir puni pour nos fautes; non pas de services religieux qui profitent de la misère de notre peuple pour l'attirer dans nos assemblées, non pas d'un culte qui entretient la peur mais d'une prière d'un enfant à son père, d'une prière éclairante et révélatrice sur ce que nous devons faire.

 

Que l'Esprit Saint nous éclaire en ces temps difficiles !

 

L'épreuve est rude : des personnes sont mortes, d'autres sont portées disparues, des maisons sont détruites. Des édifices publics de l'Etat et de l' Eglise ont succombé. Mais, nous sommes là, bien vivants. Tenons le flambeau de l'espérance allumé !

 

Soyons solidaires pour rebâtir Haïti !

 

Mgr Guy Poulard, évêque des Cayes en Haïti

 

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Haiti souffre et croit.

Alors qu’un film hollywoodien annonçait la fin du monde pour 2012, la réalité a précédé cruellement la fiction. Mais les choses s’inversent. C’est un tout petit pays, comme autrefois Dieu avait choisi Israël, qui est dévasté et c’est le monde entier qui a ressenti une secousse dans son cœur. Ainsi le « cœur du monde », cœur du Messie crucifié, se situe soudain en Haïti.

 

Comme pour Jésus, la souffrance est trois fois intense.

 

D’abord, ce qui se voit le plus, tel Jésus qui a souffert dans son corps, il y a les dégâts matériels. Ce béton, orgueil de nos civilisations modernes, imposé aux populations les plus pauvres, a blessé et tué des milliers de corps. Au commencement, Dieu a modelé la terre pour créer l’homme mais on impose que l’homme s’unisse à des tonnes écrasantes de béton dans lequel il n’est plus possible d’insuffler ni un souffle humain, ni un souffle divin.

 

Ensuite, ce qui fait le plus mal, tel Jésus dans la souffrance humaine de l’abandon, il y a la mort de l’ami. Tous nos frères haïtiens sont touchés par la mort d’un parent, parfois très proche, ou d’un ami, et plusieurs parents, et de nombreux amis. Notre compassion est précieuse et sans doute loin de la réalité vécue dans le secret des cœurs douloureux.

 

Enfin, ce qui est souvent invisible, tel Jésus dans l’amour de son Père et de ses frères, il y a la foi du peuple haïtien. Comme disent les journalistes, embarrassés ou par pudeur : « La foi, c’est important pour eux ». Comment le peuple haïtien a-t-il réussi le plus grand témoignage de ce début du XXI° siècle en donnant, en plein désastre, un témoignage universel de foi presque joyeuse ?

 

Je suis aussi impressionné par la foi de nos frères et sœurs dominicains en Haïti. Un frère haïtien me disait, alors qu’il venait d’apprendre la perte d’un proche : « Oui, quelle douleur ! Mais c’est peut-être aussi l’occasion de reconstruire en Haïti ».

 

Notre programme : reconstruire en Haïti.

 

 

fr. Gilbert Narcisse OP

 

Prieur provincial

 

SOLIDARITE HAITI PROVINCE DOMINICAINE

Frère Jean-Ariel BAUZA-SALINAS OP

Secrétariat provincial,

20 RUE DES AYRES

33082 BORDEAUX


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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