homélie d'ordinations - Versailles 2014 -

Publié le 1 Juillet 2014

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première messe de Corentin

 

04/07 19h en la chapelle Notre-Dame des Armées à Versailles

 

 

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"Toute vie humaine est d’abord la réponse à une vocation divine."

 

 

 

Chers amis,

 

Au moment où le Seigneur vous appelle et vous consacre, vous entendez ce que Jésus a dit avant sa passion aux Douze et ce qu’il dit aujourd’hui à tous ses disciples, et ce qu’il vous dit à vous.


La vocation dans le Mystère de Dieu

 

Jésus dit à Pierre « Heureux es-tu » !

 

La question posée par Jésus : « Qui dit-on que je suis ? » n’est pas un sondage curieux ni un signe d’inquiétude de la part de Jésus… C’est la pédagogie du Fils Bien Aimé. Il ne doute pas de la foi des Douze mais il met à l’épreuve ceux que le Père lui a donnés comme amis : «et vous mes amis, quand vous parlez de moi, que dites-vous ? De qui parlez-vous ?, quel est votre langage ? Pour vous, qui suis-je ?» .

 

Quand Pierre répond : «Tu es le Messie, le Fils du Dieu le vivant» Jésus le déclare bienheureux parce que le Père l’a fait entrer dans la connaissance du Fils « Heureux es-tu, car c’est le Père qui te l’a révélé ».

 

Vous aussi, avez reçu le don de la foi, la capacité de reconnaître Jésus le Fils. Cette foi de l’Eglise vous a nourri. C’est pourquoi à vous aussi Jésus dit maintenant « Heureux êtes vous… »

 

En prononçant cette béatitude sur vous, Jésus déclare votre mission et vous révèle, plus pleinement que jamais, et dans l’assemblée liturgique, qui vous êtes, comme il le fit pour Pierre devant les Douze. Sans changer votre nom, il vous révèle votre place dans son mystère et vous donne votre mission. Pour reprendre les mots de S.Léon le Grand c’est comme si Jésus vous disait à vous aussi : « Comme mon Père t’a manifesté ma divinité, je te fais connaître qui tu es » (S.Léon, S.4,2).

 

Ceci explique pourquoi ce soir ce n’est pas un brevet de « communiquants » que vous recevez pour dire ce qu’il faut dire au bon moment et avec la bonne méthode. Vous n’avez pas passé toutes ces années de séminaire à apprendre l’art de vendre un produit, ou celui d’accomplir matériellement des rites. Vous êtes les amis du Seigneur, et par grâce vous devenez ce soir pour toujours les serviteurs de ses amis, par le don de vos vies. Ceci explique aussi que Le Seigneur ne vous donne pas aujourd’hui de détails sur votre avenir ou sur les conditions futures de votre ministère, ou de quelle manière vous vivrez ni avec qui, non pas parce que cela n’aurait aucune importance mais parce qu’il vous l’a déjà dit depuis longtemps : celui qui suit Jésus sur les routes de Galilée est appelé à le suivre là où il va et comme il y va, dans la pauvreté et la participation à sa passion. Si vous cherchez d’autres garanties, vous vivrez dans l’illusion.

 

Ceci permet enfin de comprendre pourquoi Jésus ne vous dit pas seulement « courage », mais vous donne sa force qui agira dans vos faiblesses, pourquoi Il vous promet la récompense des serviteurs et des témoins, pourquoi il met en chacun d’entre vous sa confiance ; pourquoi il ne vous dit pas «merci » mais se réjouit de la disponibilité de vos cœurs ; pourquoi Il vous associe à sa mission de Bon Pasteur comme ministres de son pardon et de son Eucharistie, pour entraîner dans Sa louange, dans l’adoration et la mission l’ensemble des fidèles.

 

L’Esprit Saint qui vous est transmis et qui seul adapte à Dieu, adapte déjà votre cœur à ceux que Dieu aime en notre époque et dans notre situation. Il adapte votre cœur pour servir et aimer « la Vérité toute entière » qui « rend libres » de la « vraie liberté des enfants de Dieu ». Il vous fera quitter vos peurs et reconnaitre l’action de Dieu. Son Esprit vous poussera en avant pour aller là où vous ne l’aurez pas prévu, et où ni les fidèles, ni votre curé, ni votre Evêque ne l’auront prévu. Ne cherchez donc pas d’autre assurance que celle de la présence de l’Esprit Saint et sanctifiant.

 


Au coeur de l’Eglise

 

En parlant de ses disciples, Jésus ne parle pas de « son petit groupe qui deviendra grand » mais il parle du « petit troupeau », des « brebis », du peuple de Dieu, du peuple que le Père aime et rassemble depuis Abel le juste….

 

Notre Pape revient souvent sur cette caractéristique de l’Eglise comme peuple. Cette désignation n’est pas annexe, elle ne décrit pas une organisation politique ou religieuse avec ses adeptes et ses gourous, elle désigne une situation itinérante, au cœur de l’humanité, parfois aisée et rapide, parfois lente et inconfortable. L’Eglise est ce peuple ouvert avec lequel Dieu fait alliance définitive et qu’il choisit pour être au milieu du monde ferment d’unité et de communion des hommes entre eux et des hommes avec Dieu. Vous servirez les membres du peuple de Dieu pour qu’ils se nourrissent du corps et du sang et de la Parole et qu’ils travaillent avec vous à cette venue du Royaume.

 

Il est d’autant plus urgent de redécouvrir cela que notre société est comme désorientée : elle a du mal à maîtriser ses capacités techniques, elle peine ou elle se refuse à regarder les origines et les finalités.

 

Mais nous savons que depuis le don de l’Esprit fait à toute chair, la recréation de l’humanité est en route, et que le genre humain n’est pas dans une impasse : il se retrouvera quand tous entendront la fameuse question de Dieu à Caïn : « qu’as-tu fait de ton frère »… Le genre humain se retrouvera en découvrant que nous sommes appelés à devenir un rassemblement de frères et de sœurs, responsables devant le créateur et devant notre propre conscience de la création toute entière, et d’abord les uns des autres.

 

En donnant à Pierre le pouvoir de lier et de délier, Jésus ne désigne pas un pouvoir arbitraire. Il révèle le lien indissociable entre lui et l’Eglise, et la présence de Dieu en personne dans l’histoire des hommes. Par l’Eglise il veut déclarer jusqu’à la fin du monde où sont le bon droit, la justice, et la paix. Il nous assure que l’homme, avec la grâce de Dieu, peut s’y ouvrir et recevoir le pardon.

 

L’Eglise ne reçoit pas d’autre pouvoir que celui de montrer et de faire entendre Jésus Seigneur, elle n’a pas mission d’inventer pour chaque époque les conditions de son confort religieux. Parce que Le Seigneur ne se contredit pas d’un siècle à l’autre, parce que l’évangile est un tout, parce que la fidélité et la miséricorde de Dieu, son exigence envers l’homme et la confiance qu’il lui fait, la grâce qu’il lui offre sont de toujours à toujours…

 

A cause de tout cela, et pour ne prendre que cet exemple, les commandements et les béatitudes et les conseils évangéliques sont aujourd’hui d’une criante actualité. Ce sont de véritables lumières pour la conduite quotidienne de la vie, pour les époux, les consacrés, les ordonnés, dont les vocations s’épaulent. Des communautés, des mouvements et des paroisses en font l’expérience quotidienne.

 

Ce sont des dons offerts à tous, et je suis sûr que le synode sur la famille dans le contexte de la nouvelle évangélisation le redira avec force.

 

Jésus, quand il parle de l’Eglise, emploie le possessif. Lui seul du reste peut l’employer. Il dit « Mon Eglise ». Ce n’est pas chez lui prétention folle et irréaliste d’un fondateur de secte, c’est la révélation même de Dieu comme créateur et comme sauveur. Aucun de nous ne peut prétendre être propriétaire de l’Eglise de Dieu. C’est pourquoi nous devons nous interdire de nous comporter avec elle ou avec n’importe lequel de ses membres comme si nous avions des leçons à lui donner ou comme si nous n’avions rien à recevoir ou à apprendre d’elle.

 

Bien sûr il y a chez les chrétiens, et donc dans l’Eglise, des péchés, et il est juste de les nommer. Mais ce sont les nôtres. En demandant pardon et en cherchant à corriger ce qui doit l’être, nous devons et nous voulons nous encourager dans l’accueil de la sainteté et de la grâce de conversion. Notre Pape nous montre bien le premier avec quelle clarté, avec quelle détermination il faut le faire, mais aussi avec quelle douceur, et en nous mettant jamais en situation de juges.

 

Ne disons donc pas les uns des autres : « de toute façon il ne peut pas me comprendre » ou « de toute façon j’ai raison et il a tort ». Nous ne devrions connaître entre nous, et d’abord entre nous prêtres, qu’un climat de charité et de prière et de pardon. Il y a encore à faire, mais je le dis avec confiance, parce que notre presbyterium est par grâce une vraie famille : il est bon de s’y trouver, dans une vraie fidélité missionnaire, un vrai encouragement mutuel des générations, un vrai enracinement catholique.

 

Ce soir, par votre ordination, le Seigneur nous donne comme une preuve de plus que toute vie humaine est d’abord la réponse à une vocation divine.

 

Ce n’est pas la recherche illusoire et plus ou moins inquiète de se donner tout seul un sens à sa vie… C’est la réponse de chacun. C’est ta réponse, frère et sœur, à l’appel de Celui qui t’aime assez pour se confier à toi et se remettre entre tes mains.

 

C’est la réponse reconnue, encouragée, et guidée par l’Esprit Saint agissant dans l’Eglise. Nous l’implorons maintenant, dans le cortège de tous les saints !

 

 

link diocèse de Versailles.

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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