immortalité.

Publié le 3 Novembre 2009




Je te salue, ô mort ! Libérateur céleste,

Tu ne m'apparais point sous cet aspect funeste

Que t'a prêté longtemps l'épouvante ou l'erreur ;

Ton bras n'est point armé d'un glaive destructeur,

Ton front n'est point cruel, ton oeil n'est point perfide,

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide ;

Tu n'anéantis pas, tu délivres! ta main,

Céleste messager, porte un flambeau divin ;

Quand mon oeil fatigué se ferme à la lumière,

Tu viens d'un jour plus pur inonder ma paupière ;

Et l'espoir près de toi, rêvant sur un tombeau,

Appuyé sur la foi, m'ouvre un monde plus beau !


Viens donc, viens détacher mes chaînes corporelles,

Viens, ouvre ma prison; viens, prête-moi tes ailes,

Que tardes-tu? Parais; que je m'élance enfin

Vers cet être inconnu, mon principe et ma fin !

Quand j'entendrais gémir et se briser la terre ;

Quand je verrais son globe errant et solitaire

Flottant loin des soleils, pleurant l'homme détruit,

Se perdre dans les champs de l'éternelle nuit ;

Et quand, dernier témoin de ces scènes funèbres,

Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,

Seul je serais debout : seul, malgré mon effroi,

Etre infaillible et bon, j'espérerais en toi,

Et, certain du retour de l'éternelle aurore,

Sur les mondes détruits, je t'attendrais encore !

 

Lamartine

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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