l'amour du Sauveur.

Publié le 8 Avril 2011

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Aimer, c'est le naturel de Dieu; et comme il ne peut vivre sans se connaître, il ne peut pareillement être sans s'aimer tout autant qu'il est digne d'être aimé.


L'amour est une perfection si propre à Dieu et s'il faut ainsi dire, si une même chose avec la substance souveraine, qu'il ne saurait pour un seul moment cesser de l'acte d'aimer, puisqu'il comprend en soi-même tout le bien qui peut former tout ce qui est souverainement aimable.

 

Mais ce que je trouve plein d'étonnement, c'est ce que Jésus dit à Nicodème, que Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique.

 

Il a aimé le monde, lorsque le monde était indigne d'amour et qu'il était son ennemi. Il l'a aimé, non point parce que nos services pourraient apporter des agrandissements à l'éminence de son être, ou des enrichissements à l'infinité de ses perfections; non, car la suffisance fait en lui la plénitude de sa gloire.

 

Il a témoigné de l'amour pour le monde, lorsque, par l'énormité de nos crimes, nous irritions sa justice. Il nous a voulu du bien dedans la prescience que nos malices deviendraient insolentes en la présence de son excessive bonté, et que nos méconnaissances se rendraient d'autant plus criminelles que les épanchements de ses communications prodigieuses, pour ne dire prodigues, se feraient avec plus de facilité et avec plus d'excès.

...


 

La bonté, l'honnêteté et la libéralité sont ordinairement, parmi les hommes, les causes qui font naître et qui conservent l'amour.

Il n'est point ainsi de Dieu, dont la dilection a son fondement en soi-même.

 

Il ne nous aime point parce que nous sommes bons, ou qu'il peut tirer profit de nos services; c'est plutôt parce que lui-même est bon avec excès, qu'ayant commencé par l'inclination de sa nature à nous aimer, il en continue le cours, par la même raison qui l'a premièrement obligé de nous honorer de cette incomparable et souveraine faveur.

 

Il aime parce qu'il aime.

Et s'il a de l'amour pour l'amour de l'amour même, c'est parce que son amour n'a point de cause.

Et s'il a de la persévérance en aimant, c'est parce qu'il a, dès auparavant, aimé.

 

Le disciple d'amour enseigne cette leçon d'amour:" Jésus, dit-il, ayant aimé ceux qui sont à lui, il les a aimés jusqu'à la fin".

 

Il les aime parce qu'ils sont siens, et sont siens parce qu'il les a aimés afin qu'ils fussent à lui. Il les aime, non point comme des sources de bonté d'où il puisse tirer aucune consolation; mais il les affectionne comme des ouvrages de sa libéralité et de son amour.

 

Les premières faveurs sont les motifs qui attirent les secondes, et l'accroissement de celles-ci sont le regorgement et le comble des dernières. Et si l'aimer de Dieu c'est donner, puisque Jésus nous donne davantage depuis, qu'auparavant sa mort, son amour sans doute y doit avoir pris de nouvelles forces, et sa Passion douloureuse augmente au lieu d'éteindre les brasiers de son extrême charité.

 

Jésus court à la mort. Un disciple suit de loin pour voir la fin.

Mais quelle fin? Sera-ce de la vie ou bien de l'amour? Des tourments ou de la charité?

 

L'un et l'autre est véritable, Jésus ayant aimé ceux qui sont à lui, il les aime jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'au dernier tourment, jusqu'au dernier période de sa vie et jusqu'à la mort; mais aussi il les aime jusqu'à la fin de l'amour, qui n'a point de fin.

 

Tous les amours des hommes ont trouvé leur tombeau en la mort; celui de Jésus y a trouvé sa vie. Il a triomphé du sépulcre et il a vaincu l'enfer, qui jusqu'alors avait emporté les plus riches dépouilles de la terre.

 

 

louis Chardon

la croix de Jésus

 


 


 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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