l'arc en ciel: la sainte Vierge . 4

Publié le 14 Mai 2014

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C'est pourquoi, quand je veux me représenter sous une forme sensible la toute première origine de la religion chrétienne, je me figure d'abord la consternation de nos premiers parents au moment qui suivit leur péché.

 

Mon Dieu! que le présent était fâcheux, et que l'avenir était sombre! Devant eux à l'horizon, il n'y avait que des nuages menaçants, et dans ce noir lointain aucune éclaircie ne se faisait.

 

Mais voici que soudain la parole de Dieu y fait briller l'arc-en-ciel, cet arc d'heureux présage dont l'Ecriture dit : Considérez l'ar-en-ciel, et bénissez celui qui l'a fait; il embrasse l'immensité du firmament dans son cercle glorieux. Il est le signe d'alliance restaurée entre les hommes et Dieu; dès qu'il a paru, on peut espérer et prévoir le retour de la sérénité!

 

Oui, Dieu montrait à nos premiers parents dans le lointain de l'avenir, quelque chose qui était de nature à relever en eux l'espérance. Mais encore, quel était l'objet précis de cette espérance? Dieu ne leur laissait pas ignorer,  et dans le disque de l'arc-e-ciel mystique, il faisait paraître à leurs yeux encore mouillés de larmes, la douce, l'aimable, la ravissante image qu'on vénère dans toutes les églises du monde, l'image qui est partout, ou sur le haut ou à côté du tabernacle: l'image de la Vierge tenant son fils entre ses bras, mulierem et semen ejus. Et au-dessus on voyait le ciel de nouveau ouvert; au-dessous la bête ou le serpent écrasé, car: je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et le fruit de ses entrailles; par son fruit, elle t'écrasera la tête.

 

La voilà donc, cette vision, cette consolation, cette promesse, point de départ de toute notre religion. Mais remarquons qu'elle n'en contenait encore que les points fondamentaux.

 

C'était bien le chistianisme, mais le christianisme dans ce qu'il avait de plus rudimentaire et de plus réduit, si je pouvais ainsi parler. Et toutefois, dans ce rudiment même, dans cette quintessence du christianisme encore à sa plus simple expression, il fallait que la sainte Marie eût sa place marquée, et la place que nous venons de voir. Comme si le christianisme n'eût pas été le christiannisme, c'est-à-dire la religion qui répare avec usure le mal causé par le péché en nous reliant à Dieu par les liens de la miséricorde, sans la Mère très aimable que nous saluons des noms si doux, de Mater divinae gratiae, de refugium peccatorum, de causa mostrae laetitiae, et à qui nous disons: vita dulcedo et spes nostra, salve !

 

Non, Jésus-Christ n'aurait pas été à nos yeux le médiateur éminemment gracieux que nous connaissons, que nous adorons, et que nous aimons, s'il n'avait eu une mère, et s'il ne l'avait intimement associée à son oeuvre de réparation, en en faisant cette Mère de grâce......

 

Cardinal Louis Billot S.J.

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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