l'avocat de Nicolas réagit.

Publié le 20 Juin 2013

 

http://www.directmatin.fr/sites/default/files/styles/image_630_315/public/lmpt_neuilly_thomas_coex_0.jpg

 

10664_473805699377313_778924802_n.png

 

 

Nicolas Bernard-Busse, opposant au mariage gay, a été interpellé dimanche en marge de la manifestation organisée à Neuilly lors de l’interview de François Hollande sur M6. Il a été condamné mercredi à deux mois de prison ferme. Me Benoît Grau, son avocat, réagit sur DirectMatin.fr.

 

 

 

Votre client a été condamné hier soir à quatre mois de prison en comparution immédiate, dont deux fermes. Avez-vous eu de ses nouvelles ce matin ?

 

Pour le moment, je n’ai pas pu encore avoir de ses nouvelles, mais je sais qu’il devait être transféré vers la maison d’arrêt de Fleury-Merogis. Je suis littéralement atterré par le sort qui lui a été réservé. Autant vous dire que j’ai passé une très mauvaise nuit.

 

 

 

Pouvez-vous nous rappeler les faits qui lui sont reprochés ?

 

Il a été condamné pour soi-disant avoir donné une identité imaginaire, pour avoir refusé les tests ADN au cours de sa garde à vue et pour une prétendue rébellion.

 

 

 

C’est une présentation des faits que vous contestez ?

 

Je suis ahuri par cette décision politique, et je pèse mes mots. Elle est totalement infondée et à mille lieux des condamnations habituelles infligées dans ce domaine. Je rappelle que mon client ne commettait aucune infraction quand il a été interpellé, c’est le premier scandale. Par ailleurs, il ne s’est pas rebellé, c’est le second scandale.

 

 

 

Quelle est la version des policiers qui l’ont interpellé ?

 

Les fonctionnaires de police ont refusé de se présenter au tribunal hier, si bien qu’il n’y a eu aucune confrontation devant le tribunal. Je rappelle que Nicolas a été molesté au cours de son interpellation comme en témoignent les hématomes identifiés sur sa jambe. Mais tout cela n’a guère semblé émouvoir la présidente qui semble promise à une belle carrière.

 

 

 

Une rumeur circule selon laquelle les policiers qui ont interpellé Nicolas auraient eux-mêmes écopé d’une amende pour avoir procédé avec violence.

 

Non, aucune sanction de ce type n’a été infligée à ces fonctionnaires.

 

 

 

Quelles actions comptez-vous désormais entreprendre en faveur de Nicolas Bernard-Busse ?

 

J’ai déjà interjeté appel dès hier soir. Les recours consistent maintenant à essayer d’obtenir sa sortie par un référé-liberté ou un aménagement de peine qui relève du juge d’application des peines. L’autre stratégie consiste à tenter d’alerter les autorités politiques de ce pays.

 

 

 

Des mobilisations de soutien sont-elles prévues ?

 

Une première manifestation est en effet prévue vendredi à 18H00 devant Sciences-Po et un autre rassemblement est prévu dimanche soir à 20H00 dans un lieu encore non précisé.

 

 

 

Cette condamnation à de la prison ferme marque-t-elle un tournant ?

 

Beaucoup de gens sont choqués. Ils ne pensaient pas que l’on en arriverait là. Ce garçon, élève dans une école d’ingénieurs et étudiant en histoire-géographie, devait passer quelques épreuves de rattrapage en juillet, il se retrouve à Fleury-Merogis. On marche vraiment sur la tête. Cette décision sera lourde de responsabilité.

 

 

 

Y a-t-il un risque de radicalisation ?

 

Ces excès de pouvoir, ce refus du débat contradictoire, attise les esprits. On crée des martyrs et des bêtes traquées. L’incarcération de Nicolas va laisser des traces, c’est certain. Comme Stéphane Hessel le préconise dans son ouvrage vendu à des millions d’exemplaires dans le monde, il s’est indigné. Mais manifestement, en France, il y a des indignations autorisées, et des indignations interdites.

 

 

 

link direct matin.

Rédigé par philippe

Publié dans #divers

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article