l'Eglise, le juste milieu.

Publié le 17 Octobre 2009

 

 

« Il ne faut pas se dissimuler que des crises violentes accompagnent (la vie de l’Eglise).


Ne les prendrions nous pas en compte qu’elles se chargeraient elles-mêmes de se rappeler à nous avec violence. Elles sont provoquées par de nombreux égarements, de nombreux éléments humains qui ne sont pas selon le Christ et qui, constituant autant de systèmes extravagants, s’écartent du juste milieu de la vertu. Ces systèmes peuvent être ainsi catégorisés : l’intellectualisme idéaliste, qui oublie le réel ; le pragmatisme, ou positivisme, qui se borne à l’expérience de la vie pratique ou à ce qui entre dans le champ de la vie sensible ; le spéculativisme, fasciné à l’excès par la raison raisonnante ; et le sentimentalisme, qui ne s’attache qu’aux émotions, aux intuitions ou aux impulsions du cœur. D’autres systèmes peuvent y être rattachés, comme autant d’effets complexes. Ainsi du traditionalisme pharisaïque. Ce quiétisme paresseux, qui résiste à ce que soit expurgé l’ancien ferment, empêche les rénovations spirituelles nécessaires et tend à l’immobilisme et à la momification. C’est pourquoi il mérite bien le nom “d’adanisme” ou de fossilisme. Ainsi, encore, de l’audacieux modernisme, innovateur et destructeur. Sous prétexte de renouveler ce qui est ancien et de ne pas manquer les avancées de la modernité, il cherche à rompre les liens de la tradition légitime, pour se laisser emporter par le vent de la mode et de toutes sortes de fantaisies humaines.

 

 

« L’Eglise, pourtant, malgré les crises, suit un juste milieu et rejette également tous les extrêmes vicieux, pérenne incarnation du Verbe de vie, venue dans le monde pour être notre véritable lumière, et notre unique chemin. Elle est, en effet, la gloire du Christ, ou le Christ-Jésus lui-même, perpétué sur la terre à travers les siècles pour dire à tous les hommes les paroles de vie éternelle nécessaires à chacun.


Elle est ainsi elle-même, à sa manière, verbe de vie, d’une vie qui est lumière des hommes, pour illuminer tout homme qui vient en ce monde, et rendre tout l’homme parfait dans le Christ (Col. 1,28). Tout l’homme, et pas seulement son cœur ou son entendement. Parce qu’elle ne vit pas, et elle ne fait pas vivre seulement de simples sentiments, moins encore d’abstractions, mais de paroles de vie que les yeux du cœur, illuminés, perçoivent et sentent comme des réalités puissantes et éternelles (Eph. 1,18).


Elle vit pour rendre témoignage à la Vérité. Cette Vérité, dont elle témoigne en la possédant et en la montrant, est une vérité concrète, pleine de vie, de splendeur et d’enchantements, capable de rassasier pleinement les intelligences et les cœurs, desquels elle fait jaillir continuellement des sentiments et des pensées ineffables de vie éternelle.


Celui qui, en vérité, suit celui qui est la Lumière du monde, ne marchera dans les ténèbres ni par l’intelligence ni par le cœur. En toutes choses il aura une lumière vitale (Jn 4,14 ; 8, 12, 15, 26 ; 17,22). »

 

R.P. J.-G. Arintero O.P.

 


 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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