l'inhabitation de la sainte Trinité dans l'âme.

Publié le 14 Juin 2014

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   Les trois personnes divines, bien loin de rester inactives dans notre âme, l'embellissent, la transforment tout entière.

 

   Elles renouvellent d'abord l'essence de l'âme par la grâce sanctifiante.

 

   La grâce est une véritable déification qui nous communique les opérations de Dieu, les propriétés de Dieu, la nature de Dieu; oui, une participation de la nature divine, selon l'expression si pleine de saint Pierre: Divinae consortes naturae.

 

 

   L'amour divin, toujours efficace, produit dans les créatures ce qu'il y chérit et Dieu, en nous aimant, dépose en nous une réalité divine, qui nous met à son niveau, et nous rend le digne objet de son affection, quelque chose de lui-même, un écoulement de sa vie. Mais si nous participons à la nature de Dieu, nous recevons, par là même, ses propriétés, ses opérations, nous pouvons dire que nous sommes de la race de Dieu: Dei, De Dieu, incomparable particule de noblesse que nous pouvons porter avec fierté!

 

   On sait qu'il existe entre les causes, même naturelles, une merveilleuse subordination, un admirable enchaînement en vertu duquel elles se précèdent ou se suivent selon les divers genres de causalité. Dans l'ordre de la cause dispositive, la grâce est conçue avant l'habitation, qu'elle prépare et qui est son couronnement, comme dans l'amitié l'union de ressemblance prépare l'union des sentiments et l'union de la présence réelle; mais dans l'ordre de la causalité efficiente l'habitation précède, et les trois personnes sont là pour produire, soutenir et conserver la grâce.

 

 

   Voilà donc la Trinité dans l'essence de l'âme juste, comme l'ami avec l'ami et l'époux avec l'épouse.

 

   Les amis aiment à s'entretenir ensemble; le Saint-Esprit aussi nous fait entendre au fond du coeur cette voix silencieuse, dont les initiés connaissent les charmes, et, à notre tour, nous pouvons lui parler, et dès ici-bas, notre langage, notre manière de converser, d'agir et de vivre est déjà dans le ciel. C'est à cette idée que nous pouvons adapter la parole de l'Apôtre: Conversatio nostra in caelis est Philipp, III, 29 . Nous comprenons que notre existence se meuve dans le ciel, puisque le ciel, par cette ineffable habitation est déjà chez nous!

 

   Au jour de l'affliction, l'ami console l'ami, sourit à ses pleurs, essuie ses larmes. Le Saint-Esprit, également, est le consolateur, l'avocat, Paracletus. Désolés, affligés, il ne nous est pas besoin d'aller bien loin pour trouver un consolateur; entrons un instant dans l'intime de notre âme, invoquons les trois personnes, elles sauront nous encourager, répondre à nos larmes et, s'il le faut, sourire à nos pleurs.

 

   L'habitation de la Trinité est comparée encore à cette union des époux qui de deux existences n'en fait plus qu'une et dont la gloire consiste dans une chaste fécondité. Par la grâce nous ne faisons qu'un seul esprit avec le Seigneur: Qui adhaeret Domino unus spiritus est, I Cor VI, 17 , et cette union est toute féconde: ce sont les saintes pensées, les désirs surnaturels, le zèle des âmes, la conversion du monde, toutes ces oeuvres qui ont transformé la société antique et qui empêchent la nôtre de retomber à ce niveau où voudrait la réduire le paganisme renaissant.

 

 

   L'épouse apporte une dot à son époux, ici c'est le contraire: le Saint-Esprit pare lui-même sa fiancée et lui donne pour dot ces richesses infuses, vertus, dons et fruits, qui sont la merveille du surnaturel.

 

   En effet, après avoir embelli l'essence de l'âme, les personnes divines transfigurent nos facultés, l'intelligence et la volonté, par l'infusion des vertus théologales, des vertus cardinales, des dons du Saint-Esprit, et par une action surnaturelle, une touche divine constamment renouvelée.

 

   Elles transfigurent notre volonté et nous font trouver dans tout ce qui nous arrive, peines ou joies, une saveur surnaturelle, en sorte que nous sommes toujours heureux de vouloir ce que Dieu veut et comme il le veut.

 

 

"   Elles transfigurent notre intelligence et nous font contempler toutes choses avec les couleurs de l'éternité. Les savants du siècle ne voient dans les évènements de ce monde que le hasard ou de simples lois physiques ou morales; l'humble ignorant qui a la grâce y aperçoit la marche de Dieu.

 

    D'une part, en effet, la Trinité est dans l'âme du juste; d'autre part, elle marque sa trace dans l'évènement qui s'accomplit: c'est le Seigneur, pour ainsi dire, qui est en présence de lui-même, c'est lui qui se reconnait dans les évènements, c'est lui qui dit dans la bouche du juste: Ecce Dominus transit, voici le Seigneur qui passe!

 

"   Elles transfigurent même notre corps.

 

   Il y a en effet, dans le corps des saints une beauté secrète, une sorte de majesté cachée qui se révèle parfois à l'heure de la mort.


(pas seulement à la mort, la rencontre de certaines personnes nous édifient tellement..et il émane d'elles la beauté de la grâce, ça c'est clair = expérience récente. )


Du moment que nous sommes les temples du Saint-Esprit, nous sommes marqués d'une onction sainte: la lumière du visage divin s'est projetée sur notre visage, nous sommes sacrés pour l'éternité.

 

La mort, tout en nous frappant, respectera le signe que nous portons. Jusque dans la corruption, il y aura dans nos membres comme une inscription invisible qui dira: Respectez cette poussière, c'est un immortel qui sommeille! Ces membres furent jadis le temple de la Trinité: ils sont destinés au royaume de la lumière, ils sont sacrés pour la résurrection de la gloire. "

 

 


 

 

  rp HUGON op

 


 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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