la fleur de JESSE : le sacrement de l'Avent

Publié le 28 Novembre 2012

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La Vierge Marie nous offre un exemple parfaitement accompli de pour cette préparation à la Noël.

 

 

D'abord elle nous apparait comme "la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël, l'honneur de notre race", ainsi que l'Eglise nous la fait chanter, à la fête de l'Immaculée Conception, lui appliquant les éloges décernés par les hébreux à Judith, lorsqu'elle sauva Béthulie assiégée par Holopherne. C'est que " Marie n'a pas été découverte au dernier moment, ni par hasard, mais élue dès l'origine, comme d'avance par le Très-Haut qui se l'est préparée; les Anges l'ont gardée, les Patriarches l'ont annoncée en figure, les Prophètes l'ont promise. Interrogez les Ecritures pour vérifier ce que je dis... Admirez l'étonnante concordance qui relie les uns aux autres les évènements miraculeux et les mystérieuses paroles des saints Prophètes.

 

C'est une chose inouïe, par exemple que l'unique miracle survenu en la Vierge et par la Vierge ait pu être préfiguré par tant de faits singuliers et annoncé par tant d'oracles. L'inspiration des prophètes, en effet, fut toujours la même, et tous, malgré la différence des styles, des figures des époques, ont prévu et prédit la même chose dans le même esprit.

 

Ce qui pour Moïse, prit forme de buisson ardent, pour Aaron de verge fleurie, pour Gédéon de toison couverte de rosée, Salomon l'a prédit par l'image de la femme forte; Jérémie a exprimé cette même prophétie par la figure déjà plus claire de la femme portant l'homme dans son sein; Isaïe a été plus explicite encore, parlant de la Vierge et de l'Emmanuel; et enfin Gabriel nous a désigné en la saluant la Vierge elle-même.

 

Elle n'est pas seulement prédite par l'Ecriture, elle est aussi, elle est surtout cette femme "bénie entre toutes", vers laquelle montait l'attente des générations depuis que Dieu avait promis à Eve que le libérateur du démon serait le Fils d'une de ses descendantes (Gen.III,15). Elle est cette fleur éclose sur la tige de Jessé où s'épanouit tout ce que les millénaires de l'Ancien Testament avaient progressibement mûri, purifié, affiné, spiritualisé, intériorisé, ouvert toujours plus profondément et plus largement à l'action divine..

 

Mais c'est dire aussi, par là-même, combien il serait faux d'imaginer une préparation qui élève progressivement la terre jusqu'à lui faire produire son Sauveur comme un fruit naturel.

 

Encore une fois, et de façon plus décisive que jamais en Marie, nous voyons au contraire que la seule préparation véritable consiste à "diminuer", comme disait Jean-Baptiste, à s'humilier, à disparaître, à laisser Dieu tout faire en sa créature.

 

Nul ne fut jamais plus pauvre que la Vierge de Nazareth. Appauvrie en son corps, puisqu'elle avait voulu le donner si entièrement à son Dieu qu'elle avait renoncé à tout espoir d'une maternité pourtant si chèrement prisée en Israël:" Je ne connais point d'homme" répond-elle à l'ange Gabriel, avec un accent définitif.

 

Mais plus pauvre, plus encore, en Esprit, ce pour quoi elle est appelée bienheureuse:" Ecce ancilla Domini", saura-t-elle seulement répondre à cet envoyé divin qui lui annonce la plus écrasante dignité que la créature puisse jamais recevoir. Servante, oui, servante inutile, et qui saura seulement chanter " les grandes choses que le Tout-Puissant a faites pour elle": les Magnalia Dei. " Magnificat anima mea Dominum.. quia fecit mihi magna qui potens est."

 

Voilà donc où aboutissent les longues préparations de l'Ancien Testament!

 

L'humanité s'était perdue par l'orgueil, la désobéissance, la folie de nos premiers parents, qui préférèrent suivre le jugement de leur sens:" Elle vit que le fruit était bon à manger, séduisant à voir.. et elle en mangea." (Gen.III, 6) plutôt que le commandement de Dieu.

 

Il fallut toute cette chaîne de générations, qui montent d'Adam à Noé, d'Abraham à Jacob, de Juda à Jessé, de David à Joseph épouse de Marie, pour que, sous le coup des multiples épreuves préparées providentiellement par Yahvé à son peuple, l'homme redécouvre peu à peu l'humilité, l'obéissance, la sagesse d'écouter Dieu, d'attendre tout de Dieu, de chercher en tout l'accomplissement de Dieu: en trois mots, la foi, l'espérance et la charité.

 

Car Dieu est tout. Il ne peut être que Tout, par définition, et son action ne saurait être que totale. C'est au fond ce que nous entendons exprimer quand nous disons qu'il est le Créateur, c'est-à-dire qu'il opère à partir de rien, "ex nihilo", c'est-à-dire qu'il ne se borne pas simplement à changer l'ordre des cubes, comme ferait un enfant, ou l'ordre des électrons, comme ferait un homme: Dieu suscite, éveille ou renouvelle nos existences jusqu'en leur fond secret, jusqu'en leur source première. Il agira d'autant plus qu'il trouvera sa créature plus entièrement décidée à Lui laisser le champ libre.

 

Plus nous serons pauvres et dépendants - librement, volontairement, activement pauvres et dépendants - plus Dieu pourra faire passer en nous son action. Plus Il règnera, par conséquent. Plus son Avènement sera proche.

 

dom Claude Jean-Nesmy

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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