la foi de l'Epouse.

Publié le 15 Janvier 2014

 

 

 

 

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les vertus théologales; leur valeur souveraine.

 

On n'insistera jamais trop sur ce fait que, pour le penseur catholique, les critères moraux suprêmes et définitifs sont les trois vertus de foi, d'espérance et de charité. Trop facilement , en ces temps modernes où la sécularisation de la pensée a fait d'effrayants progrès, nous acceptions d'autres critères de perfection. Veiller à une correcte évaluation des choses surnaturelles est le devoir de tout prédicateur et de tout écrivain en pareille matière.

 

   Il devrait nous être évident que, pour l'Eglise, maintenir sa vie de foi, d'espérance et de charité, c'est la condition même de son excellence. Elle se démontrera l'irradation la plus directe du Christ glorifié surtout par ces trois vertus qui renferment en elles la puissance même de Dieu. C'est en effet la résurrection du Christ qui a valu à l'homme de s'approcher si immédiatement de son Seigneur par cette triple activié, capable de sanctifier l'homme en toutes circonstances.

 

   L'admirable défit de saint Paul au chapitre huit de l'épître aux Romains, est le cantique le plus sublime qu'ait chanté une voix humaine à la gloire de cette foi et de cette espérance, qui opèrent par la charité:" Qui accusera les élus de Dieu? C'est Dieu qui les justifie. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus Il est ressuscité. Il est à la droite de Dieu, Il intercède pour nous! Qui nous séparera de l'amour du Christ? Sera-ce la tribulation ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? Selon qu'il est écrit:" A cause de toi tout le jour nous sommes livrés à la mort, et on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. - Mais dans toutes ces épreuves nous sommes plus que vainqueurs, par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu, dans le Christ Jésus Notre Seigneur."

 

la foi de l'Eglise.

 

   Parlons d'abord de la foi de l'Eglise. Au canon de la messe, dans la première des prières qui précèdent la communion du prêtre, se lit cette supplication adressée au Christ:" Ne regardez pas mes péchés mais la foi de votre Eglise."

 

La foi de l'Eglise, selon les paroles de cette solennelle prière, est une vision de beauté pour les regards du Christ. Elle lui permet de fermer les yeux sur les négligences des chrétiens, voire du prêtre lui-même. Cette foi est, en effet, le plus admirable prodige.

 

sa fermeté et sa pureté démontrent la présence de l'Esprit dans l'Epouse.

 

Sa seule existence, en tant qu'attitude spirituelle d'une immense collectivité, serait inexplicable sans la mystérieuse présence de l'Esprit dans l'Epouse.

 

La foi de l'Eglise est inaltérable: elle ne vacille jamais, elle ignore l'alternative des hauts et des bas, du plus et du moins. Toujours égale, toujours sereine, elle n'hésite et ne doute jamais. Jamais elle n'est obscure, jamais endormie:  l'Eglise croit en tout temps, elle croit sans interruption, elle croit toujours la même chose. Ils ont donc raison ces théologiens qui estiment que la foi est le corps de l'Eglise, sa chair et ses os, si bien qu'on la peut appeler sa substance, sa constitution, sa stature et sa taille.

 

On ne voit guère, au premier coup d'oeil, comment une qualité surnaturelle et une attitude de l'Esprit - la foi étant l'une et l'autre - peuvent être l'élément constitutif d'une société, encore moines cette société elle-même. Dans l'ancienne langue chrétienne, cependant foi et Eglise sont termes synonymes: on appartient à l'Eglise parce que l'on partage sa grande foi.

 

C'est un triomphant chef-d'oeuvre de l'Esprit de vérité que ce maintien sur terre de l'admirable foi, indépendante de toute valeur ou sainteté humaine. Elle est une atmosphère spirituelle enveloppant notre planète et que respirent seulement les "fidèles". D'une pureté divine elle ne saurait être contaminée. Elle rejette toute influence délétère; n'y vivent à l'aise que ceux qui reçurent le don de complète conformité intérieure avec elle.

 

 

   Ce maintien d'une foi si vivante nous livre le secret de la présence de l'Esprit sur cette terre. C'est la beauté de l'Epouse, c'est sa gloire que, dans un monde de ténèbres et d'incrédulité, il y ait une telle acceptation des mystères cachés de Dieu, un tel amour des vérités dérobées aux yeux des hommes, une telle constance à ne pas s'écarter d'un fil de la doctrine révélée.

 

   Qui pourrait être l'auteur de cette mentalité, dont tous les traits sont d'une personnalité vivante, sinon l'Esprit? Et la mystique personnalité, c'est l'Epouse.

 

 

la foi est supérieure à l'homme, non l'émanation de ses sentiments.

 

La première caractéristique de la foi est d'être une vision de l'invisible, une connaissance de l'inconnu, un toucher de l'intangible, un amour du supra-humain. Transcendante, la foi l'est essentiellement et à tous les points de vue. Par définition, elle appartient à un domaine situé au-delà de l'entendement humain. Elle n'est pas un sentiment commun issu d'une foule aux intérêts identiques; sa voix n'est pas celle de la chair et du sang. Avoir la foi, au sens chrétien du mot, n'est pas connaturel à l'homme. On est ainsi amené à considérer la foi comme ayant une existence indépendante des mérites de ceux qui la professent; elle est sous-jacente à l'Esprit comme la surface de la terre soutient les plus vastes édifices, les temples les plus élevés.

 

en ce sens et à ce point elle était inconnue avant la Pentecôte.

 

 

   Cette "impersonnabilité" de la foi, chose entièrement nouvelle dans l'histoire de l'humanité, ne trouve son explication qu'à la Pentecôte. C'est à dater de ce jour que la terre a connu cette pure beauté, cette lumière divine, avec cette résolution de volonté, cette prompte acceptation du vouloir souverain de Dieu, cette splendeur de vision.

 

 

son pouvoir sur Dieu.

 

La foi ici-bas n'est pas un tyran pour l'intelligence mais un ange du Seigneur, source inépuisable de bonheur par sa seule présence.

 

   Dieu la considère, et il s'apaise; il y voit réfléchie sa propre image et il renonce alors à détruire un monde pécheur. L'existence sur terre de la foi est le seul espoir qu'ait le monde de trouver grâce devant Dieu; vînt-elle à disparaître, rien ne retiendrait plus sa colère.

 

Mais aussi longtemps que des hommes croiront à la Vérité de Dieu, le glorifiant en acceptant sa parole, fût-elle pleine de mystère, il y aura entre ce monde et lui correspondance, conformité. Car est- il est possible de croire - de cette foi qu'on attend du chrétien - sans grandement rendre gloire à Dieu? Cette confession de sa véracité implique un grand loyalisme: tout fidèle professe par là, au moins implicitement, le droit suprême de Dieu sur l'esprit humain.

 

sa valeur sans la charité.

 

   Un croyant pourra manquer de charité, se trouver en état de péché; sa foi, bien que sincère et loyale, demeurera peut-être à part de sa volonté, qui devrait être le siège de l'Esprit-Saint. Mais ce sont là des accidents. Par elle-même la foi est une bonne volonté sans réserve de l'homme envers Dieu.

 

   La foi de l'Eglise, dit saint Thomas d'Aquin, est pleine d'une beauté qui lui vient de sa "forme", la charité; "fides Ecclesia est fides formata".

 

    Individuellement, l'adhésion des croyants peut en être dépourvue, mais ils n'en baignent pas moins dans la foi, comme les hommes se meuvent dans une atmosphère, qu'elle soit chaude ou froide.

 

elle conditione l'unité chrétienne.

 

   La foi est le constituant de l'unité chrétienne: appartenir au bercail de la foi, c'est appartenir à la famille de Dieu. La charité n'est pas la première à réunir les chrétiens: c'est d'abord par la foi, qu'ils sont "un".

 

Tenter l'union par la charité sans l'unité de la foi serait aussi vain que de vouloir revêtir du même vêtement les membres d'un corps que la hache du bourreau a dispersés.

 

   C'est le propre de la foi que, la professant de bouche en toute sincérité, on ne craint pas de se tromper ou de se faire illusion sur sa présence. Un homme sait s'il a la foi. Il est au pouvoir d'innombrables membres de la race humaine de professer le même crédo; cette profession leur garantit, sans conteste possible, l'unité de pensée.

 

   La charité, elle, est sujette à plus d'illusions. Nous ne sommes pas certains de la posséder, mainte déception étant ici possible. On ne saurait être sûr de la charité d'un homme comme on l'est de sa foi.

 

   La foi est la maison qui réunit la famille de Dieu. Parce qu'il est indispensable de ne pas prendre, par erreur, une autre demeure pour celle de Dieu, il a été donné à la foi, et à elle seule, d'être un signe auquel nul ne peut se méprendre.

Rédigé par dom Vonier

Publié dans #spiritualité

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