la liturgie de l'Avent

Publié le 1 Décembre 2012

 

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"Accepte, ô Vierge Marie, la Parole qui t'es envoyée de Dieu par l'entremise de l'Ange: tu concevras et enfanteras l'Homme-Dieu, et tu seras bénie entre toutes les femmes."

 

Il y a dans ce texte une dramatisation qui va bien dans l'esprit de la liturgie en général, et celle du Temps de l'Avent tout particulièrement.

 

Cette prise à parti montre à quel point tous les hommes doivent se sentir solidaires de l'humble fiancée de Nazareth: Sa réponse est la nôtre; elle est le porte-parole de chacun de nous; de son acceptation, Dieu lui-même  a voulu faire dépendre le sort éternel de l'humanité.

 

Quel drame inouï et de plus grande portée serait-il concevable en nos théâtres humains? Oui! les mystères commémorés par la liturgie nous intéressent, et grâce à la liturgie précisément, nous avons la possibilité d'y prendra part, même après coup, même quand les jeux paraissent déjà faits.

 

A la messe, par la messe, nous jouons un rôle dans le sacrifice du Calvaire, et notre offrande quotidienne - réunie à celle que le Christ a portée devant son Père une fois pour toutes - en acquiert une valeur de rédemption.

 

Ce n'est pas à dire, évidement, que nous puissions intervenir dans la suite des évènements, tels qu'ils se sont passés au Golgotha. Nous n'arrêtons pas le bras de bourreaux. Notre participation, réelle, ne change plus l'histoire; elle se greffe plutôt, elle greffe sacramentellement notre journée, notre vie, notre action, sur l'arbre de vie qu'est la croix du Seigneur.

 

...

 

Si chacun de nous rejoint véritablement le Seigneur en son mystère pascal, c'est le Christ tout entier vivant. Nous nous unissons par conséquent, en ce crucifié, à ce même Jésus que Marie coucha dévotement dans sa crèche, et à ce Maître plein de douceur et de majesté qui draina les foules de Galilée. Nous n'avons pas à nous introduire en tiers dans la conversion de Zachée ou la guérison de l'aveugle-né; mais nous avons à être touchés comme le premier et illuminés comme le second.

 

Tout baptisé, en fait, revit l'expérience bouleversante qui fut celle de la femme de Samarie, du pauvre enténébré dont le Christ eut pitié, ou de Lazare, sauvé de la mort.

 

... l'occasion pour chacun de nous de ratifier le "fiat" de la sainte Vierge, en profitant de la solidarité qui nous unit à elle et de l'analogie entre sa situation et la nôtre.

 

Est-ce que la liturgie de l'Avent ne nous replace pas en deçà d'une nouvelle célébration de la Nativité? Est-ce que plus simplement encore, nous ne nous retrouverons pas chaque matin et à tout instant du jour, dans le cas de recevoir la vocation, l'appel, la volonté de Dieu sur nous à ce moment-là? Est-ce que nous ne devons pas y répondre avec la même simplicité que Marie, de telle sorte que nous revivions, nous aussi, l'expérience spirituelle de la mère de Dieu?

 

"Qui est ma mère et ce qui sont mes frères, dit Jésus? Et montrant ses disciples d'un geste de la main, il ajouta: Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est au cieux, celui-là m'est un frère et une soeur. " (Mt. XII, 49)

 

 

 

 

 

Peut-être aurions-nous avantage, durant ce Temps de l'Avent, à reprendre la coutume, tellement simple mais si profondément chrétienne, de réciter l'Angelus aux trois tournants de nos journées.


Ce serait une excellente façon de nous remettre régulièrement à l'écoute du Seigneur, aux ordres de sa Volonté, afin de lui donner, par une disponibilité accrue, la possibilité de prendre corps en nos vies.

 

Ce Temps ne nous oriente pas seulement vers la naissance de Jésus mais vers la Parousie triomphale du Christ; il associe notre attente à celle de l'Ancienne Alliance, et le Ciel à la terre.

 

Il ne faudra jamais oublier l'un ou l'autre de ces points de vue, si l'on veut que notre célébration liturgique et notre vie chrétienne par conséquent restent bien axées suivant le Plan divin en son entier, tel que le Père l'a imaginé dans son amour éternel pour les hommes. Or, tout y est inséparable, précisément parce qu'il n'y a qu'un seul et même Dessein providentiel, un seul et même Mystère, qui se réalise en l'Incarnation rédemptrice de notre Seigneur, mais embrasse toute la Création, de l'Eden à la Parousie.

 

Jésus nait pour nous, comme il est mort pour nous. C'est afin de nous assurer une résurrection des âmes et des corps que le Christ a ressuscité, premier d'entre les morts. Cf I Cor. XV) C'est en précurseur qu'Il est monté aux cieux (Hebr. VI,20). C'était déjà pour son mystère pascal et sa glorification nous soient communicables que le Verbe vint sur la terre et s'incarna dans le sein de la Vierge Marie:" Tu concevras et enfanteras un fils, lui dit Gabriel, et tu lui donneras le nom de Jésus-Sauveur...

 

Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père (autrement dit: c'est le Messie); il règnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n'aura point de fin.""Cujus regni non erit finis" chantons-nous équivalemment au Credo, pour désigner l'Eternité bienheureuse où le Jugement dernier introduira définitivement ceux qui auront accepté de s'associer aux Mystères de la vie terrestre du Christ.

 

 


 


 


Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

Publié dans #spiritualité

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