La persévérance dans l’effort du Carême .

Publié le 20 Février 2015

desier_02-copie-1.jpg

 

1901900_679056988802969_1389651571_n.jpg

 

Le récit de la tentation de Jésus au désert prend place au début du Carême pour de nombreuses raisons.

 

On ne peut les considérer toutes ici, mais la plus évidente réside dans l’exemple du jeûne de quarante jours pratiqué par Jésus. Si nous jeûnons pendant les quarante jours du Carême, nous avons, pour nous soutenir dans notre effort, l’exemple du Seigneur lui-même.

 

Et nous savons aussi que l’effort est nécessaire, car l’Évangile nous révèle qu’il y a un ennemi qui cherche à entraver notre effort : Jésus étant tiraillé par la faim, le diable essaya de lui faire rompre son jeûne. Les devantures de pâtisseries et les publicités alléchantes nous tentent, mais nous persévérons chacun dans l’effort que nous nous sommes fixé au début de ce Carême.

 

Si Jésus avait suivi l’avis du diable de cesser son jeûne, nous manquerions de son exemple pour persévérer. Le Seigneur nous demande donc de persévérer. Mais après tout, pourquoi persévérer dans la privation ? Pourquoi ne pas faire comme tout le monde ? « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons », comme dit saint Paul.


L’Évangile nous apporte encore et toujours la réponse.

 

Il y est écrit qu’après le départ infructueux du diable, « des anges s’approchèrent de Jésus et le servaient ». Cela signifie deux choses.

 

Premièrement : la persévérance éloigne de nous le tentateur. C’est logique : s’il ne trouve pas en nous de complicité, alors le diable se retire. Notre constance devant ses tentations l’éloigne de nous. Il est évident que lorsque nous faisons des efforts pour corriger notre vie, nous devenons plus résistants aux assauts de l’ennemi. Nous nous renforçons, et lui s’affaiblit. Nous nous rapprochons de Dieu, et nous nous éloignons du diable. Si donc nous voulons être libérés de son esclavage, persévérons dans l’effort : mieux vaut être un disciple libre de Jésus qu’un esclave entre les mains du diable.


Ceci est le fruit négatif de la persévérance, lié à l’effort : on se donne de la peine, et petit à petit le diable s’éloigne de nous ; la voix des tentations se fait de plus en plus lointaine. Mais si le diable s’éloigne, ce n’est pas pour que nous nous retrouvions seuls devant notre triste sort.

 

L’Évangile nous dit que, après que le diable eût quitté Jésus, « des anges s’approchèrent de lui et le servaient ». Si Jésus n’avait pas persévéré dans le jeûne, les anges n’auraient pas eu besoin de le consoler de leur présence, car il se serait consolé de son pain. Il en est de même pour nous : si nous voulons jouir des consolations spirituelles, nous devons persévérer dans la pénitence. Sans cela, nous ne les goûterons jamais.

 

Écoutez ce que dit saint Benoît à celui qui s’engage dans la vie monastique : « Nous voulons, dit-il,  fonder une école où l'on serve le Seigneur. Dans cette institution, nous espérons ne rien établir de rude ni de pesant. Si, toutefois, il s'y rencontrait quelque chose d'un peu rigoureux (…) pour corriger nos vices et sauvegarder la charité, garde-toi bien, sous l'effet d'une crainte subite, de quitter la voie du salut dont les débuts sont toujours difficiles. Car, à mesure que l'on progresse dans la voie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l'on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l'amour » (Prologue).


Commençons et poursuivons avec persévérance nos efforts de Carême. Résistons à la tentation de lâcher pied en considérant l’exemple du Seigneur.

 

Ne nous laissons pas entraîner par nos désirs, car ce sont des liens qui nous enchaînent et nous rendent esclaves.

 

Nous ferons alors l’expérience de la vraie liberté intérieure. Alors nous parcourrons ce Carême avec un cœur dilaté. Il ne sera pas pesant, car nous attendrons Pâques dans la joie d’un désir spirituel qui comblera nos cœurs.

 


Rédigé par un moine osb

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Merci !! Quelle joie de le lire ! A garder bien présent dans le coeur durant tout ce carême...
Répondre
P
Oui .. bon voyage dans des conditions pourtant ici pas heureuses mais bon !