La Vierge des douleurs.

Publié le 13 Avril 2014

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   L'Evangile ne parle pas de cette rencontre: la tradition toutefois la tient pour certaine; et vraiment il serait étrange qu'elle ne se fût pas produite . Marie avait dû chercher à se rapprocher de son Fils, dès qu'elle avait appris son arrestation, et, probablement, elle y était parvenue aux environs du prétoire.

 

   La demeure des pontifes lui était fermée, mais l'accès du tribunal romain était ouvert à tous. Elle put donc assister aux horribles scènes de la flagellation et du lavement des mains; elle put entendre les hurlements de la foule et les protestations de Pilate: elle put enfin voir Jésus à la la sortie de l'Antonia et se rendre compte de la route qu'il allait suivre. C'est pourquoi nous la retrouvons à l'issue d'une sorte de ruelle, parallèle à la voie douloureuse, qu'elle rejoignait à soixante mètres environ du point où s'était produite la première chute.

 

   Arriva-t-elle pour assister au spectacle de son Fils gisant dans la poussière et faisant des efforts pour se relever sous l'accablement de son fardeau, ou le vit-elle seulement se décharger de la croix sur l'épaule du Cyrénéen? Il importe peu, en présence de l'atrocité de sa douleur. Bien des fois, on a essayé de la peindre, toujours avec le même insuccès.

 

   Le prophète n'avait-il pas dit de la fille de Sion:" A qui te comparer et qui pourra se croire semblable à toi? Verrai-je en toi une affligée pareille à d'autres et entreprendrai-je de te consoler? Ta douleur est immense comme la mer, et nul remède n'y peut-être apporté. " Et sur les lèvres de la désolée mystérieuse n'avait-il pas placé ces paroles :" O vous qui passez, voyez et dites s'il est une douleur comparable à ma douleur"  !

 

   Le glaive prédit par Siméon s'était enfoncé dans sa poitrine et avait déchiré son coeur. Pour en sonder la blessure, il faudrait le regard de Celui qui tenait le glaive et faisait de sa mère la co-rédemptrice du genre humain.

 

   Il dut y avoir parmi les soldats un instant d'arrêt, motivé peut-être par la transmission de la croix au Cyrénéen, peut-être aussi par un sentiment de commisération envers les affligés. Si difficile que fût leur âme à s'émouvoir, pouvait-elle résister à l'imprévu de cette rencontre entre la mère et le fils, sur le chemin du Calvaire. Pour l'honneur de l'humanité, ne leur refusons pas un reste de miséricorde et de respect à l'endroit d'une si grande ruine et d'une si poignante douleur.

 

   Au temps de Tibère, le soldat romain avait pris de longue date l'habitude de tuer sans scrupule; mais il frappait par ordre et croyait remplir un devoir.

 

   Quoi qu'il en soit, Jésus et Marie échangèrent un regard où passa toute leur âme, avec une force de compatissance et de tendresse qu'il nous est impossible de mesurer. Ils s'unirent une fois de plus dans le renoncement de tout leur être au profit des hommes et pour la gloire du Père éternel.

 

La tradition veut néanmoins que la pauvre mère ait défailli au jardin des Oliviers. Il n'y a là rien d'étonnant, rien non plus qui diminue la grandeur d'âme et la soumission parfaite de Marie à la volonté divine: les défaillances de la nature attestent la violence de l'épreuve, sans amoindrir le mérite de la résignation.

 

essai sur la Passion

R.P. Ollivier O.P

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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