le prophète Daniel.

Publié le 22 Mars 2010

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0e/Rembrandt-Belsazar.jpg



0 mon Dieu, vous vous êtes souvenu de moi et vous n'abandonnez point ceux qui vous aiment! Saint Paul dit (Rom., VIII, 28) : Tout tourne à bien à ceux qui aiment Dieu ; et il est écrit dans l'Évangile: Pas un cheveu de votre tête ne tombera sans la permission de votre Père céleste (Matt., X, 30); et ailleurs : Dieu donne la nourriture aux oiseaux qui ne sèment point, qui ne récoltent point; et à la fleur des champs, qui ne file ni ne tisse (Matt., VI, 15), un vêtement plus magnifique que la pourpre des rois. Or, vous êtes à ses yeux plus que des oiseaux et des lis (Matt., X, 31).

Ce qui ne veut pas dire que l'homme doit tout abandonner à la Providence sans prudence et sans travail.


Il doit avoir sa part d'action dans tout ce qui se fait ici-bas, puisque par sa raison il y est le représentant de Dieu, et que l'exercice de sa liberté, qui lui a été donnée à cette fin, lui impose une responsabilité. Ce qui ne veut pas dire non plus que tout doive prospérer aux fidèles serviteurs de Dieu, et qu'ils n'auront jamais rien à souffrir pour son service et l'accomplissement de sa loi. Au contraire ils rencontreront beaucoup d'obstacles, de combats, de tribulations, et c'est justement par là que leur fidélité sera éprouvée et qu'ils attireront la grâce qui viendra les secourir ou les délivrer en son temps. Mais ce qui est certain, c'est que tout ce qui leur arrivera, même leurs plus cruelles infortunes et leurs plus vives douleurs, tournera en définitive à leur plus grand bien, s'ils persistent dans leur voie, et à la plus grande gloire de Dieu, o'est-à-dire à l'accomplissement des desseins providentiels en eux et par eux.

 

Nous en voyons un exemple en Daniel, la plus belle figure peut-être que nous offre l'Écriture sainte, après celles de J.-C. et de sa mère. Dès son adolescence l'Esprit divin s'est emparé de lui et le guide dans ses pensées, comme on le voit dans la délivrance de la chaste Suzanne, que le peuple trompé par les apparences et les ruses diaboliques de deux infâmes vieillards a condamnée à mort. Seul, il parle en sa faveur contre tout le peuple, et il prouve son innocence. A Babylone, tout captif qu'il est, il refuse hardiment d'observer les décrets du roi qui prescrivent l'idolâtrie, et il reste, malgré tout, fidèle au culte du Dieu d'Israël. Il est jeté à cause de cette résistance dans la fosse aux lions qui le respectent, parce que l'Esprit de Dieu qui est en lui les arrête. Cette conservation miraculeuse le met plus que jamais en faveur auprès du roi, qui lui donne une grande autorité ; et la puissance ne l'exalte pas plus que la persécution ne l'avait abattu. Il persiste à combattre l'idolâtrie et à démasquer l'hypocrisie de ses prêtres. Il renverse les idoles, tue le dragon, tourne en ridicule les superstitions du peuple qui, s'ameutant contre lui et contre le roi qui le soutient, le force par leur rébellion et leurs menaces de livrer Daniel à leur fureur.

On le jette de nouveau dans la fosse aux lions, et pour qu'il n'échappe point cette fois à leur cruauté, on ne leur donne point de nourriture pendant plusieurs jours.

Dieu sauve encore de la mort son fidèle Daniel, et sa bonté pour lui va même jusqu'à lui envoyer à manger par un nouveau miracle.

 

Ici encore le dessein providentiel s'accomplit.

Le roi, frappé de cette protection merveilleuse du ciel, et plein de joie de retrouver vivant celui qu'il aime, reconnaît publiquement que le Dieu de Daniel est le Dieu véritable, et décrète que toute la terre doit l'adorer. Ainsi Daniel est sauvé, et le vrai Dieu est glorifié. Mais que d'événements terribles pour arriver à cette fin, et combien Daniel a dû souffrir au milieu de ces péripéties et de ces persécutions!

Tout lui a tourné à bien, sans doute, parce qu'il aimait Dieu de tout son cœur, et ne cherchait que sa gloire. Mais il lui a fallu subir constamment la haine des grands du royaume, jaloux de cet étranger qui avait la faveur du prince, les calomnies et les persécutions des prêtres de Bel et de Dagon, indignés de l'audace de ce misérable Juif, d'un esclave qui ose s'attaquer à leur autorité, démasquer leurs ruses et leur enlever leurs profits avec leur crédit et leur puissance. Il s'est trouvé seul devant le peuple en révolte et demandant sa mort, il s'est vu abandonné du roi, dont la vie était aussi menacée. Deux fois il a été jeté en proie aux lions, et ainsi il a dû ressentir à deux reprises toutes les angoisses d'une mort qui semblait certaine, ou du moins dont aucun secours humain ne pouvait le préserver.

Dieu l'a sauvé à cause de sa fidélité et du courage de son amour ; mais il l'a sauvé à travers les mille tribulations de la plus cruelle épreuve.

 

Telle est la leçon que nous donne cette histoire si terrible et si consolante tout ensemble. Elle nous assure du secours d'en haut en toute occurence et quel que soit le danger, si comme Daniel nous restons fidèles à la cause de Dieu, l'honorant et le servant comme il veut l'être. Mais ne nous imaginons pas qu'il nous épargnera les souffrances, les angoisses, tous les accidents plus ou moins pénibles de la lutte avec les passions humaines coalisées contre la vérité ; lutte inévitable qui doit éprouver notre fidélité, manifester notre courage et justifier notre amour.

 

mr l'abbé Bautin

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article