le purgatoire. requiescat in pace.

Publié le 6 Novembre 2013

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14 novembre: tous les défunts de l'ordre bénédictin.

 

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........................................................................................................   à Peter, quand tu diras ta première  sainte messe, (la vraie..!!! lol )  tu penseras à ton ami moi je serai peut-être plus de ce monde...!

 

 

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Les poètes ont imaginé des espaces désolés où flottent les âmes secouées par la tempête, des fleuves et des torrents où elles se plongent, des flammes dévorantes et des sphères de feu qui les brûlent sans les consumer et leur enlève la rouille de leurs péchés.

 

Dante a chanté la sainte montagne, au pied de laquelle une foule triste et navrée attend la visite de l'ange qui la doit introduire dans le lieu des purifications; les cercles ascendants que gravissent les captifs de la justice divine, courbés et comme écrasés sous le poids de leurs dettes de péché, les tourments qu'ils endurent, selon la nature, le nombre et la gravité de leurs fautes inexpiées; leurs larmes résignées, le tremblement de la montagne sainte ébranlée par la violence de leurs désirs, le feu qu'ils traversent pour achever de se purifier, dernier cercle de douleur au-delà duquel on entend ce doux appel :" Venite benedicti."

 

Parmi les théologiens, les uns ont placé le purgatoire dans les entrailles de la terre, les autres dans les régions supérieures des airs. Ceux-ci veulent que l'âme se purifie dans le lieu même où elle a péché, ceux-là dans les abîmes de ténèbres et de feu, sorte d'annexe de l'enfer, où le supplice ne diffère de celui des réprouvés que par la résignation et la consolante confiance de ceux qui souffrent. Ici, l'on enseigne que l'attente du bonheur éternel ne peut pas dépasser un certain nombre d'années, là, qu'elle peut se prolonger jusqu'à la fin des temps; ici qu'il y a dans le purgatoire des peines moindres que les plus grandes peines de la terre; là, que les plus grandes peines de cette vie n'égalent pas la plus petite peine de l'autre monde.

 

Que faut-il croire?

 

Rien, que ce que l'Eglise nous enseigne; c'est sa doctrine qui doit fixer notre foi.

 

Or l'Eglise affirme "que l'homme pécheur doit subir une peine temporelle dans cette vie ou dans l'autre pour obtenir la pleine rémission de ses péchés et entrer dans le royaume des cieux; que le purgatoire existe, et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles et surtout par le précieux sacrifice de l'autel.

 

Elle veut que cette doctrine soit crue, enseignée et prêchée partout; mais, en même temps, elle veut qu'on écarte des discours adressés au peuple chrétien les questions difficiles et subtiles; qu'on ne permette point de publier des choses incertaines ou peu vraisemblables; qu'on interdise comme scandaleux et ruineux pour la foi tout ce qui serait entaché de curiosité ou de superstition. "

 

 

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C'est avant d'entrer dans le royaume des cieux que l'âme souffre; elle n'est donc pas arrivée à son terme. La fin de son épreuve devrait être le commencement de son bonheur, et voilà qu'elle est captive. Tant de liberté qu'on lui suppose dans les espaces, tout ce qui n'est pas le ciel est pour elle un exil, une prison, un lieu étroit où ses vastes désirs sont mal à l'aise.

 

Nous entendons les saints se plaindre, ici-bas, du corps grossier qui emprisonne leur âme éprise de Dieu. - "Qui me donnera des ailes, disent-ils pour m'envoler comme la colombe vers le lieu de mon repos? Psalm. LIV Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort. ? Rom. cap VII, 24

 

L'âme juste, délivrée du corps de mort, sent que ses liens ne sont pas encore brisés. L'élan d'amour qui l'entraîne à se perdre dans l'immensité divine est partout rompu et arrêté par les inflexibles limites du lieu qui l'emprisonne. Ne pouvant entrer en Dieu, elle est obligée de se replier sur elle-même et sent le vide du souverain bien qu'elle devrait posséder. Ce souverain bien est l'unique et nécessaire objet de ses amoureux désirs. Elle s'élance vers lui, mais ne peut l'atteindre; elle l'appelle, mais il ne répond pas encore! Elle a honte de voir qu'elle en est privée par sa faute, et de comprendre qu'elle aurait pu s'épargner par de faciles douleurs un si grand supplice. Elle mesure avec tristesse tous les degrés de gloire et de béatitude qu'elle aurait pu s'assurer, si elle eût été plus fidèle et plus fervente. Mais, enfin, quelle que soit sa part, elle voudrai l'avoir et Dieu la lui refuse.

 

"Spes quae differtur affligit animam : L'espoir que l'on fait languir afflige l'âme" dit le proverbe sacré.

 

Plus encore, l'amour que l'on contrarie. 

 

J'en appellle à vos propres coeurs, si souvent épris des fragiles beautés de ce monde. Avec quelle ardeur il les désirent, que de peines ils se donnent pour s'en assurer la possession, et quel déchirement s'ils en sont privés à l'heure où ils comptaient en jouir! .... ces plaies d'amour contrarié.

 

Nous devons croire que l'âme souffre d'autres peines que de la privation de Dieu; et quand il serait vrai que parmi ces peines il y en a de moins grandes que les plus grandes peines de ce monde, il resterait encore que le plus pur et le plus violent des amours, contrarié par l'absence de la suprême beauté, du très parfait objet auquel l'âme a droit et dont elle voudrait jouir, est pour elle le plus cruel de tous les supplices.

 

Quand le souvenir de ceux qui me furent chers emporte mon âme méditative jusqu'aux rivages de l'autre monde, je crois entendre tomber des voûtes célestes un cantique de joie et d'actions de grâces; mais, en même temps, j'entends monter de je ne sais quel mystérieux abîme des plaintes et des cris lamentables: "Peccavimus et abscondisti faciem tuam a nobis: Nous avons péché, Seigneur, et vous nous avez caché votre face adorable. - Vous nous brisez à cause de nos iniquités. - C'est assez, ne soyez plus irrité, ne vous souveniez plus de nos offenses. Regardez, nous sommes votre peuple: Ecce, respice, populus tuus omnes nos. - Où est donc, grand Dieu, l'abondance de votre compation et de vos miséricordes? Ubi est multitudo viscerum tuorum et misericordiarum tuarum? - O Père, ô rédempteur! retournez-vous vers vos serviteurs.

- Regardez, nous sommes votre peuple: Ecce, respice, populus tuus omnes nos.


 

Oui, Messieurs, c'est le peuple élu de Dieu qui souffre dans le purgatoire.

 

Il souffre, mais pourtant, sa douleur ne va pas jusqu'à la désolation. L'âme juste que Dieu châtie n'a pas été, comme l'âme réprouvée, précipitée par une malédiction dans le triste lieu où elle se purifie; elle y est allée de son plein gré, emportée par son amoureux acquiescement à la volonté divine. Sa profonde tristesse ne trouble pas sa paix, car il y a, au fond de sa douleur, l'immense joie de se savoir sauvée. Elle adore la justice qui retarde son bonheur, et bénit la miséricorde qui lui a épargné les peines éternelles. Elle veut d'une volonté sincère, que la gloire de Dieu triomphe par ses expiations, et elle se console de souffrir par la pensée que chaque instant qui s'écoule la rapproche de la fin de ses maux et du bonheur qui ne peut lui faire défaut, et aussi par sa confiance dans le doux et saint commerce de prières et de mérites que Dieu a établi entre l'Eglise militante, l'Eglise triomphante et l'Eglise souffrante.

 

- "O Dieu, s'écrie Bossuet, quel artifice de votre main puissante et de votre profonde sagesse de savoir faire trouver des douleurs extrêmes dans un fond où est votre paix et la certitude de vous posséder. Qui sera le sage qui entendra cette merveille? Moi je n'en ai qu'un léger soupçon. "

 

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Notre coeur suit dans les cieux le vol des âmes innocentes que Dieu rappelle à lui avant que la malice de ce monde ait pu les pervertir. Nous espérons que la miséricordieuse bonté de Dieu épargnera le pécheur que nous voyons s'éteindre lentement dans les sentiments d'un sincère repentir et d'une humble résignation.

 

Mais ceux que la mort surprend dans le péché, ceux qui ont à peine le temps de répandre une larme et de faire un signe en réponse au suprême appel que nous adressons à leur conscience, faut-il croire qu'ils sont éternellement perdus? Hélas! nous savons trop bien ce qu'ils doivent à la justice divine, et nous ne pouvons concevoir ce que fera pour eux la miséricorde, s'il n'y a au-delà de la tombe que l'effroyable tout ou rien.

 

C'est fini, puisque nous les avons aimés, ces malheureux, il ne nous reste plus qu'à déplorer leur sort et à noyer leur souvenir dans des larmes inconsolables. Mon Dieu, que la doctrine qui m'oblige à désespérer ainsi du salut de ceux que j'aime est donc barbare! Mais ce n'est pas la vôtre. Vous m'apprenez, par la bouche de votre sainte Eglise, que votre miséricorde peut nous épargner les peines éternelles sans faire tort à votre justice. Un mouvement secret du coeur que personne ne voit, mais que votre bonté attentive ne laisse pas échapper, une larme invisible qui sort, au dernier moment, de ce coeur repentant, c'est assez pour émouvoir votre infinie compassion.

 

Et puisque je sais que votre sainte justice peut se satisfaire pendant des années et des siècles, si c'est votre bon plaisir, j'ai moins peur de votre éternelle malédiction. Mon coeur qui aime ose espérer en votre sainte miséricorde, et croit entendre avec Dante l'ange d'en bas crier à l'ange d'en haut :" Oh! l'envoyé de Dieu, pourquoi me faire tort? Tu m'emportes de ce pécheur tout ce qu'il a d'éternel, et c'est pour une pauvre petite larme que tu me prives de ce qui m'appartenait: Per una lagrimetta !

 

Consolés par la doctrine de l'Eglise sur l'avenir éternel de ceux que nous aimons, nous le sommes bien plus, par l'assurance qu'elle nous donne que nous pouvons les servir encore et soulager leurs souffrances.

 

Ces chers morts, qui furent par l'affection la moitié de notre âme, ils nous ont quittés, mais nous ne sommes pas séparés d'eux autant que le craint notre amour .

 

Affligeons-nous, Dieu ne nous le défend pas, car la nature a des droits sacrés, et le spectacle de la mort éveille tant de souvenirs qu'il est impossible de leur imposer silence sans briser le vase fragile de notre coeur.

 

Ces yeux qui nous regardaient avec tendresse, ils sont éteints; ces lèvres d'où tombaient tant de paroles amies, elles se taisent; les chers vivants dont la compagnie nous était si douce, et qui tenaient si bien leur place au foyer, nous les cherchons en vain à l'endroit désert où ils étaient assis; ils n'y sont plus, ils n'y reviendront plus. Baisons les traces de leur passage, pleurons sur les fragiles objets qui nous rappellent leur présence, mais consolons-nous car les liens mystérieux qui attachaient nos coeurs à leurs coeurs ne sont pas brisés.

 

Une vaste communion de prières, de mérites, et d'assistance unit entre eux le ciel, la terre et les lieux sombres où souffrent les âmes des trépassés. Du haut du ciel, les saints, que nous invoquons, nous sourient, nous bénissent, nous protègnet; du fond des abîmes, nos parents et nos amis crient vers nous:"" Pitié ! Pitié ' vous qui nous aimez, car la main du Seigneur s'est apppesantie sur nous. Miserere, miseremini mei, saltem vos, amici mei, quia manus Domini tetigit me."

 

O tristesse! ceux que j'aime sont plongés dans une mer de douleurs; mais, ô joie! ô bonheur! je puis prier et souffrir pour eux. Leur âme captive de la justice de Dieu, est incapable d'aucun acte méritoire, je puis leur donner les miens.

 

Va, mon amour, va les trouver et dis-leur que tu es prêt à tous les actes de justice et de dévouement. C'est peut-être à cause de moi qu'ils souffent; je veux réparer tout ce qui, dans ma vie, a pu leur être funeste. Quand ils souffraient auprès de moi, je ne pouvais pas souffrir pour eux: me voir souffrir eût aggravé leurs souffrances, mais aujourd'hui, tous les maux que j'endure par amour pour eux tomberont comme une pluie bienfaisante sur le feu qui consume les restes de leur péché. Si je ne puis tout seul mettre fin à leur peine, j'appellerai le ciel à mon secours. Si le ciel ne suffit pas, j'ai pour dernière ressource le sang.

 

 

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Oui, Messieurs, le sang! - On le répandait jadis sur les tombeaux et l'on invitait les ombres plaintives à venir boire à ce fleuve tout fumant encore de la chaleur de la vie: grossière image du mystère de justice et d'amour auquel les vivants et les morts doivent leur salut.

 

Plus heureux que les anciens, nous avons à notre service le sang d'un Dieu chaque jour immolé sur nos autels, et nous, vivants, nous pouvons le faire descendre au-delà des tombeaux, jusqu'aux rivages de ce monde désolé où souffrent nos bien-aimés.

 

Venez, amis, venez, voici le sang de la croix et de la messe que nous vous envoyons.

Plongez-vous dans ce fleuve sacré, pénétrez-vous de ses mérites infinis; tout à l'heure il va jaillir jusqu'au ciel et emporter avec lui dans le sein de Dieu vos âmes purifiées. Consolation suprême ! Après vous avoir sauvés, nous pourrons espérer que vous nous rendrez, en assistance et en protection, le grand bienfait de votre délivrance.

 

N'est-il pas juste de dire que la foi embellit tout? Elle embellit toutes les saisons; elle embellit la mort, en nous montrant, dans les ténèbres dont elle enveloppe ses victimes, les impérissables liens d'amour et de grâce qui unissent les vivants à ceux qui ne sont plus.

 


 



 

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Rédigé par R.P Monsabré OP

Publié dans #spiritualité

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Marie 07/11/2013 17:52


sujet difficile s'il en est... je n'aime pas cette crainte (peur même) que les différents récits sur le purgatoire distillent et je me demande ce qu'il faut croire.

philippe 08/11/2013 05:31



oui... avec les modernos qui disent on ira tous au paradis... je serai tenté de dire en rigolant on n'en bave pas
assez ici-bas pour aller encore souffrir après la mort !!!! ils vont tous dans la maison du père aujourd'hui.. alors entre les deux extrêmes il doit y avoir un juste milieu. il faut avoir
confiance quoi .