les quatre grands fleuves.

Publié le 8 Mai 2014

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" O grande, ô pieuse, ô très louable Marie! s'écrie saint Bonaventure, on ne saurait prononcer votre nom sans être embrasé d'amour; on ne saurait penser à vous sans une grande joie du coeur: on ne saurait se souvenir de vous sans une douce tendresse."

 

   C'est que Marie est, après Dieu, toute bonté. Plus la bonté est grande, plus elle s'épanche, comme pour se décharger de son abondance. Voyez la Bonté infinie qui est Dieu le Père et qui s'épanche tout entier dans le Fils. Que fera-t-elle dans la créature qui approche le plus de la divinité? Elle lui fait produire une Personne divine dans une nature humaine. Enfin, la même Bonté infinie, ainsi reçue en Marie, devient une source féconde d'une infinité de biens qui se sont épanchés sur toute l'Eglise.

 

   Dieu plaça, dès la création du monde, au paradis terrestre, une source merveilleuse qui jaillissait de terre et qui se divisa en quatre grands fleuves, lesquels suivant des cours différents, arrosèrent la face de la terre, lui portant la fraîcheur et la fécondité; saint Jérôme dit que ce paradis représentait l'Eglise chrétienne, et que la Sainte Vierge est la source que Dieu a placée au milieu pour en faire sortir quatre grands fleuves de grâces.

 

   Le premier fleuve se nomme Phison, mot qui veut dire aurifère ou producteur d'or. Et que faut-il entendre par cet or, sinon la charité sainte et la grâce sanctifiante, qui ne sont qu'une même chose?

 

   En quel état serait le monde, si le Phison spirituel s'y coulait en abondance? Il se partage en autant de bras différents que nous avons de sacrements et de saintes pratiques de vertus dans la religion chrétienne. Nous savons que c'est Jésus-Christ qui est le principe de toutes les grâces , mais nous savons aussi que ce principe de la grâce nous est venu par Marie. Elle ne fait avec le Père qu'une même fontaine, d'où son Fils tire son origine.

 

Pesez un peu celà à loisir entre Dieu et vous; c'est une vérité si douce et si aimable, qu'elle charme toute âme qui la considère.

 

   Le second fleuve du paradis s'appelait Géhon, qui signifie épanchement du coeur.

 

Peut-on mieux exprimer cette grâce de la divine Maternité, dans laquelle le Fils unique, sortant du coeur de son divin Père, vient se rendre dans le sein virginal de sa très sainte Mère, pour en sortir semblable à nous, se donner à nous, nous ouvrir son coeur, et nous faire puiser dans cette source de la vie divine tous les précieux trésors de l'éternité?

 

   Voyez ce grand fleuve de grâces qui a sa première source dans le sein de la très sainte Mère; il s'étend de là sur toute la surface de la terre, particulièrement sur toute l'Eglise chrétienne. Il présente ses eaux à tous:" Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive!"

 

   Que font tous les chrétiens qu'on voit courir à la sainte communion? Ne vont-ils pas au fleuve Géhon pour se désaltérer dans cet épanchement du coeur du divin Père et de la divine Mère, qu'on appelle Jésus-Christ? C'est là qu'ils trouvent la satisfaction de tous leurs désirs,, en prenant possession de Dieu même; c'est là qu'ils s'enrichissent de grâces et de sainteté dans la mesure de la grandeur de leur âme. 

 

   Et jamais ce grand fleuve ne s'est tari ou ne se tarira jusqu'à la fin du monde... O fleuve d'eau vive! ô source vivante de tout le bonheur du temps et de l'éternité, de quelle fontaine sortez-vous pour venir ainsi nous désaltérer et nous enrichir de la substance de Dieu même? Vous avez deux sources, l'une est le sein éternel de votre divin Père, et l'autre est le sein virginal de Marie, ma divine Mère.

 

   Le nom du troisième fleuve était Tygris, mot qui signifie flèche volante.

 

   Et cela exprime parfaitement bien les grâces actuelles, les saintes inspirations de Dieu, les grâces prévenantes et excitantes, qui volent incessamment par toute la terre comme des traits d'amour qui vont toucher les coeurs, les percer pour les faire mourir au péché: fleuve de grâces admirable sans lequel les autres deviendraient inutiles. Il faut que la flèche vienne piquer le coeur et le réveiller de son assoupissement.

 

   Hélas! que de fois elle est avertie et ne veut obéir! Combien de gouttes des eaux de ce fleuve tombent sur des terres stériles et ingrates et ne produisent aucun fruit! Et néanmoins ce grand fleuve roule ses eaux en abondance sans tarir jamais.

 

   Cherchez maintenant la fontaine d'où ce troisième fleuve tire son origine, et vous trouverez que c'est la même que celle des deux autres. Mais c'est toujours par l'intercession de la Sainte Vierge qu'elles nous sont ménagées et distribuées. Saint Bernardin de Sienne enseigne que Marie, depuis qu'elle a porté le Verbe dans son chaste sein a une certaine juridiction sur la possession temporelle du Saint-Esprit, c'est-à-dire sur les visites qu'il fait aux âmes par ses grâces actuelles, parce qu'elle est Mère du Fils dont il procède éternellement. Et il cite un autre témoin de très grande autorité, saint Jérôme, qui dit que la plénitude de la grâce est en Jésus-Christ comme dans la Tête, et qu'elle est dans la Sainte Vierge comme dans le Cou, par où elles passent pour se répandre dans les parties du Corps mystique de Jésus-Christ.

 

" Puisque, dit encore saint Bernardin, tout l'être de Dieu a été enfermé dans le sein de Marie, je puis dire qu'elle est comme l'océan de la divinité, d'où sortent tous les ruisseaux et tous les fleuves de la grâce. C'est un endroit naturel qui lui a valu sa dignité de Mère."

 

Il dit encore:" Jésus-Christ passe dans le sein de sa Mère sans rien perdre de ses grandeurs. Marie a donc sur tous les dons, sur toutes les vertus et sur toutes les grâces du Saint-Esprit une telle juridiction, que tout se distribue par ses mains à qui il lui plait, quand  elle veut et autant qu'elle veut "

 

Voilà l'admirable fontaine qui nous verse de son sein les eaux du fleuve Tygris avec une telle abondance, que toute la terre en est arrosée.

 

   Le quatrième fleuve s'appelait l'Euphrate, c'est-à-dire Fructueux ou abondant en fruits.

 

Le fleuve qui nous vient de Marie est chargé de toute l'abondance des fruits du temps et de l'éternité; c'est à ce fleuve que sont attachés les mérites de toutes les bonnes oeuvres, les mérites des travaux des apôtres et des souffrances des martyrs, les mérites des oraisons des contemplatifs et des pratiques austères des confesseurs, ceux des aumônes des riches et de la patience des pauvres, enfin tous les fruits des vertus qui se pratiquent dans toute l'Eglise.

 

 

Levez vos yeux et portes-les sur toute l'étendue de la Sainte Eglise, vous la verrez arrosée des eaux abondantes de la grâce, qui la rendent si fertile en fruits de l'éternité, et vous direz :" Voilà le jardin du Seigneur, voilà le paradis terrestre!"

 

Mais levez les yeux jusqu'au paradis céleste, vous y verrez la multitude innombrable des fruits amassés ici-bas, et qui ont été produits par le fleuve abondant et délicieux de l'Euphrate. Les richesses de ce fleuve viennent de la même source que celles des trois autres, c'est-à-dire du sein virginal de Marie:"

 

" Une source jaillissait de la terre et se divisait en quatre branches. ' Gen. XIII, 10)

 

Voilà comment nous avons tout en Marie, et comment Dieu, l'ayant faite centre de tous ses bienfaits, l'a faite aussi source de tout bonheur.


 


 


 

rp d'Argentan capucin.


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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