mes moines....

Publié le 10 Septembre 2013

 

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tous mes préférés, y en manquent tant ,  mais bon.je les aime tant ceux-là .

" Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose..."

 saint Exupéry

 

" Accordez-leur cette grâce de ne jamais rien préférer à votre amour,, afin de trouver chez vous ce que vous avez promis, et de mériter de vous obtenir, vous,  comme salaire magnifique et unique ."

 

in vie de dom Delatte.

 

 

 

 

 

Moines venus vers nous des horizons gothiques,

Mais dont l’âme, mais dont l’esprit meurt de demain,

Qui reléguez l’amour dans vos jardins mystiques

Pour l’y purifier de tout orgueil humain,

Fermes, vous avancez par les routes des hommes,

Les yeux hallucinés par les feux de l’enfer,

Depuis les temps lointains jusqu’au jour où nous sommes,

Dans les âges d’argent et les siècles de fer,

Toujours du même pas sacerdotal et large.

 


Seuls vous survivez grands au monde chrétien mort,

Seuls sans ployer le dos vous en portez la charge

Comme un royal cadavre au fond d’un cercueil d’or.

 

Moines - oh! les chercheurs de chimères sublimes

Vos cris d’éternité traversent les tombeaux,

Votre esprit est hanté par la lueur des cimes,

Vous êtes les porteurs de croix et de flambeaux

Autour de l’idéal divin que l’on enterre.

 

Oh ! les moines vaincus, altiers, silencieux,

Oh ! les géants debout sur les bruits de la terre,

Qui n’écoutez que le seul bruit que font les cieux

Moines grandis parmi l’exil et les défaites,

Moines chassés, mais dont les vêtements vermeils

Illuminent la nuit du monde, et dont les têtes

Passent dans la clarté des suprêmes soleils,

Nous vous magnifions, nous les poètes calmes.

 


Et puisque rien de fier n’est aujourd’hui vainqueur,

Puisqu’on a rabattu vers la fange les palmes,

Moines, grands isolés de pensée et de coeur,

Avant que la dernière âme ne soit tuée,

Mes vers vous bâtiront de mystiques autels

Sous le velum errant d’une chaste nuée,


Afin qu’un jour cette âme aux désirs éternels,

Pensive et seule et triste au fond de la nuit blême,

De votre gloire éteinte allume encor le feu,

Et songe à vous encor quand le dernier blasphème

Comme une épée immense aura transpercé Dieu !


 

Emile Verhaeren, Les moines

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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