miserere mei Deus.

Publié le 21 Février 2011

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« Lavez-moi de plus en plus de mon « injustice».Implore sa. miséricorde, mais considère sa justice: sa miséricorde pardonne au pécheur, mais sa justice châtie le péché.

 

« Car je reconnais mon iniquité, et mon crime est toujours devant moi

 

«Cette femme», lui disaient-ils, « vient d’être surprise en adultère: « or, Moïse nous a commandé de lapider ces « coupables; pour vous, qu’en pensez-vous ?»

 

il y avait là un double piége tendu à la sagesse du Seigneur: s’il la condamnait à mort, il perdait sa réputation de douceur; s’il la faisait renvoyer libre, il encourait leur calomnie et passait pour un violateur de la loi.

 

Que répond le Sauveur? Il ne leur dit point: Qu’on la fasse mourir; il ne dit point: Qu’on la mette en liberté; mais: « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». La loi était juste en décrétant la mort contre l’adultère; mais donnez à cette loi juste des exécuteurs innocents.

 

Vous considérez celle que vous amenez, voyez aussi ce que vous êtes. « A ces mots, ils s’en allèrent l’un après l’autre ».


Il ne resta que la femme adultère avec le Seigneur; que la malade avec le médecin; que la profonde misère avec la profonde miséricorde.

 

Ceux qui l’amenaient rougirent sans demander leur pardon; celle que l’on amenait fut dans la confusion et fut guérie. « Le Seigneur lui dit: O femme, aucun ne vous a-t-il condamnée? et celle-ci: Aucun, Seigneur. Et le Seigneur: Et moi non plus, je ne vous condamnerai point, allez et ne péchez plus à l’avenir ».

 

Le Seigneur eut pitié de cette femme selon l’étendue de sa miséricorde, comme le demande le Prophète, comme il en supplie le Seigneur par ses cris et ses gémissements.

 

Voilà ce que n’ont point fait ceux qui lui présentaient la femme adultère; et quand le médecin étalait leurs plaies sous leurs yeux, ils n’ont point demandé au médecin la guérison.

 

Ainsi en est-il beaucoup qui ne rougissent point du péché, et qui rougissent de la pénitence. Incroyable folie: tu ne rougis point de la plaie, et tu rougis des bandes qui la couvrent?

 

N’est-elle pas plus hideuse et plus fétide, quand elle est à nu? Va donc trouver le médecin, fais pénitence et dis-lui: « Je connais mon iniquité, et mon péché est toujours sous mes yeux »

 

st Augustin

 

  C'est cette conscience aiguë de notre misère foncière devant Dieu que reflète l'admirable liturgie du temps de la Septuagésime, et notamment la messe des trois dimanches de Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime. Mais on peut y voir également, ainsi que dans la liturgie de Carême, comment l'Eglise comprend la pénitence, faite, bien entendue, de la douleur des fautes commises, mais aussi d'une confiance invincible en la miséricorde infinie. C'est très bon pour l'âme de porter son regard à ces hauteurs.

 

dom Gajard.

 

"Il y a tout d´abord la reconnaissance du péché et de son emprise sur celui qui chante le psaume. (cf. v. 3-11),


L’homme se trouve dans la condition de pécheur, et ce depuis le début de son existence. Même si le psaume est pris après le récit de la genèse et la manducation du fruit de l’arbre du jardin lors du premier dimanche de carême de l’année A on ne peut y voir, dit Jean Paul II lui-même commentant ce psaume, une « formulation explicite de la doctrine du péché originel, telle qu´elle a été définie par la théologie chrétienne ».


Toutefois, ajoute-t-il, il ne fait aucun doute qu´elle y correspond : elle exprime en effet la dimension profonde de la faiblesse de l´homme qui se trouve dans la condition de pécheur, solidaire dès sa naissance d’un monde marqué par le mal. « Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère ».


Il ne faut pas voir ici une vision négative de l’homme mais bien plutôt une saine reconnaissance de sa faiblesse.


Le Psaume apparaît dans cette première partie comme une ouverture à la lumière de Dieu, à son amour et une offrande à son regard de miséricorde.

 

Le psaume s’adresse à Dieu, » Pitié pour moi mon Dieu dans ton amour, selon ta grande miséricorde efface mon péché » 

 

Ce n’est pas l’homme pécheur qui fait une introspection, c’est l’ouverture à la lumière qui permet de nommer le péché, péché qui malheureusement touche l’homme mais et c’est absolument capital, péché dont il se sait déjà libérable.

 

C’est d’ailleurs cela le sens de la pénitence, se tourner, se convertir, se tourner vers Celui qui peut sauver.

 

C’est d’ailleurs le sens de nombreuses lectures auxquelles le Ps 50 répond.

 

Le livre de Joël au chapitre 2 (Mercredi des cendres), Jonas au chapitre 3 (Mercredi de la 1ère semaine de carême) Le livre d’Osée au chapitre 14 (vendredi de la 14e semaine du temps ordinaire) le livre d’Ézéchiel au chapitre 18 (Samedi de la 19e semaine du temps ordinaire), c’est la démarche de l’ensemble du carême qui est largement balisé, depuis le mercredi des cendres jusqu’à la vigile pascale par ce psaume.

 

C’est renoncer à tout ce qui entraîne vers la mort en se tournant vers celui qui peut sauver de la mort du péché.

 

Car, et c’est là la réalité, le péché est un désastre pour un Dieu qui a créé l’homme à son image et qui aime sa créature de tout son être, de toutes ses entrailles de miséricorde.

 

En fait le péché est une aberration autant pour Dieu que pour la créature, et d’ailleurs la première mention du péché dans le psaume c’est le terme hébreu hata חטא qui signifie littéralement "manquer la cible", pécher, commettre une faute.

 

 

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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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