ô bone Jesu , miserere nobis.

Publié le 13 Février 2013

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CHEMIN DE CROIX : DOM MARMIOM

 

La Passion constitue le "saint des saints" des mystères de Jésus. Elle est le couronnement de sa vie publique, le sommet de sa mission ici-bas, l'oeuvre vers laquelle toutes les autres convergent ou à laquelle elles puisent leur valeur.

 

Chaque année, durant la semaine sainte, l'Église en commémore, en détail, les diverses phases; chaque jour, au sacrifice de la messe, elle en renouvelle le souvenir et la réalité pour nous en appliquer les fruits.

A cet acte central de la liturgie se rattache une pratique de piété qui, sans appartenir au culte public officiel, organisé par l'Épouse du Christ, est devenue, à cause de l'abondance des grâces dont elle est la source, très chère aux âmes fidèles. C'est la dévotion à la Passion de Jésus sous la forme très connue du "chemin de la croix". (*)

 

La préparation immédiate que le Sauveur a faite à son oblation de pontife sur le calvaire fut de porter sa croix, du prétoire au Golgotha, accablé sous les souffrances et les opprobres.

 

La Vierge Marie et les premiers chrétiens ont dû plus d'une fois, dans la suite, refaire pieusement cet itinéraire, en arrosant de leurs larmes les endroits sanctifiés par les douleurs de l'Homme-Dieu.

 

Vous savez aussi avec quel élan et quelle ferveur les fidèles d'Occident entreprenaient au moyen âge le long et pénible pèlerinage des Lieux Saints afin d'y vénérer les traces sanglantes du Sauveur: leur piété s'alimentait à une source féconde de grâces sans prix. Rentrés dans leurs pays, ils avaient à coeur de conserver le souvenir des jours passés à Jérusalem dans la prière. On en vint, surtout à partir du XVe siècle, à reproduire un peu partout les sanctuaires et les "stations" de la ville sainte. La piété des fidèles trouvait ainsi à se satisfaire par un pèlerinage spirituel renouvelé à volonté. Dans la suite, à une époque relativement récente, l'Église a enrichi cette pratique de nombreuses indulgences.

 

Cette contemplation des souffrances de Jésus est très féconde. Je suis convaincu qu'en dehors des sacrements et des actes de la liturgie, il n'y a pas de pratique plus utile pour nos âmes que le chemin de la croix fait avec dévotion. Son efficacité surnaturelle est souveraine.

 

 

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"Mais la croix que Dieu lui-même met sur nos épaules en la taillant à notre mesure, la croix lourde et longue de notre vie - ne peut-on pas identifier la croix et notre vie -, c'est bien celle-là qui est l'expiation véritable, parce que installée au coeur même du problème, dans la trame que nous avons à tisser chaque jour."

 

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"Tout semble résumé dans la devise du monastère : Fons Amoris, « Fontaine d’Amour ».


En choisissant, en l’absence de tout document ancien, ces deux mots, extraits de la séquence Stabat Mater chantée lors de la fête de Notre-Dame des sept douleurs, le Père Abbé Édouard, premier abbé de Fontgombault après la restauration de l’abbaye par Solesmes en 1948, prenait acte de cette protection particulière de Marie, de Marie médiatrice, sur notre maison.

 

Marie est ici la source où venir boire l'eau vive : Fons Amoris.


Boire à la fontaine, c’est se laisser transformer, purifier, par la fontaine, à l’image de la Samaritaine. Au puits de Jacob, cette bonne fille voulait offrir à Jésus de l’eau à boire.


Comme elle, en entrant dans la vie monastique, en faisant profession, et bien des années encore après, nous voudrions avoir beaucoup à offrir à Jésus.

 

Jésus même vient souvent à nous comme il l’a fait avec la femme de Samarie et nous demande à boire."

 

Il faut reconnaître Dieu sous les traits de l’assoiffé. Il a soif que nous lui demandions à boire. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin. » (Jn 4, 34) De fait, Jésus dira à la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: “Donne-moi à boire”, c'est toi qui l'aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive » (Jn 4, 10). Jésus lui proposera une eau puisée à une source qui ne tarit jamais : « qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4, 14).


Déjà le livre d’Isaïe annonçait au peuple élu, à toute âme, la promesse de cette eau vive : « Ainsi parle Yahvé : “Voici que je fais couler vers elle la prospérité comme un fleuve, et comme un torrent débordant, l’opulence des nations. Vous serez allaités, on vous portera sur la hanche, on vous caressera en vous tenant sur les genoux. Comme celui que sa mère console, moi aussi, je vous consolerai, à Jérusalem vous serez consolés” » (Isaïe 66, 12-13).


Cette promesse concerne chacun d’entre nous. Pour aller boire à la source, nous devons suivre l’exemple de Bernadette.

 

Il faut gravir la montagne de notre misère, de notre faiblesse, de nos pauvretés. Il faut gratter. Déjà, l’eau ruisselle et ce filet veut devenir un grand fleuve. Bien des moyens s’offrent à nous dans le concret de nos vies.

 

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Le monde n’a guère changé depuis Bernadette : gratter la terre de sa misère afin de laisser couler l’eau de la fontaine d’Amour demeure folie à ses yeux.

 

Dans la vie de pénitence, de renoncement et de prière que vous propose le monastère, vous porterez le poids d’une autre folie, celle du monde, l’oubli de Dieu.

 

 TRP dom Jean Pateau

profession monastique 11  fev. 2013

 

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Chers frères et soeurs, regardons le Christ transpercé sur la Croix!

 

Il est la révélation la plus bouleversante de l'amour de Dieu, un amour dans lequel eros et agapè, loin de s'opposer, s'illuminent mutuellement. Sur la Croix c'est Dieu lui-même qui mendie l'amour de sa créature: Il a soif de l'amour de chacun de nous. L'apôtre Thomas reconnut Jésus comme "Seigneur et Dieu" quand il mit la main sur la blessure de son flanc. Il n'est pas surprenant que, à travers les saints, beaucoup aient trouvé dans le coeur de Jésus l'expression la plus émouvante de ce mystère de l'amour. On pourrait précisément dire que la révélation de l'eros de Dieu envers l'homme est, en réalité, l'expression suprême de son agapè. En vérité, seul l'amour dans lequel s'unissent le don désintéressé de soi et le désir passionné de réciprocité, donne une ivresse qui rend légers les sacrifices les plus lourds. Jésus a dit: "Quand je serai élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes" (Jn 12, 32).

 

La réponse que le Seigneur désire ardemment de notre part est avant tout d'accueillir son amour et de se laisser attirer par lui. Accepter son amour, cependant, ne suffit pas. Il s'agit de répondre à un tel amour pour ensuite s'engager à le communiquer aux autres: le Christ "m'attire à lui" pour s'unir à moi, pour que j'apprenne à aimer mes frères du même amour.

 

Benoît XVI

 

 

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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