anniversaire 2002 - 2012 10 ans

Publié le 30 Septembre 2012

 

 

 

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  2010-10-19 (7)

 

dura et aspera per quae itur ad Deum  bien dur...

 

En action de grâces. 2002 - 2012

 

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" Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Lamartine.

 

 

  que de souvenirs, in memoriam dom Léo Roy . J'aimais beaucoup le père Léon comme je l'appelais . les saintes colères du père Léon ! Jonglant avec un art phénoménal avec les livrets liturgiques ancien et nouvel ordo ! .. tout était minutieux chez lui comme chez tous les bénédictins. Il faisait des brassées phénoménales, et il s'y retrouvait le saint homme. Car c'était un saint moine d'une rigueur implaccable, me rappelant ce fait demandant à quelqu'un de ma famille d'aller se rhabiller parce que la jeune fille était en tenue légère. ! C'était en plein été. 


et le père Henry prenait le relai. je ne veux pas croire que le temps ait passé si vite.. pour laisser quoi? sinon un grand vide, et une grande absence. comme quoi c'est bien faux de dire que nul n'est irremplaçable ! la preuve .  


c'était il y a dix ans. Le père Léon m'acceptait dans les rangs! un an après le père Henry m'y consacrait. Avec beaucoup de prudence le père Henry allait demander au père Léon s'il était temps pour moi de recevoir l'oblature et d'en fixer la date !!! 

 


Il y avait peu de témoins ce jour. Quand j'arrivais partout dans l'abbaye des bougies..

 

je croyais c'était pour mon anniversaire! Alors je sus que non et que c'était pour la plus grande fête de l'abbaye. Pour les premières vèpres solennelles du 11 Octobre. ! et ce jour était  tellement important pour moi. J'étais sans doute le premier oblat du père Henry parce qu'il ne savait pas trop comment ça se faisait  l'oblature...  et puis la main toute tremblottante d'émotion, je signais devant un filleul réjouit , mon arrêt de mort !   et il faut continuer malgré tout rien que pour le père Henry. Et tout cela reste gravé, encadré dans la maison comme un, acte des plus importants de mon existence, comme quand on a le bac ou un diplôme d'état. Un rappel à l'ordre de ce que vous êtes et à quoi vous vous êtes engagé. Sa conscience encadrée d'où s'y dégage  aussi une certaine et grande fierté. 


A ce document immortel, archivé aussi dans l'abbaye, maintenant la photo de mon père Maître dans mon salon, trop belle, si représentative, si personnelle, s'y est joint et qui veille sur le restant de mes pauvres jours, sans regrets aucun de tout ce que j'y ai pu vivre depuis tant d'années, 1988 et au-delà! ..

 

.


Ces discussions entre hôtes et même le soir après complies (ce qui énervait le deuxième père hôtelier quand il fermait les portes). Je voyais qu'il n'était pas très content. Ces rigolades qu'on avait même si on y allait pour des motifs plus sérieux.Mais on s'aimait bien tous. J'y vidais tout ce que j'avais accumulé pendant des mois.. Un jour le père Henry me disait qu'il y avait un chartreux qu'il voyait , je crois ou un autre contemplatif , qui y allait et jamais il y parlait autant !  Trop souvent, c'était le dernier jour qu'on faisait connaissance, parce qu'on n'osait pas déranger.. et que l'on y rencontrait des jeunes pieux, de bonne famille, surtout drôlement édifiants. Dernier jour qu'on aurait voulu tant rallonger..parfois. 


Et oui je devais être dans mon élément, dans mon ambiance, dans ma famille. Aujourd'hui pour entendre dire que je ne suis pas "communicatif".. N'importe quoi! Mais aujourd'hui on a peut-être vieilli trop vite aussi.On reste étonné du temps qui s'est passé  si vite, trop vite, et même dans l'action de grâces, la grâce qui ne détruit pas la nature, il y a quand même de l'amertume, peut-être aussi des regrets de n'en avoir pas assez profité un goût étrange venu d'ailleurs.

 

On reste figé d'étonnement devant toutes ces montagnes russes parfois vertigineuses de traversées déjà !  ces hauts, ces bas, .. les illusions, les attentes déçues, ses faiblesses,  toutes ces fatigues accumulées,  ses erreurs, et on a tenu pourtant la rampe sans émettre un seul doute sur ce choix qui avait  été  le mien propre. Et que si c'était à refaire, on le referait. Aucune nullité de mariage à espérer. Aucun défaut d'intention ..

 

Le bon samaritain lui,  n'a pas voulu rester à l'hôtellerie, malgré mes insistances, sans me dire où il allait, sans me laisser d'adresse ni son numéro de portable pour pouvoir le joindre..  mais il a poursuivi sa route après avoir prodigué tous les soins nécessaires à l'indigent , qu'il avait trouvé un jour dans le fossé...et qui  ne savait plus où il allait ni à qui se confier. Aujourd'hui il n'y a tellement  plus grand monde ! 

 

Ainsi va la vie, sans compter aussi  tous ceux que l'on a connus et qui ont rejoint  déjà l'éternité.

 

 

 

...


.Si vous le voyez  le père Henry,  bien avant moi, là-haut, dites-lui de ne pas m'oublier ! Un père comme lui ça  ne se remplace pas et son oblat est toujours trop seul. Mais cela il le savait depuis longtemps.


On a la larme à l'oeil quand on pense à tout ça  chantant toujours les miséricordes du Seigneur...    

 

en ce jour du ..

 

12 Octobre:  grande fête de la Dédicace

des abbayes de Solesmes & Fontgombault

 

-

 


 

 

 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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Axelle 30/09/2012 22:41


A nous aussi le père Henry manque beaucoup! Mais il continue de prendre soin de nous tous, encore mieux qu'avant. Nous pensons beaucoup à vous dans la prière, cher Philippe, specialement celle du
rosaire. Merci pour ce très beau post!

philippe 01/10/2012 08:05



10 ans d'oblature pour se retrouver seul... pas évident! ... et plus le temps passe plus le vide se fait sentir. .
Je crois de toute façon avec plus personne j'aurai une telle intimité. Et puis on compte pour personne. On en prend son parti. .. On prie pour vous avec ça on a tout dit ! mais dans les actes y a
pas grand chose. Je ne manquais jamais la saint François ! .Il était toujours très touché quand je l'appelais ou lui mettais un mot.sa trop grande délicatesse. C'était peut-être notre point
commun. . maintenant plus rien .. c'est dur quand même depuis cet hiver, l'hiver des grands froids qui s'éternise.


 



Malou 30/09/2012 10:02


Ne nous lassons pas d'avoir recours au chapelet quotidien .


Le salut viendra par la Vierge Marie . Gardons confiance .

philippe 30/09/2012 10:13