Mois de mai: le Magnificat.

Publié le 3 Mai 2010

 

  botafumeiro.jpg

 

RIMG0444.jpg

 

 

 

En chantant le chant du Magnificat, l'Eglise s'approprie, et présente à Dieu des sentiments de reconnaissance.

C'est ce que l'Eglise ne se lasse pas de faire tous les jours de l'année, en invitant encore ses enfants à s'unir à elle, pour l'aider à s'acquitter d'un devoir, si cher à son coeur.  Elle ne se contente pas d'offrir intérieurement à Dieu les sentiments de reconnaissance, dont la Sainte Vierge était toute pénétrée; elle les accompagne encore extérièrement des paroles du Magnificat, qu'elle s'approprie à elle-même, comme ayant été proférées en son nom.

C'est pourquoi, tous les jours, à l'Office du soir, ou des Vèpres, elle chante ce cantique, sans l'omettre jamais. Elle y joint des circonstances bien remarquables: elle le chante tout debout, pour exciter d'avantage l'attention de ses enfants, et leur montrer l'importance de cette partie du saint Office; et enfin d'ordinaire elle l'accompagne d'encensements solennels.


La cérémonie des encensements est toute remplie de mystères, aussi bien que les autres cérémonies du culte divin. Le Saint-Esprit qui dirige l'Eglise en tout; ne fait pas moins pour elle, qu'il ne faisait autrefois pour la Synagogue, où il n'avait rien ordonné qui ne fut une figure du Sauveur. Nos cérémonies sont, en effet, un symbole, ou un signe sensible de nos mystères présents, ou de ceux qui se sont passés en Jésus-Christ: mystères dont l'Eglise ne se lasse pas de parler à ses enfants, et dont elle ne croit avoir jamais exprimé suffisamment la vérité et la beauté.


Dans l'ancienne Loi, l'encensoir que le grand prêtre devait avoir à la main tout fumant, lorsqu'il entrait, une fois, chaque année, dans le Saint des Saints, était une figure expresse de Jésus-Christ, médiateur de religion envers son Père; comme le sang des hosties immolées, que le Grand-Prêtre portait alors, de l'autre main, signifiait Jésus-Christ, médiateur de notre rédemption.

Dans le langage symbolique de l'Eglise chrétienne, l'encensoir a aussi cette même signification. Il représente Jésus-Christ, qui comprend en soi tous les membres de l'Eglise, figurés par les grains d'encens; et le parfum exprime les louanges de l'Eglise, que Jésus--Christ par la charité du Saint-Esprit, représenté par le feu de l'encensoir, élève vers Dieu son Père, comme médiateur de nos devoirs religieux envers lui.


Au Magnificat, on fait deux sortes d'encensements: les uns ont l'autel pour sujet; les autres le clergé et les fidèles. Les premiers expriment les louanges rendus à Dieu, par Jésus-Christ résidant en Marie; et aussi par toute l'Eglise, dont Marie lui offrit les respects, les adorations et les amours. Voici les divers circonstances qui accompagnent ces encensements et les significations que l'Eglise y attache:


Le Prêtre, figure de Notre-Seigneur même, dans cette cérémonie, après avoir mis, à trois reprises, l'encens dans l'encensoir, commence par donner trois coups d'encens au milieu de l'autel, en face de la Croix et du tabernacle pour faire comprendre que Jésus-Christ offre ses louanges et celles de l'Eglise à l'honneur de la Très Sainte Trinité. Mais comme les louanges de l'Eglise ne sont qu'une dilatation de celles de Jésus-Christ, le prêtre exprime plus en détail par les autres encensements, ce qu'il a signifié en abrégé, au milieu de l'autel. Car les neufs coups qu'il donne d'abord du côté de l'Epître, ensuite à celui de l'Evangile, expriment les devoirs des Saints de l'ancien et du nouveau testament, ceux des neuf choeurs des Anges, en un mot les hommages religieux de toute l'Eglise de la terre et du ciel, envers la Majesté divine, que l'autel représente.

On encens l'autel au-dessus, en bas et aux deux coins, pour montrer que tout le sein de Dieu est rempli des louanges de Jésus-Christ et des Saints; et pour cela, on ne laisse aucune place de l'autel qui ne soit encensée. Enfin, si l'on encense ensuite par trois coups l'autel particulier, où Notre Seigneur réside au Très Saint Sacrement, c'est pour honorer Jésus-Christ lui-même; et confesser, que quoiqu'il soit le médiateur de notre religion envers la Très Sainte Trinité, il est un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, et digne d'une même louange.


Si l'on fait ces encensements pendant le Magnificat,, c'est à cause de l'obligation que Jésus-Christ et l'Eglise ont à la Très Sainte Vierge, des louanges parfaites qui sont rendues à la divine majesté; puisque Marie, en donnant sa nature et son propre sang au Verbe, en lui donnant l'humanité, lui a fourni le principe et l'instrument des louanges qu'il rend à son Père et des prières qu'il lui adresse toujours.

...


l'Eglise est de plus obligée encore à Marie des louanges qu'elle rend elle-même à Dieu: ces louanges n'étant que la continuation de celles que cette divine Vierge offrit la première à la Majesté divine, au nom de toute l'Eglise au moment de l'Incarnation. De là vient que cette même Eglise, capable aujourd'hui de louer Dieu, se sentant, avec le Verbe, obligée à Marie, de la religion qui est rendue à la divine Majesté, fait pendant le chant même du Magnificat, ces encensements qui en sont le symbole; et s'unit aux dispositions intérieures de cette incomparable médiatrice, qui rend toujours à Dieu les mêmes hommages religieux, pour elle-même et pour nous.


En chantant le Magnificat, pensez que vous faites partie de ces générations prédites, qui publieront la béatitude ineffable de cette divine Mère, jusqu'à la fin des siècles; de ces générations privilégiées, sur lesquelles les miséricordes de Dieu, d'abord renfermées dans Marie, devaient se répandre d'âge en âge. Considérez avec piété, et croyez avec une confiance toute filiale, que dans le cantique de sa reconnaissance, Marie vous avait présent à l'esprit; qu'elle voyait l'impuissance où vous seriez de louer Jésus-Christ dignement, et que comme une mère pleine pour vous, d'affection et de sollicitude, elle s'acquittait de vos devoirs, lui offrant pour vous les sentiments parfaits de sa gratitude et de son amour.

Vous unissant donc d'esprit et de coeur, à l'esprit et au coeur de Marie, offrez à Jésus les hommages de cette Divine Mère; et par elle, priez-le de les offrir lui même avec les siens propre au Père éternel.


Enfin, quand on encense l'autel du Très Saint Sacrement, entrez dans les dispositions intérieures de Marie, et offrez par elle et avec elle à Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, vos adorations et vos autres devoirs.

 

M. OLIER

fondateur des prêtres de St Sulpice



Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article