neuvaine de l'Assomption de la Ste Vierge. 6 au 15 Août

Publié le 10 Août 2014

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Dans la mort de Marie, nulle impression qui ne soit toute de paix ; nulle cause de cette mort que l’amour. Simple créature, elle ne s’arrache point par elle-même aux liens de l’antique ennemie ; mais, de cette tombe où il ne reste que des fleurs, voyons-la s’élever inondée de délices, appuyée sur son bien-aimé . Aux acclamations des filles de Sion qui ne cesseront plus de la dire bienheureuse, elle monte entourée des esprits célestes formant des chœurs, louant à l’envi le Fils de Dieu . Plus rien qui, comme au pays des ombres, vienne tempérer l’ineffable éclat de la plus belle des filles d’Ève ; et c’est sans conteste que par delà les inflexibles Trônes, les Chérubins éblouissants, les Séraphins tout de flammes, elle passe enivrant de parfums la cité bienheureuse. Elle ne s’arrête qu’aux confins même de la Divinité, près du siège d’honneur où le Roi des siècles, son Fils, règne dans la justice et la toute-puissance : c’est là qu’elle aussi est proclamée Reine ; c’est de là qu’elle exercera jusqu’aux siècles sans fin l’universel empire de la clémence et de la bonté.

 

Cependant, ici-bas, le Liban, Amana, Sanir et Hermon, toutes les montagnes du Cantique sacré , semblent se disputer l’honneur de l’avoir vue s’élever de leurs sommets vers les cieux ; et véritablement la terre entière n’est plus que le piédestal de sa gloire, comme la lune est son marchepied, le soleil son vêtement, comme les astres des cieux forment sa couronne brillante . « Fille de Sion, vous êtes toute belle et suave » , s’écrie l’Église, et son ravissement mêle aux chants du triomphe des accents d’une exquise fraîcheur : « Je l’ai vue belle comme la colombe qui s’élève au-dessus des ruisseaux ; ses vêtements exhalaient d’inestimables senteurs, et comme le printemps l’entouraient les roses en fleurs et les lis des vallées ».

 

Même douce limpidité dans les faits de l’histoire biblique où les interprètes des saints Livres ont vu la figure du triomphe de Marie. Tant que dure ce monde, une loi imposante garde l’entrée du palais éternel : nul n’est admis à contempler, sans déposer son manteau de chair, le Roi des cieux. Il est pourtant quelqu’un de notre race humiliée, que n’atteint pas le décret terrible: la vraie Esther s’avance par delà toutes barrières  en sa beauté dépassant toute croyance . Pleine de grâces, elle justifie l’amour dont l’a aimée le véritable Assuérus  ; mais dans le trajet qui la conduit au redoutable trône du Roi des rois, elle n’entend point rester solitaire : soutenant ses pas, soulevant les plis de son royal vêtement, deux suivantes l’accompagnent , qui sont l’angélique et l’humaine natures, également fières de la saluer pour maîtresse et pour dame, toutes deux aussi participantes de sa gloire.

 

Si de l’époque de la captivité, où Esther sauva son peuple, nous remontons au temps des grandeurs d’Israël, l’entrée de Notre-Dame en la cité de la paix sans fin nous est représentée par celle de la reine de Saba dans la terrestre Jérusalem. Tandis qu’elle contemple ravie la magnificence du très haut prince qui gouverne en Sion : la pompe de son propre cortège, les incalculables richesses du trésor qui la suit, ses pierres précieuses, ses aromates, plongent dans l’admiration la Ville sainte. Jamais, dit l’Écriture, on ne vit tant et de si excellents, parfums que ceux que la reine de Saba offrit au roi Salomon.

 

La réception faite par le fils de David à Bethsabée sa mère, au troisième livre des Rois, vient achever non moins heureusement d’exprimer le mystère où la piété filiale du vrai Salomon a si grande part en ce jour. Bethsabée venant vers le roi, celui-ci se leva pour aller à sa rencontre, et il lui rendit honneur, et il s’assit sur son trône ; et un trône fut disposé pour la mère du roi, laquelle s’assit à sa droite.

 

O Notre-Dame, combien en effet vous dépassez tous les serviteurs, ministres ou amis de Dieu ! « Le jour où Gabriel vint à ma bassesse, vous fait dire saint Éphrem, de servante je fus reine ; et moi, l’esclave de ta divinité, soudain je devins mère de ton humanité, mon Seigneur et mon fils ! O fils du Roi, qui m’as faite moi aussi sa fille, ô tout céleste qui introduis aux cieux cette fille de la terre, de quel nom te nommer  ? »

 

Lui-même le Seigneur Christ a répondu ; le Dieu fait homme nous révèle le seul nom qui, en effet, l’exprime pleinement dans sa double nature : il s’appelle le Fils. Fils de l’homme comme il est Fils de Dieu, il n’a qu’une mère ici-bas, comme il n’a qu’un Père au ciel. Dans l’auguste Trinité il procède du Père en lui restant consubstantiel, ne se distinguant de lui que parce qu’il est Fils, produisant avec lui l’Esprit-Saint comme un seul principe ; dans la mission extérieure qu’il remplit à la gloire de la Trinité sainte, communiquant pour ainsi dire à son humanité les mœurs de sa divinité autant que le comporte la diversité des natures, il ne se sépare en rien de sa mère, et veut l’avoir participante jusque dans l’effusion de l’Esprit-Saint sur toute âme. Ineffable union, fondement des grandeurs dont le triomphe de ce jour est le couronnement pour Marie. Les jours de l’Octave nous permettront de revenir sur quelques-unes des conséquences d’un tel principe ; qu’il nous suffise aujourd’hui de l’avoir posé.

 

« Comme donc le Christ est Seigneur, dit l’ami de saint Bernard, Arnauld de Bonneval, Marie aussi est Dame et souveraine. Quiconque fléchit le genou devant le fils, se prosterne devant la mère. A son seul nom les démons tremblent, les hommes tressaillent, les anges glorifient Dieu. Une est la chair de Marie et du Christ, un leur esprit, un leur amour. Du jour où il lui fut dit, Le Seigneur est avec vous, irrévocable en fut la grâce, inséparable l’unité ; et pour parler de la gloire du fils et de la mère, ce n’est pas tant une gloire commune que la même gloire qu’il faut dire ». — « O toi la beauté et l’honneur de ta mère, reprend le grand diacre d’Édesse, ainsi l’as-tu parée en toutes manières, celle qui avec d’autres est ta sœur et ton épouse, mais qui seule t’a conçu ».

 

« Venez donc, ô toute belle, dit Rupert à son tour, vous serez couronnée, au ciel reine des Saints, ici-bas reine de tout royaume. Partout où l’on dira du bien-aimé qu’il a été couronné de gloire et d’honneur, établi prince sur toutes les œuvres du Père, partout aussi on publiera de vous, ô bien-aimée, que vous êtes sa mère, et partant reine de tout domaine où s’étend sa puissance ; et, à cause de cela, les empereurs et les rois vous couronneront de leurs couronnes et vous consacreront leurs palais ».

 

dom Guéranger.

 

Notre-Dame de l'Assomption, priez pour nous .

 

 

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu,

Sainte Vierge des vierges,

Mère du Christ,

Mère de la divine grâce,

Mère très pure,

Mère très chaste,

Mère toujours Vierge,

Mère sans tache,

Mère aimable,

Mère admirable,

Mère du bon conseil,

Mère du Créateur,

Mère du Sauveur,

Vierge très prudente,

Vierge vénérable,

Vierge digne de louange,

Vierge puissante,

Vierge clémente,

Vierge fidèle,

Miroir de justice,

Trône de la sagesse,

Cause de notre joie,

Vase spirituel,

Vase d'honneur,

Vase insigne de la dévotion,

Rose mystique,

Tour de David,

Tour d'ivoire,

Maison d'or,

Arche d'alliance,

Porte du ciel,

Etoile du matin,

Salut des infirmes,

Refuge des pécheurs,

Consolatrice des affligés,

Secours des chrétiens,

Reine des Anges,

Reine des Patriarches,

Reine des Prophètes,

Reine des Apôtres,

Reine des Martyrs,

Reine des Confesseurs,

Reine des Vierges,

Reine de tous les Saints,

Reine conçue sans le péché originel,

Reine élevée aux cieux,

Reine du très saint Rosaire,

Reine de la paix, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

(V) Priez pour nous, sainte Mère de Dieu,

(R) Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

 

 

Prions.

 

Seigneur, daignez nous accorder, à nous vos serviteurs, de jouir

toujours de la santé de l'âme et du corps ; et par la glorieuse

intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, délivrez-nous

des tristesses de la vie présente, et donnez-nous d'avoir part aux

joies éternelles.

 

Par Jésus-Christ Notre Seigneur.

 

 

 

« O Vierge immaculée, Mère de Dieu et Mère des hommes :

 

Nous croyons avec toute la ferveur de notre foi en votre Assomption triomphale en âme et en corps, au Ciel où Vous êtes acclamée Reine par tous les choeurs des anges et par toutes les phalanges des saints ;

et nous, nous nous unissons à eux pour louer et bénir le Seigneur, qui Vous a exaltée au-dessus de toutes les autres créatures, et pour Vous offrir l’élan de notre dévotion et de notre amour.

 

Nous savons que votre regard, qui maternellement enveloppait l’humble et souffrante Humanité de Jésus sur la terre, se rassasie au Ciel en voyant la glorieuse Humanité de la Sagesse incréée, et que la joie de votre âme à contempler face à face l’adorable Trinité fait tressaillir votre coeur de béatifiante tendresse ;

et nous, pauvres pécheurs, nous dont le corps alourdit le vol de l’âme, nous Vous supplions de purifier nos sens, afin que nous apprenions, dès ici-bas, à goûter Dieu, Dieu seul, dans le charme des créatures ;

 

Nous avons confiance que vos regards miséricordieux s’abaissent sur nos misères et nos angoisses, sur nos luttes et nos faiblesses ; que vos lèvres sourient à nos joies et à nos victoires ; que Vous entendez la voix de Jésus Vous dire de chacun de nous, comme jadis à Son disciple bien-aimé : « Voilà votre fils » ;

et nous, qui Vous invoquons comme notre Mère, nous Vous prenons, comme Jean, pour guide, soutien et consolation de notre vie mortelle.

 

Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux, qui ont versé des larmes sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l’oppression des justes et des faibles ;

et nous, dans les ténèbres de cette vallée de larmes, nous attendons de votre céleste lumière et de votre douce pitié le soulagement des peines de nos coeurs, des épreuves de l’Eglise et de notre patrie.

 

Nous croyons enfin que, dans la gloire où Vous régnez, parée du soleil et couronnée d’étoiles, Vous êtes, après Jésus, la joie et l’allégresse de tous les anges et de tous les saints ;

et nous, de cette terre où nous passons en pèlerins, réconfortés par la foi en la résurrection future, nous regardons vers Vous, notre vie, notre douceur, notre espérance ; attirez-nous par la suavité de votre voix, pour nous montrer un jour après notre exil, Jésus, le fruit béni de votre sein, ô clémente, ô bonne, ô douce Vierge Marie ! »

 

Pie XII .

 

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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