paix mes agneaux !

Publié le 14 Avril 2010

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"Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé et trouvera des pâturages."

 

"Que désignent en effet ces pâturages?

Ne sont-ce pas les joies spirituelles à jamais incorruptibles du Paradis? Car la nourriture des élus, c'est la face de Dieu qui pour eux présente sans cesse, sans cesse inonde leur âme de vie.

 

Ils s'enivrent de cet aliment, ceux qui ont échappé déjà aux lacets des séductions mondaines. Là sont les chœurs mélodieux des anges, et la société des citoyens célestes célébrant avec transport la fin des tristes 'labeurs de ce pèlerinage. Là, sont les chœurs inspirés des prophètes, et le collège des apôtres qui doit juger le monde.

Là se trouve l'armée victorieuse d'innombrables martyrs, dont le bonheur se proportionne à l'atrocité du supplice. Là, les confesseurs qui se reposent dans les joies que leur constance a conquises.

Là, ces fidèles dont la fermeté résista aux amollissements des voluptés du siècle. Là, ces saintes femmes victorieuses à la fois de leur sexe et du monde. Là, ces enfants dont la vertu sur la terre précéda les années. Là, ces vieillards, enfin, qui, bien qu'affaiblis par l'âge, furent pleins de vigueur pour le travaux de la vertu.

 

Recherchons donc, mes très-chers frères, ces pâturages, pour y participer aux joies de cette multitude de citoyens célestes. Que leur joyeux triomphe stimule notre zèle. Voilà que dans les cieux les élus se livrent aux transports de leur joie; ils se félicitent à l'envi du bonheur de se trouver ensemble ; et notre cœur cependant reste froid pour l'éternité ! il ne brûle pas de désirs pour elle ; les fêtes enivrantes des cieux n'excitent pas notre envie ; nous sommes privés de ces joies sans en être affectés..


Que notre zèle s'enflamme donc, mes frères, que notre foi se réchauffe, que nos désirs s'embrasent pour les délices supérieures : les aimer ainsi, c'est y tendre.

Nul obstacle ne doit nous ébranler; un voyageur ne se détourne pas du but qu'il veut atteindre, à cause des aspérités du chemin.

Les attraits de la prospérité ne doivent pas nous séduire; il serait insensé le voyageur qui, ébloui de la beauté des prairies qui longent la route, perdrait de vue le terme du voyage. Aspirons donc à la patrie céleste de toutes les puissances de notre âme ; que le monde n'ait plus d'attrait pour nous ; et si vraiment nous sommes les brebis du divin pasteur, nous serons, à la fin de la voie, rassasiés dans les pâturages éternels.

 

st Grégoire le Grand.

 



 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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