pentecôte 2011

Publié le 5 Juin 2011

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HYMNE ACATHISTE

AU SAINT ET VIVIFIANT ESPRIT

 

 

Ô Coupe qui engendre la pluie et répands le feu, te déversant sur les apôtres dans la chambre haute de Sion : nous te chantons, nous te bénissons, nous te rendons grâce, Saint-Esprit Dieu.

 

Viens, Sanctificateur et Gardien de l’Église !

Viens et donne un seul cœur

et une seule âme à tes fidèles !

Viens et enflamme notre dévotion froide et stérile !

Viens et dissipe la ténèbre de l’impiété

répandue sur la terre !

Viens et conduis-nous tous

sur le chemin d’une vie juste !

Viens et instruis-nous en toute vérité !

Viens, sagesse inaccessible et par les voies

que tu connais sauve-nous !

Viens, Consolateur, Esprit-Saint, et demeure en nous !

 

Mystère très profond ! Dieu Esprit inaccessible, Créateur avec le Père et le Fils de toutes choses ! Tu as embelli les Hauteurs des ordres angéliques dans le Temple de la lumière impénétrable ! Tu as appelé à l’existence les chœurs des luminaires de feu dans la magnificence de la gloire. Accordant la chair et l’esprit dans une merveilleuse unité, tu as fait le genre humain. C’est pourquoi tout souffle te chante en louange : Alléluia !

 

Alpha et Oméga, Commencement et Achèvement, toi l’Esprit éternel, par la force incirconscrite de la nuée sur les eaux et dans le tourbillonnement terrible tu as donné vie à tous et tout : par ton souffle vivifiant a resplendi, tirée de l’abîme sans forme, la beauté indicible du monde nouvellement créé. C’est pourquoi nous te clamons :

 

Viens en nous, Très sage Artiste du monde !

Viens, Sublime dans la moindre fleur

comme dans l’astre céleste !

Viens, Diversité indicible et Beauté éternelle !

Viens et illumine le sombre chaos de mon âme !

Viens et fais de nous une nouvelle créature dans le Christ !

Viens, Consolateur, Esprit-Saint, et demeure en nous !

 

...

 

La vie n'a qu'un sens pour nous : croître dans l'amour de Dieu, croire davantage, espérer davantage pour aimer davantage, Saint Thomas, disait : « Faites, mon Dieu, que toujours je croie plus en vous, que j'espère mieux en vous, que je vous aime plus ardemment. » Tel est le sens profond, définitif de la vie. Bienheureux sommes-nous, puisque nous le savons. Il nous faut maintenant marcher sur cette route de Dieu. De ce progrès nous connaissons les moyens. Nous possédons les ressources que cette marche exige. Progressons, avançons vers le Seigneur, objet de notre amour. Que notre vie grandisse comme la lumière qui monte – « jusqu'à ce que nous arrivions au plein midi ».

 

 

 

père Gardeil. O.P.

 

 

Un pélerinage coûte toujours tant sur le plan physique que psychologique : c'est un renoncement à ce monde qui nous tient si fermement par les chevilles et qui tente par tous les moyens de nous empêcher de lever les yeux au Ciel!

 

Je ne peux que conseiller à chacun de se mettre en route, de prendre son sac et son bourdon .... de ne pas regarder en arrière sous peine d'être toujours englué dans tout ce qui peut briller, sintiller et qui pour autant n'a rien de céleste.

 

stephan Marchiset, pèlerin de st Jacques.

 

 

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les dons du saint Esprit.

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La gradation ascendante des dons

 

.Ces inspirations du Saint-Esprit sont très variées, comme le montre l'énumération des dons en Isaïe, XI, 2, et leur subordination en partant de celui de crainte, le moins élevé, jusqu'à celui de sagesse, qui dirige d'en haut tous les autres (9).

 

Cette gradation donnée par Isaïe, expliquée par saint Saint Thomas, plus tard par saint François de Sales, est comme un ancien chant plein de très belle modulations, un des leitmotivs de la théologie traditionnelle.

 

Il y a là une gamme spirituelle analogue à celle des septs notes principale de la musique.

 

Le don de crainte est la première manifestation de l'influence du Saint-Esprit dans une âme qui quitte le péché et se convertit ou se retourne vers Dieu. Il supplée à l'imperfection des vertus de tempérance, de chasteté ; il nous aide à lutter contre l'entraînement des plaisirs défendus et contre les entraînements du cœur.

 

Cette sainte crainte de Dieu est l'inverse de la crainte mondaine appelée souvent respect humain. Elle est très supérieure aussi à la crainte servile qui, bien qu'elle ait pour le pécheur un effet salutaire, n'a pas la dignité d'un don du Saint-Esprit. La crainte servile est celle qui redoute les châtiments de Dieu, et elle diminue avec la charité, qui nous fait considérer Dieu plutôt comme un Père très aimant que comme un juge redoutable.

 

La crainte filiale ou don de crainte redoute surtout le péché, plus que les châtiments qui lui sont dus. Elle nous fait trembler d'un saint respect devant la majesté de Dieu. Certains jours, l'âme éprouve cette sainte crainte d'offenser Dieu, et elle l'éprouve parfois de façon si vive qu'aucune méditation, aucune lecture ne pourrait produire en elle pareil sentiment. C'est le Saint-Esprit qui la touche. Cette sainte crainte du péché est « le commencement de la sagesse » (Ps. cx, 10), car elle nous porte à nous soumettre en tout à la loi divine, ce qui est la sagesse même. Cette crainte filiale augmente avec la charité, comme l'horreur du péché; au ciel, chez les saints, s'il n'y a plus la crainte d'offenser Dieu, il y a encore une crainte révérentielle, qui fait trembler les anges eux-mêmes devant l'infinie majesté de Dieu, « tremunt potes­tates », comme il est dit dans la Préface de la messe. Ce sentiment fut même en l'âme de Jésus et y demeure.

 

Cette crainte du péché, qui a inspiré les grandes mortifications des saints, correspond à la béatitude des pauvres : bienheureux ceux qui par crainte du Seigneur détachent leur cœur des plaisirs du monde, des honneurs; ils sont surnaturellement riches ces pauvres, le royaume des cieux est à eux.

 

La crainte a quelque chose de négatif, elle nous fait fuir le péché, il faut dans l'âme quelque chose de plus filial à l'égard de Dieu.

 

Le don de piété nous inspire précisément une affection toute filiale pour notre Père du ciel, pour Jésus notre Sauveur, pour notre Mère, la Sainte Vierge, pour nos saints protecteurs. Ce don supplée à l'imperfection de la vertu de religion, qui rend à Dieu le culte qui lui est dû, à la manière discursive de l'humaine raison éclairée par la foi. Il n'y a pas d'élan spirituel et de ferveur durable sans ce don de piété, qui nous empêche de nous attarder aux consolations sensibles dans l'oraison et nous fait tirer profit des sécheresses, des aridités, qui ont pour but de nous.rendre plus désintéressés et plus spirituels. Saint Paul écrit aux Romains, viii, 15­26 « Nous avons reçu l'Esprit d'adoption, en qui nous crions : Abba! Pater!... L'Esprit-Saint vient à notre aide, car nous ne savons ce que nous devons demander dans nos prières. Mais l'Esprit-Saint lui-même prie pour nous par d'ineffables gémissements. » Ce don nous fait trouver une saveur surnaturelle jusque dans nos peines intérieures; il est particulièrement manifeste dans l'oraison de quiétude, où la volonté est captivée par l'attrait de Dieu, bien que souvent l'intelligence ait à y lutter contre les distractions. Ce don nous donne par sa suavité de ressembler au Christ doux et humble de coeur; il a pour fruit, selon saint Augustin, la béatitude des doux, qui posséderont la terre du ciel. Saint Bernard et saint François de Sales ont excellé dans ce don de piété.

 

Mais pour avoir une solide piété qui évite l'illusion et domine l'imagination et le sentimentalisme, il faut que le Saint-Esprit nous accorde un don supérieur, celui de science.

 

Le don de science nous rend docile à des inspirations supérieures à la science humaine et même à la théologie raisonnée. Il s'agit ici d'un tact surnaturel, qui nous fait juger sainement des choses humaines, soit comme symbole des choses divines, soit dans leur opposition à celles-ci . Il nous montre très vivement la vanité de tout ce qui passe, des honneurs, des titres, des éloges des hommes; il fait voir surtout l'Infinie gravité du péché mortel comme offense à Dieu et mal de l'âme. Il éclaire particulibrement, ce qui, dans le monde, ne vient pas de Dieu, mais des causes secondes défectibles et déficientes; en cela il diffère du don de sagesse. En montrant l'infinité gravité du péché mortel, ce n'est pas seulement la crainte, mais l'horreur du péché qu'il produit et une grande tristesse d'avoir offensé Dieu.

 

Il donne la vraie science du bien et du mal, et non pas celle que le démon promit à Adam et Ève en leur disant : « Mangez de ce fruit, et vous aurez la science du bien et du mal, et vous serez comme des dieux. » De fait, ils eurent la science âcre ou l'expérience du mal commis, de la désobéissance orgueilleuse et de ses suites.

 

Le Saint- Esprit, lui, promet la vraie science du bien et du mal; si nous le suivons, nous serons en un sens comme Dieu, qui connaît le mal pour le détester et le bien pour le réaliser.

 

Trop souvent la science humaine produit la présomtion, le don de science, au contraire, fortifie l'espérance parce qu'il nous montre que tout secours humain est fra­gile comme un roseau, il nous fait voir le néant des biens terrestres et nous porte à désirer le ciel en mettant en Dieu toute notre confiance. Il correspond, dit saint Augustin, à la béatitude des larmes de la contrition. Bienheureux ceux qui savent le vide des choses humaines, surtout la gravité du péché, bienheureux ceux qui pleurent leurs péchés, ceux qui ont la vraie componction du cœur dont parle souvent l'Imitation. Ce don nous fait ainsi trouver la juste mesure entre un pessimisme décourageant et un optimisme fait de légèreté et de vanité. Précieuse science des saints qu'ont possédée tous les grands apôtres, un saint Dominique, par exemple, qui pleurait souvent en voyant l'état de certaines âmes auxquelles il portait la parole de Dieu.

 

-Au-dessus du don de science, selon l'énumération d'Isaïe vient le don de force.


  Pourquoi ? Parce qu'il ne suffit pas de savoir discerner le bien et le mal, il faut la force pour éviter l'un et pratiquer l'autre avec persévérance, sans se décourager jamais. Il faut entreprendre une guerre parfois très pénible contre la chair, l'esprit du monde et l'esprit du mal. Nous avons des ennemis perfides, subtils et très puissants. Nous laisserons-nous intimider par certains sourires du monde, par quelque parole dite en l'air ; si nous cédons sur ce point nous tomberons dans les pièges de celui qui veut notre perte et qui s'acharne d'au­tant plus contre nous que notre vocation est plus haute.

 

Le don de force relève notre courage dans le danger, il vient au secours de notre patience dans les longues épreuves; c'est lui qui a soutenu les martyrs, qui a donné une constance invincible à des enfants, à des vierges chrétiennes, comme Agnès et Cécile, à une sainte Jeanne d'Arc dans sa prison et sur son bûcher. Il correspond, dit saint Augustin, à la béatitude de ceux qui ont faim et soif de justice, malgré toutes les contradictions, de ceux qui conservent un saint enthousiasme non pas seulement sensible, mais spirituel et surnaturel, au milieu même de la persécution. Il a donné aux martyrs de la primitive Église une sainte joie dans leurs tourments.

 

Mais dans les circonstances difficiles, où s exercent les actes élevés du don de force, il faut éviter un écueil, celui de la témérité qui distingue les fanatiques. Pour éviter cet écueil, il faut un don supérieur, celui de conseil.

 

Le don de conseil vient suppléer â l'imperfection de la vertu de prudence, lorsque celle-ci hésite et ne sait quel parti prendre au milieu de telles difficultés, en présence de tels adversaires. Faut-il patienter encore, montrer de la douceur, ou, au contraire, faire preuve de fermeté? Et, vis-à-vis des habiles, comment concilier « la simplicité de la colombe et la prudence du serpent »?

 

Dans ces difficultés, il faut recourir au Saint-Esprit, qui habite en nous. Il ne nous détournera certes pas de prendre conseil auprès de nos supérieurs, de notre confesseur ou directeur; bien au contraire, il nous y portera; puis il nous prémunira à la fois contre l'impulsivité inconsidérée et contre la pusillanimité; il nous fera connaître aussi ce qu'un supérieur et un directeur seraient impuissants à nous dire, surtout la conciliation des vertus qui semblent opposées : prudence et simplicité, force et douceur, franchise et réserve. Le Saint-Esprit nous fait entendre qu'il ne faut pas dire telle parole plus ou moins contraire à la charité; si, malgré son avertissement, nous la disons, il n'est pas rare qu'elle produise du désordre, de l'irritation, une grande perte de temps, au détriment de la paix des âmes. Il eût été si facile d'éviter tout cela. L'esprit du mal s'efforce, au contraire, de semer l'ivraie, de causer là confusion, de transformer un grain de sable en une montagne ; il se sert de petits riens presque imperceptibles, niais il les met comme un obstacle entre les rouages d'une montre pour tout arrêter.

 

Quelquefois, ce sont ces riens qui arrêtent sur la voie de la perfection, l'âme est retenue captive des choses inférieures comme par un fil qu'elle n'a pas le courage de briser, par exemple par telle habitude contraire au recueillement ou à l'humilité, au respect dû aux autres âmes qui sont aussi le temple du Saint-Esprit. Tous ces obstacles sont écartés par les inspirations du don de conseil, qui correspond à la béatitude des miséricordieux. Ces derniers sont, en effet, de bons conseillers qui s'oublient eux-mêmes pour relever les affligés et les pécheurs.

 

Comme le don de conseil nous est donné pour diriger notre conduite en suppléant à l'imperfection de la prudence, qui souvent resterait hésitante, il faut un don supérieur pour suppléer à l'imperfection de la foi. Cette vertu n'atteint les mystères de la vie intime de Dieu que par l'intermédiaire de formules abstraites et multiples que nous voudrions pouvoir réunir en une seule, qui nous traduirait mieux ce qu'est pour nous le Dieu vivant.

 

Le don d'intelligence vient ici à notre secours par une certaine lumière intérieure qui nous fait pénétrer les mystères du salut et pressentir toute leur grandeur . Sans cette lumière, il arrive souvent que l'on entend des prédications, qu'on lit beaucoup d'ouvrages spirituels et qu'on demeure cependant dans l'ignorance du sens profond de ces mystères de vie. Ils restent comme des formules sacrées conservées dans la mémoire, mais leur vérité ne touche pas, elle est pâle, sans éclat, comme une étoile perdue au fond du ciel. Et parce que nous ne sommes pas assez nourris de ces vérités divines, le monde nous séduit plus ou moins par ses maximes.

 

Au contraire, une âme simple, prosternée devant Dieu, entendra les mystères de l'Incarnation, de la Rédemption, de l'Eucharistie, non pour les expliquer, pour en discourir, mais pour en vivre. C'est le Saint-Esprit qui donne cette connaissance pénétrante et vécue des vérités de la foi, qui permet d'entrevoir la sublime beauté des sermons de Jésus. C'est lui aussi qui donne aux (mes l'intelligence profonde de leur vocation et les préserve sur ce point de tout manque de jugement.

 

Ce don d'intelligence ne peut exister à un degré élevé sans une grande pureté de coeur, d'intention ; il correspond, selon saint Augustin, à la béatitude : Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu. Dès ici-bas, ils commencent à l'entrevoir dans les paroles de l'Ecriture, qui parfois s'éclairent comme soulignées d'un trait de lumière. Sainte Catherine de Sienne et saint Jean de la Croix excellent dans cette intelligence des mystères du salut pour nous faire saisir la plénitude de vie qu'ils contiennent.

 

Le don de sagesse est enfin, selon l'énumération d'Isaïe, le plus élevé de tous, comme la charité, à laquelle il correspond, est la plus haute des vertus. Il apparaît éminemment en saint Jean, en saint Paul, en saint Augustin, en saint Thomas; il les porte à juger de toutes choses par rapport à Dieu, cause première et fin dernière, et à en juger ainsi, non pas comme le fait la théologie acquise, mais par cette connaluralilé ou sympathie aux choses divines qui vient de la charité. Le Saint-Esprit, par son inspiration, se sert de cette connaturalit é pour nous montrer la beauté, la sainteté et la plénitude rayonnante d es mystères du salut, qui répondent si bien à nos aspirations les plus profondes et les plus hautes. A cette sa gesse s'oppose la sottise spirituelle, stullitia, dont parle souvent saint Paul.

 

De ce point de vue supérieur, il faut dire que plusieurs savants sont insensés en leur vaine science, lorsque, par exemple, à propos des origines du christianisme, ils veulent nier à tout prix le surnaturel; ils tombent dans des absurdités manifestes. A un degré moins inférieur, des croyants instruits de leur religion, mais d'un jugement peu sûr, se scandalisent devant le mystère de la Croix, qui continue dans la vie de l'Église; ils ne voient pas assez la valeur des moyens surnaturels, de la prière, des sacrements, des épreuves supportées avec amour; ils restent trop préoccupés de culture humaine et confondent parfois libéralisme et charité, comme d'autres confondent étroitesse et fermeté dans la foi. C'est un manque de sagesse.

 

Le don de sagesse, lui, Principe d'une contemplation vivante, qui dirige l'action, permet de savourer la bonté de Dieu, de la voir manifestée en tous les événements, même dans les plus pénibles, puisque Dieu ne permet le mal que pour un bien supérieur, que nous verrons plus tard, et qu'il nous est parfois donné d'entrevoir déjà. Le don de sagesse fait ainsi juger de tout par rapport à Dieu, il montrela subordination des causes et des fins ou, comme on dit aujourd'hui, l'échelle des valeurs. Il rappelle que tout ce qui brille n'est pas or et que, au contraire, il y a des merveilles de grâce sous les dehors les plus humbles, comme en la personne de saint Benoît-Joseph Labre ou de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. Ce don permet aux saints d'embrasser d'un regard tout pénétré d'amour le plan de la Providence ; les obscurités ne les déroutent pas ; ils y découvrent le Dieu caché ; comme l'abeille. sait trouver le suc des fleurs, le don de sagesse puise en toutes choses les leçons de la divine bonté.

 

Il nous rappelle que, comme le disait le cardinal Newman : « Mille difficultés ne font pas un doute » tant qu'elles ne portent pas atteinte au fondement même de la certitude. C'est ainsi que mille difficultés qui subsistent dans l'interprétation de plusieurs livres de l'Ancien Testament ou dans celle de l'Apocalypse ne font pas un doute sur l'origine divine de la religion d'Israël et du christianisme.

 

Le don de sagesse donne ainsi à l'âme surnaturalisée une grande paix, c'est-à-dire la tranquillité de l'ordre des choses considérées du point de vue de Dieu. Par là ce don, dit saint Augustin, correspond à la béatitude des pacifiques, c'est- à-dire de ceux qui gardent la paix lorsque beaucoup se troublent et qui sont capables de pacifier les découragés: C'est là un des signes de la vie unitive.

 

Comment se fait-il que bien des personnes, après avoir vécu quarante ou cinquante ans en état de grâce, recevant la sainte communion très fréquemment, ne font presque rien paraître des dons du Saint-Esprit dans leur conduite et leur action, qu'elles se froissent pour un rien, témoignent beaucoup d'empressement pour les louanges et ont une vie très naturelle? Cela provient des péchés véniels qu'elles commettent souvent sans bien y prendre garde; ces fautes et les inclinations qui en dérivent portent ces âmes vers la terre et tiennent les dons du Saint-Esprit comme liés, semblables à des ailes qui ne pourraient se déployer. Ces âmes manquent de recueillement ; elles ne sont pas attentives aux inspirations du Saint-Esprit, qui passent inaperçues; aussi restent-elles dans l'obscurité, non pas dans l'obscurité d'en-haut, celle de la vie intime de Dieu, mais dans l'obscurité inférieure qui vient de la matière, des passions déréglées, du péché et de l'erreur; c'est ce qui explique leur inertie spirituelle.

 

A ces âmes s'adressent les paroles du Psalmiste que l'Office divin rappelle tous les jours à Matines (règle de st Benoît prologue)

 

: « Hodie si vocero ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra (Ps. 94, 8). Si vous entendez aujourd'hui la voix de Dieu, n'endurcissez pas vos coeurs, mais répondez à son appel. »

 

R.P. Garrigou Lagrange O.P. 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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