préparer l'Ascension avec Benoît XVI et saint Benoît

Publié le 24 Avril 2013

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"Nous faisons ici l'expérience de la fatigue des voyageurs en marche vers leur objectif le long de chemins tortueux, affrontant les hésitations, les tensions, les incertitudes, mais également avec la profonde conscience que, tôt ou tard, ce chemin arrivera à son terme."

 

 

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La liturgie nous invite à contempler le mystère de l'Ascension du Seigneur.

 

Dans la brève lecture, tirée de la Première lettre de Pierre, nous avons été exhortés à fixer notre regard sur notre Rédempteur, qui est "mort pour les péchés, une fois pour toutes" afin de nous reconduire à Dieu, à la droite duquel il se trouve "après être monté au ciel, au-dessus des anges et de toutes les puissances invisibles" (cf. 1 P 3, 18.22).

 

"Elevé en-haut" et rendu invisible aux yeux de ses disciples, Jésus ne les a toutefois pas abandonnés: en effet, "dans sa chair, il a été mis à mort; dans l'esprit, il a été rendu à la vie" (1 P 3, 18),

 

Il est maintenant présent de manière nouvelle, intérieure, chez les croyants, et en Lui le salut est offert à chaque être humain sans différence de peuple, de langue et de culture.

 

La Première lettre de Pierre contient des références précises aux événements christologiques fondamentaux de la foi chrétienne. La préoccupation de l'Apôtre est celle de mettre en lumière la portée universelle du salut en Jésus-Christ. Nous trouvons une préoccupation analogue chez saint Paul, dont nous célébrons le bimillénaire de la naissance, lorsqu'il écrit à la communauté de Corinthe: "Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux" (2 Co 5, 15).

 

Ne plus vivre pour soi-même, mais pour le Christ: voilà ce qui donne un sens plénier à la vie de celui qui se laisse conquérir par Lui.

 

Cela apparaît clairement dans l'histoire humaine et spirituelle de saint Benoît, qui, abandonnant tout, se plaça fidèlement à la suite de Jésus Christ. En incarnant l'Evangile dans sa propre existence, il est devenu l'initiateur d'un vaste mouvement de renaissance spirituelle et culturelle en Occident.

 

Je voudrais ici mentionner un événement extraordinaire de sa vie, rapporté par son biographe saint Grégoire le Grand, et que vous connaissez certainement bien. On pourrait presque dire que le saint patriarche fut également "élevé en-haut" lors d'une expérience mystique indescriptible.

 

Dans la nuit du 29 octobre 540 - lit-on dans sa biographie -, alors que, penché à la fenêtre, "avec les yeux fixés sur les étoiles, il s'absorbait dans la contemplation divine, le saint sentit que son cœur s'enflammait... Pour lui, le firmament étoilé était comme la tenture brodée qui révélait le Saint des Saints. A un moment donné, son âme se sentit transportée de l'autre côté du voile, pour contempler dévoilé le visage de Celui qui habite dans une lumière inaccessible" (cf. A.I. Schuster, Storia di San Benedetto et dei suoi tempi, éd. Abbazia di Viboldone, Milan, 1965, pp. 11sq.).

 

Assurément, de même que ce fut le cas pour Paul après son ravissement au ciel, pour saint Benoît aussi, précisément à la suite de cette extraordinaire expérience spirituelle, une vie nouvelle dut commencer. En effet, si la vision fut passagère, les effets demeurèrent, sa physionomie elle-même - rapportent les biographes - en fut modifiée, son aspect resta toujours serein et son allure angélique et on comprenait qu'avec le cœur, bien que vivant sur la terre, il était déjà au paradis.

 

Saint Benoît ne reçut certainement pas ce don divin pour satisfaire sa curiosité intellectuelle, mais plutôt pour que le charisme dont Dieu l'avait doté ait la capacité de reproduire dans le monastère la vie même du ciel et d'y rétablir l'harmonie de la création à travers la contemplation et le travail. C'est donc à juste titre que l'Eglise le vénère comme "maître éminent de vie monastique" et "docteur de sagesse spirituelle dans l'amour pour la prière et le travail"; "guide resplendissant des peuples à la lumière de l'Evangile" qui, "élevé au ciel par une voie lumineuse", enseigne aux hommes de tous les temps à chercher Dieu et les richesses éternelles qu'Il a préparées

 

(cf. Préface du saint dans le supplément monastique au MR, 1980, 153).

 

Oui, Benoît fut un exemple lumineux de sainteté et il indiqua le Christ aux moines comme unique grand idéal; il fut un maître de civilisation qui, proposant une vision équilibrée et adaptée des exigence divines et des finalités ultimes de l'homme, garda toujours à l'esprit également les nécessités et les raisons du cœur, pour enseigner et susciter une fraternité authentique et constante, afin que dans l'ensemble des rapports sociaux, on ne perde pas de vue une unité d'esprit capable de construire et de nourrir sans cesse la paix.

 

 "inquire pacem et sequere eam (Ps 33, 14-15)" (Règle, Prologue, 17).

 

A son école, les monastères sont devenus, au cours des siècles, de fervents centres de dialogue, de rencontre et de fusion bénéfique entre peuples différents, unifiés par la culture évangélique de la paix.

 

Les moines ont su enseigner par la parole et par l'exemple l'art de la paix, en réalisant de manière concrète les trois "liens" que Benoît indique comme nécessaires pour conserver l'unité de l'Esprit entre les hommes: la Croix, qui est la loi même du Christ; le livre, c'est-à-dire la culture; et la charrue, qui indique le travail, la domination sur la matière et sur le temps. Grâce à l'activité des monastères, articulée selon le triple engagement quotidien de la prière, de l'étude et du travail, des peuples entiers du continent européen ont connu un authentique rachat et un développement moral, spirituel et culturel bénéfique, en s'éduquant au sens de la continuité avec le passé, à l'action concrète pour le bien commun, à l'ouverture vers Dieu et la dimension transcendante.

 

Prions afin que l'Europe sache toujours valoriser ce patrimoine de principes et d'idéaux chrétiens qui constitue une immense richesse culturelle et spirituelle.

 

Cela n'est cependant possible que si l'on accueille l'enseignement constant de saint Benoît, c'est-à-dire le "quaerere Deum", chercher Dieu, comme engagement fondamental de l'homme.

 

L'être humain ne se réalise pas pleinement, ne peut pas être véritablement heureux sans Dieu.

 

C'est en particulier à vous qu'il revient, chers moines, d'être des exemples vivants de cette relation intérieure et profonde avec Lui, en accomplissant sans compromis le programme que votre fondateur a résumé dans le "nihil amori Christi praeponere", "ne rien placer avant l'amour pour Dieu" (Règle 4, 21).

 

C'est en cela que consiste la sainteté, proposition valable pour chaque chrétien, plus que jamais à notre époque, où l'on ressent la nécessité d'ancrer la vie et l'histoire à de solides références spirituelles. C'est pourquoi, chers frères et sœurs, votre vocation est plus que jamais actuelle et votre mission de moines est indispensable.

 

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Benoît XVI

 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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bertrand 25/04/2013 07:53


ça c'est de la doctrine . Bravo .

philippe 25/04/2013 07:54







Loïc 24/04/2013 19:06


merci ces textes sont à relire et à méditer en cette période de désert.  les fondamentaux de la foi sont là . je refais toute une bibliothèque spécial  Benoit XVI bon courage.

philippe 24/04/2013 19:07



j'ai eu un commentaire tellement stupide que je l'ai pas publié .. ça vaut pas le coup !