qu'as-tu que tu n'aies reçu? témoignage.

Publié le 12 Mai 2012

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  couvent des capucins de Bayonne 1960 - 1966 

 

 

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Nous sommes toujours débiteurs.

 

Quand nous arrivons à l'âge des séniors, nous idéalisons sans doute beaucoup les années de notre enfance. On voudrait retourner en arrière, nostalgiques d'un certain passé, revivant surtout les moments heureux de cette période particulièrement, puisqu'aujourd'hui de cette époque épique, il  reste encore le couvent,  la chapelle, trois tombes, ... mais plus de capucins! 

Témoignage d'une vie donnée. Les pères François, Théotime, Cyprien, Stanislas,  Louis-Marie, le père Bernard, que j'ai toujours gardé en mémoire,  à l'époque directeur de l'école Saint François.  Je devais être souvent avec lui... Et les autres dont j'ai perdu le nom.

Nous nous souvenons de ces moments comme si c'était hier.

Je ne me rappelais plus de leur tonsure, de leur barbe ! ... j'avais des ombres, qui me sont restées comme celui qui s'occupait des enfants de choeur, ..je voyais un grand moine rigolo...


.En voyant - deo gratias -  de leurs photos de l'époque, envoyées récement,  je me suis dit oui nous avons eu de la chance de connaître tout cela. 


Aujourd'hui il ne reste plus que deux pères capucins âgés de 90 ans dont si j'ai bien compris mon bon père Bernard... 


La tempête moderniste a soufflé dans les rangs les deshabillant de leur identité religieuse. Terribles années 60 ..  Nos parents en ont été les témoins et réagissaient courageusement contre toute cette destruction massive qui a commencé là,  par  l'autel central. Nous portions un escabeau au petit père François pour qu'il accède au Tabernacle.. un bel autel en bois si mes souvenirs sont bons... 


Beaucoup ont subi les changements, par obéissance à l'ordre, soumis, résignés. Même si sans doute il y avait parmi eux des loups, des responsables, des mercenaires.

 

Mais certains se sont aussi battus jusqu'au bout pour garder leur bure, leur messe, leur liturgie, la fidélité à leur règle et en sont devenus des martyrs. Un jour aussi l'Eglise les portera sur nos autels comme les martyrs espagnols. Une des plus grandes révolutions du vingtième siècle. Martyrs de la révolution moderniste, il faudra y penser, leur demander pardon de tout le mal, qu'on a pu leur faire ..


Sur le site du diocèse de Bayonne on disait de ce père qu'il se levait la nuit, quand nous y êtions, pour prier pour les vocations...


Nous leur servions la messe, tout petits. Oh certes pas avec une grande piété ni grande dévotion. On était ce qu'on était. ..   Cela faisait partie de l'éducation parentale. Les messes de minuit, les veillées pascales.Je me rappelais de tout ça avec un autre enfant de choeur.. retrouvé par hasard ces jours-ci.

 

Je pense à toute ces vies données au Bon Dieu, toutes ces vies données au Christ, toute leur jeunesse qu'ils ont sacrifié,  et  tout le bien accompli, la foi transmise. Seul cela compte, seul cela reste...


Je ne les idéalise pas non plus, des hommes capables du bien comme du mal comme nous. Dieu seul en est le juge. Le moine reste un homme pécheur qui tend d'une manière radicale à la perfection évangélique.


Aujourd'hui comme beaucoup de religieux on les enterre sans habits sans rien, en habits civils, cravatés;  déjà un mort,  ça fait froid mais là  brrr.. , quand on voit ça,  mais ils retrouveront là-haut leur bure, leurs sandales, leur ceinture, leur rosaire qu'ici-bas au nom de la sainte obéissance on leur a demandé d'enlever ou parce qu'ils ont voulu faire comme tout le monde....Saint François se charge de leur garde robes !  

 

Puisque nous sommes dans le temps pascal je réfléchissais à la miséricorde. Ils ont eu déjà leur jugement particulier. Au jugement général alors nous interviendrons pour dire:" hep hep hep !!! ils ont laissé une marque indélébile sur nos âmes! "Je les regardais étant petit descendre à vélo en bure avec les élèves,  à la Chambre d'amour. Et je les enviais...Toutes les messes que nous leur servions, l'affection qu'ils avaient envers nous...les sacrements qu'ils nous ont donnés ..Je pense que cela doit être la miséricorde, ...s'il n'y en avait pas pour eux, pourquoi il y en aurait-il une pour moi !


...et Dieu s'est servi de tout cela pour que l'on puisse à notre tour être témoins de l'Evangile.

 

Misericordia et veritas obviaverunt sibi, iustitia et et pax osculatae sunt. La miséricorde et la justice se sont embrassés, espérant qu'il en sera ainsi pour chacun de nous, que nous aurons aussi nos défenseurs. Et nous nous embrasserons à notre tour, heureux de nous retrouver.

 

 Cinquante ans après, quand je vois l'accueil fait par les biarrots à la décision de Mgr Aillet d'installer la communauté saint Martin, je me dis au fond rien n'a vraiment changé! le modernisme, lui a survécu. 

 

si vous avez des témoignages ! n'hésitez pas... !!! 5 enfants de choeur sur ma liste !


Misericordias Domini in aeternum cantabo!

 

 

le petit Placide.

 


 


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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