samedi: Mater dolorosa.

Publié le 5 Mars 2010

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"O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus!"



O vous tous qui me voyez attaché sur cette croix, considérez bien ce que je souffre, et vous pourrez dire ensuite si jamais parmi les hommes quelqu'un a été traité aussi cruellement, et s'il est une douleur que l'on puisse comparer à la mienne. (O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus! Thren.1 12

Remarquons que Jésus-Christ souffre tout cela en présence et sous les yeux de Marie; et que non seulement elle voit, mais qu'elle calcule et pénètre l'incompréhensible excès de tant de souffrances. Comme elle se trouve la personne la plus rapprochée de la croix, elle est aussi la créature que cette croix tourmente et afflige le plus vivement.

Mystère profond de la sagesse et de la justice divine dans l'économie de la grâce!
Les tourments de Marie sont en proportion de sa dignité, de sa vertu et de ses privilèges. Pleine de grâces, Mère de Dieu, elle surpasse en dignité tout ce qui n'est pas de Dieu. Elle est pour ainsi dire placée sur les limites de la création; elle a épuisé tous les privilèges qu'une pure créature est capable de recevoir; après elle il ne reste plus que l'infini et l'incréé.

Elle est, dit saint Augustin, le chef -d'oeuvre de la puissance divine; au-dessus d'elle il n'y a plus que celui qui l'a formée.

C'est là précisément, dit saint Amédée, la mesure de ses souffrances. Comme il n'est aucune créature qui, par la splendeur de ses privilèges et le mérite de sa vertu, ait approché de plus près le Dieu fait homme, aucune aussi n'en a plus approché par la multitude des tourments et l'intensité des souffrances.
Il n'est pas de tourment, il n'est pas de douleur, pas de souffrances que l'on puisse comparer aux tourments, aux douleurs et aux souffrances de Jésus-Christ.
Pareillement, jamais il ne fut au monde, ajoute le même Père, la passion de son fils exceptée, de passion que l'on puisse rapprocher, même de loin, de toute la rigueur de la passion de Marie.
Rien ne lui peut être comparé.

C'était avec justice que le Prophète s'écriait dans son inspiration:" O vierge incomparable! ô fille désolée de Sion! à quoi pourrai-je comparer l'immensité de la douleur qui a froissé, brisé votre coeur, si ce n'est à une mer immense et sans bornes!"

Hélas! dans Marie tout est mystère profond, mystère impénétrable. Sa conception est un mystère, sa très pure virginité est un mystère, l'abondance des grâces est en elle un mystère, l'éminence de sa dignité de Mère de Dieu est un mystère. ainsi, conclut saint Amédée, la douleur de son coeur au pied de la croix est encore un mystère inexplicable et incompréhensible.
Saint Bernardin de Sienne va plus loin, il assure qu'aucune intelligence humaine, que même aucune intelligence angélique n'a jamais pu comprendre et expliquer la violence de la passion de Marie; mais que, comme elle l'a partagée avec Jésus-Christ, Jésus-Christ est le seul qui l'ait comprise, et que comme la Mère seule pénétra, autant que pouvait le faire une créature, dans les souffrances du Fils, ce divin Fils est aussi le seul qui ait pénétré dans les souffrances de sa Mère, et qui en ait connu toute l'intensité.
Tâchons pourtant de nous former quelque idée de la grandeur de son amour, car sa douleur dans la passion de Jésus fut en raison de son amour pour Jésus; et la véhémence de cet amour, dit le même Père, fut la matière qui servit à alimenter ses souffrances.

Si donc l'amour a été la mesure de sa douleur, examinons, selon l'avis de Corneille de La Pierre, combien elle a souffert.

R.P. Joachim Ventura
la ste Vierge au pied de la croix.


Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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