St Léon le Grand

Publié le 9 Novembre 2009




Le Pape Léon vécut en des temps difficiles : la reprise des invasions barbares, l’affaiblissement progressif en Occident de l’autorité impériale, une longue crise sociale, tout cela avait imposé à l’Évêque de Rome, comme cela allait se produire davantage encore un siècle et demi plus tard, pendant le pontificat de Grégoire le Grand, d’assumer un rôle de premier plan même dans les affaires civiles et politiques. Bien évidemment, cela ne manqua pas d’accroître l’importance et le prestige du Siège romain. Un épisode de la vie de Léon est resté particulièrement célèbre. Il remonte à 452, quand le Pape, qui se trouvait à Mantoue, accompagné d’une délégation romaine, rencontra Attila, roi des Huns, et le dissuada de poursuivre sa guerre d’invasion qui avait déjà dévasté le nord-est de l’Italie. Il sauva ainsi le reste de la Péninsule. Cet important événement devint rapidement signe emblématique de l’action menée par le Pontife. Malheureusement, trois ans plus tard, une autre initiative papale n’eut pas un résultat aussi positif, même si elle reste le symbole d’un courage qui nous stupéfie encore : en effet, au printemps de 455, Léon ne réussit pas à empêcher que les Vandales de Genséric, arrivés aux portes de Rome, n’envahissent la cité sans défense et que pendant deux semaines ils s’y livrent au pillage. Pourtant, le geste du Pape qui, désarmé et entouré de son clergé, était allé à la rencontre de l’envahisseur pour le conjurer d’arrêter, empêcha au moins que Rome fût incendiée et obtint que soient épargnées du terrible sac les basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul et de Saint-Jean, où se réfugia une partie de la population terrorisée.

 

Nous connaissons bien l’action du Pape Léon, grâce à ses très beaux sermons, dont la petite centaine conservée est écrite en un latin clair et magnifique, et grâce à ses quelque cent cinquante lettres. Dans ces textes, le pontife apparaît dans toute sa grandeur, tout dédié qu’il est au service de la vérité et de la charité, à travers un exercice assidu de la parole où il se révèle à la fois théologien et pasteur. Léon le Grand, constamment soucieux de ses fidèles et du peuple de Rome, mais aussi de la communion entre les diverses Églises et de leurs nécessités, fut un infatigable défenseur et promoteur de la primauté romaine, se révéla héritier authentique de l’apôtre Pierre : les nombreux évêques, en grande partie orientaux, présents au Concile de Chalcédoine, s’en montrèrent bien conscients.

 

BENOIT XVI

 


 



Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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