stabat mater dolorosa.

Publié le 24 Mars 2010

 

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Auprès de la croix de Jésus, dit-il, se tenait sa Mère.

O ma Souveraine, où étiez-vous? Était-ce seulement auprès de la croix ?

Non , assurément, mais  sur la croix avec votre Fils.


Là, vous étiez crucifiée avec lui ; il l'était dans son corps, vous l'étiez dans votre cœur ; ses plaies étaient répandues par tout son corps, et elles étaient réunies dans votre cœur.

Là,  ô Reine, ce cœur fut percé de la lance ; là il fut couronné d'épines ; là abreuvé de moqueries, d'opprobres et d'injures, rassasié de fiel et de vinaigre.


O Reine, pourquoi êtes-vous allée vous immoler pour nous? la Passion du Fils était-elle donc insuffisante,  si la Mère n'était crucifiée avec lui ? 0 cœur tout d'amour, pourquoi vous êtes-vous changé en un globe de douleur?


O ma Souveraine, je cherche à contempler votre cœur, et ce que je vois n'est point ce cœur, mais de la myrrhe, de l'absinthe et du fiel. Je cherche la Mère de mon Dieu, et je ne trouve que des crachats, des fouets et des blessures ; car vous êtes tout entière en ces choses.

 

O Reine, transpercez nos cœurs ; renouvelez dans  ces cœurs et votre passion et celle de votre Fils. Unissez à nos cœurs votre cœur percé de blessures, afin que nous soyons aussi percés des mêmes blessures.

Pourquoi du moins n'ai-je pas votre cœur en ma possession, afin qu'en quelque lieu que j'aille, je puisse vous considérer sans cesse crucifiée avec votre Fils?


Si vous ne voulez pas me donner votre Fils crucifié, si vous me refusez votre cœur percé des traits de la Passion , je vous en conjure, au moins accordez-moi les blessures de ce cher Fils, les injures, les moqueries, les opprobres qu'il endura , et tout ce que vous ressentîtes vous-mêmes...


Permettez à mon indignité profonde de s'unir à ces ignominies, et de se joindre, comme une consolation dans vos peines , à vous et à votre Fils. Oh ! quel serait mon bonheur si je pouvais seulement vous être associé dans vos tourments ! Qu'y a-t-il, en effet, de plus désirable, ô Souveraine, que  d'avoir son cœur uni à votre cœur et au corps transpercé de votre Fils?....


Je ne vous demande ni la splendeur du soleil, ni l'éclat des astres; je ne désire que des blessures... Ou enlevez-moi la vie du corps, ou blessez mon cœur, car je suis couvert de confusion et de honte quand je vois Jésus, mon Seigneur, tout meurtri, et vous, ma Souveraine, blessée de ses douleurs, et que je me considère , moi le plus  indigne de vos serviteurs, sans le moindre tourment.


Ah ! je sais ce que je ferai : prosterné à vos pieds ,  je prierai sans interruption,  avec gémissement, avec larmes; j'élèverai la voix, et mon importunité sera telle qu'enfin vous m'exaucerez..

St BONAVENTURE.

 

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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