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ROME, Vendredi 4 juin 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée, ce jeudi, au cours de la célébration du « Corpus Domini » (Fête Dieu), en la basilique Saint-Jean-du-Latran, à Rome.

 

 

* * *

 

Chers frères et sœurs !

 

Le sacerdoce du Nouveau Testament est étroitement lié à l'Eucharistie.

 

C'est pourquoi aujourd'hui, en la solennité du Corpus Domini, presque au terme de l'Année sacerdotale, nous sommes invités à méditer sur la relation entre l'Eucharistie et le Sacerdoce du Christ.

 

C'est dans cette direction que nous orientent également la première lecture et le psaume responsorial, qui présentent la figure de Melchisédech. Le bref passage du Livre de la Genèse (cf. 14, 18-20) affirme que Melchisédech, roi de Shalem, était « prêtre du Dieu Très Haut », et pour cette raison « apporta du pain et du vin » et « bénit Abraham », qui venait de vaincre une bataille ; Abraham lui-même lui donna le dixième de chaque chose. Le psaume, à son tour, contient dans la dernière strophe une expression solennelle, un serment de Dieu lui-même, qui déclare au Roi Messie : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech » (Ps 110, 4) ; ainsi le Messie est proclamé non seulement Roi, mais également Prêtre. C'est de ce passage que s'inspire l'auteur de la Lettre aux Hébreux pour son discours ample et articulé. Et nous lui avons fait écho dans le refrain : « Tu es prêtre pour toujours, Christ Seigneur » : comme une profession de foi, qui acquiert une signification particulière en la fête d'aujourd'hui.

 

C'est la joie de la communauté, la joie de l'Eglise entière, qui, en contemplant et en adorant le Très Saint Sacrement, reconnaît en celui-ci la présence réelle et permanente de Jésus Prêtre souverain et éternel.

 

La deuxième lecture et l'Evangile portent en revanche l'attention sur le mystère eucharistique.

 

C'est de la Première Lettre aux Corinthiens (cf. 11, 23-26) qu'est tiré le passage fondamental où saint Paul rappelle à cette communauté la signification et la valeur de la « Cène du Seigneur », que l'apôtre avait transmises et enseignées, mais qui risquaient de se perdre. L'Evangile est, en revanche, le récit du miracle des pains et des poissons, rapporté par saint Luc : un signe attesté par tous les évangélistes et qui pré-annonce le don que le Christ fera de lui-même, pour donner la vie éternelle à l'humanité. Ces deux textes mettent en relief la prière du Christ, alors qu'il rompt le pain. Il y a naturellement une nette différence entre les deux moments : lorsqu'il partage les pains et les poissons pour les foules, Jésus remercie le Père céleste pour sa providence, certain qu'il ne fera pas manquer de nourriture à toutes ces personnes. Au cours de la Dernière Cène, en revanche, Jésus transforme le pain et le vin en son propre Corps et Sang, afin que les disciples puissent se nourrir de Lui et vivre en communion intime et réelle avec Lui.

 

La première chose qu'il est nécessaire de toujours se rappeler est que Jésus n'était pas un prêtre selon la tradition hébraïque. Sa famille n'était pas sacerdotale. Il n'appartenait pas à la descendance d'Aaron, mais à celle de Juda, et juridiquement la voie du sacerdoce lui était donc fermée. La personne et l'activité de Jésus de Nazareth ne se situent pas dans le sillage des prêtres antiques, mais davantage dans celui des prophètes. Et dans ce sillage, Jésus prit ses distances d'une conception rituelle de la religion, critiquant l'ordre qui accordait de la valeur aux préceptes humains liés à la pureté rituelle plutôt qu'à l'observance des commandements de Dieu, c'est-à-dire à l'amour pour Dieu et pour son prochain qui, comme le dit le Seigneur, « vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices » (Mc 12, 33).

 

Même à l'intérieur du Temple de Jérusalem, lieu sacré par excellence, Jésus accomplit un geste purement prophétique, lorsqu'il chasse les changeurs et les marchands d'animaux, toutes ces choses servant pour l'offrande des sacrifices traditionnels. Jésus n'est donc pas reconnu comme un Messie sacerdotal, mais prophétique et royal. Même sa mort, que nous chrétiens appelons à juste titre « sacrifice », n'avait rien des sacrifices antiques, elle était même tout le contraire : l'exécution d'une condamnation à mort, par crucifixion, la plus infamante qui eut lieu à l'extérieur des murs de Jérusalem.

 

Alors, dans quel sens Jésus est-il prêtre ?

 

C'est précisément l'Eucharistie qui nous le dit. Nous pouvons repartir de ces simples mots, qui décrivent Melchisédech : il « apporta du pain et du vin » (Gn 14, 18). C'est ce qu'a fait Jésus lors de la Dernière Cène : il a offert du pain et du vin, et en ce geste il a résumé toute sa personne et toute sa mission. Dans cet acte, dans la prière qui le précède et dans les paroles qui l'accompagnent se trouve tout le sens du mystère du Christ, tel que l'exprime la Lettre aux Hébreux dans un passage décisif, qu'il est nécessaire de reporter : « Pendant les jours de sa vie mortelle - écrit l'auteur en se référant à Jésus -, il a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et ainsi, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. Car Dieu l'a proclamé grand prêtre selon le sacerdoce de Melchisédech » (5, 8-10). Dans ce texte, qui fait clairement référence à l'agonie spirituelle de Gethsémani, la passion du Christ est présentée comme un prière et comme une offrande. Jésus affronte son « heure », qui le conduit à la mort sur la croix, plongé dans une profonde prière, qui consiste en l'union de sa propre volonté avec celle du Père. Cette double et unique volonté est une volonté d'amour. Vécue dans cette prière, l'épreuve tragique que Jésus affronte est transformée en offrande, en sacrifice vivant.

 

La Lettre aux Hébreux dit que Jésus « fut exaucé ». En quel sens ? Au sens où Dieu le Père l'a libéré de la mort et l'a ressuscité. Il a été exaucé précisément en raison de son abandon total à la volonté du Père : le dessein d'amour de Dieu a pu s'accomplir parfaitement en Jésus, qui, ayant obéi jusqu'à la fin extrême de la mort sur la croix, est devenu « cause de salut » pour tous ceux qui Lui obéissent. C'est-à-dire qu'il est devenu grand Prêtre pour avoir lui-même pris sur lui tout le péché du monde, comme « Agneau de Dieu ». C'est le Père qui lui confère ce sacerdoce au moment même où Jésus traverse le passage de sa mort et résurrection. Ce n'est pas un sacerdoce selon ce que prescrit la loi mosaïque (cf. Lv 8-9), mais selon l'ordre de Melchisédech, selon un ordre prophétique, qui dépend seulement de sa relation particulière avec Dieu.

 

Revenons à l'expression de la Lettre aux Hébreux qui dit : « Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ».

 

Le sacerdoce du Christ comporte la souffrance.

 

Jésus a vraiment souffert, et il l'a fait pour nous. Il était le Fils et il n'avait pas besoin d'apprendre à obéir, mais nous oui, nous en avions et nous en avons toujours besoin. C'est pourquoi le Fils a pris notre humanité et s'est laissé « éduquer » pour nous dans le creuset de la souffrance, s'est laissé transformer par elle, comme le grain de blé qui pour porter du fruit doit mourir en terre. A travers ce processus, Jésus a été « rendu parfait », en grec teleiotheis. Nous devons nous arrêter sur ce terme, car il est très significatif. Il indique l'accomplissement d'un chemin, c'est-à-dire le propre chemin d'éducation et de transformation du Fils de Dieu à travers la souffrance, à travers la passion douloureuse. C'est grâce à cette transformation que Jésus Christ est devenu « prêtre suprême » et peut sauver tous ceux qui se confient à Lui.

 

Le terme de teleiotheis, traduit justement par « rendu parfait », appartient à une racine verbale qui, dans la version grecque du Pentateuque, c'est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible, est toujours utilisée pour indiquer la consécration des prêtres antiques. Cette découverte est très précieuse, car elle nous dit que la passion a été pour Jésus une consécration sacerdotale. Il n'était pas prêtre selon la Loi, mais il l'est devenu de manière existentielle dans sa Pâque de passion, de mort et de résurrection : il s'est offert lui-même en expiation et le Père, l'exaltant au-dessus de toute créature, l'a constitué Médiateur universel de salut.

 

Revenons, dans notre méditation, à l'Eucharistie, qui d'ici peu sera au centre de notre assemblée liturgique. Dans celle-ci, Jésus a anticipé son Sacrifice, un Sacrifice non rituel, mais personnel. Lors de la Dernière Cène, il agit animé par cet « esprit éternel » avec lequel il s'offrira ensuite sur la Croix (cf. He 9, 14). En rendant grâces et en bénissant, Jésus transforme le pain et le vin. C'est l'amour divin qui transforme : l'amour avec lequel Jésus accepte à l'avance de se donner entièrement pour nous. Cet amour n'est autre que l'Esprit Saint, l'Esprit du Père et du Fils, qui consacre le pain et le vin et transforme leur substance en Corps et en Sang du Seigneur, rendant présent dans le sacrement le même Sacrifice qui s'accomplit ensuite de manière sanglante sur la Croix.

 

Nous pouvons donc conclure que le Christ est un prêtre véritable et agissant, car il est rempli de la force de l'Esprit Saint, il est comblé de toute la plénitude de l'amour de Dieu, et cela précisément « la nuit où il fut trahi », précisément à l'« heure des ténèbres » (cf. Lc 22, 53). C'est cette force divine, la même qui réalisa l'Incarnation du Verbe, qui transforme la violence extrême et l'injustice extrême en acte suprême d'amour et de justice. Telle est l'œuvre du sacerdoce du Christ, que l'Eglise a hérité et prolongé dans l'histoire, sous la double forme du sacerdoce commun des baptisés et de celui ordonné des ministres, pour transformer le monde avec l'amour de Dieu. Tous, prêtres et fidèles, nous nous nourrissons de la même Eucharistie, nous nous prosternons tous pour l'adorer, car dans celle-ci est présent notre Maître et Seigneur, est présent le véritable Corps de Jésus, Victime et Prêtre, salut du monde. Venez, exultons avec des chants de joie ! Venez, adorons ! Amen.

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lu sur le salon beige, commentaires que je partage...

 

La présentation que vous donnez des événements est partiale. A vous lire, il semble que les déboires de cette école ne seraient dus qu’à une cause : être catholique. C’est l’idée qu’exprime le titre de votre article, même s’il paraît exact qu’il lui est reproché, en particulier, de n’avoir qu’une vision catholique des choses. De fait, vous induisez certains de vos lecteurs à dialectiser, de manière plus ou moins primaire : « on chasse les cathos, mais on favorise les musulmans », « c’est de la haine anticatholique », etc. Cela permet de se voiler la face sur des carences objectives et de se donner la bonne posture, celle du persécuté.

 

Vous savez parfaitement bien que si cette école a les ennuis qui sont les siens, ce n’est ni uniquement, ni premièrement parce qu’elle est catholique.

 

Vous savez bien, ou vous devriez savoir, qu’un certain nombre d’écoles de ce genre sont en réalité des cache-misère qui, sous couvert de transmission “intégrale” de la foi, sont affectées de carences considérables : hygiène, sécurité, déficit intellectuel des enseignements, idéologie, exploitation des enseignants, parfois non déclarés, etc.


Réagir contre ces éléments ne constitue pas un apriori anticatholique mais une réaction de bon sens naturel.

 

Au reste, il existe bien des écoles catholiques sur le territoire français, y compris hors contrat, y compris tradis, qui n’ont aucune difficulté avec les Académies locales ou avec les pouvoirs publics. Les causes des sanctions dont le collège Don Bosco Saint-Projet est l’objet sont autres, et si vous avez raison de dire que cette école « s’est rendue (ou plutôt : a été rendue) célèbre suite à la diffusion du reportage Les Infiltrés », l’Académie n’a pas attendu cette émission pour faire connaître ses critiques, qui ne sont pas exclusivement religieuses. Cette émission, au demeurant, a révélé à ceux qui ne connaissaient pas l’école en question son caractère pour le moins singulier, dont la prétention à être animée d’un esprit « catholique » peut susciter chez chaque baptisé de graves et justes réserves sans qu’il se voie pour autant taxé d’être un franc-maçon ou un ennemi de la foi.

 

Quand un catholique fait et dit des choses débiles, et qu’il se prévaut du catholicisme pour les dire et les faire, ce n’est pas anticatholique de dénoncer ses agissements et l’image du catholicisme qu’il donne. Il est quand même singulier de voir certains catholiques traditionalistes réagir, quand leurs intérêts de groupe sont menacés, comme le font certaines officines qui voient de l’antisémitisme partout où des critiques même légitimes sont soulevées.

...

 

"Avez-vous, fors le Paraclet, un bon avocat publiciste?

 

Sinon, oui, l'État républicain a le droit et le devoir impérieux de tout contrôler car il est le régulateur suprême que la vie civile, civique et familiale.

 

En cela, il est le digne héritier de nos anciens rois. L'enseignement doit, à ce titre, être normé. Il en va du principe de souveraineté.

Il n'y a pas hélas que l'Évangile mais aussi la légalité positive civile à maîtriser et à savoir intelligemment mettre en œuvre.

 

 

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Publié le 4 Juin 2010

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de mon temps !

 

 

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Chers frères et sœurs,

 

La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, — c'est ce que nous venons d’entendre dans l'Evangile — et, ayant prononcé la Bénédiction, le rompit et le leur donna en disant: « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit: « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24).

Toute l'histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles.

 

Ce n'est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais le futur également qui est anticipé — la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus n'est pas simplement des paroles. Ce qu'Il dit est un événement, un événement central de l'histoire du monde et de notre vie personnelle.

 

Ces paroles sont inépuisables.


Je ne voudrais méditer maintenant avec vous qu’un seul aspect.

 

Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le pain et le vin. Il se donne entièrement – il ne donne pas seulement une partie de lui-même – avec chacun de ces deux signes. Le Ressuscité n'est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s'approche de nous et s'unit à nous. Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le mystère de Jésus Christ.

 

Au cours de la procession et dans l'adoration, nous regardons l'Hostie consacrée, — le type le plus simple de pain et de nourriture, fait seulement d'un peu de farine et d'eau. Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels le Seigneur a accordé en premier lieu sa proximité. La prière à travers laquelle l'Eglise, au cours de la liturgie de la Messe, offre ce pain au Seigneur, le qualifie de fruit de la terre et du travail des hommes.

Celui-ci renferme les efforts de l'homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain. Toutefois, le pain n'est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons; c'est le fruit de la terre et donc également un don. Car le fait que la terre porte du fruit n'est pas seulement un mérite à nous; seul le Créateur pouvait lui accorder la fertilité. Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette prière de l'Eglise, en disant: le pain est fruit de la terre et du ciel. Il suppose la synergie des forces de la terre et des dons d'en-haut, c'est-à-dire du soleil et de la pluie.

 

Nous ne pouvons pas non plus produire seuls l’eau, dont nous avons besoin pour préparer le pain. A une époque où l'on parle de désertification et où l’on entend de plus en plus dénoncer le danger qu'hommes et bêtes meurent de soif dans les régions privées d'eau, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l'eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls. Alors, en l’observant de plus près, ce petit morceau d'Hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l'homme coopèrent.

 

La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l'existence de l'homme, nous est présentée dans sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. La création, avec tous ses dons, aspire, au-delà d'elle-même, à quelque chose de plus grand. Au-delà de la synthèse de ses propres forces, au delà de la synthèse également de nature et d'esprit que nous sentons d'une certaine façon dans le morceau de pain, la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l'unification avec le Créateur lui-même.

 

Mais nous n'avons pas encore expliqué entièrement le message de ce signe du pain.

 

Son mystère le plus profond, le Seigneur l'a évoqué au cours du Dimanche des Rameaux, lorsqu'on lui présenta la requête de certains Grecs de pouvoir le rencontrer. Dans sa réponse à cette question, se trouve la phrase: « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24).

 

Dans le pain fait de grains moulus, se cache le mystère de la Passion.

 

La farine, le blé moulu, suppose que le grain soit mort et ressuscité. En étant moulu et cuit, il porte ensuite en lui une fois de plus le mystère même de la Passion. Ce n'est qu'à travers la mort qu'arrive la résurrection, qu'arrivent le fruit et la vie nouvelle.

Les cultures de la Méditerranée, au cours des siècles précédant le Christ, ont profondément perçu ce mystère. Sur la base de l'expérience de cette mort et de cette résurrection, elles ont conçu des mythes de divinité qui, en mourant et en ressuscitant, donnaient la vie nouvelle. Le cycle de la nature leur semblait comme une promesse divine au milieu des ténèbres de la souffrance et de la mort qui nous sont imposées. Dans ces mythes, l'âme des hommes, d'une certaine façon, se projetait vers le Dieu qui s'est fait homme, qui s'est humilié jusqu'à la mort sur une croix et qui a ouvert ainsi pour nous tous la porte de la vie. Dans le pain et dans son devenir, les hommes ont découvert comme une attente de la nature, comme une promesse de la nature que cela devait exister: le Dieu qui meurt et qui, de cette façon, nous conduit à la vie. Ce qui était attendu dans les mythes et qui, dans le grain de blé lui-même, est caché comme signe de l'espérance de la création — cela a réellement eu lieu dans le Christ. A travers sa souffrance et sa mort libres,

 

Il est devenu pain pour nous tous, et, à travers cela, une espérance vivante et digne de foi: Il nous accompagne dans toutes nos souffrances jusqu'à la mort. Les voies qu'il parcourt avec nous et à travers lesquelles il nous conduit à la vie sont des chemins d'espérance.

 

Lorsque nous contemplons en adoration l'Hostie consacrée, le signe de la création nous parle. Nous rencontrons alors la grandeur de son don; mais nous rencontrons également la Passion, la Croix de Jésus et sa résurrection. A travers ce regard en adoration, Il nous attire à lui, dans son mystère, au moyen duquel il veut nous transformer comme il a transformé l'Hostie.

 

L'Eglise des débuts a trouvé un autre symbole dans le pain.

 

La Doctrine des Douze Apôtres, un livre composé aux environs de l'an 100, rapporte dans ses prières l'affirmation: « De même que ce pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour n'en faire plus qu'un, qu'ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume! » (IX, 4). Le pain composé de nombreux grains renferme également un événement d'union: la transformation en pain des grains est un processus d'unification. Nous-mêmes, de nombreux que nous sommes, nous devons devenir un seul pain, un seul corps, nous dit saint Paul (1 Co 10, 17). Ainsi, le signe du pain devient à la fois espérance et devoir.

 

Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à la quotidienneté, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création: la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau au moyen d'évocation à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion: la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé: ce n'est qu'à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

 

En la fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain.

 

Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d'Israël au cours des quarante années passées dans le désert. L'Hostie est notre manne à travers laquelle le Seigneur nous nourrit — c'est véritablement le pain du ciel à travers lequel Il se donne lui-même. Au cours de la procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions:

 

Conduis-nous sur les routes de notre histoire!

 

Montre toujours à nouveau le droit chemin à l'Eglise et à ses Pasteurs! Regarde l'humanité qui souffre, qui erre dans l'incertitude parmi tant d'interrogations; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente! Donne aux hommes du pain pour le corps et pour l'esprit! Donne-leur du travail! Donne-leur la lumière! Donne-toi à eux! Purifie-nous et sanctifie-nous tous! Fais-nous comprendre que ce n'est qu'à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et se réaliser vraiment.

 

Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Eglise, unis l'humanité déchirée! Donne-nous ton salut! Amen!

 


 

 benoît XVI 2006

 

 

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