Publié le 7 Décembre 2008



"Rien de souillé n'a pénétré en elle, elle est le reflet de la lumière éternelle et un miroir sans tâche. Elle est en effet
plus belle que le soleil, plus pure que la lumière."

C'est aujourd'hui la Conception  immaculée de la sainte Vierge Marie.

Qui, de son pied virginal, écrasa la tête du serpent."

le petit Placide vous souhaîte une sainte fête.











Qu'est-ce que signifie "Marie l'Immaculée"?

 Ce titre a-t-il quelque chose à nous dire?

La liturgie d'aujourd'hui éclaire pour nous le contenu de cette parole à travers deux grandes images. Il y a tout d'abord le récit merveilleux de l'annonce à Marie, la Vierge de Nazareth, de la venue du Messie. Le salut de l'Ange est tissé de fils de l'Ancien Testament, en particulier du prophète Sophonie. Celui-ci fait voir que Marie, l'humble femme de province qui est issue d'une lignée sacerdotale et qui porte en elle le grand patrimoine sacerdotal d'Israël, est "le saint reste" d'Israël auquel les prophètes, au cours de toutes les périodes de douleurs et de ténèbres, ont fait référence. En elle est présente la véritable Sion, celle qui est pure, la demeure vivante de Dieu. En elle demeure le Seigneur, en elle il trouve le lieu de Son repos. Elle est la maison vivante de Dieu, qui n'habite pas dans des édifices de pierre, mais dans le coeur de l'homme vivant. Elle est le germe qui, dans la sombre nuit d'hiver de l'histoire, jaillit du tronc abattu de David. En elle s'accomplit la parole du Psaume: "La terre a donné son fruit" (67, 7). Elle est le surgeon, duquel dérive l'arbre de la rédemption et des rachetés. Dieu n'a pas essuyé un échec, comme il pouvait sembler au début de l'histoire avec Adam et Eve, ou bien au cours de l'exil à Babylone, et comme il semblait à nouveau à l'époque de Marie, quand Israël était devenu un peuple sans importance dans une région occupée, avec bien peu de signes reconnaissables de sa sainteté. Dieu n'a pas failli. Dans l'humilité de la maison de Nazareth vit l'Israël saint, le reste pur. Dieu a sauvé et sauve son peuple. Du tronc abattu ressurgit à nouveau son histoire, devenant une nouvelle force vive qui oriente et envahit le monde. Marie est l'Israël saint; elle dit "oui" au Seigneur, se met pleinement à sa disposition et devient ainsi le temple vivant de Dieu.

La deuxième image est beaucoup plus difficile et obscure.

Cette métaphore, tirée du Livre de la Genèse, nous parle à partir d'une grande distance historique, et ne peut être éclaircie qu'avec beaucoup de peine; ce n'est qu'au cours de l'histoire qu'il a été possible de développer une compréhension plus profonde de ce qui y est référé. Il est prédit qu'au cours de toute l'histoire, la lutte entre l'homme et le serpent se poursuivra, c'est-à-dire entre l'homme et les puissances du mal et de la mort. Cependant, il est également préannoncé que "la lignée" de la femme vaincra un jour et écrasera la tête du serpent, de la mort; il est préannoncé que la lignée de la femme - et en elle la femme et la mère elle-même - vaincra et qu'ainsi, à travers l'homme, Dieu vaincra. Si nous nous mettons à l'écoute de ce texte avec l'Eglise croyante et en prière, alors nous pouvons commencer à comprendre ce qu'est le péché originel, le péché héréditaire, et aussi ce que signifie être sauvergardé de ce péché héréditaire, ce qu'est la rédemption.


Quelle est la situation qui nous est présentée dans cette page?


L'homme n'a pas confiance en Dieu. Tenté par les paroles du serpent, il nourrit le soupçon que Dieu, en fin de compte, ôte quelque chose à sa vie, que Dieu est un concurrent qui limite notre liberté et que nous ne serons pleinement des êtres humains que lorsque nous l'aurons mis de côté; en somme, que ce n'est que de cette façon que nous pouvons réaliser en plénitude notre liberté.


L'homme vit avec le soupçon que l'amour de Dieu crée une dépendance et qu'il lui est nécessaire de se débarasser de cette dépendance pour être pleinement lui-même. L'homme ne veut pas recevoir de Dieu son existence et la plénitude de sa vie. Il veut puiser lui-même à l'arbre de la connaissance le pouvoir de façonner le monde, de se transformer en un dieu en s'élevant à Son niveau, et de vaincre avec ses propres forces la mort et les ténèbres. Il ne veut pas compter sur l'amour qui ne lui semble pas fiable; il compte uniquement sur la connaissance, dans la mesure où celle-ci confère le pouvoir. Plutôt que sur l'amour, il mise sur le pouvoir, avec lequel il veut prendre en main de manière autonome sa propre vie. Et en agissant ainsi, il se fie au mensonge plutôt qu'à la vérité et cela fait sombrer sa vie dans le vide, dans la mort.


L'amour n'est pas une dépendance, mais un don qui nous fait vivre.


La liberté d'un être humain est la liberté d'un être limité et elle est donc elle-même limitée. Nous ne pouvons la posséder que comme liberté partagée, dans la communion des libertés: ce n'est que si nous vivons d'une juste manière, l'un avec l'autre et l'un pour l'autre, que la liberté peut se développer. Nous vivons d'une juste manière, si nous vivons selon la vérité de notre être, c'est-à-dire selon la volonté de Dieu. Car la volonté de Dieu ne constitue pas pour l'homme une loi imposée de l'extérieur qui le force, mais la mesure intrinsèque de sa nature, une mesure qui est inscrite en lui et fait de lui l'image de Dieu, et donc une créature libre.


Si nous vivons contre l'amour et contre la vérité - contre Dieu -, alors nous nous détruisons réciproquement et nous détruisons le monde.


Alors nous ne trouvons pas la vie, mais nous faisons le jeu de la mort. Tout cela est raconté à travers des images immortelles dans l'histoire de la chute originelle et de l'homme chassé du Paradis terrestre.


Chers frères et soeurs! Si nous réfléchissons sincèrement sur nous et sur notre sur histoire, nous constatons qu'à travers ce récit est non seulement décrite l'histoire du début, mais l'histoire de tous les temps, et que nous portons tous en nous une goutte du venin de cette façon de penser illustrée par les images du Livre de la Genèse. Cette goutte de venin, nous l'appelons péché originel.


Précisément en la fête de l'Immaculée Conception apparaît en nous le soupçon qu'une personne qui ne pèche pas du tout est au fond ennuyeuse; que quelque chose manque à sa vie: la dimension dramatique du fait d'être autonomes; qu'être véritablement hommes comprenne également la liberté de dire non, de descendre au fond des ténèbres du péché et de vouloir agir tout seuls; que ce n'est qu'alors que l'on peut exploiter totalement toute l'ampleur et la profondeur du fait d'être des hommes, d'être véritablement nous-mêmes; que nous devons mettre cette liberté à l'épreuve, également contre Dieu, pour devenir en réalité pleinement nous-mêmes. En un mot, nous pensons au fond que le mal est bon, que nous avons au moins un peu besoin de celui-ci pour faire l'expérience de la plénitude de l'être. Nous pensons que Méphistophélès - le tentateur - a raison lorsqu'il dit être la force "qui veut toujours le mal et qui accomplit toujours le bien" (J.W. v. Goethe, Faust I, 3). Nous pensons que traiter un peu avec le mal, se réserver un peu de liberté contre Dieu est au fond un bien, et peut-être même nécessaire.


Cependant, en regardant le monde autour de nous, nous pouvons voir qu'il n'en est pas ainsi, c'est-à-dire que le mal empoisonne toujours, il n'élève pas l'homme, mais l'abaisse et l'humilie, il ne le rend pas plus grand, plus pur et plus riche, mais il lui cause du mal et le fait devenir plus petit. C'est plutôt cela que nous devons apprendre le jour de l'Immaculée: l'homme qui s'abandonne totalement entre les mains de Dieu ne devient pas une marionnette de Dieu, une personne consentante ennuyeuse; il ne perd pas sa liberté. Seul l'homme qui se remet totalement à Dieu trouve la liberté véritable, l'ampleur vaste et créative de la liberté du bien. L'homme qui se tourne vers Dieu ne devient pas plus petit, mais plus grand, car grâce à Dieu et avec Lui, il devient grand, il devient divin, il devient vraiment lui-même. L'homme qui se remet entre les mains de Dieu ne s'éloigne pas des autres en se retirant dans sa rédemption en privé; au contraire, ce n'est qu'alors que son coeur s'éveille vraiment et qu'il devient une personne sensible et donc bienveillante et ouverte.


Plus l'homme est proche de Dieu et plus il est proche des hommes.


Nous le voyons en Marie. Le fait qu'elle soit totalement auprès de Dieu est la raison pour laquelle elle est également si proche de tous les hommes. C'est pourquoi elle peut être la Mère de toute consolation et de toute aide, une Mère à laquelle devant chaque nécessité quiconque peut oser s'adresser dans sa propre faiblesse et dans son propre péché, car elle comprend tout et elle est pour tous la force ouverte de la bonté créatrice. C'est en Elle que Dieu imprime son image, l'image de Celui qui suit la brebis égarée jusque dans les montagnes et parmi les épines et les ronces des péchés de ce monde, se laissant blesser par la couronne d'épine de ces péchés, pour prendre la brebis sur ses épaules et la ramener à la maison. En tant que Mère compatissante, Marie est la figure anticipée et le portrait permanent de son Fils. Nous voyons ainsi que même l'image de la Vierge des Douleurs, de la Mère qui partage la souffrance et l'amour, est une véritable image de l'Immaculée. Son coeur, grâce au fait d'être et de ressentir avec Dieu, s'est agrandi. En Elle, la bonté de Dieu s'est beaucoup approchée et s'approche beaucoup de nous. Ainsi Marie se trouve devant nous comme signe de réconfort, d'encouragement, d'espérance.


Elle s'adresse à nous en disant: "Aie le courage d'oser avec Dieu! Essaye! N'aie pas peur de Lui! Aie le courage de risquer avec la foi! Aie le courage de risquer avec la bonté! Aie le courage de risquer avec le coeur pur! Engage-toi avec Dieu, tu verras alors que c'est précisément grâce à cela que ta vie deviendra vaste et lumineuse, non pas ennuyeuse, mais pleine de surprises infinies, car la bonté infinie de Dieu ne se tarit jamais!"


En ce jour de fête, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le grand signe de sa bonté qu'il nous a donné en Marie, sa Mère et Mère de l'Eglise.


Nous voulons le prier de placer Marie sur notre chemin comme une lumière qui nous aide à devenir nous aussi lumière et à porter cette lumière dans les nuits de l'histoire. Amen.


Benoît XVI.



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Publié le 6 Décembre 2008





"Candor est lucis aeternae et speculum sine macula" (Sag.7.26)


   Marie est un reflet très pur de la lumière divine, de la beauté de Dieu.


   Pie IX, dans sa Bulle Ineffabilis, nous avertit que 'toujours préservée des moindres souillures du péché, toute belle et parfaite, Marie a atteint une plénitude d'innocence et de sainteté qu'on en peut imaginer de plus grande en dessous de Dieu et que jamais personne, sauf Dieu lui-même ne réussira à la comprendre".



  Résignons-nous donc à ne pas tout saisir de cette beauté unique. Notre admiration n'est que plus grande. Comme celle du petit enfant pour sa mère qui constitue à ses yeux comme un monde de puissante tendresse dont il ne saurait détailler les trésors.


   Et c'est dès le premier instant de sa conception que Marie fut comblée d'une telle abondance de grâces qu'elle dépassait la grâce de tous les Saints.


Voici une belle application du "mirabiliter condidisti et mirabilius reformasti" que nous disons chaque jour à la messe.

(offertoire)


   Adam et Eve avaient été constitués dans un état de parfaite justice. Mais la nouvelle Eve, dans sa grâce originelle, l'emporte de beaucoup sur nos premiers parents avec leur chute. Et tandis qu'ils ont, eux, perdu leur innocence, Marie n'a jamais cessé de faire fructifier le don initial que Dieu lui avait fait.


  Et pourtant cette Vierge incomparable, qui demeure Vierge tout en étant Mère, a porté comme son Fils la ressemblance du péché. Elle a été sujette à la souffrance, et, je le pense, à la mort. Comme son Fils, elle a connu toutes celles de nos misères qui étaient compatibles avec sa parfaite innnocence. Ne fallait-il pas qu'elle ressemblât en tout à son Fils? Et ne fallait-il pas aussi qu'elle connut, autant que cela lui était possible, toutes nos infirmités, puisqu'elle est notre mère? Ce que dit l'Epître aux Hébreux de notre Pontife qui devait assumer nos infirmités pour y mieux compatir, n'est-il pas en un sens plus vrai de notre Mère, car il est d'une mère de ressentir jusque dans sa chair les douleurs de ses enfants.



...Mère parfaitement pure et par là-même parfaitement Mère, à qui nous demandons de nous garder par sa toute puissance suppliante, dans sa pureté et dans sa lumineuse tendresse, dans sa paix et dans sa joie.


"O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous! "



dom Roy Fontgombault.



"Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles "

Pie IX






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Publié le 6 Décembre 2008

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Publié le 5 Décembre 2008






ST NICOLAS....c'est
sur le petit placide...!



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Publié le 5 Décembre 2008










La légende de st Nicolas


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Tant sont allés, tant sont venus
Que le soir se sont perdus
Ils sont allés chez le boucher
Boucher, voudrais-tu nous loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Ils n'étaient pas sitôt entrés
Que le boucher les a tués
Les a coupés en p'tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Saint Nicolas au bout d'sept ans
Vint à passer dedans ce champ
Alla frapper chez le boucher
Boucher, voudrais-tu me loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Entrez, entrez Saint Nicolas
Il y a de la place, il n'en manque pas
Il n'était pas sitôt entré
Qu'il a demandé à souper

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Du p'tit salé, je veux avoir
Qu'il y a sept ans qu'est dans le saloir
Quand le boucher entendit ça
Hors de la porte il s'enfuya

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Boucher, boucher, ne t'enfuis pas
Repens-toi, Dieu te pardonnera
Saint Nicolas alla s'asseoir
Dessus le bord de ce saloir

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Petits enfants qui dormez là
Je suis le grand Saint Nicolas
Et le Saint étendant trois doigts
Les petits se lèvent tous les trois

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs

Le premier dit "j'ai bien dormi"
Le second dit "Et moi aussi"
Et le troisième répondit
"Je me croyais au Paradis"

+

Saint Nicolas mon bon patron



    Saint Nicolas mon bon patron,
    Apportez moi des macarons,
    Des biscuits pour les p'tites filles,
    Des marrons pour les garçons,
    Des mirabelles pour les d'moiselles,
    De beaux rubans pour les mamans,
    Du tabac pour les papas,
    Des lunettes pour les grands pères,
    Des halettes pour les grands mères
    Un pot de fleurs pour ma chère soeur
    Un baiser pour mon petit coeur.

Saint Nicolas en Lorraine.

Pour Saint-Nicolas, plus que pour tout autre, il y a lieu de distinguer soigneusement entre son histoire, bien lointaine et peu sûre, et le culte millénaire qui lui a conféré en quelque sorte la nationalité lorraine. C'est d'ailleurs sur ce second point que nous trouverons le plus de choses charmantes et de détails inédits.

De la vie de notre Saint, il n'existe pas d'ouvrage qui soit historiquement valable. Tout le Moyen Age a vécu, dans ce domaine, de ce que lui rapportaient des traductions d'auteurs grecs du VIII' siècle et la légende ne se fit pas faute d'y ajouter encore.
Dans la Chrétienté entière et en notre Lorraine en particulier, Saint Nicolas a gardé constamment une grande faveur, c'est par rayonnement de la bonté même de Dieu qui transparaît dans toute sa vie. Mais il le doit aussi aux charmes de la légende qui ont fait de cette vie un livre d'images aux merveilleuses teintes de vitrail.

Saint Nicolas naquit, dans la seconde moitié du IIIe siècle, à Patare, petit port de Lycie, province d'Asie Mineure, voisine de l'île de Rhodes. Comme bien on pense , il appartenait à une famille riche et distinguée de la ville, ce qui lui fournit bientôt la "matière " de son premier beau geste.

Mais nous retiendrons surtout, au compte de son milieu familial, cette autre richesse d'une foi chrétienne, puisée à bonne source. Saint Paul, en effet, avait séjourné à Patare, au retour de son troisième voyage.
Le jeune Nicolas fut-il frappé quelque jour d'entendre proclamer à l'église le précepte et l'éloge à la fois, que l'Apôtre fait, dans son Épître 1 aux Corinthiens, de la charité qui est patiente et bonne et ne s'enfle point d'orgueil (XIII, 4) ?

Apprenant par la rumeur (ce fut de tout temps l'apanage des petites villes) qu'un notable du pays, atteint par un revers de fortune, envisageait de livrer ses trois filles à la prostitution, faute de pouvoir les doter convenablement, à la faveur de la nuit, Saint Nicolas se glisse vers la demeure et, par la fenêtre ouverte, lance une grosse bourse remplie de pièces d'or.
Le geste fit son effet, car bientôt notre homme mariait fort honorablement son aînée. Restaient les deux cadettes. Pris à ce jeu, tout à fait dans le genre Scout ou Cœur Vaillant, dirions-nous aujourd'hui, Saint Nicolas, toujours incognito, renouvela son geste par deux fois. Mais il se fit prendre la dernière nuit et, tout confus, supplia son obligé de n'en rien dire.

Le secret fut-il bien gardé ? En tout cas, personne ne fut surpris de voir ce sympathique jeune homme devenir prêtre, vivre quelques années dans un monastère et en sortir bientôt pour accéder à l'évêché de Myre, capitale de la province.

Dans ce nouveau ministère, Saint Nicolas put donner libre cours, et sur un plan considérablement étendu, à cette bonté d'âme qu'il tenait de sa nature et que la grâce, les miracles aidant, ne fit qu'exalter. Tous les traits de sa vie, retenus par les chroniqueurs - nous ne saurions ici les contester, tant ils sont simples - portent la marque de cette générosité inlassable, gratuite et souriante, qui le rendait infiniment sensible à la moindre détresse matérielle ou morale. Ainsi, le voit-on s'intéresser avec prédilection aux enfants de son diocèse, intervenir auprès de l'empereur, en faveur de trois officiers, libérer, en se jouant, des prisonniers, ravitailler miraculeusement en blé sa ville en proie à la famine, sauver du naufrage des matelots qui sombraient.

Même si nous négligeons toutes les naïves enluminures dont la légende a cru devoir, pour illustrer sa mémoire, entourer chaque scène, il reste que la charité foncière fut la caractéristique de sa sainteté. Par là s'explique sans peine l'extension prodigieuse de son culte à travers le monde et jusqu'à nos jours.

Tendre et compatissant pour les personnes, à l'exemple du divin Maître, Saint Nicolas n'en fut que plus intransigeant sur les questions de doctrine. Défenseur de la foi auprès de ses ouailles, il combattit avec vigueur cette hérésie sournoise dont Arius infestait alors l'Asie Mineure, avant de gagner tout l'Occident. La politique s'en mêlant, les empereurs de Constantinople favorisaient dangereusement les entreprises de l'Arianisme. A ce titre, Saint Nicolas subit la persécution de 316, se vit exiler de Myre et jeter en prison. Trop heureux de souffrir comme les siens, il se garda bien de faire miracle pour s'en tirer. Du reste, la victoire de Constantin vint bientôt renverser la situation. Bien que son nom ne figure pas dans la liste des 318 signataires, la tradition rapporte que Saint Nicolas assista au 1er Concile œcuménique de Nicée, réuni en 325, sur l'initiative de Constantin, et qui condamna l'Arianisme.

Saint Nicolas mourut fort peu de temps après et fut inhumé dans sa cathédrale. Sa disparition fut davantage ressentie par ceux qu'il avait tant obligés. Poussée à la fois par le besoin et par la certitude qu'au-delà de la mort le Saint Évêque restait lui-même, la foule des malades et des déshérités se pressa de plus belle à son tombeau, On y accourut non seulement de Lycie, mais de toutes les provinces d'Orient où il n'était point allé.

Au moment d'aborder l'histoire du culte de Saint Nicolas, précisons qu'à l'inverse de sa biographie, encombrée de légendes, il existe d'innombrables documents historiques touchant ses reliques et les pèlerinages auxquels elles donnèrent lieu.

La renommée du grand thaumaturge se répandit très vite. Dès la fin du siècle, Saint Jean Chrysostome lui fait une belle place dans la liturgie nouvelle qu'il instaure en son diocèse de Constantinople, et l'empereur Basile vient à Myre prier sur la tombe. D'autres s'y intéressèrent à leur tour, mais diversement. Lors d'une expédition sur les côtes d'Asie Mineure, les troupes du calife de Bagdad, Haroun-al-Raschid, assaillirent la ville et tentèrent de profaner les restes précieux. L'alerte fit grand bruit, jusqu'en Occident où déjà - nous le verrons - des reliques de Saint Nicolas étaient vénérées. On sait que, bien avant les Croisades, et à partir d'Italie notamment, les relations commerciales, qui ont souvent si bien servi le culte des Saints, entretenaient une liaison étroite entre les deux bassins de la Méditerranée.

Passé l'an mil, les incursions musulmanes se firent plus dangereuses sur tout le littoral aussi bien qu'en Palestine.

C'est ainsi que des marchands de Bari, ville de l'Italie méridionale sur la côte Adriatique, faisant escale à Myre, présentèrent leurs bons offices pour mettre en sûreté le corps de Saint Nicolas. Les choses n'allèrent pas toutes seules, car les Vénitiens convoitaient aussi ce trésor, s'estimant même prioritaires pour avoir opéré, dès 815, pareil sauvetage en faveur de Saint Marc, orgueil de la grande Cité patricienne. Ce fut donc à Myre une lutte de vitesse où le chauvinisme tenait sans doute autant de place que la piété d'ailleurs sincère. Les roués Barisiens supplantèrent de justesse leurs rivaux et le corps de Saint Nicolas, en 1087, débarqua à Bari, où il est encore de nos jours.

On fit à ces reliques un accueil triomphal, et le pape Urbain II présida, deux ans plus tard, leur installation solennelle dans une opulente basilique construite tout exprès.

Peut-on, sans irrévérence, penser que Saint Nicolas est demeuré là, facétieux et bon, comme il avait été, jeune homme, à Patare, jadis ?... - Toujours est-il qu'un miracle extraordinaire et permanent s'opéra, comme pour légitimer le pieux larcin des gens de Bari. De ses ossements, suinte depuis des siècles une sorte de liquide huileux, la fameuse "manne" des pèlerins du Moyen Age qui, colportée à travers le monde, produisit d'innombrables guérisons.
Du point de vue scientifique, le phénomène parait difficilement explicable. Aussi est-il délicat de se prononcer sur ce cas, assez semblable, du reste, à celui de Saint Janvier, à Naples. Notons que c'est toujours en Italie.

L'arrivée de ces reliques, d'autant plus vite divulguée qu'on était au siècle des Croisades, donna au culte de Saint Nicolas une impulsion nouvelle dans tout l'Occident. En 1018, la présence de parcelles de son corps est signalée à Trèves. Quelques années plus tard, on les trouve dans deux abbayes près de Cologne et d'Aix-la-Chapelle.
On attribue ce fait à la dévotion spéciale des empereurs Ottonides, d'autant que nous voyons consacrer en, 1049, à Saint Nicolas, l'église de l'Hospice du Grand-Saint-Bernard, le col des Alpes que franchissait le grand axe carolingien en direction de l'Italie.

Au siècle suivant, Saint Bernard, qui fut pèlerin de Saint-Nicolas du-Port, recommandera chaudement à ses moines de Cîteaux la dévotion au grand saint de Myre, toujours dans la même perspective d'une sauvegarde efficace : "Lorsque quelque danger nous menace, dit-il, recourons avec confiance à Saint Nicolas".
Rome qui, évidemment, s'honorait de posséder une église au nom suggestif de " Saint-Nicolas-in-Carcere ", tint à l'enrichir d'un titre cardinalice, toujours en usage. Par la suite, on voit le nom de Saint Nicolas donné à travers l'Europe, et par les Espagnols dans le Nouveau Monde, à de nombreuses villes, à des sites géographiques. La Russie l'adopte comme patron national et l'Irlande lui dédie 40 églises.

Mais ce qui nous intéresse par-dessus tout, c'est l'entrée dans ce vaste mouvement de notre Lorraine. Ce fut à l'occasion fortuite d'une menue relique rapportée d'Italie.

Déjà, le pape lorrain, Saint Léon IX, y avait certes préludé, en consacrant un autel à Saint Nicolas au Mont Sainte-Odile, probablement lors du même voyage où il avait, en 1050, consacré les églises d'Épinal et de Remiremont. A cette date, note Georges Durand, l'absidiole nord de cette dernière avait déjà Saint Nicolas pour titulaire.

En 1098, un chevalier lorrain, Albert de Varangéville, revenant de la I° ;Croisade, s'arrêta à Bari par dévotion. Il eut la surprise d'y rencontrer un clerc lorrain, originaire de Port, attaché au service de l'insigne église, et put ainsi obtenir comme relique un doigt du Saint. En moins de trois ans, on édifia sur les bords de la Meurthe une église spéciale que Pibon, évêque de Toul, consacra en 1101.
Événement qui marqua la naissance du bourg dénommé Saint-Nicolas-de-Port, et qui allait prendre une grande extension, à la fois comme centre de pèlerinage et comme place commerciale. Entre-temps, Pibon se faisait l'apôtre convaincu de la dévotion à Saint Nicolas, lui dédiant un autel à Toul même, en l'abbaye Saint-Léon, à Pjerre-la-Treiche, à Neufchâteau.

L'épisode de la délivrance miraculeuse, en 1240, d'un croisé, le comte lorrain de Réchicourt, prisonnier des musulmans, accrut encore la renommée du pèlerinage, et c'est pour commémorer le prodige que fut instituée la procession aux flambeaux du 5 décembre au soir.

Revenant de la Croisade, le bon roi Saint Louis fut pris avec sa famille par une violente tempête. Joinville raconte, au chapitre 124 de son Livre, la suggestion qu'il fit à la Reine pour échapper à ce péril :" Dame, promettez un pèlerinage à Monseigneur Saint Nicolas de Varangéville, et je vous garantis que Dieu vous ramènera en France avec le Roi et vos enfants. "La tempête s'apaisa".
Quand la Reine fut revenue en France, elle fit faire une nef d'argent à Paris. Il y avait dedans le Roi, la Reine et les trois enfants, le tout en argent ; les mariniers, les mâts, le gouvernail, les cordes et les voiles toutes cousues à fil d'argent. La Reine me l'envoya à Joinville pour la faire porter à Saint Nicolas ; ce que je fis. "

Sur le point de partir pour sa prodigieuse chevauchée, Sainte Jeanne d'Arc s'en vint, un jour de février 1429, à Saint-Nicolas-de-Port, en compagnie de Jacques Alain et de Durand Laxart, implorer le céleste patron des voyageurs.

Tous nos Ducs de Lorraine ont voué un culte de fidélité au Saint Évêque de Myre. Si le Roi René, à son retour de captivité, lui offrit un bras-reliquaire en argent, tout rehaussé de pierreries, son arrière-petit-fils, René II, fit mieux encore. Parti de Saint-Nicolas-de-Port avec ses troupes, pour prendre à revers Charles le Téméraire qu'il devait tailler en pièces, sous les murs de Nancy, le 5 février 1477, notre Duc s'était placé sous la protection de Saint Nicolas et avait distribué aux compagnies des fanions à son image. La victoire une fois acquise, "il en appropria l'honneur, dit la chronique, à Monseigneur Sainct Nicolas, le réputant Père du Pays, Duc et déffense de Lorraine".

Cette citation à l'ordre de l'armée est considérée comme la charte décrétant, pour des siècles, Saint Nicolas Patron officiel de la Lorraine. Et le monument qui le commémore, toujours debout, est l'une des plus remarquables églises de l'Est de la France.
La basilique de Saint-Nicolas de-Port, immense vaisseau de cathédrale, fut construite de 1481 à 1518, grâce aux générosités de la famille ducale, des Cantons suisses, de la riche bourgeoisie de Port et de la Lorraine entière. Et l'empereur Charles Quint s'intéressait encore personnellement en 1547, à des travaux d'embellissement. Les siècles y ont accumulé des trésors d'orfèvrerie, la plupart, hélas ! dilapidés à la Révolution.

Si la vénérable église subit l'outrage des guerres, elle s'honore d'avoir été continûment le sanctuaire national de notre petite patrie. Nombreux aussi furent les Rois de France, les Empereurs, les Princes de toute l'Europe venus s'agenouiller sous ses voûtes.

Cependant, l'église était avant tout centre de pèlerinage. En 1583, le cardinal Charles de Vaudémont y amène en procession tous les habitants de Toul. Quatre mille Allemands y arrivent aussi en groupe. Le jubilé de 1602 y attire 200 000 fidèles avec 6 000 prêtres. Mais, ce à quoi le bon Saint demeurait sans nul doute le plus sensible, c'était le concours incessant des pèlerins individuels.
On y venait de très loin ; des prisonniers libérés, entre autres, apportaient leurs chaînes en ex-voto. L'envoyé du roi de Bohème, passant à Port en 1434, estimait que 50 chariots ne suffiraient pas à emporter cette ferraille. Saint-Nicolas-de-Port était aussi un pèlerinage expiatoire auquel les tribunaux flamands condamnaient certains de leurs clients.
Plus sympathiques nous apparaissent ces pèlerins des Vosges qui, s'en allant pieds nus à Saint-Nicolas faisaient escale à l'hôpital routier de Domptail.

Par fierté patriotique, les Lorrains voulurent avoir à Rome, comme les Français à Saint-Louis, leur sanctuaire national. En 1622, ils obtinrent du Pape Grégoire XV que l'église de la place Navone fut affectée " au service de la nation des Lorrains ". C'est ainsi que les Vosgiens allant à Rome ne manquent pas de visiter ce sanctuaire, dont le plan même figure une croix de Lorraine. Il nous souvient de l'accueil chaleureux que nous y faisait naguère Mgr Fourier Bonnard, recteur de Nicolas-des-Lorrains ,enfant de Mattaincourt. Et quelle émouvante surprise de découvrir, sur les dalles, les noms de Vosgiens originaires de Belmont-sur-Vair, de Girecourt, de Parey-sous-Montfort reposant là !


.... et la suite.




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Publié le 4 Décembre 2008



Noël avec LIBERA ! un
pèlerinage à Bethleem, Jerusalem
& Assise.




moins long, une partie:

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Rédigé par philippe

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Publié le 3 Décembre 2008




" Vous avez visité la terre pour lui donner l'abondance, vous l'avez comblée de richesses. Le grand fleuve céleste était rempli d'eau: vous prépariez ainsi la nourriture de votre peuple, car c'est par là que vous fertilisez la terre."


psaume 64 laudes du mercredi.
office bénédictin.


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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Décembre 2008

























JASO AZPILCUETA





pour les Xavier & François-Xavier..




La famille paternelle de Marie de Azpilcueta, originaire de la vallée de Baztan, au nord de la Navarre espagnole actuelle, appartenait à la petite noblesse. Les armes de cette maison étaient les suivantes : Echiqueté d'argent et de sable ["Con tablero de ajedrez blanco y negro"]. On a noté à raison que «la fortune des Azpilcueta pesait moins lourd que leur épée ; mais ils avaient pour eux l'antiquité de leur nom» (A. BELLESSORT, Saint François-Xavier, l'apôtre des Indes et du Japon, Perrin 1937, p. 4). L'affirmation selon laquelle leur palacio était déjà debout au temps de Charlemagne paraît cependant tenir de la légende. Le nom d'Azpilcueta fut illustré encore, quelques années plus tard, par le célèbre juriste Martin de Azpilcueta (1493-1586), également connu sous le nom de "Docteur Navarre",
La famille maternelle de Marie, les Aznarez de Sada, appartenait en revanche à la haute noblesse. Deux sœurs en furent les héritières : Marie et Jeanne. Martin de Azpilcueta épousa Marie en 1463. Bientôt veuf, et après dispense pontificale, il épousa Jeanne. De nouveau veuf, vers 1477, Martin de Azplicueta épousa encore en 1499 Isabelle d'Echaux, du vicomté bas-navarrais de Baïgorry, laquelle eu raison de lui trois ans plus tard, avant de refranchir les Pyrénées, chargée des riches dépouilles du noble défunt.

C'est du deuxième mariage de Martin de Azpilcueta, avec Jeanne de Aznarez de Sada qu'est née Marie, la femme de Jean de Jasso. Jean de Jasso et Maria de Azpilcueta eurent cinq enfants :

Madeleine, dont on disait qu'elle était très belle, et qu'on appelait « le lys de Javier », entra au service d'Isabelle la catholique puis chez les clarisses de Gandia (Valence), dont elle était abbesse à sa mort († 1533).

Anne (née vers 1492), la seconde sœur, a épousé Diego de Ezpeleta, seigneur de Beire. Cette famille est connue depuis le XIème siècle. Son berceau est dans la commune d'Espelette (64)

Michel (vers 1495-1542), qui sera appelé « seigneur de la maison et du lieu de Xabier », épousa Isabelle de Goñi y Peralta, fille du seigneur de Tirapu.

Jean (vers 1497-1556), dit Jean d'Azpilcueta, était capitaine.

Enfin, François, le cadet, né le 7 avril 1506, mardi saint, est l'Apôtre des Indes. On dit que ce jour-là était célébrée, dans l'église de Javier, la fête de saint Vincent-Ferrier, patron de l'Occident.

Telle est la famille, prestigieuse, de ce grand saint. 


(noblesse oblige!)



sainte fête !








à fx2f bien des choses!
bisous à X2P
...


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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Décembre 2008

Rédigé par philippe

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Publié le 30 Novembre 2008



"Vox clamantis in deserto. Parate viam Domini."

" Si tu es déjà sur le chemin, ne perds pas ta route ; tu offenserais le Seigneur qui lui-même t'a conduit. Alors il te laisserait errer dans les voies de ton coeur. Si ce chemin te paraît dur, regarde le terme auquel il te conduit. Si tu vois ainsi le bout de toute perfection, tu diras : "Comme ils sont larges tes ordres." Si ton regard ne va pas jusque-là, crois au moins Isaïe le Voyant qui est l'oeil de ton corps. IL voyait bien ce terme lorsqu'il disait : "Ils marcheront par ce chemin, ceux qui ont été libérés et rachetés par le Seigneur, et ils viendront dans Sion avec des cris de joie. Un bonheur éternel transfigurera leur visage, allégresse et joie les accompagneront, douleur et plainte auront pris fin." Celui qui pense à ce terme, non seulement trouve le chemin court, mais encore a des ailes, de sorte qu'il ne marche plus, il vole vers le but. Que par là vous conduise et vous accompagne celui qui est le chemin de ceux qui courent et la récompense de ceux qui arrivent au but : Jésus-Christ."

st Augustin.


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Rédigé par philippe

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