Publié le 21 Juin 2009





Effectivement et nous le savons tous, les choristes de Libera comme pour les autres chorales d'ailleurs, ne sont que de passage. Libera est éternelle grâce à des voix qui elles ne sont qu'éphémères, un paradoxe n'est-ce pas, mais c'est cela qui fait la force de Libera et des autres, le chef de choeur doit s'adapter à ces changements de choristes. Cela impose au chef de choeur de revoir ces arrangements musicaux pour s'adapter aux nouveaux venus, Libera évolue "grâce" au départ de certains. Nous avons tous nos coups de cœur pour tel ou tel choriste, cela est évident, un tel pour sa bouille, un autre pour sa voix, ... Mais il ne faut jamais oublier qu'une chorale est avant tout un ensemble, un groupe, une unité, on ne peut dissocier tel ou tel choriste du groupe car cela ne ressemblerait plus à rien. J'aime Libera pour cet ensemble, j'écoute cet ensemble, je ressens les émotions qui passent au travers les chants de cet ensemble. Cette polémique autour du départ de Tom me semble déplacer car elle fait oublier les autres cela m'exaspère. Tous les choristes comme tous les fans de Libera savent qu'un jour ou l'autre l'heure du départ sonnera, évidemment nous ressentons un petit pincement au cœur surtout lorsqu'il s'agit d'un des choristes les plus anciens et cela se comprend, mais il ne faut pas s'arrêter là car ce serait l'arrêt de Libera.
Il faut continuer à aimer Libera, dans le respect des enfants, dans le respect du travail réalisé, dans le respect de ce qu'ils nous apportent. Il faut savoir se tenir face à cette magnifique envie de chanter, de partager, .. et non s'emballer comme un dérater face à ces gamins qui ne font que partager leur passion. Et il ne faut pas oublier les parents qui ont eux aussi une importance non négligeable dans la vie et l'avenir de ce chœur.
N'oublions pas que le respect des autres passe avant tout par le respect de sois même, alors que les gens mal intentionnés passent leur chemin ou utilisent les CD.
Eric

réponse:

De mon côté pas de polémique. J'informe mes lecteurs. Dans l'ensemble je te rejoints évidement. Je leur rends hommage car après tout,  les anciens je ne les ai pas connus autant puisque je n'ai découvert libera, il n'y a que trois ans maintenant. Comme tu dis comme pour les choristes avec Jean-Baptiste, on a  un pincement au coeur quand ils quittent la scène. Pour les autres il en sera de même puisque deux ou trois ont la même ancienneté comme Joshua Madine ou Edward...si je suis toujours sur la scène!

C'est aussi un tournant de mon existence; il m'ont réconforté dans mon drame. Normal que le petit Placide leur rende cet hommage profitant de Tom. Dans le groupe je n'ai de préférence pour personne. Chacun a son charme, le charme de la jeunesse. Comme pour les Wiener, s'il fallait faire un choix, on est pas sorti de l'auberge. D'ailleurs a-t-on un choix à faire?

 Je n'ai trouvé qu'eux comme réconfort et les quelques rares individus virtuels avec qui j'ai pu partager cette passion non pas seulement de Libera mais de toutes les autres chorales.

Sans cela évidement le petit Placide n'aurait pas eu sa raison d'être. C'était sa note personnelle. Elargir son apostolat au travers des amis de youtube, faire connaître mes moines, le Pérou, . Apporter un peu de réconfort, même si c'était plutôt moi qui en avait besoin. L'accueil n'a pas été unanime partout; normal, la mission n'est jamais une aventure de gagnée. Elle est à hauts risques. On perd, on gagne. Savoir accepter aussi de perdre. J'ai souvent perdu, je me suis planté en bien des domaines. Mais j'ai été surpris de l'impact sur youtube par des gens de sensibilité différente si réceptifs, plus que dans les milieux habituels tradis où là on a rien à recevoir puisqu'on a tout.


Comme me disait un moine quand on a plus d'espoir humain, il faut garder l'Espérance surnaturelle, pas évident.
Comme dans une chambre d'hôpital, on a le goutte à goutte, et si on coupe il n'y a plus rien qu'un cadavre.

C'est l'effet boomerang aussi, on envoie mais on reçoit en pleine figure d'abord pour soi.
C'est déjà soi que l'on cherche à convaincre. Un travail de longue haleine. Surtout dans ce domaine.
On essaye de se convaincre dans la nuit la plus profonde de tout ce que l'on met ou l'on écoute pour garder l'Espérance qui nous habite. On est tellement rempli de doutes. On doute tellement sur soi, sur tout. L'Espérance qu'il faut entretenir, bichonner, cajoler, protéger.

Le reste n'appartient qu'à Dieu de savoir à qui le distribuer, si cela a profité ou non, on a contribué pour moi cela suffit c'est son oeuvre à lui ...

Comme Tom le petit Placide aussi arrive dans sa période de mue. Il n'est pas assuré de demain. Il aura trouvé à travers libera un semblant d'humanité qu'ailleurs il n'a jamais pu trouver... ces petits riens (avec toi c'était pas un petit rien) que vous avez su partager  gratuitement, sans calcul, et c'est pour cela qu'il vous en est particulièrement reconnaissant au travers de Libera.  Ce qui m'a le plus évidement marqué cet échange bref avec Lihuarn. Oui ça m'a fait tout drôle. Tant de gentillesse en si peu d'instant. Des petits échantillons d'humanisme, ce n'est pas de trop. En général, c'est la pénurie, crise oblige.  Il vaut mieux faire avec du doctrinal c'est moins engageant.

Pour le reste, ceux qui en auront abusé, tant pis. Ceux qui m'ont menti, tant pis. Et on m'a menti, et j'ai été abusé. Trop menti. Mais je crois aussi en la Justice et qu'elle se fera toute seule. Je n'ai pas besoin de la faire. J'ai eu trop confiance.  tant pis pour moi dans un sens.  Le péché des solitaires. Maintenant immunisé, je ne fais plus d'illusions, sur rien, sur personne.  Cela s'apprend.

J'ai appris aussi à relativiser rencontrant vos propres parcours, votre propre expérience.
Je me disais que malgré tout j'avais un peu de chance même si c'est une chance de survie. La chance d'avoir la Foi.
A croire que la souffrance nous identifie aussi à quelque chose, à quelqu'un. La tienne, celle de Lhiuarn... tout le reste est tellement subjectif.

... demain? que sera demain?

à tous quand même merci. Sorry hier soir absent. le coeur fatigue, je me couche comme les moines ! voilà c'est la fête des pères, ça me fait drôle aussi. Bonne fête aux pères Abbés tiens ! même si c'est une fête un peu païenne...

Finalement nous sommes tous des petits Tom Cully, .. on ne fait que passer in hac lacrimarum vallee; Dieu assure aussi la relève comme Mr Prizeman. La grande Chorale continue malgré tout. Le Bon Dieu s'adapte à ces changements de choristes, il revoit ses arrangements musicaux pour s'adapter aux nouveaux venus...

Un jour ou l'autre l'heure du départ aussi sonne.

"Dieu essuyera toutes les larmes de nos yeux."
Il en aura du boulot!

Philippe.








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Publié le 20 Juin 2009







Benoît XVI est attendu ce dimanche au sanctuaire de San Giovanni Rotondo, dans la région italienne des Pouilles. Le Pape y vénèrera la dépouille mortelle du plus populaire des saints de la péninsule, le Padre Pio da Pietralcina, le capucin aux stigmates, mort en 1968 et canonisé en 2002. Sur place, les préparatifs vont bon train. Plus de 30.000 pèlerins sont attendus. 300 journalistes ont été accrédités.
Benoît XVI arrivera à 9h15. Accompagné d'un groupe de frères capucins, il effectuera une visite privée sur les lieux où le Père Pio a vécu avant de descendre dans la crypte du sanctuaire Sainte Marie des Grâces où se trouve sa dépouille. A 10h30, le Pape présidera une concélébration eucharistique en plein air, sur le parvis de la nouvelle basilique réalisée par le célèbre architecte italien Renzo Piano. La messe sera suivie de la prière de l'Angélus. Dans l'après-midi, il rencontrera les malades, le personnel soignant et les dirigeants de l'hôpital fondé sous l'impulsion du Padre Pio. Sa visite s'achèvera par une rencontre avec les prêtres, les religieux, les religieuses et les jeunes. Son retour au Vatican est prévu à 19h30
Jean-Paul II, on le sait, avait une grande dévotion pour le padre Pio. Mais quel sens faut-il donner à la visite de son successeur Benoît XVI.


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La spiritualité eucharistique de padre Pio et la souffrance (I)

Entretien avec Mgr Follo sur le sens chrétien de la souffrance


 

ROME, Lundi 15 juin 2009 (ZENIT.org) -

 

  Mgr Follo rappelle que saint Pio a fondé à San Giovanni Rotondo l'hôpital ultra moderne, que visitera Benoît XVI, et auquel le saint a donné le nom de « Maison du soulagement de la souffrance ». 

A l'occasion de la visite de Benoît XVI à San Giovanni Rotondo, dimanche prochain, 21 juin, sur les pas de Padre Pio, nous re-proposons des extraits d'un entretien accordé par Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège à l'UNESCO, à Paris, et qui se rend chaque année au sanctuaire du saint capucin italien stigmatisé, à Thomas Gueydier, directeur du Centre d'études théologiques de Caen. Un entretien réalisé à l'occasion d'un colloque organisé par Mgr Follo à l'UNESCO sur la signification de la douleur et publié sur le site des Jeunes de la conférence des évêques de France.


Thomas Gueydier : Vous avez connu personnellement le Padre Pio ?


Mgr Follo : Non, malheureusement pas. Ce qui m'a frappé quand j'ai lu la vie de ce saint, c'est qu'il a eu les stigmates pendant cinquante ans sans jamais se plaindre. De plus, il a toujours cherché à soulager la douleur des autres. L'hôpital qu'il a fondé s'appelle la « Maison  du soulagement de la souffrance » (« Casa Sollievo della Sofferenza »). 

Thomas Gueydier : Qu'avez-vous retenu de padre Pio ? 

Mgr Follo : Il est l'image du Christ. Il est le premier prêtre stigmatisé, il a participé à l'expiation du Christ, ancre d'espérance. Le P. Pio a aimé le Christ au point de ne pas s'éloigner un seul instant de Sa volonté. Et Jésus, pour lui montrer Son amour, lui a donné les sceaux de Sa Passion, afin que le monde entier voie en lui l'image du Christ et se convertisse.


Thomas Gueydier : La douleur - ou la souffrance - est-elle une énigme ou un mystère ?


Mgr Follo : La douleur est une expiation pour soi-même et pour les autres. En outre, il faut noter que la souffrance n'est pas un « problème », car qui dit problème dit solution, or il n'y a pas de solution à la souffrance. Ce n'est pas non plus une énigme, car on peut toujours percer une énigme, comme Œdipe aux portes de Thèbes a percé l'énigme du Sphinx. En revanche, on peut dire que c'est un mystère. Mais attention ! Le mystère, ce n'est pas pour les chrétiens une privation, mais un excès de sens, un surplus de lumière devant laquelle on ferme les yeux pour ne pas être ébloui. Le mystère de la souffrance, dans l'expérience chrétienne, ne se définit pas négativement comme quelque chose d'incompréhensible. Ce n'est pas un mur, mais une porte ouverte sur l'Infini, une porte dont la Croix est la clef. Autrement dit, la souffrance n'est pas la porte fermée du tombeau, mais une ouverture. La mort et la souffrance prennent souvent des aspects tragiques, mais elles ont une issue. Telle est du moins l'Espérance, qui nous est donnée. « Pour espérer, il faut avoir reçu une grande grâce », disait Péguy. Grâce à l'espérance, la souffrance nous apparaît comme le manque d'un bien que l'on possédait mais qui est absent. Un écrivain italien, qui s'est suicidé, disait : « Si rien ne nous a été promis, pourquoi attendons-nous ? ». Au final, la souffrance devient une occasion de croissance.


Thomas Gueydier : Est-ce que l'Eglise n'a à proposer qu'un discours sur la souffrance ?


Mgr Follo : Non. Dans l'histoire de l'Eglise, il y a toujours eu les théologiens en chambre mais, parallèlement, il y a toujours eu une vraie réflexion fondée sur l'expérience. Le pape Jean-Paul II lui-même, qui a beaucoup apporté à la théologie, est un homme qui a beaucoup souffert et ce, tout au long de son pontificat. Il avait déjà été victime de l'attentat quand il a écrit sa lettre apostolique sur la souffrance, en 1984. De plus, il ne faut pas oublier que le premier hôpital fut fondé en 1480 par sainte Catherine de Gênes. Les recherches archéologiques nous montrent d'ailleurs que les hôpitaux n'existaient pas dans le monde non-chrétien. Le travail accompli actuellement par la communauté de l'Arche ou par les médecins chrétiens, comme le professeur Mirabel, sont significatifs aussi.


Thomas Gueydier : L'attitude qui s'impose face à ceux qui souffrent est évidemment la compassion. Mais ne pensez-vous pas que ce qui manque à notre société, c'est un discours sur le sens de la souffrance ?


Mgr Follo : Le Christ n'est pas venu dans le monde pour expliquer la Croix mais pour la remplir de sa présence, comme le disait si génialement Claudel. Ceci dit, on a besoin de sens. Permettez-moi de citer un auteur italien à ce sujet, Dante: « Vous n'êtes pas né pour être comme des animaux mais pour suivre vertu et connaissance ». Mais le problème avec la douleur ne réside pas d'abord dans la question du sens mais dans la manière dont on peut la vaincre. Voilà la priorité absolue : vaincre la douleur. D'ailleurs le Christ n'est pas tant venu pour donner sens à la souffrance que pour la transformer en son contraire, à savoir une chose positive qui mène au Salut. Je le répète : on ne répond à la douleur qu'en la vainquant.

 

 

Fin de la première partie

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Publié le 20 Juin 2009



"Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise"















Veni Creator spiritus pour les futurs ordonnés
de ce mois de Juin 2009.









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Publié le 20 Juin 2009

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Publié le 19 Juin 2009


with  my prayers for you
thank's











Un soliste hors pair.....








j'aime beaucoup ce commentaire plein de respect pour eux traduit de google... de l'anglais .
sur dear madine. fan de libera. Entièrement d'accord. Quelqu'un de réaliste. Pour parler de la sorte, quelqu'un qui doit être de ma génération sans aucun doute. ...sympa.
 Oui cette envie de la vie, cette joie de vivre, qui nous motive. Cette joie, cette douceur communicative qui est pleinement la leur du plus petit au plus grand et qui fait partie de l'enchantement de ce choeur d'enfants. Chorégraphie, tout y est lié.
Cela va du far away au panis angelicus, I am the day, 'je suis l'Alpha et l'Omega" .. au chant de tristesse du pie Jesu Domine, au chant de louange et d'action de grâces du For the beauty, à l'adoramus... oui et tout cela peut interpeler et interpelle beaucoup dans ce monde où le règne l'empire du mal et de la haine...faire prendre conscience que simplement Dieu existe !
Simplement cela.
Tout ce que nous ne trouvons pas dans le monde adulte. Si le Christ nous a laissé les enfants comme modèles ce n'est pas pour rien. Ces sourires qui égayent notre triste existence, cette pureté de l'enfance qui nous rapproche du ciel, surtout lorsqu'ils nous chantent des chants religieux. Sans cela évidement libera ne serait rien du tout, leurs chants sont des prières .... En cela oui leur importance est d'une grande valeur pour le monde qui nous entoure... ils nous touchent au plus profond de nous-mêmes ! ... je suis assez pour. On ne peut les isoler du monde religieux qui les entoure, le faire serait une grossière erreur et une aventure dangereuse. Ils apportent au monde avant tout un message chrétien, allant chaque dimanche suivre dans leur paroisse respective l'office religieux... Cela on ne l'oublie  que trop facilement.
Dans cette période noire de mon existence, il n'est pas difficile de dire qu'ils m'ont été d'un grand soutien et d'un grand réconfort moral.

Pour les Wiener c'est autre chose. C'est la joie qui domine. On écoute des wiener la morosité s'évapore au loin. Les démons n'aiment pas la joie. Evidement tout cela est contraire à l'atmosphère quotidienne environnante;  Le chant pur écarte les démons.

Commentaire, qui sous entend un incident fâcheux passé lors d'un de leurs derniers concerts, et qui sous entend que les responsables vont de plus en plus les préserver. Mais cela..l'avenir nous le dira.




Nous avons tout simplement d'accepter que Voyces ... mais sont en train de changer: si nous nous sentons tous un grand engagement pour les garçons (et de la douleur quand on est en cours), que le meilleur de nous-mêmes est réveillé par le biais de leur musique, leur présence, leur jeunesse, par le biais de ce qu'ils font, leur présentation et leur présence, qu'ils sont si attrayants pour nous, - un aîné qui parle comme ça -
car ils nous touchent au plus profond de nous-mêmes.

Parce qu'ils sont jeunes,
nous devons avoir le plus grand respect pour eux

(dans leur situation de chanteurs / aigus, ils courent un certain risque pour, par exemple, être approched par des pédophiles ou d'autres choses). Comme la satisfaction de ce qu'ils font dans leur visage est visible chaque fois que nous mai être sûr que le groupe de responsables savent ce qu'ils font. (au courant sûrement de certains mots d'ordres !)

Nous leur donnons le plus grand respect par les aimer en toute discrétion dans notre propre cœur, et, en estimant que leur expérience sûrement Libera-est / a été un bon départ dans la vie. Nous avons donc les suivre de loin mai par fan-sites et dans le même temps, dire tout notre respect et notre amour. Leur importance pour le monde est d'une grande valeur. Nous prions pour eux et pour l'église anglicane qui honore aussi bien le culte.

Avec un grand merci à leurs parents pour tous les efforts.
Il ne faut pas être stupide ni aveugle, ni savoir l'anglais pour en saisir tout le sens...
à suivre !


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Rédigé par philippe

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Publié le 19 Juin 2009
















Chers frères et sœurs,

Dans l'antienne du Magnificat, nous chanterons d'ici peu : «Le Seigneur nous a accueillis dans son cœur - Susceptit nos Dominus in sinum et cor suum». Dans l'Ancien Testament, il est question 26 fois du cœur de Dieu , considéré comme l'organe de sa volonté : c'est par rapport au cœur de Dieu que l'homme est jugé.

A cause de la douleur que son cœur éprouve pour les péchés de l'homme, Dieu décide le déluge, mais s'émeut ensuite face à la faiblesse humaine et pardonne. Il y a ensuite un passage vétérotestamentaire dans lequel le thème du cœur de Dieu est exprimé de façon absolument claire : c'est dans le chapitre 11 du livre du prophète Osée, où les premiers versets décrivent la dimension de l'amour avec lequel le Seigneur s'est adressé à Israël à l'aube de son histoire : «Quand Israël était jeune, je l'aimais, et d'Egypte j'appelai mon fils» (v. 1). En vérité, à l'inlassable prédilection divine, Israël répond avec indifférence et même ingratitude. «Mais plus je les appelais - est obligé de constater le Seigneur - plus ils s'écartaient de moi» (v. 2). Toutefois, Il n'abandonne jamais Israël aux mains des ennemis, lit-on au verset 8 car «mon cœur - observe le Créateur de l'univers - en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent».


Le cœur de Dieu frémit de compassion ! Aujourd'hui, en la solennité du Sacré Cœur de Jésus, l'Eglise offre à notre contemplation ce mystère, le mystère du cœur d'un Dieu qui s'émeut et reverse tout son amour sur l'humanité. Un amour mystérieux, qui dans les textes du Nouveau Testament, nous est révélé comme une passion incommensurable de Dieu pour l'homme. Il ne se rend pas face à l'ingratitude et pas même devant le refus du peuple qu'il a choisi ; au contraire, avec une infinie miséricorde, il envoie dans le monde son Fils unique afin qu'il prenne sur lui le destin de l'amour détruit ; afin que, vainquant le pouvoir du mal et de la mort, il puisse rendre la dignité de fils aux êtres humains devenus esclaves par le péché. Tout cela a un prix élevé : le Fils unique du Père s'immole sur la croix : «Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin» (cf. Jn 13, 1). Le symbole de cet amour qui va au-delà de la mort est son côté transpercé par une lance. A cet égard, le témoin oculaire, l'apôtre Jean, affirme : «L'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l'eau» (cf. Jn 19, 34).

Chers frères et sœurs, merci car, répondant à mon invitation, vous êtes venus nombreux à cette célébration par laquelle nous entrons dans l'Année sacerdotale. Je salue Messieurs les cardinaux et les évêques, en particulier le cardinal-préfet et le secrétaire de la Congrégation pour le clergé avec ses collaborateurs, et l'évêque d'Ars. Je salue les prêtres et les séminaristes des divers séminaires et collèges de Rome ; les religieux et les religieuses, ainsi que tous les fidèles. J'adresse un salut spécial à Sa Béatitude Ignace Youssef Younan, patriarche d'Antioche des Syriens, venu à Rome pour me rencontrer et signifier publiquement l'«ecclesiastica communio» que je lui ai accordée.

Chers frères et sœurs, arrêtons-nous ensemble pour contempler le Cœur transpercé du Crucifié. Nous avons écouté &a grave; nouveau tout à l'heure, dans la brève lecture tirée de la Lettre de saint Paul aux Ephésiens, que «Dieu, riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ [...] avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus» (Ep 2, 4-6). Etre en Jésus Christ c'est déjà être assis dans les Cieux. Dans le cœur de Jésus est exprimé le noyau essentiel du christianisme ; dans le Christ nous a été révélée et donnée toute la nouveauté révolutionnaire de l'Evangile : l'Amour qui nous sauve et nous fait vivre déjà dans l'éternité de Dieu. L'évangéliste Jean écrit : «Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle» (3, 16). Son cœur divin appelle alors notre cœur ; il nous invite à sortir de nous-mêmes, à abandonner nos certitudes humaines pour placer notre confiance en Lui, et, suivant son exemple, à faire de nous-mêmes un don d'amour sans réserve.

S'il est vrai que l'invitation de Jésus à «demeurer dans son amour» (cf. 15, 9) s'adresse à chaque baptisé, dans la fête du Sacré-Cœur de Jésus, Journée de sanctification sacerdotale, cette invitation retentit avec une plus grande force pour nous, prêtres, en particulier ce soir, début solennel de l'Année sacerdotale, que j'ai voulu proclamer à l'occasion du 150e anniversaire de la mort du saint curé d'Ars.

Il me vient immédiatement à l'esprit une belle et émouvante affirmation, reportée dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, où il dit : «Le sacerdoce est l'amour du Cœur de Jésus» (n. 1589). Comment ne pas rappeler avec émotion que c'est directement de ce Cœur qu'a jailli le don de notre ministère sacerdotal ? Comment oublier que nous, prêtres, sommes consacrés pour servir, humblement et avec autorité, le sacerdoce commun des fidèles ? Notre mission est une mission indispensable pour l'Eglise et pour le monde et elle demande une pleine fidélité au Christ et une union incessante avec Lui ; c'est-à-dire qu'il exige que nous tendions constamment à la sainteté, comme l'a fait saint Jean Marie Vianney. Dans la Lettre qui vous a été adressée à l'occasion de cette année jubilaire particulière, chers frères prêtres, j'ai voulu mett re en lumière certains aspects caractéristiques de notre ministère, en faisant référence à l'exemple et à l'enseignement du saint curé d'Ars, modèle et protecteur de tous les prêtres, et en particulier des curés. Que ma lettre soit pour vous une aide et un encouragement à faire de cette année une occasion propice pour croître dans l'intimité avec Jésus, qui compte sur nous, ses ministres, pour diffuser et consolider son Royaume, pour diffuser son amour, sa vérité. C'est pourquoi, «à l'exemple du saint curé d'Ars, - ainsi ai-je conclu ma Lettre - laissez-vous conquérir par Lui et vous serez vous aussi, dans le monde d'aujourd'hui, des messagers d'espérance, de réconciliation et de paix !».

Se laisser conquérir pleinement par le Christ ! Tel a été le but de toute la vie de saint Paul, vers qui nous avons tourné notre attention au cours de l'Année paulinienne qui touche désormais à son terme ; cela a été l'objectif de tout le ministère du saint curé d'Ars, que nous invoquerons particulièrement durant l'Année sacerdotale ; que cela soit aussi l'objectif principal de chacun de vous. Pour être des ministres au service de l'Evangile, l'étude et une formation pastorale soignée et permanente est certainement utile et nécessaire, mais cette «science de l'amour» que l'on n'apprend que dans le «cœur à cœur» avec le Christ est encore plus nécessaire. En effet, c'est Lui qui nous appelle pour rompre le pain de son amour, pour remettre les péchés et pour guider le troupeau en son nom. C'est précisément pour cela que nous ne devons jamais nous éloigner de la source de l'Amour qui est s on Cœur transpercé sur la croix.

Ce n'est qu'ainsi que nous serons en mesure de coopérer avec efficacité au mystérieux «dessein du Père» qui consiste à «faire du Christ le cœur du monde» ! Un dessein qui se réalise dans l'histoire, à mesure que Jésus devient le Cœur des cœurs humains, en commençant par ceux qui sont appelés à être les plus proches de lui, précisément les prêtres. Les «promesses sacerdotales», que nous avons prononcées le jour de notre ordination et que nous renouvelons chaque année, le Jeudi saint, lors de la Messe chrismale, nous rappellent à cet engagement constant. Même nos carences, nos limites et nos faiblesses doivent nous reconduire au Cœur de Jésus. En effet, s'il est vrai que les pécheurs, en le contemplant, doivent app rendre de Lui la nécessaire «douleur des péchés» qui les reconduit au Père, cela vaut encore davantage pour les saints ministres. Comment oublier, à ce propos, que rien ne fait davantage souffrir l'Eglise, Corps du Christ, que les péchés de ses pasteurs, en particulier ceux qui se transforment en «voleurs de brebis» (Jn 10, 1sq), ou parce qu'ils les égarent avec leurs doctrines privées, ou encore parce qu'ils les enserrent dans le filet du péché et de la mort ? Pour nous aussi, chers prêtres, le rappel à la conversion et le recours à la Divine Miséricorde est valable, et nous devons également adresser avec humilité au Cœur de Jésus la demande pressante et incessante pour qu'il nous préserve du risque terrible de faire du mal à ceux que nous sommes tenus de sauver.

Il y a quelques instants, j'ai pu vénérer, dans la Chapelle du Chœur, la relique du saint Curé d'Ars : son cœur. Un cœur enflammé par l'amour divin, qui s'émouvait à la pensée de la dignité du prêtre et qui parlait aux fidèles avec des accents touchants et sublimes, affirmant que «après Dieu, le prêtre est tout ! ... Lui-même ne se comprendra bien qu'au ciel» (cf. Lettre pour l'Année sacerdotale, p. 2). Chers frères, cultivons cette même émotion, que ce soit pour exercer notre ministère avec générosité et dévouement, ou pour conserver dans notre âme une véritable «crainte de Dieu» : la crainte de pouvoir priver de tant de bien, par notre négligence ou notre faute, les âmes qui nous sont confiées, ou de pouvoir - que Dieu nous en garde ! - leur faire du mal. L'Eglise a besoin de prêtres saints ; de ministres qui aident les fidèles à faire l'expérience de l'amour miséricordieux du Seigneur et qui en soient des témoins convaincus. Dans l'adoration eucharistique, qui suivra la célébration des vêpres, nous demanderons au Seigneur qu'il enflamme le cœur de chaque prêtre de cette «charité pastorale» capable d'assimiler son «moi» personnel à celui de Jésus Prêtre, de manière à pouvoir l'imiter dans l'auto-donation la plus complète.

Que la Vierge Mère nous obtienne cette grâce ; Elle dont nous contemplerons demain avec une foi vive le Cœur Immaculé. Le saint curé d'Ars nourrissait à son égard une dévotion filiale, si bien qu'en 1836, en avance sur la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, il avait déjà consacré sa paroisse &a grave; Marie «conçue sans péché». Et il garda l'habitude de renouveler souvent cette offrande de la paroisse à la Sainte Vierge, en enseignant aux fidèles qu'«il suffit de s'adresser à elle pour être exaucés», pour la simple raison qu'elle «désire surtout nous voir heureux». Que la Vierge Sainte, notre Mère, nous accompagne en l'Année sacerdotale que nous commençons aujourd'hui, afin que nous puissions être des guides solides et éclairés pour les fidèles que le Seigneur confie à nos soins pastoraux. Amen !


© Copyright du texte original : Librairie Editrice du Vatican
Traduction : Zenit










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Publié le 19 Juin 2009

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Publié le 19 Juin 2009




Je donne et consacre au Sacré Cœur de Notre Seigneur
Jésus-Christ ma personne et ma vie, mes actions, peines et
souffrances, pour ne plus me servir d'aucune partie de mon
être que pour l'aimer, honorer et glorifier. C'est ici ma
volonté irrévocable que d'être tout à lui et de faire tout
pour son amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce
qui pourrait lui déplaire.
Je vous prends donc, ô Sacré Cœur, pour l'unique objet de
mon amour, le protecteur de ma vie, l'assurance de mon
salut, le remède à mon inconstance, le réparateur de tous
les défauts de ma vie et mon asile à l'heure de ma mort.
Soyez donc, ô Cœur de bonté, ma justification envers Dieu
le Père et détournez de moi les traits de sa juste colère. O
Cœur d'amour, je mets toute ma confiance en vous, car je
crains tout de ma faiblesse, mais j'espère tout de vos
bontés. Consumez donc en moi tout ce qui vous peut déplaire
ou résister, et que votre pur amour s'imprime si avant dans
mon cœur que jamais je ne puisse vous oublier, ni être
séparée de vous.
Je vous conjure, par toutes vos bontés, que mon nom soit
écrit en vous, puisque je veux faire consister tout mon
bonheur à vivre et à mourir en qualité de votre esclave.
Ainsi soit-il.


S
ainte Marguerite-Marie



Cor Jesu sacratissimum, miserere nobis.



Les Etats-Unis prêts en cas de tir de missile nord-coréen vers Hawaii

Il y a 12 heures

WASHINGTON (AFP) - Les Etats-Unis s'inquiètent d'un éventuel tir de missile nord-coréen vers Hawaii et ont pris des mesures pour protéger cet Etat américain situé au milieu de l'océan Pacifique, a indiqué jeudi le secrétaire à la Défense américain, Robert Gates.

"Nous avons vraiment des inquiétudes qu'ils lancent un missile (...) en direction de Hawaii", a déclaré le chef du Pentagone lors d'une conférence de presse.

 

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Publié le 18 Juin 2009

 

 

 



 

 

VESPERS FOR THE INAUGURATION OF THE YEAR FOR PRIESTS - LIVE (2hr)


The Pope celebrates the beginning of the Year for priests by welcoming the relics of the 'Cure of Ars' followed by Vespers to inaugurate the special year for priests. The year will commemorate the 150th anniversary of the death of St. Jean Vianney, Cure of Ars. Live from St. Peter's Basilica.


Fri 6/19/09 11:30 AM ET / 8:30 AM PT EWTN.


 







Chers Frères dans le sacerdoce,

 

 

En la prochaine solennité du Sacré-Cœur de Jésus, vendredi 19 juin 2009 - journée traditionnellement consacrée à la prière pour la sanctification des prêtres -, j'ai pensé ouvrir officiellement une « Année sacerdotale » à l'occasion du 150e« dies natalis » de Jean-Marie Vianney, le saint patron de tous les curés du monde.


Une telle année, qui veut contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d'aujourd'hui, se conclura en la même solennité de l'année 2010.


« Le Sacerdoce, c'est l'amour du cœur de Jésus », avait coutume de dire le Saint Curé d'Ars . Cette expression touchante nous permet avant tout d'évoquer avec tendresse et reconnaissance l'immense don que sont les prêtres non seulement pour l'Église, mais aussi pour l'humanité elle-même. Je pense à tous ces prêtres qui présentent aux fidèles chrétiens et au monde entier l'offrande humble et quotidienne des paroles et des gestes du Christ, s'efforçant de Lui donner leur adhésion par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et le style de toute leur existence. Comment ne pas mettre en évidence leurs labeurs apostoliques, leur service inlassable et caché, leur charité ouverte à l'universel ? Et que dire de la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation : celle d'« amis du Christ », qui ont reçu de Lui un appel particulier, ont été choisis et envoyés ?


Je porte moi-même encore vivant dans mon cœur le souvenir du premier curé auprès de qui j'ai exercé mon ministère de jeune prêtre : il m'a laissé l'exemple d'un dévouement sans faille à son service pastoral, au point de trouver la mort alors qu'il allait porter le viatique à un malade grave. Me viennent encore à la mémoire les innombrables confrères que j'ai rencontrés et que je continue à rencontrer, même au cours de mes voyages pastoraux en divers pays ; tous généreusement engagés dans l'exercice quotidien de leur ministère sacerdotal. Mais l'expression utilisée par le Saint Curé évoque aussi le Cœur transpercé du Christ et la couronne d'épines qui l'entoure. Et notre pensée se tourne alors vers les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu'ils participent à l'expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu'ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère : comment ne pas nous souvenir de tant de prêtres bafoués dans leur dignité, empêchés d'accomplir leur mission, parfois même persécutés jusqu'au témoignage suprême du sang ?

Il existe aussi malheureusement des situations, jamais assez déplorées, où l'Église elle-même souffre de l'infidélité de certains de ses ministres. Et c'est pour le monde un motif de scandale et de refus. Ce qui, dans de tels cas peut être surtout profitable pour l'Église, ce n'est pas tant la pointilleuse révélation des faiblesses de ses ministres, mais plutôt une conscience renouvelée et joyeuse de la grandeur du don de Dieu, concrétisé dans les figures splendides de pasteurs généreux, de religieux brûlant d'amour pour Dieu et pour les âmes, de directeurs spirituels éclairés et patients. A cet égard, les enseignements et les exemples de saint Jean-Marie Vianney peuvent offrir à tous un point de référence significatif : le Curé d'Ars était très humble, mais il avait conscience, comme prêtre, d'être un don immense pour son peuple : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c'est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine ». Il parlait du sacerdoce comme s'il ne réussissait pas à se convaincre de la grandeur du don et de la tâche confiés à une créature humaine : « Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! s'il se comprenait, il mourrait... Dieu lui obéit : il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie... ». Et, pour expliquer à ses fidèles l'importance des sacrements, il disait : « Si nous n'avions pas le sacrement de l'Ordre, nous n'aurions pas Notre-Seigneur. Qui est-ce qui l'a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir [à cause du péché], qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre... Après Dieu, le prêtre c'est tout... Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel . Ces affirmations, jaillies du cœur sacerdotal du saint curé, peuvent nous sembler excessives. Elles manifestent toutefois en quelle haute considération il tenait le sacrement du sacerdoce. Il semblait submergé par le sentiment d'une responsabilité sans bornes : « Si l'on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur, mais d'amour ... Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre-Seigneur ne serviraient de rien... C'est le prêtre qui continue l'œuvre de Rédemption, sur la terre... A quoi servirait une maison remplie d'or, si vous n'aviez personne pour ouvrir la porte ? Le prêtre a la clef des trésors célestes : c'est lui qui ouvre la porte ; il est l'économe du bon Dieu, l'administrateur de ses biens.... Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes... Le prêtre n'est pas prêtre pour lui... il est pour vous ».


Il était arrivé à Ars, un petit village de 230 habitants, prévenu par l'Évêque qu'il y aurait trouvé une situation religieuse précaire : « Il n'y a pas beaucoup d'amour de Dieu dans cette paroisse, vous l'y mettrez ». Il était donc pleinement conscient qu'il devait y aller pour y incarner la présence du Christ, témoignant de sa tendresse salvifique : « [Mon Dieu], accordez-moi la conversion de ma paroisse ; je consens à souffrir ce que vous voulez tout le temps de ma vie ! », c'est par cette prière qu'il commença sa mission. Le Saint Curé se consacra à la conversion de sa paroisse de toutes ses forces, donnant la première place dans ses préoccupations à la formation chrétienne du peuple qui lui était confié. Chers frères dans le Sacerdoce, demandons au Seigneur Jésus la grâce de pouvoir apprendre nous aussi la méthode pastorale de saint Jean-Marie Vianney ! Ce que nous devons apprendre en tout premier lieu c'est sa totale identification à son ministère. En Jésus, Personne et Mission tendent à coïncider : toute son action salvifique était et est expression de son « Moi filial » qui, de toute éternité, se tient devant le Père dans une attitude de soumission pleine d'amour à sa volonté. Dans une humble mais réelle analogie, le prêtre lui aussi doit tendre à cette identification. Il ne s'agit pas évidemment d'oublier que l'efficacité substantielle du ministère demeure indépendante de la sainteté du ministre ; mais on ne peut pas non plus ignorer l'extraordinaire fécondité produite par la rencontre entre la sainteté objective du ministère et celle, subjective, du ministre. Le Saint Curé d'Ars se livra immédiatement à cet humble et patient travail d'harmonisation entre sa vie de ministre et la sainteté du ministère qui lui était confié, allant jusqu'à décider d'«  habiter » matériellement dans son église paroissiale : « A peine arrivé, il choisit l'église pour être sa demeure... Il entrait dans l'église avant l'aube et il n'en sortait qu'après l'Angelus du soir. C'est là qu'il fallait le chercher si l'on avait besoin de lui », peut-on lire dans sa première biographie.


La pieuse exagération du dévoué hagiographe ne doit pas nous induire à négliger le fait que le Saint Curé sut aussi « habiter » activement tout le territoire de sa paroisse : il rendait visite de manière systématique à tous les malades et aux familles ; il organisait des missions populaires et des fêtes patronales ; il recueillait et administrait des dons en argent pour ses œuvres charitables et missionnaires ; il embellissait son église en la dotant d'objets sacrés ; il s'occupait des orphelines de la « Providence » (un Institut qu'il avait fondé) et de leurs éducatrices ; il s'intéressait à l'éducation des enfants ; il créait des confréries et invitait les laïcs à collaborer avec lui.


Son exemple me pousse à évoquer les espaces de collaboration que l'on doit ouvrir toujours davantage aux fidèles laïcs, avec lesquels les prêtres forment l'unique peuple sacerdotal et au milieu desquels, en raison du sacerdoce ministériel, ils se trouvent « pour les conduire tous à l'unité dans l'amour "s'aimant les uns les autres d'un amour fraternel, rivalisant d'égards entre eux" (Rm 12, 10) ». Il convient de se souvenir, dans ce contexte, comment le Concile Vatican II encourageait chaleureusement les prêtres à « reconnaître sincèrement et à promouvoir la dignité des laïcs et la part propre qu'ils prennent dans la mission de l'Église... Ils doivent écouter de bon cœur les laïcs, en prenant fraternellement en considération leurs désirs, et en reconnaissant leur expérience et leur compétence dans les divers domaines de l'activité humaine, afin de pouvoir discerner avec eux les signes des temps ».


Le Saint Curé enseignait surtout ses paroissiens par le témoignage de sa vie. A son exemple, les fidèles apprenaient à prier, s'arrêtant volontiers devant le tabernacle pour faire une visite à Jésus Eucharistie. « On n'a pas besoin de tant parler pour bien prier - leur expliquait le Curé - On sait que le bon Dieu est là, dans le saint Tabernacle ; on lui ouvre son cœur ; on se complaît en sa présence. C'est la meilleure prière, celle-là ». Et il les exhortait : « Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui ». « C'est vrai, vous n'en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin ! ». Cette éducation des fidèles à la présence eucharistique et à la communion revêtait une efficacité toute particulière, quand les fidèles le voyaient célébrer le saint sacrifice de la Messe. Ceux qui y assistaient disaient « qu'il n'était pas possible de voir un visage qui exprime à ce point l'adoration... Il contemplait l'Hostie avec tant d'amour ». « Toutes les bonnes œuvres réunies - disait-il - n'équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu'elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l'œuvre de Dieu ». Il était convaincu que toute la ferveur de la vie d'un prêtre dépendait de la Messe : « La cause du relâchement du prêtre, c'est qu'on ne fait pas attention à la messe ! Hélas ! Mon Dieu ! qu'un prêtre est à plaindre quand il fait cela comme une chose ordinaire ! ». Et il avait pris l'habitude, quand il célébrait, d'offrir toujours le sacrifice de sa propre vie : « Oh ! qu'un prêtre fait bien de s'offrir à Dieu en sacrifice tous les matins ».

Cette identification personnelle au sacrifice de la Croix le conduisait - d'un seul mouvement intérieur - de l'autel au confessionnal. Les prêtres ne devraient jamais se résigner à voir les confessionnaux désertés ni se contenter de constater la désaffection des fidèles pour ce sacrement. Au temps du Saint Curé, en France, la confession n'était pas plus facile ni plus fréquente que de nos jours, compte tenu du fait que la tourmente de la Révolution avait étouffé pendant longtemps la pratique religieuse. Mais il s'est efforcé, de toutes les manières : par la prédication, en cherchant à persuader par ses conseils, à faire redécouvrir à ses paroissiens le sens et la beauté de la Pénitence sacramentelle, en montrant comment elle est une exigence intime de la Présence eucharistique. Il sut ainsi donner vie à un cercle vertueux. Par ses longues permanences à l'église, devant le tabernacle, il fit en sorte que les fidèles commencent à l'imiter, s'y rendant pour rendre visite à Jésus, et qu'ils soient en même temps sûrs d'y trouver leur curé, disponible pour l'écoute et le pardon. Par la suite, la foule croissante des pénitents qui venaient de la France entière, le retint au confessionnal jusqu'à 16 heures par jour. On disait alors qu'Ars était devenu « le grand hôpital des âmes ». « La grâce qu'il obtenait [pour la conversion des pécheurs] était si puissante qu'elle allait à leur recherche sans leur laisser un moment de répit » dit le premier biographe. C'est bien ce que pensait le Saint Curé quand il disait : « Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon ; mais c'est Dieu lui-même qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui ». « Ce bon sauveur est si rempli d'amour pour nous qu'il nous cherche partout ! ».

Nous tous, prêtres, nous devrions réaliser que les paroles qu'il mettait dans la bouche du Christ nous concernent personnellement : « Je chargerai mes ministres de leur annoncer que je suis toujours prêt à les recevoir, que ma miséricorde est infinie ». Du Saint Curé d'Ars, nous pouvons apprendre, nous prêtres, non seulement une inépuisable confiance dans le sacrement de la Pénitence au point de nous inciter à le remettre au centre de nos préoccupations pastorales, mais aussi une méthode pour le « dialogue de salut » qui doit s'établir en lui. Le Curé d'Ars avait une manière différente de se comporter avec les divers pénitents. Celui qui s'approchait de son confessionnal attiré par un besoin intime et humble du pardon de Dieu, trouvait en lui l'encouragement à se plonger dans « le torrent de la divine miséricorde » qui emporte tout dans son élan. Et si quelqu'un s'affligeait de sa faiblesse et de son inconstance, craignant les rechutes à venir, le Curé lui révélait le secret de Dieu par une expression d'une touchante beauté : « Le bon Dieu sait toutes choses. D'avance, il sait qu'après vous être confessé, vous pécherez de nouveau et cependant il vous pardonne. Quel amour que celui de notre Dieu qui va jusqu'à oublier volontairement l'avenir pour nous pardonner ! ». A celui qui, à l'inverse, s'accusait avec tiédeur et de manière presque indifférente, il offrait, par ses larmes, la preuve de la souffrance et de la gravité que causait cette attitude « abominable » : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas », disait-il. « Encore, si le bon Dieu n'était si bon, mais il est si bon. Faut-il que l'homme soit barbare pour un si bon Père ». Il faisait naître le repentir dans le cœur des tièdes, en les obligeant à voir, de leurs propres yeux et presque « incarnée » sur le visage du prêtre qui les confessait, la souffrance de Dieu devant les péchés. Par contre, si quelqu'un se présentait avec un désir déjà éveillé d'une vie spirituelle plus profonde et qu'il en était capable, il l'introduisait dans les profondeurs de l'amour, exposant l'indicible beauté que représente le fait de pouvoir vivre unis à Dieu et en sa présence : « Tout sous les yeux de Dieu, tout avec Dieu, tout pour plaire à Dieu... Oh ! que c'est beau ! ». A ceux-là, il enseignait à prier : « Mon Dieu, faites-moi la grâce de vous aimer autant qu'il est possible que je vous aime ».

Le Curé d'Ars, en son temps, a su transformer le cœur et la vie de tant de personnes, parce qu'il a réussi à leur faire percevoir l'amour miséricordieux du Seigneur. Notre temps aussi a un besoin urgent d'une telle annonce et d'un tel témoignage de la vérité de l'Amour : Deus caritas est (1 Jn 4,8). Par la Parole et les Sacrements de son Jésus, Jean-Marie Vianney savait édifier son peuple, même si, souvent, il tremblait devant son incapacité personnelle, au point de désirer plus d'une fois être délivré des responsabilités du ministère paroissial dont il se sentait indigne. Toutefois, avec une obéissance exemplaire, il demeura toujours à son poste, parce qu'il était dévoré de la passion apostolique pour le salut des âmes. Il s'efforçait d'adhérer totalement à sa vocation et à sa mission en pratiquant une ascèse sévère : « Ce qui est un grand malheur, pour nous autres curés - déplorait le saint -, c'est que l'âme s'engourdit »; et il faisait ainsi allusion au danger que court le pasteur de s'habituer à l'état de péché ou d'indifférence dans lequel se trouvent tant de ses brebis. Il maîtrisait son corps par des veilles et des jeûnes, afin d'éviter qu'il n'oppose résistance à son âme sacerdotale. Et il n'hésitait pas à s'infliger des mortifications pour le bien des âmes qui lui étaient confiées et pour contribuer à l'expiation de tant de péchés entendus en confession. A un confrère prêtre, il expliquait : « Je vais vous dire ma recette. Je leur donne une petite pénitence et je fais le reste à leur place ». Par-delà ces pénitences concrètes auxquelles le Curé d'Ars se livrait, le noyau central de son enseignement demeure toujours valable pour tous : Jésus verse son sang pour les âmes et le prêtre ne peut se consacrer à leur salut s'il refuse de participer personnellement à ce « prix élevé » de la rédemption.

Dans le monde d'aujourd'hui, comme dans les temps difficiles du Curé d'Ars, il faut que les prêtres, dans leur vie et leur action, se distinguent par la force de leur témoignage évangélique. Paul VI faisait remarquer avec justesse : « L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou, s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins ». Pour éviter que ne surgisse en nous un vide existentiel et que ne soit compromise l'efficacité de notre ministère, il faut que nous nous interrogions toujours de nouveau : « Sommes-nous vraiment imprégnés de la Parole de Dieu ? Est-elle vraiment la nourriture qui nous fait vivre, plus encore que le pain et les choses de ce monde ? La connaissons-nous vraiment ? L'aimons-nous ? Intérieurement, nous préoccupons-nous de cette parole au point qu'elle façonne réellement notre vie et informe notre pensée ? ». Tout comme Jésus appela les Douze pour qu'ils demeurent avec lui (cf. Mc 3,14) et que, après seulement, il les envoya prêcher, de même, de nos jours, les prêtres sont appelés à assimiler ce « nouveau style de vie » qui a été inauguré par le Seigneur Jésus et qui est devenu précisément celui des Apôtres.

C'est cette même adhésion sans réserve au « nouveau style de vie » qui fut la marque de l'engagement du Curé d'Ars dans tout son ministère. Le Pape Jean XXIII, dans l'Encyclique Sacerdotii nostri primordia, publiée en 1959 à l'occasion du premier centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, présentait sa physionomie ascétique sous le signe des « trois conseils évangéliques », qu'il jugeait nécessaires aussi pour les prêtres : « Si pour atteindre à cette sainteté de vie, la pratique des conseils évangéliques n'est pas imposée au prêtre en vertu de son état clérical, elle s'offre néanmoins à lui, comme à tous les disciples du Seigneur, comme la voie royale de la sanctification chrétienne ». Le Curé d'Ars sut vivre les « conseils évangéliques » selon des modalités adaptées à sa condition de prêtre. Sa pauvreté, en effet, ne fut pas celle d'un religieux ou d'un moine, mais celle qui est demandée à un prêtre : tout en gérant de grosses sommes d'argent (puisque les pèlerins les plus riches ne manquaient pas de s'intéresser à ses œuvres de charité), il savait que tout était donné pour son église, pour les pauvres, pour ses orphelins et pour les enfants de sa « Providence », et pour les familles les plus nécessiteuses. Donc, il « était riche pour donner aux autres, et bien pauvre pour lui-même ». Il expliquait : « Mon secret est bien simple, c'est de tout donner et de ne rien garder ». Quand il lui arrivait d'avoir les mains vides, content, il disait aux pauvres qui s'adressaient à lui : « Je suis pauvre comme vous ; je suis aujourd'hui l'un des vôtres ». Ainsi, à la fin de sa vie, il put affirmer dans une totale sérénité : « Je n'ai plus rien, le bon Dieu peut m'appeler quand il voudra ». Sa chasteté était aussi celle qui était demandée à un prêtre pour son ministère. On peut dire qu'il s'agissait de la chasteté nécessaire à celui qui doit habituellement toucher l'Eucharistie et qui habituellement la contemple avec toute l'ardeur du cœur et qui, avec la même ferveur, la donne à ses fidèles. On disait de lui que « la chasteté brillait dans son regard », et les fidèles s'en rendaient compte quand il se tournait vers le tabernacle avec le regard d'un amoureux. De même, l'obéissance de saint Jean-Marie Vianney fut entièrement incarnée dans son adhésion à toutes les souffrances liées aux exigences quotidiennes du ministère. On sait combien il était tourmenté par la pensée de son incapacité pour le ministère paroissial et par son désir de fuir « pour pleurer dans la solitude sur sa pauvre vie ». L'obéissance seule, et sa passion pour les âmes, réussissaient à le convaincre de rester à son poste. Il montrait à ses fidèles, comme à lui-même qu'il « n'y a pas deux bonnes manières de servir Notre Seigneur, il n'y en a qu'une, c'est de le servir comme il veut être servi ». Il lui semblait que la règle d'or pour une vie d'obéissance fut celle-ci : « Ne faire que ce que l'on peut offrir au bon Dieu ».

Dans ce contexte d'une spiritualité nourrie par la pratique des conseils évangéliques, je tiens à adresser aux prêtres, en cette Année qui leur est consacrée, une invitation cordiale, celle de savoir accueillir le nouveau printemps que l'Esprit suscite de nos jours dans l'Église, en particulier grâce aux Mouvements ecclésiaux et aux nouvelles Communautés. « L'Esprit dans ses dons prend de multiples formes... Il souffle où il veut. Il le fait de manière inattendue, dans des lieux inattendus et sous des formes qu'on ne peut imaginer à l'avance... Il nous démontre également qu'il œuvre en vue de l'unique corps et dans l'unité de l'unique corps ». Ce que dit à cet égard le Décret Presbyterorum ordinis est d'actualité : « Eprouvant les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu, ils [les prêtres] chercheront à déceler, avec le sens de la foi, les charismes multiformes des laïcs, qu'ils soient humbles ou éminents, les reconnaîtront avec joie et les développeront avec un zèle empressé ». Ces mêmes dons, qui poussent bien des personnes vers une vie spirituelle plus élevée, sont profitables non seulement pour les fidèles laïcs mais pour les ministres eux-mêmes. C'est de la communion entre ministres ordonnés et charismes que peut naître « un élan précieux pour un engagement renouvelé de l'Église au service de l'annonce et du témoignage de l'Évangile de l'espérance et de la charité partout à travers le monde ». Je voudrais encore ajouter, dans la ligne de l'Exhortation apostolique Pastores dabo vobis du Pape Jean-Paul II, que le ministère ordonné a une « forme communautaire » radicale et qu'il ne peut être accompli que dans la communion des prêtres avec leur Évêque. Il faut que cette communion des prêtres entre eux et avec leur Évêque, enracinée dans le sacrement de l'Ordre et manifestée par la concélébration eucharistique, se traduise dans les diverses formes concrètes d'une fraternité effective et affective. Ainsi seulement, les prêtres pourront-ils vivre en plénitude le don du célibat et seront-ils capables de faire épanouir des communautés chrétiennes au sein desquelles se renouvellent les prodiges de la première prédication de l'Évangile.


L'Année paulinienne qui arrive à sa fin nous invite à considérer encore la figure de l'Apôtre des Gentils dans laquelle brille à nos yeux un modèle splendide de prêtre complètement « donné » à son ministère. « L'amour du Christ nous presse - écrivait-il - à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts » (2 Co, 5, 14) et il ajoutait : « Il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Co 5, 15). Quel meilleur programme pourrait être proposé à un prêtre qui s'efforce de progresser sur le chemin de la perfection chrétienne ?


Chers prêtres, la célébration du 150e anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney (1859) vient immédiatement après les célébrations achevées il y a peu du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes (1858). Déjà en 1959, le bienheureux Pape Jean XXIII l'avait remarqué : « Peu avant que le Curé d'Ars n'achevât sa longue carrière pleine de mérites, [la Vierge Immaculée] était apparue dans une autre région de France à une enfant humble et pure pour lui communiquer un message de prière et de pénitence, dont on sait l'immense retentissement spirituel depuis un siècle. En vérité, l'existence du saint prêtre dont nous célébrons la mémoire, était à l'avance une vivante illustration des grandes vérités surnaturelles enseignées à la voyante de Massabielle ! Il avait lui-même pour l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge une très vive dévotion, lui qui, en 1836, avait consacré sa paroisse à Marie conçue sans péché et devait accueillir avec tant de foi et de joie la définition dogmatique de 1854 ». Le Saint Curé rappelait toujours à ses fidèles que « Jésus-Christ, après nous avoir donné tout ce qu'il pouvait nous donner, veut encore nous faire héritiers de ce qu'il y a de plus précieux, c'est-à-dire sa Sainte Mère ».


Je confie cette Année sacerdotale à la Vierge Sainte, lui demandant de susciter dans l'âme de chaque prêtre un renouveau généreux de ces idéaux de donation totale au Christ et à l'Église qui ont inspiré la pensée et l'action du Saint Curé d'Ars. La fervente vie de prière et l'amour passionné de Jésus crucifié ont nourri le don quotidien et sans réserve de Jean-Marie Vianney à Dieu et à l'Église. Puisse son exemple susciter parmi les prêtres ce témoignage d'unité avec l'Évêque, entre eux et avec les laïcs, qui est si nécessaire aujourd'hui, comme en tout temps. Malgré le mal qui se trouve dans le monde, la parole du Christ à ses Apôtres au Cénacle résonne toujours avec la même force d'actualité : « Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn  16, 33). La foi dans le divin Maître nous donne la force de regarder l'avenir avec confiance. Chers prêtres, le Christ compte sur vous. A l'exemple du Saint Curé d'Ars, laissez-vous conquérir par Lui et vous serez vous aussi, dans le monde d'aujourd'hui, des messagers d'espérance, de réconciliation et de paix !

Avec ma bénédiction.

Du Vatican, le 16 juin 2009.

BENEDICTUS PP. XVI

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 18 Juin 2009

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