Publié le 25 Mars 2008

La question de l'euthanasie : un enjeu de l'engagement chrétien



Il est singulier que l'affaire Sébire se soit produite au moment même de la Semaine Sainte, alors que les chrétiens étaient invités à méditer sur la Passion de Jésus, sa soumission à la volonté de son Père, et son triomphe sur la mort par la Résurrection.

Il est singulier de voir ainsi se croiser, dans le même temps, le sens et l'absence de sens de la souffrance humaine, le sens et l'absence de sens de la mort, le sens et l'absence de sens de la vie.

Comme chrétiens, il ne nous appartient évidemment pas de juger du drame vécu par Chantal Sébire, que nos prières doivent accompagner, parce que toute souffrance humaine et tout désespoir humain réclament notre respect et notre compassion. Parce qu'aussi nous ignorons totalement ce que serait notre propre comportement dans une situation analogue. Parce qu'enfin ces circonstances sont en quelque sorte l'écho solitaire d'un cri que nous ne pouvons pas ne pas entendre : celui d'un monde désespéré qui vit et meurt sans lumière.

En nous opposant à l'euthanasie, nous ne nous faisons pas les organes d'un parti. Nous ne nous faisons pas davantage les chantres d'une Eglise. Nous nous faisons les témoins de la sacralité de la vie, qui est telle qu'il la faudrait défendre, au besoin, contre nous-mêmes. Comme chrétiens, nous en connaissons le prix. Nous la savons issue des mains créatrices de Dieu, nous la savons en quelque manière immortelle. Le Christ rédempteur l'a partagée. Homme des douleurs, il l'a pâtie, jusqu'au fond de la souffrance, puisqu'il nous a aimés jusqu'au bout de l'amour et du don.

P.  Gabarra

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Publié le 25 Mars 2008

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« Au nom du Christ. Il y avait en France; un prêtre instruit à l'école de son pieux abbé. Il résolut. d'aller en Italie chercher où gisaient sans honneurs les ossements du saint père Benoît. Enfin il parvint à un lieu désert, à 70 ou 80 milles de Rome, où autrefois saint Benoît avait bâti un monastère et l'avait affermi en faisant régner parmi ceux qui l'habitaient la charité fraternelle.

« Cependant le susdit prêtre avec ses compagnons de voyage n'était pas sans préoccupation, dans l'ignorance où il était de l'état des lieux. Il ne trouvait pas trace de cimetière où il pût faire ses recherches. Enfin, un bouvier, qu'il gagea à prix d'argent, lui indiqua en détail les diverses parties du monastère. Mais pour obtenir la grâce de connaître le sépulcre de saint Benoît, il jeûna, ainsi que ses compagnons, pendant deux, puis trois jours. Au bout de ce temps, le secret tant souhaité fut révélé pendant la nuit au frère cuisinier. Celui-ci, dès le matin, se hâta d'indiquer le lieu de la sépulture. Ainsi ce fut le dernier d'entre eux qui eut cet honneur, afin qu'apparut la vérité de cette parole de saint Paul : « Dieu a choisi ce que le monde tenait pour méprisable, et  il méprise ce que les hommes estiment grand; » et encore cette parole du Seigneur : « Que celui qui, parmi vous, veut être grand, soit votre serviteur;» et ailleurs : «Celui qui, parmi vous, voudra être le premier, sera votre serviteur. »

«S'étant alors livrés à un examen plus attentif des lieux, ils découvrirent une pierre sépulcrale, qu'ils perforèrent. L'ayant ensuite brisée, ils se trouvèrent en présence des ossements du saint abbé Benoît. Dans le même monument, mais dans un compartiment inférieur, séparé du premier par une pierre de marbre, gisaient les ossements de sainte Scholastique, sa soeur, Dieu ayant voulu unir dans la mort ceux que les liens du sang et de la charité avaient unis dans la vie.

« Après avoir lavé et réuni ces restes précieux, ils placèrent dans un cercueil très pur, probablement en soie, chaque corps à part cependant, et ils les transportèrent dans leur pays, à l'insu des Romains, qui n'auraient pas manqué, s'ils avaient eu connaissance du larcin, de s'y opposer même par les armes.

« Dieu avait sans doute révélé ces saintes reliques à ces pieux ravisseurs, afin de rendre plus éclatante aux yeux des hommes la sainteté de son serviteur. Ce but fut presque immédiatement atteint; car le linge employé à renfermer les deux corps parut comme teint d'un sang si vermeil qu'on l'aurait cru émané de corps vivants. Jésus-Christ manifestait par làque ces deux saints vivaient avec lui dans l'éternité, puisque leurs corps morts produisaieut de tels prodiges. [20]

« Cependant, on mit le précieux fardeau sur un cheval, qui le porta sans aucune fatigue, malgré la longueur de la route à parcourir. Ni les forêts ni les sentiers étroits et escarpés ne purent faire obstacle aux pèlerins, qui attribuèrent à saint Benoît et à sainte Scholastique l'heureuse issue d'un tel voyage. lls arrivèrent ainsi sans encombre en France, dans un monastère nommé Fleury. C'est là que les deux corps saints reposent en paix, en attendant la résurrection glorieuse, et ils y comblent de bienfaits ceux qui y prient, par leur intercession, Dieu le Père par Jésus-Christ son Fils, qui vit et règne avec lui dans l'unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen. »

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Publié le 25 Mars 2008


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O Benoît, père d'une incomparable famille, chef et patriarche des moines, espoir et soutien de ceux qui crient vers vous de tout l'élan de leur coeur, je me recommande humblement à votre très sainte protection: afin que par l'excellence de vos mérites,, vous me fortifiez contre tout ce qui serait nuisible à mon âme et que, dans votre grandee miséricorde, vous m'obteniez la grâce d'une sainte componction et le don des larmes, par lequel je pourrai pleurer abondamment tant de fautes et d'égarements commis dès ma jeunesse et qui ont si souvent contristé l'aimable Seigneur Jésus, notre tout désirable! puissè-je vous louer et vous honorer dignement.

O olivier! vigne féconde plantée dans la maison de Dieu! O vase d'or, orné de pierres précieuses,  choisi selon le coeur de Dieu, décoré des dons célestes comme d'autant de pierres étincelantes, je vous prie, je vous conjure avec toute l'ardeur de mon coeur, avec tout l'élan de mon âme, je vous supplie, ô Père très clément, ô mon doux Maître, de vous souvenir de moi, pauvre pécheur, auprès de Dieu, afin que le Seigneur, dans sa miséricorde, me pardonne tous mes péchés, qu'il me maintienne dans la bonne voie et ne permette pas qu'en aucune rencontre je m'éloigne jamais de lui; mais qu'il m'admette après vous, ô mon Père, en la compagnie des Bienheureux et à la particiipation de l'éternelle vision: là, avec vous et avec tous les saints moines qui ont milité ici-bas sous votre étendard, je pourrai me réjouir à jamais. J'attends cette grâce par Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et tègne dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, par les mérites de notre bienheureux Père saint Benoît, de ses disciples saint Maur et saint Placide, de la vierge Scholastique sa soeur, et de tous les saints moines qui ont milité sous son étendard et sous sa direction, daignez renouveler en nos âmes votre Esprit-Saint afin que, mus par sa bienfaisante impulsion, nous triomphons des embûches de la chair, du monde, et du démon: et parce que la palme de la victoire, ne saurait être cueillie que par ceux qui ont soutenu le labeur du combat, , accordez-nous la patience dans l'adversité, la constance pour résister aux tentations, la prudence dans les périls. Donnez-nous la pureté de la continence, l'amour de la pauvreté, le fruit de l'obéissance, la ferme volonté d'être fidèles aux observances monastiques. Soutenus ainsi de vos consolation intérieures et unis par les liens de la charité fraternelle, puissions-nous vous servir unanimement, d'un seul élan, d'un seul amour; ainsi, n'usant des biens temporels que pour nous acheminer vers l'éternelle patrie, nous mériterons enfin d'être réunis, vainqueurs et couronnés, à la société des saints moines.

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Publié le 25 Mars 2008

O glorieux Patriarche des moines, Benoît, bien-aimé du Seigneur, Père très secourable envers tous les pécheurs qui requièrent votre protection, moi qui suis un pauvre pécheur, je viens à vous. Jamais un malheureux ne s'adressera à vous sans recevoir aide et consolation. Je sais que vos prières ont ressuscité des morts, que vous avez rendu la vigueur aux boîteux, la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds; que vous avez brisé les liens des captifs, soulagé par des miracles la pauvreté des indigents et que vos reliques sacrées elles-mêmes ont opéré de nombreux miracles.
Rempli de confiance, je m'approche donc de vous, Père plein de tendresse, et de tout mon coeur, je vous demande d'intervnir miséricorieusement en ma faveur auprès de Dieu.

Veuillez me recevoir et me conserver toujours en votre garde; défendez de tous les maux mon corps et mon âme, préservez-moi, avec tous ceux qui me sont chers, de la puissance des mauvais anges. Priez surtout pour mon salut éternel.


O Père miséricordieux, ne me repoussez pas mais obtenez-moi, par vos mérites, la grâce de mourir dans l'amitié divine, en sorte que je sois digne de parvenir près de vous au Paradis, et de chanter avec vous pour l'éternité, les miséricordes du Seigneur.

Amen.

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Publié le 25 Mars 2008

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Elu archevêque de Munich et de Freising
 par le pape Paul VI,  le 25 Mars 1977.

Sa devise prometteuse sera:
"Collaborateur de la Vérité",

un anniversaire et pas des moindres!



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Publié le 24 Mars 2008


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Pour ma part, je suis resté là vu le temps et suis allé au carmel de Chavagnes..dans la plus grande simplicité d'une veillée de Pâques 'à la moderne'. Mais mon coeur était dans la joie de la Résurrection.  Nous avons à exercer sans doute la foi en de telles occasions.
 Vivre de l'intelligence et de la foi, les consolations, les choses sensibles seront pour le ciel. Nous en aurons tout le temps. La médiocrité de ces cérémonies nous surprend quand même et nous laisse perplexe, en suspend.
La bénédiction du cierge pascal, de l'eau, du feu, d'une simplicité quand même étonnante. Il y a eu quand même le renouvellement des promesses du baptême. Quelle pauvreté liturgique.

 J'ai pu suivre avec enthousiasme sur EWTN les retransmissions en direct de Rome où j'ai pu constater le changement radical de liturgie avec notre saint Père, moins théâtral que son prédécesseur depuis le départ de Mgr Marini. La volonté du Saint Père est claire, redonner à la liturgie toute sa valeur. Peu de cardinaux ont communié dans la main. Comme quoi, sauf un ostensiblement qui l'a fait comme par provocation. Les irréductibles, il y en a encore, il y en a eus, il y en aura toujours, vieux combattants d'idées déjà enfouies dans les décombres.
  Les "muchas gratias santo padre", de celle qui commentait en espagnol l'évènement nous faisaient assurément plaisir et l'on sentait l'attachement inconditionnel de cette chaîne avec le Saint Père. Quel bonheur. Notre coeur vibrait à cent à l'heure.

 Quelle envolée spirituelle dans ses discours, ce qui laisse à espérer pour ce pontificat de nouvelles vocations religieuses pour l'Eglise et pour l'ordre bénédictin. Notre enthousiasme de catholique, d'oblat repart. "Notre coeur n'était-il pas tout brûlant lorsqu'il nous racontait les Ecritures?"
Je crois au renouveau liturgique et j'ose espérer qu'en  France les ordres religieux suivront vers l'unité enfin espérée et tant attendue d'un seul et même rite catholique.
Il est évident de constater que dans nos paroisses proches, il y a un gros fossé qu'un jour il faudra remplir. Ce temps là est encore loin.. le verrons-nous?  Je ne serai sans doute plus là .  Amèrement l'on se pose la question de savoir quel lien les réunit avec Rome, non plus grand chose. L'on est réduit trop souvent à ne pouvoir assister qu'à la consécration et à la communion. Le reste n'étant que du rajouté de manifestations bizarres qui n'ont plus rien à voir avec la liturgie, confectionné par des laïcs dont on ignore les intentions.

 Je ne sais si nos abbayes seraient prêtes à revoir leurs positions aussi quant au rite traditionnel, je suis convaincu que le temps viendra où l'on retrouvera enfin toute la beauté de la liturgie tridentine avec l'évolution qu'a apporté ces derniers temps l'Eglise, tout ce qu'auront pu lui donner les mouvements divers traditionnels, pour  et vers un seul et unique rite catholique.

  ("Avec l'évolution" comme des moyens d'apostolat d'aujourd'hui,  du Concile Vatican 2,  sans rester enfermé, cloisonné dans un passé,  mais en prenant considération de tout ce qui a pu se faire de bien dans l'Eglise ces temps derniers, des moyens modernes d'apostolat, en vue de la communication avec la jeunesse d'aujourd'hui, pas celle d'il y a trente ans; tenant compte de leurs aspirations et de leurs besoins, en intégrant le message des derniers saints contemporrains, mère Térésa et autres, de l'évolution de la mystique, loin de s'enfermer dans un esprit janséniste de passé révolu, avec le langage de l'Eglise d'aujourd'hui comme elle a su l' exprimer... )

Oui tout cela laisse nos coeurs dans l'Espérance et dans la joie. Nos regards se tournent non plus désespérément mais avec une grande confiance vers Rome, confiance, abandon et soutien. Tant pis pour les inconditionnels du changement et de la nouveauté, les retardataires, (de quel bord qu'ils soient d'ailleurs),  l'Eglise,  Elle,  avance et évolue avec l'assistance continuelle du Saint Esprit.

Merci très saint Père. alleluia.

Philippe.

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Publié le 24 Mars 2008

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Voici le jour que le Seigneur a fait.


"Notre coeur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures?"



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Publié le 23 Mars 2008

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Merci très Saint Père.



Message de Pâques Urbi et Orbi du Pape Benoît XVI






220308_index_big.jpgResurrexi, et adhuc tecum sum. Alleluia ! - Je suis ressuscité, je suis toujours avec toi. Alleluia ! Chers frères et sœurs, Jésus crucifié et ressuscité nous répète aujourd'hui cette joyeuse annonce : l'annonce pascale. Accueillons-la avec un profond émerveillement et avec une grande gratitude !

« Resurrexi et adhuc tecum sum » - « Je suis ressuscité et je suis encore et toujours avec toi ». Ces paroles, tirées d'une ancienne version du psaume 138 (v. 18b), retentissent au commencement de la messe de ce jour. Dans ces paroles, à l'aube de Pâques, l'Église reconnaît la voix même de Jésus qui, ressuscitant de la mort, s'adresse au Père, débordant de bonheur et d'amour, et s'écrie : mon Père, me voici ! Je suis ressuscité, je suis encore avec toi et je le serai pour toujours ; ton Esprit ne m'a jamais abandonné. Nous pouvons ainsi comprendre de façon nouvelle d'autres expressions du psaume : « Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici. [...] Même les ténèbres pour toi ne sont pas ténèbres, et la nuit comme le jour est lumière » (Ps 138, 8.12). C'est vrai : dans la veillée solennelle de Pâques, les ténèbres deviennent lumière, la nuit cède le pas au jour qui ne connaît pas de couchant. La mort et la résurrection du Verbe de Dieu incarné constituent un événement d'amour insurpassable, c'est la victoire de l'Amour qui nous a libérés de l'esclavage du péché et de la mort. Il a changé le cours de l'histoire, donnant à la vie de l'homme un sens indélébile et renouvelé, ainsi que toute sa valeur.

« Je suis ressuscité et je suis encore et toujours avec toi ». Ces paroles nous invitent à contempler le Christ ressuscité, en en faisant résonner la voix dans notre cœur. Par son sacrifice rédempteur, Jésus de Nazareth nous a rendus fils adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous insérer dans le dialogue mystérieux entre Lui et le Père. Nous avons en mémoire ce qu'un jour il a dit à ses auditeurs : « Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27). Dans cette perspective, nous percevons que l'affirmation adressée aujourd'hui par Jésus ressuscité à son Père - « Je suis encore et toujours avec toi » - nous concerne aussi comme par ricochet, nous, « fils de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (cf. Rm 8, 17). Grâce à la mort et à la résurrection du Christ, nous aussi aujourd'hui, nous ressuscitons à une vie nouvelle et, unissant notre voix à la sienne, nous proclamons que nous voulons demeurer pour toujours avec Dieu, notre Père infiniment bon et miséricordieux.

Nous entrons ainsi dans la profondeur du mystère pascal. L'événement surprenant de la résurrection de Jésus est essentiellement un événement d'amour : amour du Père qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s'abandonne à la volonté du Père pour nous tous ; amour de l'Esprit qui ressuscite Jésus d'entre les morts dans son corps transfiguré. Et encore : amour du Père qui « embrasse de nouveau » le Fils, l'enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la force de l'Esprit, retourne au Père, revêtu de notre humanité transfigurée. De la solennité d'aujourd'hui, qui nous fait revivre l'expérience absolue et particulière de la résurrection de Jésus, nous vient donc un appel à nous convertir à l'Amour ; nous vient une invitation à vivre en refusant la haine et l'égoïsme, et à suivre docilement les traces de l'Agneau immolé pour notre salut, à imiter le Rédempteur « doux et humble de cœur », qui est «repos pour nos âmes » (cf. Mt 11, 29).

Frères et sœurs chrétiens de toutes les parties du monde, hommes et femmes à l'esprit sincèrement ouvert à la vérité ! Que personne ne ferme son cœur à la toute-puissance de cet amour qui rachète ! Jésus Christ est mort et ressuscité pour tous : il est notre espérance ! Espérance véritable pour tout être humain. Aujourd'hui, comme il fit avec ses disciples en Galilée avant de retourner au Père, Jésus ressuscité nous envoie aussi partout comme témoins de son espérance et il nous rassure : Je suis avec vous toujours, tous les jours, jusqu'à la fin du monde (cf. Mt 28, 20). Fixant le regard de notre esprit sur les plaies glorieuses de son corps transfiguré, nous pouvons comprendre le sens et la valeur de la souffrance, nous pouvons soulager les nombreuses blessures qui, de nos jours, continuent encore à ensanglanter l'humanité. Dans ses plaies glorieuses nous reconnaissons les signes indélébiles de la miséricorde infinie du Dieu dont parle le prophète : il est celui qui guérit les blessures des cœurs brisés, qui défend les faibles et qui annonce la liberté aux captifs, qui console tous les affligés et leur dispense une huile de joie au lieu du vêtement de deuil, un chant de louange au lieu d'un cœur triste (cf. Is 61, 1.2.3). Si avec une humble familiarité nous nous approchons de Lui, nous rencontrons dans son regard la réponse à la soif la plus profonde de notre cœur : connaître Dieu et créer avec Lui une relation vitale, dans une authentique communion d'amour qui remplit de son amour même notre existence et nos relations interpersonnelles et sociales. Par conséquent l'humanité a besoin du Christ : en Lui, notre espérance, « nous avons été sauvés » (cf. Rm 8, 24).

Que de fois les relations de personne à personne, de groupe à groupe, de peuple à peuple, au lieu d'être marquées par l'amour le sont par l'égoïsme, par l'injustice, par la haine, par la violence ! Ce sont les plaies de l'humanité, ouvertes et douloureuses en tout coin de la planète, même si elles sont souvent ignorées et parfois volontairement cachées ; plaies qui écorchent les âmes et les corps de tant de nos frères et de nos sœurs. Elles attendent d'être soulagées et guéries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscité (cf. 1 P 2, 24-25) et par la solidarité de tous les hommes qui, sur ses pas et en son nom, posent des gestes d'amour, s'engagent concrètement pour la justice et répandent autour d'eux des signes lumineux d'espérance dans les lieux ensanglantés par les conflits et partout où la dignité de la personne humaine continue à être outragée et foulée aux pieds. Il est à souhaiter que là précisément se multiplient les témoignages de douceur et de pardon !

Chers frères et sœurs ! Laissons-nous illuminer par la lumière éclatante de ce Jour solennel ; ouvrons-nous avec une sincère confiance au Christ ressuscité, pour que la force de renouveau du Mystère pascal se manifeste en chacun de nous, dans nos familles, dans nos villes et dans nos Nations. Qu'elle se manifeste en toutes les parties du monde. Comment ne pas penser en ce moment, en particulier, à certaines régions africaines, telles que le Darfour et la Somalie, au Moyen-Orient tourmenté, et spécialement à la Terre Sainte, à l'Irak, au Liban, et enfin au Tibet, régions pour lesquelles j'encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix ! Invoquons la plénitude des dons de Pâques, par l'intercession de Marie qui, après avoir partagé les souffrances de la passion et de la crucifixion de son Fils innocent, a aussi fait l'expérience de la joie inexprimable de sa résurrection. Associée à la gloire du Christ, qu'elle nous protège et nous guide sur le chemin de la solidarité fraternelle et de la paix. Tels sont mes vœux de Pâques, que je vous adresse à vous ici présents ainsi qu'aux hommes et aux femmes de toutes les nations et de tous les continents qui nous sont unis par la radio et la télévision.

Bonne fête de Pâques !

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Publié le 22 Mars 2008



Recevez tous mes voeux pour cette sainte fête de Pâques hivernale, mais oh combien chaude dans nos coeurs, et dans nos espérances..
Ma prière en cette sainte nuit de Pâques a été pour Patrick, au Carmel
de Chavagnes.

+
Jésus est ressuscité, alleluia!

"Maintenant il nous élève de la mort à la vraie vie. Oui, c'est ce qui se réalise dans le Baptême : il nous remonte vers lui, il nous attire dans la vraie vie. Il nous conduit à travers la mer souvent si obscure de l'histoire, où nous sommes fréquemment menacés de sombrer, au milieu des confusions et des dangers. Dans le Baptême, il nous prend comme par la main, il nous conduit sur le chemin qui passe à travers la Mer Rouge de ce temps et il nous introduit dans la vie sans fin, celle qui est vraie et juste. Tenons serrée sa main ! Quoiqu'il arrive ou quel que soit ce que nous rencontrons, n'abandonnons pas sa main ! Nous marchons alors sur le chemin qui conduit à la vie. "

Benoit XVI sermon de la nuit pascale 2008.










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Publié le 22 Mars 2008

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Heureux et saint, celui qui a part à la première résurrection   (Ap 20, 6)

Veiller dès le matin...

1 [...] Mes frères, je vous le demande, n'est-il pas semblable à un mort, celui qui dort encore, alors que le Soleil est déjà levé ? Celui qui est encore accablé par la négligence et l'indolence, et pour ainsi dire enseveli dans une torpeur sans espérance, alors que déjà brille partout la grâce de la Résurrection ? Le Soleil nouveau, sortant des enfers, frappe les yeux de ceux qui dès le matin veillent pour lui (Is 26, 9), et il inaugure pour eux le Jour de l'éternité. [...]

...comme Marie-Madeleine

2.2 Mais toi aussi, si tu veilles chaque jour aux portes de la Sagesse et fais le guet au seuil de sa demeure (Pr 8, 34), et si avec Madeleine, tu montes la garde sans dormir à la porte de son tombeau (Jn 20, 11), alors, si je ne me trompe, tu éprouveras toi aussi, avec cette même Marie, combien est vrai ce qu'on lit au sujet de la Sagesse en personne, qui est le Christ : Elle se laisse voir facilement par ceux qui l'aiment, et elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle va au-devant de ceux qui la désirent pour se montrer à eux la première. Qui veillera pour elle dès l'aurore n'aura pas à peiner, car il la trouvera assise devant sa porte (Sg 6, 13-15). Et lui-même a fait promesse semblable : J'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui veillent pour moi dès le matin me trouveront (Pr 8, 17).

2.3 Certes, c'est corporellement que Marie trouva Jésus, lui pour qui elle veillait, et vers le tombeau de qui elle était venue alors qu'il faisait encore nuit (Jn 20, 1). Mais toi, tu ne dois plus désormais connaître Jésus selon la chair (2 Co 5, 16), mais selon l'Esprit. Tu pourras assurément le trouver spirituellement, si tu le cherches avec un désir semblable (à celui de Marie), et s'il te voit comme elle veiller assidûment dans la prière.

2.4 Aussi, dis au Seigneur Jésus, avec le désir et l'amour de Marie : Mon âme t'a désiré durant la nuit, et mon esprit au-dedans de moi t'a cherché. Dès le matin, je veillerai pour toi (Is 26, 9). Dis avec l'accent et le coeur du psalmiste : Dieu, mon Dieu, je veille pour toi dès l'aurore, mon âme a soif de toi (Ps 62, 2). Et vois s'il ne te sera pas donné de chanter avec eux : Au matin nous avons été comblés par ta miséricorde ; nous avons exulté et nous avons goûté la joie (Ps 89, 14).

Veiller, pourquoi ?

3.1 Veillez donc, mes frères, avec attention dans vos prières, veillez avec grand soin dans vos actions. Veillez surtout parce que déjà brille le matin du Jour sans déclin : la Lumière éternelle nous est revenue des enfers plus sereine et plus favorable, et l'aurore nous a apporté un Soleil nouveau. Oui, voici désormais pour nous l'heure de sortir de notre sommeil, car la nuit est avancée, le Jour est tout proche (Rm 13, 11-12).

3.2 Veillez, dis-je, pour que pour vous se lève la Lumière matinale, c'est-à-dire le Christ. Son lever est sûr comme l'aurore (Os 6, 3), et il est prêt à renouveler souvent le mystère de sa Résurrection matinale pour ceux qui veillent pour lui. Alors vraiment tu pourras chanter, le coeur en fête : Dieu, le Seigneur, nous illumine. Voici le Jour que le Seigneur a fait : tressaillons d'allégresse et réjouissons-nous en ce Jour (Ps 117, 27.24). Cela lorsque le Seigneur aura laissé filtrer pour toi la lumière qu'il tient cachée en ses mains, annonçant à son ami qu'elle est son bien et qu'il peut monter vers elle (Job 36, 32 Vg). [...]

Veiller sur les chemins de l'action

3.4 Mais pour vous qui craignez mon nom, dit-il, le Soleil de justice se lèvera (Ml 4, 2). Et celui qui marche dans la justice, ses yeux verront le Roi dans sa beauté (Is 33, 15 et 17). Assurément, il s'agit ici de la béatitude de la vie future. Mais, dans une certaine mesure, cela nous est accordé aussi pour notre consolation dans la vie présente, comme la Résurrection du Christ le prouve avec évidence. En effet, pendant quarante jours, maintes preuves nous furent données (Ac 1, 3) par la Sagesse de ce qu'elle cherche de tous côtés des gens qui sont dignes d'elle, et se montre à eux sur ses chemins avec un visage souriant, se portant avec sollicitude à leur rencontre (Sg 6, 17).

3.5 Jésus, voulant montrer qu'il est la Sagesse dont parle l'Écriture, et voulant aujourd'hui manifester également de manière corporelle ce qu'il ne cesse de faire chaque jour spirituellement - à savoir : se montrer à nous le visage souriant sur les chemins de la justice -, Jésus donc aujourd'hui va sur le chemin au-devant des femmes qui reviennent du tombeau (Mt 28, 9), et sur le chemin encore il se montre aux deux disciples qui vont à Emmaüs.

4.1 Qu'ils l'apprennent et s'en réjouissent, ceux qui marchent sur les chemins de la justice. Qu'ils l'apprennent, dis-je, car ce n'est pas seulement ceux qui s'appliquent, immobiles, à la contemplation, que Jésus favorise de sa venue et de sa manifestation, mais aussi ceux qui marchent avec justice et tendresse sur les chemins de la vie active.

a) ...comme les femmes qui reviennent du tombeau

4.2 Certains d'entre vous, si je ne me trompe, le savent par expérience. Souvent, ayant cherché Jésus auprès des autels des chapelles comme auprès du tombeau, ils ne l'ont pas trouvé ; et voici que, de façon inespérée, il est venu à eux sur le chemin de leurs travaux. Alors, ils se sont approchés de lui et lui ont saisi les pieds (Mt 28, 9), eux qui dans leur désir de lui, n'avaient pas eu les pieds entravés par la paresse. Il ne faut donc pas, mon frère, trop épargner à tes pieds les chemins de l'obéissance et les allées et venues du travail, puisque Jésus pour toi n'a pas épargné à ses pieds la souffrance des clous, et maintenant ne refuse pas de récompenser et réparer les fatigues des tiens en te permettant d'étreindre et d'embrasser les siens.

b) ...comme les disciples allant à Emmaüs

4.3 D'autre part, quelle consolation encore pour toi, s'il vient se joindre à toi comme compagnon de route, et si la joie merveilleuse de sa conversation va jusqu'à t'enlever la sensation de ta fatigue, tandis qu'il t'ouvre l'esprit pour que tu comprennes ces textes de l'Écriture que peut-être tu lisais mais ne comprenais pas quand tu étais assis à la maison ! Je vous le demande, frères, vous à qui Dieu a daigné parfois en accorder l'expérience : votre coeur n'était-il pas brûlant en vous pour Jésus, tandis qu'en chemin il s'entretenait avec vous et vous ouvrait les Écritures (Lc 24, 32) ?

4.4 Ceux qui en ont fait l'expérience, qu'ils se la rappellent, et qu'ils chantent sur les chemins du Seigneur : Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur (Ps 137, 5) ! Ceux qui ne l'ont pas faite, qu'ils croient et s'efforcent d'expérimenter à leur tour, pour qu'eux aussi puissent un jour chanter les interventions du Seigneur sur la terre d'exil et d'affliction (Ps 118, 54).

Conclusion

5.1 Que ressuscite donc et se mette à revivre l'esprit de chacun de nous, soit pour nous adonner en toute vigilance à la prière, soit pour nous appliquer assidûment au travail. Ainsi, en faisant preuve d'une énergie vive et renouvelée, nous prouverons que nous avons à nouveau reçu d'avoir part à la Résurrection du Christ (Ap 20, 6).

5.7 [...] Efforcez-vous donc de ressusciter de plus en plus, mes frères, afin de parvenir, s'il est possible, comme dit l'Apôtre, jusqu'à la Résurrection du Christ d'entre les morts (Ph 3, 11), lui qui vit et règne dans tous les siècles. Amen.

Guerric d'Igny.




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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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