Publié le 12 Mars 2008

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"Mes brebis écoutent ma voix;  je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais et personne ne les arrachera de mes mains."


st Jean 10,22-38

mercredi de la Passion (forme ext.)

Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent (10.27).

Elles suivent, parce qu'elles se sentent et se savent connues d'une connaissance d'amour. Cet amour les pénètre. A son tour leur connaissance en est imprégnée, et devient génératrice d'une fidélité qui se veut sans défaillance...

Le Christ nous l'a dit : cette "fidélité rencontrera bien des obstacles, connaîtra bien des épreuves ; le monde nous haïra (15-18,19), il nous persécutera (15.20). Et non seulement dans le monde nous aurons à souffrir (16.33), mais intérieurement aussi notre foi connaîtra des heures douloureuses, des obscurcissements, elle risquera de se laisser séduire et détourner par de mauvais bergers..

Satan se déchaînera contre nous, essayant d'envahir de ses ténèbres la lumière qui est en nous, de nous tromper par ses illusions, lui le père du mensonge (8.44) ; mais le Christ est là qui veille sur les siens et leur répète : « gardez courage, j'ai vaincu le monde 16.38 » par ma croix ; j'ai non seulement « jugé le monde », maïs « jeté bas le prince de ce monde (12.31,32) ».

Après le Maître, l'apôtre à son tour, dans sa première Épître, insiste sur toutes les difficultés qui viendront assaillir notre foi. Pour la conserver il nous faudra rompre avec le péché en demeurant dans la vérité (1 Jn 2.4), pratiquer les commandements, spécialement celui de l'amour de nos frères, (1 Jn 2. 10), nous garder du monde et de tout ce qui est dans le monde  (1 Jn 2.15) combattre victorieusement le Mauvais (1 Jn 2.14) . Alors nous serons fidèles, nous serons de Dieu (1 Jn 4, 6), nous serons « nés de Dieu (1 Jn 4, 7)».

Benoit XVI



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Publié le 11 Mars 2008





undefinedune expérience de sainteté;" Tu ne laisses rien, tu gagnes tout."

.....

Avant mon départ pour le Pérou, surgirent de nombreux doutes et craintes. En effet, bien que, dès l'âge de quatorze ans, j'eusse laissé mon village natal, Michoacan au Mexique, pour aller à la ville de Mexico y faire mes premiers pas au Séminaire de l'Evêché de Tlalnepantia, ce qui signifiait déjà un très grand détachement que je n'étais pas certain de pouvoir supporter l'éloignement de mes proches et de mon pays.

Peur de quoi? Peur du manque de confort, de me confronter à une autre réalité et d'autres coutumes. C'était, entre-autres, ce qui me retenait de dire un oui au Seigneur qui m'invitait à Le suivre sans condition....

Les paroles du Père Vincent:" Tu n'as pas de raison d'avoir peur, car si le Seigneur a besoin de toi pour la mission, il te donnera les moyens nécessaires pour surmonter ce que tu crois être un empêchement de t'y rendre.. Mais, fais très attention: prie beaucoup, car le démon commencera à tout faire pour te décourager". Aussi fis-je cas de mon sage conseil et j'intensifiai mes prières. Tous les jours, je me demandais si je réaliserais cette folie qui serait sans doute "un feu de paille". Ma surprise fut que la crainte, au lieu de diminuer allait en augmentant, alors que surgissaient des conflits.

Il en coûta beaucoup à ma mère d'accepter ma décision, quand je lui confiais mon intention d'être missionnaire au Pérou. Elle ne comprenait pas: pourquoi ce changement si radical, s'il ne restait à son fils qu'un an pour terminer sa philosophie au Séminaire de Mexico? Elle alla jusqu'à me demander d'abandonner pour un temps tout ce qui avait trait à ma vocation, pour que, comme elle le disait, "je puisse bien discerner". Je crois que ma réaction n'était pas due au fait qu'elle doute de ma vocation au sacerdoce, mais au fait qu'elle ne voulait pas que son fils aille si loin. La voir tant souffrir et me répéter continuellement:" Tu penserais vraiment abandonner ta mère?" me causait une extrême douleur. Celles-là et d'autres difficultés allaient croissant.

Malgré tout cela, je lui dis;" Je m'en vais. En fin de compte, si je ne m'y plais pas, je reviens et on en parle plus." J'en parlai à mes supérieurs de Séminaire, leur exposant ma décision, et c'est avec beaucoup d'insistance que je leur demandai de me laisser la porte ouverte, car je pensais être de retour chez moi en moins d'un mois.

Il arriva ce que j'avais prévu, c'est-à-dire que les premiers mois, je voulus rentrer chez moi, bien que je ne parlais à personne de ce dont je souffrais intérieurement, à commencer par les repas, le climat, les jours de jeûne, le silence.. de plus la maison dans laquelle nous nous trouvions, ne m'inspirait pas spirituellement, et cela était dû au bruit de la ville, au chahut des enfants, etc... Enfin, nombreuses étaient les choses que je n'arrivais pas à assimiler.

Par exemple, je souffrais du fait de ne pas avoir d'argent de poche, ce qui est un signe de détachement des biens terrestres et de pauvreté, et de ne pas pouvoir acheter ce qui me faisait plaisir. Une autre souffrance était celle due au fait de ne pas pouvoir téléphoner à l'heure où j'en avais envie et d'appeler ma famille (car le courrier aérien mettait beaucoup de temps). C'était ce que devais vaincre pour que Dieu modèle ma vocation missionnaire.

Je savais un peu à quoi je m'engageais, et malgré tout j'avais osé venir!  Ma seule pensée était: "Bon, il faut que je supporte, je l'ai voulu.. Maintenant, il n'y a pas d'autre solution!

Et entre tant de "supporter et supporter", je commençais à me rendre compte que cela n'était pas et ne devait pas être une question de "supporter" mais bien de répondre en me donnant, de refuser de faire ma propre volonté  et de me donner totalement aux pauvres, aux enfants. En un mot, je devais me crucifier avec le Christ; ne pas faire le capricieux, ma volonté, mais celle de Celui qui m'appelait à un plus grand labeur.

Alors, je compris le pourquoi de tant de croix accrochées aux murs de nos Maisons: c'était ici ma place, pour ouvrir les bras avec amour.

Je pus assimiler par pure grâce de Dieu, tout ce qui m'en coûtait: la vocation est un chemin exigeant, mais ce chemin devient léger si l'on garde toujours Dieu présent en nos vies.

Le travail que je fais est difficile, fatigant et très délicat, car ce n'est pas facile d'être saint et d'amener les autres à le devenir. Je pense que l'abnégation est le premier pas qu'il nous faille faire pour se donner entièrement à Dieu, et ensuite, avec Lui,  se donner aux pauvres, aux nécessiteux, aux orphelins. Ainsi le fait de laisser ma famille et tant d'autres choses, s'est converti en une offrande d'amour. Plus encore: tu ne laisses rien et tu gagnes tout.

Beaucoup se demanderont pourquoi je m'en vais si loin, alors qu'il y a tant de pauvres et tant de besoin dans mon cher Mexique. La réponse n'est pas facile, car la vocation est toujours un mystère, un mystère dans lequel Dieu est le seul à avoir la réponse. Je peux seulement dire que c'est dans les choses ordinaires et simples que Dieu montre la route que chacun doit suivre....


Tout se passe comme avec les amoureux: ils se plaisent tant, s'aiment tant et son si amoureux l'un de l'autre que l'éloignement leur importe peu et qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour rester ensemble. Ainsi, moi aussi, je suis un amoureux de ma vocation, et pour cela, peu importe où je doive aller pour assouvir la soif de ceux que le Seigneur a mis sur ma route, les plus pauvres: et d'assouvir la mienne, car moi aussi j'ai soif de Dieu.

Car quand il s'agit d'un véritable amour, il importe peu de perdre jusqu'à sa propre vie.

Quelqu'un pourrait me rétorquer:" Atterris, aie les pieds sur terre: comment peux-tu aider ton pays, si ton travail ne s'y déroule pas." - Tenez pour certain que mon aide est plus efficace que si j'y étais, car quand on obéit à Dieu et que l'on suit son appel, c'est Lui qui y remédie et qui fait croître ce que moi pauvre pécheur, je ne pourrais faire en y étant....

Je voudrais terminer avec les paroles d'un martyre missionnaire en Afrique. Sa vie m'a toujours impressionné, en raison de son don jusqu'à la fin. Bien qu'avec craintes, difficultés et tentations du malin - parfois il avait envie de repartir chez lui, pour être avec ses parents et les siens - bien qu'ayant eu l'opportunité de rentrer chez lui sans aucun problèmes, par obéissance et docilité au Seigneur il décida de rester de de donner sa vie pour les pauvres, les nécessiteux, les aimés du Seigneur.
Je voudrais faire mienne ces paroles:

"Il y a quelque chose de plus fort qui me retient ici et me fait ainsi décider de ma vie. Ce n'est pas du masochisme, mais une force qui m'entraîne derrière Jésus sur le chemin de la croix vers un amour infiniment grand et un horizon sans fin."

fr. Raphaël  Santillan Rodriguez m.s.p

dernier numéro revue des missionnaires serviteurs
des pauvres du Tiers Monde
Abbaye Notre Dame
36 220 Fontgombault .
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Publié le 11 Mars 2008

où quand un gendarme remplace la carence du clergé.




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Un gendarme auprès des endeuillés de la route, beau témoignage....

« Je leur dis : « Je suis là pour vous aider maintenant. » ll commence à parler et c'est comme dans les témoignages livrés à la formation. Cette détresse ! Il me confie : « Au CHU, on nous a dit pour le décès... Mais nous ne savons pas où sont ses affaires ni quand on pourra récupérer son corps. » Jusque-là, nous, les gendarmes, nous annoncions les morts. On savait faire à peu près. Ensuite nous n'étions plus auprès des gens en détresse. Ni nous ni aucun autre service.

"Et on se rend disponible pour être avec ceux qui viennent de tout perdre. »




« Pour la première fois de ma carrière, je m'apprête à accompagner la famille jusqu'au moment de la sépulture. Justement, il y a un obstacle médico-légal qui empêche la restitution immédiate du corps. Je m'engage à débrouiller le truc pour eux. J'ai rappelé le parquet, le médecin, j'ai fait les démarches en mairie, à l'état civil. Tous ces problèmes, inextricables quand on n'y connaît rien, insurmontables quand on est plongé dans le chaos, je les ai concentrés sur moi."


sources  Ouest France.

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Publié le 11 Mars 2008


"Expecta dominum, viriliter age"

Espère en Dieu! Courage, aie le coeur ferme! 
Sois un homme!

"Le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres."

Aristote

mardi de la Passion. (forme ext)


Lions.jpegDanger: ne pas trop s'approcher!


"Seigneur, tu t'es souvenu de moi, et tu n'abandonnes pas
ceux qui t'aiment."


  "Il n'existe pour l'âme en ces heures-là qu'une ressource, c'est de s'abandonner quand même à Dieu:" Même s'il m'exterminait, j'espèrerais en lui". (Jn 13,15).

      Savoir baiser la main qui nous frappe, ne rien relâcher de la fidélité ordinaire, ajouter plutôt et, même les yeux plein de larmes, même alors que tout proteste en nous, dire notre tendresse à Celui qui semble se détourner de nous, c'est courage et c'est bénédiction assurée.

      Dieu n'est pas cruel, il fait notre éducation. Il nous veut à lui et pour cela, dans le dessein de nous faire sortir de nous-mêmes, il ruine tout attrait pour un bien créé quel qu'il soit, il sème l'amertume sur tout ce que nous serions tentés d'aimer hors de lui, il nous rend inhabitable toute autre région que la sienne.

   Ceux qui persévèrent seront bénis."

  "Accepter tout de la main de Dieu, c'est aimer Dieu de toute son âme et demeurer dans sa dilection:' Tout ce que vous voulez, tout ce que vous voudrez, mon Dieu..."
  "Toutes choses coucourrent au bien de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein". (Rm 8,28)

dom Paul Delatte.




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Publié le 11 Mars 2008

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"Si tu remerciais Dieu pour toutes les joies qu'il te donne, il ne te resterait plus de temps pour te plaindre."
    

Maître Eckhart.

C'est le la de toute vie chrétienne intelligente, de toute vie humaine.. Sans cette clé, notre vie ne peut devenir que plaintes et que gémissements, que révoltes et qu' ingratitudes néfaste à toute notre relation avec Dieu et avec les autres. On prend, on se sert, on ne pense à rien qu'à ses petites satisfactions personnelles égoïstes. "540 égal 0 .... comme tout le reste.. (message subliminal perso, pour initié..)

Etienne: savoir dire merci.

"Il semble, à en juger par la rareté de la reconnaissance, qu'il est bien difficile aux hommes de dire " merci ". Et pourtant cela changerait tellement les relations humaines, si l'on comprenait mieux le devoir de remercier et ses vertus.
 Dans l'Evangile, le Seigneur Jésus attirait déjà notre attention sur cette lacune grave. Souvenons-nous de la scène des dix lépreux guéris.  Ils s'en sont allés heureux, satisfaits. Mais un seul songe à revenir sur ses pas pour dire " merci " au Maître. "

 Et c'est ce qui se passe dans notre vie quotidienne. Remarquons assez à quel point nous considérons comme allant de soi, les services rendus. Et pourtant, combien y a-t-il de charité chrétienne, de chaleur humaine dans un MERCI. Il y a tant de choses d'ailleurs qu'on ne paie pas avec de l'argent, mais qu'on paie d'un simple sourire, d'une attention, d'un " merci ". Il faut que l'on arrive à pouvoir exprimer ses sentiments à l'aide d'autre chose que de la monnaie ou même des pourboires ; il y a des sentiments humains qui s'expriment par le geste gratuit que rien ne remplacera. Pour être pragmatique, donnons quelques exemples :

 Le bonheur d'un foyer dépendra pour une large part de ce devoir mutuel de la reconnaissance. Heureux le foyer où les enfants auront appris à dire merci à celui ou celle qui se dévoue pour eux et qui à longueur de journée poursuit et recherche leur bien. Le merci du mari à sa femme vaut tout l'argent du monde: il indique que le mari est attentif à ce qui est fait pour lui.  Le merci de la femme à son mari, c'est plus qu'il n'en faut pour lui donner le courage de recommencer chaque jour un travail monotone et lassant.    Le merci du chef à celui qui travaille sous ses ordres, quels miracles de dévouement n'accomplit-il pas ! N'arrive-t-il pas que lorsqu'on attire l'attention d'un patron ou d'un maître sur le dévouement de son employé ou de son serviteur qu'on reçoive comme réponse :  " Mais ils sont payés pour cela ! " On n'a rien compris à la question sociale tant que l'on croit que le conflit entre patrons et ouvriers est d'abord une question d'argent. C'est d'abord et avant tout une question de relations humaines.

 Il faut de temps en temps faire halte, prendre un peu de recul et dire les mots qui doivent être dits. Le mot “merci” en est de ceux-là.


Etienne Alla, Chorale Les Chérubins



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Publié le 10 Mars 2008



"Ce n'est pas la justice qui est sans miséricorde, c'est l'amour."

"L'amour pardonne tout, sauf une seule chose, qui est de ne pas être aimé."



 
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"Un homme ne serait pas capable de punir éternellement d'abord parce qu'il ne comprend pas l'éternité, et ensuite parce que toutes ses vertus sont courtes comme sa vie et étroites comme son coeur. Vous invoquez la bonté: savez-vous bien ce que c'est? Savez-vous que c'est la bonté qui met le sceau à la réprobation des pécheurs? Je vous étonne sans doute, mais écoutez-moi et connaissez enfin combien sont futiles les espérances et les raisonnements de l'homme contre les jugements de Dieu.

   Vous liez dans votre esprit l'idée de bonté à l'idée d'un pardon toujours possible et toujours accordé, quelle que soit la persévérance du méchant dans le mal; vous en faites ainsi un adversaire irréconciliable de la justice, et vous brisez en Dieu l'unité nécessaire de ses perfections. Je ne m'arrête pas à vous dire que c'est là une pensée sacrilège, qui détruit dans l'intelligence la notion métaphysique et morale de Dieu; mon dessein est d'aller plus loin au fond des choses et de vous faire voir, en définissant la bonté, comment elle s'accorde avec la justice pour assurer l'éternelle réprobation des pécheurs, une fois qu'ils ont perdu avec le temps de l'épreuve le temps de la réconciliation.

   Qu'est-ce donc que la bonté? La bonté, c'est l'amour gratuit. Celui-là est bon qui aime sans cause, qui aime le premier, qui aime avec ardeur, qui aime jusqu'à mourir: et tel est l'amour de Dieu.

   Dieu ne nous devait rien, puisque nous n'êtions pas;  il ne découvrait en nous aucune raison de nous aimer, puisque nous n'avons rien avant qu'il nous eût donné quelque chose; son amour pour nous, comme pour toute créature, était donc un amour gratuit, un acte d'infinie bonté. Or, écoutez bien, je vous prie: l'amour, tout bon qu'il est, j'oserais dire, tout aveuglément bon qu'il est, a partout un besoin qui est dans son essence et dont il ne peut s'affranchir: ce besoin de l'amour, c'est d'être aimé. L'amour pardonne tout, sauf une chose, qui est de ne pas être aimé. Je voudrais qu'il en fût autrement, si c'est votre désir; mais je me croirais tombé en démence de ne pas pardonner à l'amour ce besoin qu'il a d'être aimé. Et s'il ne l'est pas, que fera-t-il? Ce qu'il fera! Je vais vous le dire, en vous dérobant à vous-même, au fond de mon coeur, le secret de l'amour. Ou je me trompe, ou vous avez aimé, ne fût-ce qu'une fois. Je ne distingue pas en ce moment les affections légitimes de celles qui ne le sont pas; je les prends toutes, pourvu qu'elles soient sincères; dans les entrailles de leur réalité. Vous avez donc aimé, et je suppose qu'aujourd'hui même votre âme est sous l'empire de cette généreuse et terrible passion. Elle a choisi, elle s'est donnée, elle se dévoue tout entière; mais, ô douleur! on repousse ce don que vous avez fait de vous. Quelle sera votre ressource? Votre ressource sera de ne point vous lasser, d'espérer contre l'espérance de croire à l'efficacité d'un sentiment aussi fort que le vôtre.

   Ployez le genou, s'il est besoin; abaissez votre orgueil, que rien ne vous coûte pour persuader l'ingratitude et pour réduire l'insensibilité. Mais enfin, si vous ne réussissez pas que ferez-vous? Je vous donnerai un conseil que je tiens d'un grand moraliste: La Bruyère a dit: Lorsqu'on a beaucoup fait et beaucoup fait en vain pour être aimé, il y a encore une ressource, c'est de ne plus rien faire du tout.

   On a repoussé votre empressement, essayez l'abandon. Je n'entends pas un abandon d'épreuve, où la tendresse se ménage le retour. Après cela, ce dernier effort de votre âme étant demeuré impuissant, voici un jour ce qui se passera en vous: vous direz: Allons, sois homme, n'abuse pas plus longtemps de cette faculté d'aimer qui t'a été donnée d'en haut, retourne à la maison, prends ton âme et va-t-en/ Telle est l'histoire du coeur humain dans l'amour, et telle est aussi celle de Dieu; car, au ciel et sur la terre, l'amour n'a qu'un nom, qu'une essence, qu'une loi, qu'un effet.

   Dieu vous a prévenu d'affection de toute éternité. Vous n'êtes rien pour lui, rien pour l'univers, rien pour vous-même: il vous a choisi avant que vous fussiez. Ce corps dont vous profanez la grâce, c'est lui qui vous l'a donné comme un vase antique sorti tout pur de la main du statuaire. Au-dedans de ce chef-d'oeuvre sorti de ses amoureuses mains, il a mis une lumière vivante qui se lui à elle-même, et dont les rayons ont une affinité avec sa propre lumière afin que l'une et l'autre se recherchassent pour s'unir un jour dans l'extase d'une même flamme et d'une même éternité. Mais vous, fils ingrat d'une piété si gratuite, vous avez fui l'amour qui ne vous demandait que l'amour. Vous avez ramené sur vous l'adoration que vous lui deviez; vous avez fermé les yeux pour ne pas le voir, vos oreilles pour ne pas l'entendre, vos lèvres pour ne pas lui répondre.

   Dieu s'en est affligé: il a craint d'avoir trop peu fait pour vous, et descendant des ombres qu'il avait laissées sur lui, il est venu placer devant vous sa personne, sa voix, ses actes, sa vie, et, de peur que ce ne fût pas encore assez, il est mort sous vos yeux crucifié de vos mains. Cela fait, pour tout, il s'en est armé contre chacun: il poursuit l'humanité âme par âme, jour par jour, et ce n'est que vaincu et méprisé jusqu'à la dernière heure, qu'enfin il reprend son amour et s'en va pour jamais. Car l'amour, c'est sa loi, ne repasse point aux mêmes rivages, et une fois qu'il les a quittés, il n'y reparaît plus.

   Le Dante a mis sur la porte de son enfer cette funeste inscription/

   Par moi, l'on va dans l'éternelle douleur;
   Par moi, l'on va dans la cité de la plainte;
   Par moi, l'on va dans la nation perdue
   Vous qui entrez, laissez toute espérance.

  C'est l'éternelle justice qui m'a fait, et le premier amour.

  Si ce n'était que la justice qui eût creusé l'abîme, il y aurait un remède, mais c'est l'amour aussi, c'est le premier amour qui l'a fait: voilà ce qui ôte toute espérance. Quand on est condamné par la justice, on peut recourir à l'amour; mais quand on est condamné par l'amour, à qui recourra-t-on? Tel est le sort des damnés.

   L'amour qui a donné son sang pour eux, cet amour-là même c'est celui qui les maudit. Eh quoi! Un Dieu sera venu ici-bas pour vous, il aura pris votre nature, parlé votre langue, touché votre main, guéri vos blessures, ressuscité vos morts: que dis-je? Un Dieu se sera livré pour vous aux liens et aux injures de la trahison, il se sera laissé mettre nu sur une croix, et après cela, vous pensez qu'il vous sera permis de blasphémer et de rire, et d'aller sans crainte aux noces de toutes vos voluptés! Oh ! non, détrompez-vous, l'amour n'est pas un jeu; on n'est pas impunément aimé par un Dieu, on n'est pas impunément aimé jusqu'au gibet.

   Ce n'est pas la justice qui est sans miséricorde, c'est l'amour. L'amour, nous l'avons trop éprouvé, c'est la vie ou la mort, et s'il s'agit de l'amour d'un Dieu, c'est l'éternelle vie ou l'éternelle mort.

Carême 1851. Lacordaire.

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Publié le 10 Mars 2008

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Le dimanche 10 mars 1793, l'assemblée de la Convention recourt à la levée en masse autoritaire de 300.000 hommes dans tout le pays, pour suppléer aux insuffisances des engagements volontaires après sa proclamation du 24 février précédent sur la «patrie en danger».

La levée en masse entraîne dès le lendemain le soulèvement des paysans vendéens qui, jusque-là indifférents à l'agitation parisienne, ne supportent pas qu'on leur demande de verser leur sang pour une cause qu'ils exècrent.

Fabienne Manière

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Publié le 9 Mars 2008


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+

Après six lustres écoulés,
Au terme de sa vie mortelle,
Lui qui voulut naître pour cela
Il se livra à la Passion.
L'Agneau que l'on doit immoler
Est élevé sur l'arbre de la Croix.


Voici le vinaigre, le fiel, le roseau,
Les crachats, les clous, la lance;
Le doux corps est transpercé;
L'eau s'écoule avec le sang;
Terre, mer, astres et univers,
De quel torrent vous êtes lavés.

...
"mon peuple, que t'ai-je fait?
quel mal t'ai-je fait?
Réponds-moi"

antienne




office des laudes, bénédictins.
bréviaire monastique 1963.
Saintes semaines à tous et à toutes, en union avec le Saint Père, toute l'Eglise,
et toute la grande famille bénédictine, fils et filles de st Benoît.


"Espérons de la miséricorde de Dieu que les saints jours où nous entrons produiront en nous cet heureux changement qui nous permettra, lorsque l'heure du jugement de ce monde aura sonné, de soutenir, sans trembler, le regard de celui que nous allons voir foulé sous les pieds des pécheurs.

Le trépas du Rédempteur bouleverse toute la nature: le soleil se voile au milieu du jour, la terre tremble jusque dans ses fondements, les rochers éclatent et se fendent ; que nos cœurs aussi soient ébranlés, qu'ils se laissent aller de l'indifférence à la crainte, de la crainte à l'espérance, de l'espérance enfin à l'amour; et après être descendus avec notre libérateur jusqu'au fond des abîmes de la tristesse, nous mériterons de remonter avec lui à la lumière, environnés des splendeurs de sa résurrection, et portant en nous le gage d'une vie nouvelle que nous ne laisserons plus s'éteindre."

dom Guéranger




pax

"Sur la Croix c’est Dieu lui-même qui mendie l’amour de sa créature : Il a soif de l’amour de chacun de nous."

Benoît XVI


 
dewplayer:http://www.boelingerliederkranz.de/Horproben/Popule_meus.mp3&

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Publié le 9 Mars 2008

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"Sur le Calvaire, Marie se voit bien différente de ce qu'elle était à Bethléem, Là, comme Mère de celui qui est l'innocence même, Mère du Saint des saints, elle participait à la gloire que l'on rendait à son Fils; elle prenait part aux adorations des hommes et aux acclamations des anges. Comme la Mère du Juste par essence, elle ne sentait aucun des effets de l'arrêt porté contre les mères des pécheurs.

Mais sur le Calvaire, où elle est faite la mère des pécheurs, la mère des criminels, elle enfante dans la douleur et dans les angoisses, et saint Jean est le premier fruit de cette maternité, le premier-né de l'adoption, figure et symbole de tous les enfants de l'Église. En sa qualité de nouvelle Ève, pendant que le sacrifice universel est offert sur la croix en la personne de Jésus-Christ, la très sainte Vierge, offrant de son côté pour les hommes cette divine hostie, se sent aussi elle-même chargée de leurs péchés et obligée de satisfaire pour leurs crimes.

Elle peut bien dire, en imitant le langage de Noémi : « Ne me regardez plus maintenant comme au jour où je mis au monde mon Fils à a Bethléem, ce paradis de volupté; en engendrant l'auteur de toute sainteté, j'étais alors la mère des saints; mais à présent que je suis la mère des pécheurs, regardez-moi au contraire comme couverte de confusion, comme noyée dans un océan d'amertume et de douleur. »

mr. OLIER


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Publié le 7 Mars 2008



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    La mort de ceux qui nous sont proches nous laisse désemparés. Un père, une mère, ceux qui nous donnent la vie, nous les voyons mourir ! Nul n’échappe à ce choc. C’est un constat de la finitude humaine, mais qui fait porter le regard sur l’essentiel.

Devant la mort, celle de Lazare et la sienne propre, Jésus prie son Père : il en attend la gloire de sa résurrection et la vie pour tous ceux qui croiront en Lui.

    

1°) La résurrection de Lazare est le signe qui annonce sa Passion et son exaltation en croix. Le récit commence par évoquer l’onction prémonitoire de Marie et se termine par la décision prise par le grand prêtre de faire périr Jésus.

    Devant la tombe de son ami, Jésus est troublé : bouleversé par une émotion profonde, il se met à pleurer. La même émotion fait pressentir son agonie. Il ressent l’effroi et frémit : « Mon âme est troublée. Et que dire ? Père sauve-moi de cette heure. Mais c’est pour cela que je suis arrivé à cette heure. Père, glorifie ton nom ! » (12, 27) Certains Juifs disent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Certes, il aurait pu éviter que Lazare meure, mais à sa propre mort il ne peut se soustraire. Il dépose sa vie volontairement, car tel est l’ordre qu’il a reçu de son Père. Alors qu’on lève la pierre du tombeau, Jésus lève les yeux au ciel et exprime sa communication incessante avec le Père : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ». Sa prière n’est pas une demande mais une action de grâces, qui présuppose toutefois une demande : par delà Lazare, la prière se réfère à la traversée de l’Heure, en accord avec le trouble de Jésus. « C’est lui, explique l’Épître aux Hébreux, qui, aux jours de sa chair, étant présenté avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé, en raison de sa piété… » (5, 7).

    Jésus est exaucé quand il crie d’une voix forte : « Lazare, ici, dehors ! ».La mort est bien réelle, mais elle n’est pas la réalité ultime. Se réalise la parole qu’il avait dite lors d’un autre miracle : « Amen, Amen, je vous le dis, l’heure vient, et c’est maintenant, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l’auront entendue vivront » (5, 25). « Vous saurez que je suis le Seigneur, avait présagé Ézéchiel, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferez sortir ». – Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandelettes, et le visage enveloppé d’un suaire. Ces détails anticipe en image ce qui attend Jésus ; mais l’image est décalée : suaire et bandelettes seront abandonnées dans un tombeau vide, dont la pierre est roulée, car Jésus entre dans une vie nouvelle, dans la gloire divine. Lazare quant à lui, est empêtré dans ses linges, car il revient à la vie sans être définitivement soustrait aux liens de la mort : sa « résurrection » (qui n’est qu’une réanimation) est seulement un miracle, un signe, non la réalité du mystère de la résurrection.

2°) Le miracle de Lazare ressuscité est le signe vivant de la condition nouvelle du croyant qui passe de la mort à la vie. Quand Jésus prie : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé… si j’ai parlé c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé », et que par la foi ils participent à ma vie de Fils ressuscité.

    Cette portée symbolique du récit ressort du dialogue de Jésus avec ses disciples, puis avec Marthe.

    À ses disciples, il dit que Lazare est endormi, et qu’il va le réveiller. Les apôtres ne comprennent pas : « S’il dort, il sera sauvé ». Mais Jésus parlait du sommeil de la mort physique. S’il n’emploie pas le mot « mort », c’est que pour lui il n’y a qu’une seule mort : celle du péché, qui est totale et éternelle. Et il est venu précisément pour nous libérer de cette mort. La mort physique servira à sa gloire : « Je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez ». Le miracle aura lieu pour susciter la foi en Celui qui affronte la mort. Et sera la glorification du Christ.

À Marthe, Jésus annonce que son frère ressuscitera : on rencontre la même in-intelligence qu’avec les apôtres. Marthe professe sa foi juive en la résurrection des morts au dernier jour ; mais Jésus proclame qu’il est la résurrection et la vie, la vie éternelle, il la donne sans attendre le dernier jour. «  Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ». Le croyant entre dès maintenant dans la vie divine et éternelle. En accueillant sa Parole, il passe de la mort à la vie. Le dernier jour est déjà là. « Crois-tu cela ? » Marthe répond par la profession de foi des nouveaux baptisés : « Je crois, Seigneur, que tu es le Fils de Dieu ». À toi, le Père a remis tout pouvoir pour délier les liens du péché et de la mort, et faire marcher dans la vie nouvelle de l’Esprit.Tu peux nous arracher à la corruptibilité et nous plonger en plein milieu divin. Car toi seul es saint, le Libérateur, le Rédempteur. Marthe devant le tombeau de Lazare fait remarquer : « Seigneur, il sent déjà, voilà quatre jours qu’il est là ». La foi n’est pas un anesthésique, le fameux opium, un artifice pouvant économiser l’angoisse de la mort. Mais quand on adhère au Christ, la mort avec lui change de sens, de couleur, de saveur et d’odeur. « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » ; tu verras ton frère ressuscité, tu verras les cieux ouverts et la création transfigurée, la victoire pascale métamorphoser ce monde voué à la décomposition que produit la mort. « Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8, 11).

    Quand Jésus se met en route vers sa Passion, Thomas, tout feu tout flamme, prend la décision héroïque : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ». Hélas, il interprète comme une démarche de mort, la démarche de Jésus en vue de la vie. Les juifs, Marie, Marthe, tous croient à la toute-puissance de la mort. Mais tous sortent de cette méprise, du lieu où ils étaient : Jésus et les disciples de Transjordanie ; les juifs, de Jérusalem ; Marthe, du village ; Marie avec les juifs, de sa maison de Béthanie ; Lazare, de sa tombe. N’est-ce pas l’amour qui les fait tous converger vers Jésus, qui se dirige vers l’endroit où il défie la mort ? « Nous le savons, nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort » (I Jn 4, 14).
Faisons nôtre la prière de ce dimanche : « Accorde-nous, Seigneur Dieu, notre Père, de marcher nous aussi allègrement dans cette charité qui a poussé ton Fils à se livrer à la mort par amour pour le monde ». Amen.

Fr Jean Gabriel . O.S.B
pour le petit Placide.

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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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