Publié le 18 Novembre 2007

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Il fait froid aujourd'hui, un peu partout. Quand  il n'y a plus d'amour, qu'un zèle amer et si peu de charité, comme tout se refroidit.
"Et puis, tout cela est à base naturelle, circonscrit dans les limites toujours étroites de notre vie d'ici-bas, et offre le danger d'accoutumer l'homme à ne voir que la terre.
Ce qui nourrit et fait grandir l'ame, c'est de communier à la pensée de Dieu, de s'avancer dans la connaissance de ses mystères et dans l'amour de la sainte Eglise."


dom Delatte.




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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 17 Novembre 2007

 Le seul fait d'etre créature , et créature intelligente, nous porte déjà à l'obéissance. Lorsque Dieu a créé, dit la théologie, il n'a été déterminé ni sollicité par rien; mais il a eu un dessein, il a assigné un but non pas à lui et à son action, mais aux choses elles-mêmes. Il y a une fin morale des choses, un programme éternellement conçu par Dieu et qui se réalise dans le temps sous sa main toute-puissante.

La fin des êtres, c'est le bien; et le bien essentiel de la nature, c'est d"être ce que le Seigneur veut qu'elle soit, de faire ce qu'il veut qu'elle accomplisse, d'aller par ses actes là où il veut la conduire, c'est-à-dire à la manifestation des attributs divins.
Chacune des personnes collabore à sa manière, moyennant l'activité spontanée de son être, à l'exécution d'un vaste programme d'ensemble dont nous ne saisirons qu'au ciel toute l'harmonie: nul ne s'y soustrait pour suivre son caprice; c'est un concert sans fausse note.

Toute créature demeure ontologiquement, vraie et bonne, elle est de Dieu, elle est pour Dieu. Toute la création obéit; elle obéit bien, jusqu'à la souplesse absolue, jusqu'au miracle; Dieu peut toujours attendre d'elle ce qu'au chapitre LXXXI saint Benoît appellera obedientiae bonum
. Et c'est un spectacle impressionnant qu'une sujétion si universelle. Mais les êtres matériels font le bien sans savoir; "les cieux qui chantent la gloire de Dieu" ne comprennent pas leur cantique.

L'homme seul est l'ouvrier de Dieu conscient et volontaire.

L'ordre , pour lui, et la joie, c'est d'entrer librement dans ce concert de la création, d'être le collaborateur aimant de Dieu.

Et toute loi qui se présente à nous avec autorité, n'est que l'expression du mode selon lequel nous pouvons aider Dieu à réaliser son programme de bien et de beauté.

dom Delatte: l'obéissance, commentaire de la ste Règle.

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Rédigé par philippe

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Publié le 16 Novembre 2007


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à ceux qui soutiennent que le monde est pourri, le petit Placide rend hommage à tous ces jeunes engagés  qui n'ont d'autre métier que celui de secourir la population. . voilà un
bel exemple de courage, de vaillance, de dévouement de don de soi qui va  jusqu'au sacrifice meme de leur vie.
Je salue Jean-François de la Brigade...

Des nouvelles de celui de Salérans? Sympa, un bon gars du midi tout jeune pompier bénévole de Marseille, je crois. il en savait déjà des choses.
la voilà la jeunesse.. merci à eux à tous les pompiers bénévoles.

à la suite de ce fait de l'actualité.




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Rédigé par philippe

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Publié le 15 Novembre 2007


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Un très beau texte. à conserver dans sa bibliothèque et à méditer encore aujourd'hui. le message de saint Benoit ne vieillit jamais, je pense un des plus textes trouvés sur la spiritualité de notre bon Patriarche.
Merci à Mr de Plunkett.


Intervention de
Patrice de Plunkett au congrès de l’Association Saint Benoît Patron de l’Europe   (abbaye de Fontgombault, 26 mai 2006)

 

La Nouvelle Evangélisation sera l’évangélisation d’une Europe radicalement nouvelle   :   une société « européenne » dont le climat mental se façonne déjà autour de  nous,  sous     l’emprise  de forces sociales, économiques et démographiques irrésistibles. Ce climat va requérir de nouvelles formes de témoignage catholique. Avec le regard de l’Evangile, positif et réaliste, les croyants prennent acte de deux éléments nouveaux, qui posent des problèmes inédits mais qui ne peuvent pas décourager des évangélisateurs.

 
 
 

L’un de ces deux éléments nouveaux est psychologique. L’autre est culturel.

 
 
 

On voit se répandre en Occident une psychologie collective, façonnée par les puissances commerciales, et qui va dans un sens toujours plus éloigné de la culture chrétienne. Nous venons d’en connaître un exemple avec le film Da Vinci Code : cette superproduction, lancée par Hollywood avec un budget de 125 millions de dollars, aggrave la propagande antichrétienne du roman de Dan Brown, qui a vendu plus de 40 millions d’exemplaires en Occident.  N’en sous-estimons pas l’effet sur l’opinion publique : 31 % des lecteurs français croient que Da Vinci Code rapporte « des faits réels de la vie du Christ », et  21 % croient qu’il y a  « du vrai » dans les accusations de Brown contre l’Eglise... Une grande partie du public ne voit pas que les allégations de Da Vinci Code sont invraisemblables. Ces chiffres montrent quel abîme sépare les mentalités d’aujourd’hui et la connaissance du christianisme.

 
 
 

La seconde réalité massive, en effet, est l’ignorance des habitants de l’Europe envers le contenu de la foi chrétienne. Cette ignorance touche aujourd’hui  des pans entiers  de populations :

 


-  les Européens « de souche » ont perdu le contact avec la culture chrétienne, au cours du grand abandon des patrimoines spirituels, intellectuels, moraux qui a marqué la fin du XXe siècle occidental ;

 


-  d’autre part, les populations qui immigrent en Europe viennent largement de sociétés non chrétiennes. Cet afflux d’immigrants est une donnée irréversible : la cause en est l’effondrement volontaire des naissances européennes. Notre désert démographique attire les peuples jeunes, selon un processus aussi ancien que l’humanité.

 
 
 

Telle est l’Europe que le Seigneur nous donne à évangéliser. Elle peut déconcerter. On peut déplorer (comme certains philosophes laïques) la perte des « repères culturels » hérités du passé… Mais nous n’avons pas le droit d’esquiver la mission confiée à chaque génération de chrétiens : témoigner de la foi, quelles que soient les conditions du moment présent – y  compris lorsque ces conditions sont sans précédent. Comme le constatait en novembre 2005  le P. Cantalamessa dans sa première homélie de l’Avent devant le pape Benoît XVI,  la majorité des habitants de l’Europe nouvelle ne se soucient pas du patrimoine spirituel et moral de l’ancienne civilisation européenne. Leur conscience n’est pas attirée par les trésors d’un passé devenu trop « lointain ».  Donc ce passé n’évangélise pas (sauf peut-être les étudiants en histoire !). On ne peut pas évangéliser sans rejoindre les gens dans leur vie personnelle quotidienne,  dans leur instant présent, ainsi que Jésus-Christ le fait à toutes les pages de l’Evangile...  Il ne s’agit au fond que d’une seule chose : aider le prochain  – d’où qu’il vienne, quelle que soit sa culture d’origine (ou son absence de culture) – à entrer en contact personnel, ici et maintenant, avec la  personne du Christ.

 
 
 

Donc les catholiques croyants  – minoritaires dès aujourd’hui en Europe occidentale – ont à trouver de nouvelles façons (et un nouveau langage) pour faire connaître « l’espérance qui est en eux » à qui leur en « demandera les raisons ».

 
 
 

Pour que l’on ait simplement envie de leur demander ces raisons, les croyants ont à faire voir leur espérance par toute leur façon d’être.

 
 
 

L’art de vivre chrétien, s’il s’incarne vraiment, offre une réponse aux désirs profonds de nos contemporains.

 
 
 

Ceux-ci vivent sous l’emprise de ce que Jean-Paul II nommait  « le matérialisme mercantile » : l’esprit d’une société sans esprit, refusant ou niant les biens essentiels (spirituels, moraux) sans lesquels l’homme ne peut s’épanouir.  Cherchant sourdement le sens de leur existence, les Européens du XXIe siècle tourneront le regard vers leurs frères croyants : mais seulement dans la mesure où ceux-ci leur paraîtront vivre une vie pleine de richesses humaines partageables, une existence irriguée par un flux de sens, d’espérance, d’amour, alors que le reste de la société se dessèchera dans le nihilisme.

 
 
 

Proposer à nos contemporains une dimension de vie que la société leur refuse, c’est cela, le point de départ de la Nouvelle Evangélisation.

 
 
 

Et c’est en cela que le modèle de vie bénédictin, qui est une façon radicale de vivre l’Evangile, trouve un rôle évangélisateur, dans une Europe qui redevient terre de mission.

 

Nous savons le rôle que les fils de saint Benoît ont joué dans la naissance de l’ancienne Europe : si l’on en croit le pape Paul VI, c’est eux qui, « avec la croix, le livre et la charrue, apportèrent le progrès chrétien aux populations, de la Méditerranée à la Scandinavie, de l’Irlande aux plaines de la Pologne ». Mais le modèle bénédictin n’est PAS un trésor du passé : c’est un trésor pour aujourd’hui, parce que l’esprit de saint Benoît a ses racines dans le Ciel, et parce qu’il respire une connaissance fine et profonde de la psychologie de l’homme terrestre.

 
 
 

Si un laïc lit la Règle de saint Benoît avec attention, il découvre que ce texte témoigne pour l’humanité profonde, contre l’humanité superficielle.

 
 
 

Or c’est au superficiel que s’adresse le matérialisme de notre société : ce matérialisme occidental qui refoule l’humanité profonde, et qui veut réduire la personne à un rôle de consommateur, dominé par ses pulsions nerveuses et ses émotions factices.

 
 
 

Par contraste avec cela, l’évangélisation apparaît comme un « secours » apporté à nos frères, pour les aider à devenir homme nouveau (c’est-à-dire homme de vie intérieure) – en se désencombrant  du  vieil homme en eux : l’homme du superficiel, du nerveux, du factice, borné à un horizon de techniques et d’objets de consommation.

 
 
 

Rien n’est plus urgent aujourd’hui que cette libération : et cela même du point de vue séculier,  à  en juger par les convulsions de plus en plus fréquentes qui secouent nos pays. Ainsi, évangéliser est aussi un service à rendre à l’ensemble de la société  – contrairement à ce que disent nos élites, chez qui s’installe actuellement une sorte de cathophobie.

 
 
 

Si la Règle de saint Benoît apparaît aujourd’hui (au-delà de l’univers monastique proprement dit) comme un pilier de la nouvelle évangélisation, c’est que le rayonnement du modèle bénédictin témoigne d’une dimension essentielle de l’existence humaine : dimension ostracisée par la société actuelle, et qui est l’espace de la vie intérieure. Face au  diabolos  de la société matérialiste mercantile, qui divise, qui disloque l’individu en le poussant à ne plus connaître que ses pulsions chaotiques, la Règle bénédictine plaide pour l’unité intérieure de la personne. Et c’est le premier pas de toute évangélisation.

 
 
 

Comme l’a prophétisé Paul VI avec une intuition remarquable : « L’excitation, le bruit, l’agitation fébrile, l’extériorité, la foule, menacent l’intériorité de l’homme. Il lui manque le silence avec son authentique parole intérieure, il lui manque l’ordre, la prière, la paix. Il lui manque lui-même. Pour retrouver la maîtrise et la joie  spirituelle de lui-même, il a besoin de se remettre en face de lui-même, dans le cloître bénédictin… C’est cette soif de vraie vie personnelle qui conserve à l’idéal monastique toute son actualité. »

 
 
 

Rappelons  que Paul VI a dit cela en 1964, au Mont Cassin, en proclamant saint Benoît « patron de l’Europe »... Et constatons que l’Europe dont il s’agit aujourd’hui est bien cette société désorientée dont parlait le pape, quand il lui proposait le modèle de vie bénédictin comme remède.

 
 
 

Vous qui connaissez tellement mieux que moi la Règle, permettez-moi de la feuilleter devant vous en simple journaliste, observateur de la société, et d’en tirer  – au hasard, à titre d’exemples – quelques préceptes vieux de quatorze siècles, qui résonnent aujourd’hui comme une parole attendue par beaucoup : et surtout par les non croyants, le Seigneur étant venu pour les malades, non pour les bien portants. Ces préceptes, je vous propose de les confronter au climat de notre société. Le contraste est significatif : c’est celui de la maladie et du remède.

 
 
 

1.  Dès le verset 3 du prologue, on trouve le précepte le plus contraire à l’air du temps d’aujourd’hui : « Qui que tu sois, qui renonces à tes propres volontés »… Cette phrase-là s’adresse à un moine. Mais le verset 15 parle au tout-venant, à la multitude des hommes :  « Quel est l’homme qui veut la vie, et aspire à voir des jours heureux ? » Que nous obtenions la vraie vie en nous ouvrant  à autre chose qu’à nos seules volontés, c’est l’inverse de l’axiome de la société matérialiste mercantile, selon lequel la « vie » consiste à céder à toutes nos pulsions : d’où une dispersion du moi, un émiettement, qui mène au néant, à l’absurde, donc à l’invivable et à la souffrance mentale et morale. Je cite encore Paul VI : « Le développement de la vie moderne, qui nous vaut le désir exaspéré d’être nous-mêmes, étouffe cette vie personnelle en même temps qu’il la réveille ; il trompe en même temps qu’il en fait prendre conscience… » Et c’est ce qui fait la fortune des cabinets de psychologues.
La réponse que les psychologues ne peuvent pas fournir, mais que fournit le modèle bénédictin, c’est que la vraie vie est de laisser croître en nous – avec gratitude –  une vie qui nous est donnée par Dieu (et donc qui échappe à notre emprise). L’homme ne peut se « regagner » qu’en ne se laissant pas attirer hors de lui-même par les fascinations de la société matérialiste.

 
 
 

2.  Le verset 44 dit : « Hâtons-nous de faire maintenant ce qui doit nous avancer pour l’éternité ». S’il faut « se hâter » d’agir ainsi, c’est parce que c’est vital  (voilà le sens de la vie). Mais c’est aussi parce que brève est l’existence terrestre (voilà le sens de la mort). « Avancer pour l’éternité »  c’est, à chaque pas du chemin,  s’offrir au Seigneur, qui est   le Dieu de l’En-Avant   et   le Dieu de l’En-Haut à la fois.   A chaque instant de ce chemin, nous sommes à la même distance de l’éternel ;  le chemin est un travail de désencombrement de notre cœur par la foi, l’amour et l’espérance. Et nos plus infimes occupations, chaque minute de nos existences, en sont transfigurées. Tout, absolument tout, prend un sens. C’est le remède à l’absurde et au nihilisme.
Je cite un auteur bénédictin : « Quelle stabilité donne à une existence la conviction qu’en toute chose l’on peut rencontrer et servir le Seigneur ! Ainsi orientée par les trois vertus convergentes de foi, d’espérance et de charité, la vie tout entière met le cap sur cette réalité infiniment stable, assurée, inépuisable, qu’est Dieu. Si bien que les petites fluctuations de nos impressions, de nos désirs ou de nos attachements passagers, n’arrivent plus à déranger cette paix ; ni à faire quitter la bonne route. »
[1]

 
 
 

3.  Le verset 49 nous dit : « Le cœur se dilate à mesure que l’on avance dans la vie monastique et dans la foi ». Si tous ne sont pas appelés à la vie monastique, tous sont appelés à la foi. Et avant cela, le désir de sentir son cœur se « dilater » est partagé autour de nous par d’innombrables hommes et femmes, par d’innombrables jeunes…
Mais atteindre à cette dilatation n’est pas dans les moyens des techniques de « développement personnel » et « d’épanouissement de l’ego » qui fleurissent dans notre société dépressive. D’ailleurs, l’erreur serait de considérer cette « dilatation » comme un but en soi : et c’est pourquoi les techniques psychologiques ne tiennent pas leurs promesses. La « dilatation du coeur » vient par surcroît (comme un débordement), à la conscience qui a accepté  de s’ouvrir, à Dieu  – qui est le Tout Autre…  Un moine écrit :
« La paix qu’apporte le recueillement ne serait pas si intense, l’âme ne s’y sentirait pas tellement au large, si ne se découvrait pas alors quelque chose de la plénitude et de l’immensité divine. Mieux encore : au contact du Dieu vivant et personnel, s’éveillent et commencent à s’épanouir les profondeurs de notre être en ce qu’il a lui-même de personnel (‘‘à l’image et à la ressemblance de Dieu’’, précisément). »
Et c’est de cette rencontre libératrice, à la fois humaine et infiniment plus qu’humaine, que l’humanité a soif inconsciemment.  « Pour qui voit le Créateur, la création entière est courte. Si peu qu’il ait entrevu la lumière de Dieu, tout ce qui est créé lui devient trop étroit ; car la lumière de la contemplation intérieure élargit la mesure de l’âme, et à force de s’étendre en Dieu elle est plus haute que le monde », dit saint Grégoire, dans la Vie de saint Benoît.

 
 
 

4.  Aux versets 11 et 12 du chapitre II, la Règle dit que l’abbé  « doit montrer tout ce qui est bon et saint par des FAITS plus encore que par des mots ; qu’aux durs de cœur et aux esprits frustes ses actes démontent le plan divin ». Si l’on peut dire « fruste » l’état spirituel de la société occidentale, et « dur » son matérialisme, la leçon de ce verset s’adresse à n’importe quel témoin de la foi – quel que soit son état, son âge ou son sexe. Voici cette leçon : ce qui peut évangéliser, ce qui peut briser les murailles psychologiques (« dures » et « frustes »), ce ne sont pas nos mots, mais nos actes. Comme le disait un jeune Québécois à un curé qui me le racontait la semaine dernière : « Ne me dis pas que Dieu m’aime, ça ne te coûte rien. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir si tu m’aimes, toi. »

 
 
 

5.  Même dans le domaine de la Cité séculière, la Règle de saint Benoît donne un éclairage dont la politique et l’économie d’aujourd’hui ont un besoin urgent : au chapitre II, le verset 7 dit : « On inculpera le pasteur de tout ce qui manquera  au troupeau du Père ». Ce précepte ne vaut pas seulement pour l’abbé : il donne une leçon de responsabilité à tout gouvernant, à tout élu, à tout chef d’entreprise, à tout responsable laïque de quelque collectivité que ce soit ! Ce verset dit que le chef est comptable, devant le Créateur, de ceux qui lui sont confiés. Si l’on oublie le Créateur, la responsabilité s’oubliera aussi (parce qu’on ne peut être responsable que devant quelqu’un)… Et l’on aboutira à cet aveu récent d’un homme d’Etat français, à son propre sujet et à celui de ses collègues : « Nous sommes devenus », disait-il, « des intermittents du spectacle ».

 
 
 

6.  Dans la Règle, il y a l’étonnante liste du chapitre IV intitulée « Quels sont les instruments des bonnes œuvres ».  C’est une investigation du cœur humain. Et c’est aussi un remède au culte actuel, stérile, des pulsions et des émotions : culte qui fait barrage à l’accueil du sens, pourtant essentiel à l’être humain.
Le remède est indiqué aux versets 42-43 :  « Quand on voit un bien en soi, le rapporter à Dieu, non à soi-même ; quand au mal, savoir qu’on l’a fait soi-même, toujours, et le mettre à son compte ». C’est l’inverse de l’attitude prônée aujourd’hui en toutes circonstances, et qui consiste à dire : « Ce que je fais est forcément bon parce que c’est moi qui le fais », ou : « J’ai fait ce mal mais ça ne me ressemblait pas »… Voilà le subjectivisme, qui est aujourd’hui le grand aveuglement général. A l’inverse, la Règle donne ce conseil (au ch. 4, verset 50) : « briser immédiatement contre le Christ les mauvaises pensées qui s’approchent du cœur, et les découvrir au père spirituel ». C’est, aujourd’hui spécialement, le remède radical  aux illusions, aux rêveries New Age, aux pseudo-spiritualités dans lesquelles le divin n’est pas une Personne vivante mais un miroir de nos propres fantasmes, une autojustification de l’individu, replié sur lui-même, qui refuse d’ouvrir son cœur. L’individu croit ainsi se mettre à l’abri ; en réalité il s’enferme loin des issues et des réponses, dans une souffrance intime. Cette souffrance appelle une guérison…

 
 
 

7.  Et puis on trouve le chapitre VII : « De l’humilité ». C’est peut-être ici l’idée que notre société admet le moins : donc ce qui va lui manquer le plus. Le verset 9 de ce chapitre dit qu’une échelle de Jacob unit notre vie quotidienne à l’éternité, et que cette échelle a pour montants « notre corps et notre âme : et sur ces montants, l’appel divin a inséré des degrés d’humilité et de discipline pour nous les faire gravir ». Cette phrase est d’une densité exceptionnelle. Que « notre corps et notre âme », tous les deux, aient  vocation  au  bonheur éternel, et que le chemin vers ce bonheur soit l’humilité, c’est-à-dire le regard lucide sur notre finitude (et la reconnaissance envers notre Créateur et Rédempteur) : voilà l’idée la plus contraire au nihilisme. Donc cette idée manque aujourd’hui. C’est l’idée dont on a le plus besoin, même inconsciemment. Et découvrir cette idée, c’est ouvrir la porte à l’évangile…  Voilà le témoignage que les chrétiens ont à apporter, par toute leur façon d’être.

 
 
 

8.  Il y a, bien sûr,  tout ce que la Règle dit de la vie intérieure. Aujourd’hui l’air du temps pousse à s’extérioriser,  s’afficher, se disperser vers l’extérieur. L’individu  suit ce chemin parce qu’il craint de s’isoler, tant la pression médiatique pousse les foules dans cette direction. Mais il sent, au fond de lui-même, que s’exhiber (se donner en spectacle, zigzaguer d’ « émotion » en « émotion ») n’apporte aucune réponse...  « Chaque fois que nous sommes tirés hors de nous-mêmes par le bouillonnement de nos préoccupations,  nous sommes bien encore nous, mais nous ne sommes plus avec nous-mêmes, parce que nous nous perdons de vue, errant ailleurs   », écrivait déjà saint Grégoire.  Aujourd’hui tout pousse l’individu à se donner à voir ; plus il se donne à voir, plus il se « perd de vue », et plus il s’égare dans le malaise et le mal-être.
Le remède est  indiqué par saint Grégoire, quant il dit que saint Benoît « habita avec lui-même ».  Imposer silence aux passions, afin de se rassembler intérieurement  – mais pour se rendre disponible, pour être à l’écoute…  On trouve la même idée dans la Règle (au chapitre de l’humilité, verset 56), quand elle recommande à chacun de  « posséder son silence ».  Ce message du silence et de l’apaisement intérieur sera perçu par beaucoup comme une libération  – tellement il est le contraire de la plus oppressante des « valeurs d’aujourd’hui » : l’obligation de se rendre célèbre, de se répandre, de s’afficher, avec forcément au bout du compte le vide et l’amertume.

 
 
 

9.  Il y  a encore la façon dont la communauté monastique, formée autour de la Règle, « habite » le temps, avec un art de vivre spirituel dont le déploiement de l’office divin au fil des saisons est l’expression publique. Cet art de vivre consacre la créature et le cosmos. Il leur reconnaît un sens. Dans l’office, dans la prière, l’individu exprime son élan intime, d’angoisse et de gratitude (chapitre XIX, verset 7 : « Soyons présents à la psalmodie de telle manière que notre homme intérieur s’accorde avec notre voix »).  La prière exprime aussi la seule vraie solidarité des hommes, unis dans le Christ. Elle exprime l’unité de la foi et de la vie quotidienne. Et elle exprime la louange de l’univers entier envers son Créateur... Observer cette manière bénédictine d’habiter le temps, c’est le moyen, pour l’homme d’aujourd’hui, de comprendre de quoi il est privé par notre société  – qui souffre (selon le mot du sociologue Jean Chesneaux[2])  d’avoir perdu la faculté d’espérer, entre autres parce qu’elle a perdu le lien entre le passé, le présent et l’avenir. Sans l’espérance, l’accès à la foi est impossible : « l’espérance nous apprend à discerner dans cette vie même d’ici-bas la présence de ce qui fera notre bonheur éternel », écrit un moine. Rendre l’idée que l’écoulement du temps n’est pas une fuite, une déperdition absurde, c’est restaurer un temps à la mesure de l’homme : mais ce service à lui rendre ne peut plus venir, aujourd’hui, que du témoignage croyant, dont le service divin est la forme la plus haute. Dans la démission générale des idéologies laïques, le surnaturel prend en charge le naturel.

 
 
 

10.  Et l’on retrouve cette idée d’un service à rendre à l’homme (service humain inséparable du service divin) dans les prescriptions de la Règle quant à la vie de tous les jours au sein de la communauté.  C’est le commentaire bien connu de Dom Herwegen : « Tout ce qu’un individu peut produire comme travail  n’égale jamais au monastère l’importance d’un acte de communauté, par suite d’une haute idée de la communauté fraternelle comme unité devant Dieu… Aujourd’hui personne n’a plus le temps d’attendre, tout doit se plier au tempo précipité d’un activisme fondé uniquement sur la technique et qui a perdu tout contact non seulement avec le rythme du Cosmos mais plus encore avec le monde sacral. »  Dom Herwegen écrivait cela il y a soixante ans. Aujourd’hui, le règne de la technique et de son tempo (la précipitation, que nous appelons « l’urgence ») s’est accru dans des proportions inouïes. A contrario, on ressentira comme d’autant plus nécessaire le témoignage de l’art de vivre bénédictin  – ce modèle radicalement « antimoderne », au sens positif du terme : non une fuite hors du moderne, mais une façon d’incarner l’éternel dans le paysage de la modernité.
L’unité fraternelle au sein du monastère, toujours reconquise par la prière et la charité mutuelle, est – aujourd’hui comme autrefois – un modèle désirable pour toutes les communautés humaines : qu’elles soient familiales, sociales ou politiques.
Et l’unification de la vie personnelle de chaque membre de la communauté (dans toutes les dimensions et  toutes les activités de cette vie), la valeur infinie que prend le moindre geste, vécu comme un moyen de s’unir à Dieu, c’est  - aujourd’hui particulièrement – l’irruption de la plus grande « valeur » dans une vie quotidienne qui n’est pas insignifiante.

 
 
 

11.  Dans la Règle, le chapitre 53, sur l’hospitalité, témoigne lui aussi d’une valeur qui manque à notre époque.
Le discours médiatique a beau rabâcher la théorie de la « tolérance » et de « l’accueil de l’autre », en réalité notre société matérialiste-individualiste est une société de la méfiance et de l’inhospitalité. Le téléspectateur émotif donnera  de l’argent, de loin,  au sidaction ou au téléthon ; mais il n’accueillera pas l’étranger à sa table. On proclamera que tout individu est notre égal parce que c’est politiquement correct ;  on ne verra pas en lui un frère, parce qu’il n’y a pas de frères sans père, et que notre société exclut l’idée d’un Créateur commun à toute l’humanité... (Ce qui introduit une incohérence radicale au sein du discours néo-laïque, qui se voudrait universaliste).
Comme le dit saint Augustin
  :  « Au lieu de vouloir imiter Dieu en se substituant  A  LUI, que l’homme cherche à lui ressembler en recevant  DE  LUI  l’amour qu’il porte à ses frères ».  Au chapitre de la Règle sur l’hospitalité, le verset 15 dit : « Que l’on consacre une sollicitude toute particulière  à la réception des pauvres et des pèlerins, car c’est surtout en eux qu’on reçoit le Christ ». Que le bien fait à tous les pauvres, à tous les humiliés, soit fait au Christ lui-même, c’est une idée inconnue de l’opinion publique aujourd’hui ; or c’est l’idée la plus évangélisatrice, dont l’art de vivre bénédictin témoigne depuis des siècles.

 
 
 

12.  Je finis ces quelques exemples, pris au hasard en feuilletant la Règle, par le chapitre 64 qui traite de l’élection de l’abbé.
Le message de ce chapitre ne concerne pas seulement cette élection abbatiale en elle-même (et je ne la comparerai pas non plus aux élections politiques : encore qu’il y aurait beaucoup à dire – mais filer cette comparaison risquerait de nous mener un peu loin, surtout en ce moment).

 

Lisons le verset 9. Il dit au sujet de l’abbé : « Qu’il soit versé dans la loi divine, pour qu’il sache et possède de quoi tirer le nouveau et l’ancien. »
Il y a là une philosophie qui est la condensation de la sagesse de l’Eglise, et qui manque totalement à la société d’aujourd’hui. Savoir tirer « le nouveau et l’ancien », c’est, premièrement, ne pas faire de rupture entre le nouveau et l’ancien (alors que notre société idolâtre le principe de rupture et de table rase). Mais d’où  l’abbé bénédictin – ou n’importe quel croyant – peut-il « tirer le nouveau et l’ancien » ? De quelle source permanente d’inspiration ? « De la loi divine », dit la Règle.  Seule la sagesse divine  (l’Esprit Saint, le plan de Dieu pour les hommes) est une source vivante, intemporelle, présente à chaque instant de l’histoire humaine…  Cette présence divine peut à tout moment avoir un effet de bouleversement dans nos vies personnelles, donc dans notre histoire collective…  « La loi n’est plus une contrainte qui s’impose à l’homme du dehors : c’est une exigence intérieure, une poussée de vie, mais cela suppose que l’Esprit a semé ce germe dans l’âme. Dieu est au travail dans le cœur de l’homme », écrit un exégète de la première épître de saint Jean.  Et c’est ce que Benoît XVI veut dire, lorsqu’il parle de la « révolution de Dieu » : une de ces notions avec lesquelles le pape forge le langage de la Nouvelle Evangélisation.

 

Je conclus. Cette « thérapie bénédictine », que la Règle propose aux individus d’aujourd’hui, n’est évidemment pas TOUTE l’évangélisation : mais elle en est un pilier, parce qu’elle propose une anthropologie que notre société a provisoirement perdue et qui ouvre humainement l’accès au spirituel. Le bien qu’elle peut faire aux consciences fait partie de l’évangélisation. Il n’en est pas le  but : mais il en est le seuil. Dans son équilibre, dans sa bienveillance et son exigence, le modèle de vie bénédictin est le refuge d’une vision de la vie actuellement proscrite, mais indispensable à l’homme.

 
 
 

Comment ce modèle atteindra-t-il nos contemporains ? Par trois modes de rayonnement.

 
 
 

- Le premier mode est indirect : ce sont les laïcs croyants qui viennent se ressourcer auprès des monastères.  Sans ce pôle de l’art de vivre chrétien, la nouvelle évangélisation manquerait d’une référence incarnée.  Ainsi les abbayes, en Europe et dans le reste du monde, se trouvent aujourd’hui dans la situation d’être des sources missionnaires.

 
 
 

- Le deuxième mode est direct. Ce sont les foules incroyantes qui visitent les monastères tout au long de l’année : visites de touristes, d’amoureux de l’architecture et du chant, de simples curieux, et même de journalistes. On ne doit pas minimiser l’impression qu’ils en retirent et qui germera dans leur esprit, par la suite, sous une forme ou une autre... J’en parle par double expérience personnelle : d’une part, sachant le rôle que l’atmosphère bénédictine a joué dans ma propre conversion.  Et d’autre part, connaissant tant de gens  qui ont gardé un souvenir ineffaçable de leur passage aussi bref soit-il, dans un monastère...

 
 
 

- Le troisième mode ne peut être évalué quantitativement : mais on ne doute pas de son efficacité. C’est la prière des moines. Non seulement en elle-même, mais comme modèle pour tous les catholiques croyants... Les moines sont une petite minorité dans l’Eglise ; les croyants sont une petite minorité dans le monde. La vocation des moines est de prier nuit et jour pour les hommes : mais n’est-ce pas aussi (dans la mesure de leurs moyens), la vocation de tous les croyants ? Quand le milliard de catholiques à la surface de la terre priera pour toute l’humanité, un pas décisif sera fait dans la Nouvelle Evangélisation.

 
 
 

Vu sous cet angle, le modèle de vie bénédictin n’est pas seulement destiné aux moines : par ses aspects essentiels, il parle à tous les catholiques, quels que soient leur état, leur âge et leur sexe. Et il leur parle toujours plus profondément, en ces premières années du XXIe siècle… En répondant à son appel spirituel, nous répondrons à Benoît XVI, dont le premier mot de pape, lors de sa première homélie sur la place  Saint-Pierre, il y a un an, fut pour nous dire à tous : «  Aidez-moi ! »

 

[1]  Dom C. Jean-Nesmy, La Vie et la Règle de saint Benoît, Téqui 1984.

 

[2]  Habiter le temps, Bayard 1996.

 

16:25 Publié dans Nouvelle évangélisation 

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Publié le 15 Novembre 2007

en réponse au commentaire sur la vidéo de Fontgombault,

transformer le regard...



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Rédigé par philippe

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Publié le 15 Novembre 2007



Voici aussi ce que dit l'Apôtre : "Lorsqu'un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui, et lorsqu'un membre se réjouit, tous les autres se réjouissent avec lui" De même ceci : "Pour qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que tous les membres aient un égal souci les uns des autres" , car ils sont évidemment animés par une seule âme qui habite en eux. Pourquoi cette règle de conduite ? Pour moi, je pense que c'est pour sauvegarder beaucoup mieux de cette façon la cohésion et la coordination dans l'Eglise de Dieu, de laquelle on a dit : "Vous êtes le corps du Christ et ses membres, chacun pour sa part". En effet, la seule et unique véritable tête, c'est-à-dire le Christ, régit chacun et le relie à l'autre pour établir l'union.
 

 

Mais chez eux, il n'y a pas d'union, le lieu de la paix n'est pas conservé, l'esprit de douceur n'est pas gardé; au contraire, on trouve la querelle, la discorde et la rivalité ! Il faudrait, certes, beaucoup d'audace pour appeler membres du Christ des gens qui vivent ainsi ou prétendre qu'ils sont gouvernés par Lui ! . . .
 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 14 Novembre 2007

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On n'avait pas de portable…On écrivait des lettres et des cartes postales…
 

On se coupait, on se cassait les os, on perdait des dents, mais, il n'y a jamais eu de plainte pour ces accidents… Personne n'était coupable… Seulement nous-mêmes.

 
On jouait aux gendarmes et aux voleurs, on jouait avec des pétards, on n'a jamais fait brûler des voitures…
 

On partageait un coca entre quatre (quand l'on pouvait se l'acheter car c'était la bouteille en verre d'un litre)… On buvait tous à la même bouteille et personne n'est mort pour ça.

 

On n'avait pas de Play Stations, MP3, Nintendo 64, Xboxs, Jeux Vidéo, 99 chaînes de TV par câble, Vidéo graveurs, Ciné, Son “surround”, portables, Ordis, “Chat”, Internet, etc…

 
Par contre, on avait de vrais amis.

le blog de petrus


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Rédigé par philippe

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Publié le 14 Novembre 2007

Sérapion naquit à Londres en 1179. Il était le fils d' un noble de la cour d' Henri II, le capitaine Roland Scott. Il participa avec son père à la IIIème Croisade en Terre Sainte. Sous le commandement de Richard Coeur de Lion, il participa à la prise de Saint-Jean d' Acre.

La Providence voulut, que de retour de Croisade, son navire s' arrêta sur les côtes de Vénétie. Il poursuivit son trajet à terre ; mais il fut fait prisonnier par le duc d' Autriche. Son père fut libéré, mais Sérapion fut gardé en otage.

Remarqué par sa bonté, le duc Léopold d' Autriche le prit à son service. A la Cour d' Autriche, le jeune Sérapion se dédia à des oeuvres de charité. Il suivit le duc lorque celui-ci vint au secours du roi de Castille contre les Maures. Retardée par les Albigeois, l' expédition arriva le 19 juillet 1212, alors que les Musulmans avaient déjà été vaincus.

Sérapion décida de rester à la Cour du roi Alphonse de Castille et participa à plusieurs batailles. A la mort du roi en 1214, il retourna en Autriche, et participa à la Vème Croisade qui eut lieu en Palestine et en Egypte.

Cette vie aventureuse n' allait pas arriver encore à son terme, au contraire ! Il retourna en Autriche, et finalement accompagna la bienheureuse Béatrice de Souabe qui se rendait en Espagne pour épouser le futur roi de Castille, saint Ferdinand.

Il fit alors la connaissance de saint Pierre Nolasque qui avait fondé en 1218 l' Ordre des Mercédaires, pour sauver les Chrétiens captifs des Maures et retenus en esclavage. Leur quatrième voeu, en plus de ceux de pauvreté, de chasteté et d' obéissance, prévoyait même d' échanger leur vie avec les prisonniers, si les autres moyens venaient à échouer !

Enthousiaste, il décida d' entrer en 1222 dans ce nouvel Ordre. Il avait 43 ans et avait eu une vie bien remplie de chevalier, sur les champs de bataille des Croisades ! Il avait parcouru de nombreuses contrées, il était poussé par un souffle divin. Loin de lui une vie tranquille faite d' honneurs. A notre époque, cet ancien combattant se serait sans doute assagi pour relater ses souvenirs... 

Il fut d' abord chargé de l' instruction religieuse et de la réinsertion des anciens captifs retournés en Espagne. Il parcourut aussi le midi de la France et le reste de l' Espagne, en tant qu' élémosynaire, c'est-à-dire économe chargé de recueillir des fonds pour l' organisation de nouvelles " rédemptions ", c' est ainsi qu' étaient appelées les expéditions de libération. On le voit, il s' agissait d' une ONG avant l'heure...

Il partit avec saint Raymond Nonnat pour les Terres Barbaresques ( la côte algérienne actuelle ) en 1229, où ils libérèrent 150 esclaves. Il repartit presqu' immédiatement ensuite pour les Baléares fonder un nouveau couvent de l' Ordre de la Merci.

Sa deuxième rédemption, toujours avec saint Raymond Nonnat, en 1232 le ramena à Alger. Ils libérèrent 228 esclaves. Mais ceux-ci se mutinèrent sur le bateau du retour, car ils voulaient être renvoyés ailleurs. Une terrible tempête s' éleva. Pris de peur, les mutins demandèrent pardon...On le voit, la reconnaissance n' est pas toujours le fruit de la charité, lorsque l' égoïsme aveugle les consciences !

En 1239, saint Pierre Nolasque demanda à saint Sérapion de se rendre en Angleterre, son pays natal, pour défendre son oeuvre, mais son navire fut assailli par des corsaires, et saint Sérapion, molesté, fut abandonné sur une plage...


ut pupillam

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Rédigé par philippe

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Publié le 14 Novembre 2007


 Toute souffrance, d'ailleurs, aura son terme; elle fleurira en gloire et en salut, dit l'Ecriture, mais à condition que nous aurons su persévérer jusqu'à ce terme.
(
Matth, XXIV, 13)

"Ayez du coeur, dit-elle encore, et supportez le Seigneur."  (Ps XXVI,14.)

"Affermis ton coeur et supporte le Seigneur.

règle de st Benoit.

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Rédigé par philippe

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Publié le 14 Novembre 2007

Fra Angelico : foi et humanisme
Michel Feuillet
Professeur à l'université de Lyon III-Jean Moulin

samedi 17 novembre à 14h00



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Grégoire le Grand - mercredi 23 janvier 2008 à 11h00

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Rédigé par philippe

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