Publié le 3 Janvier 2019

1er Décembre 2018.

Cette femme enceinte et le père de l’enfant ont été escortés jusqu’à la maternité  alors que ces derniers étaient bloqués à Saint-Brieuc dans un embouteillage provoqué par les “Gilets jaunes.”

Escortée par les gendarmes, elle leur envoie un faire-part de naissance

Merci pour le samedi 1er décembre 2018 où vous nous avez accompagnés à la maternité de Saint-Brieuc. Arrivés à 15 heures, notre petit garçon est arrivé à 19h46 grâce à vous. Merci,” peut-on lire sur une carte de remerciement, jointe au faire-part annonçant la naissance du petit Thibault.

un beau prénom, bien de chez nous! bravo

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 2 Janvier 2019

 

 

   " Je pense, sauf meilleur avis, que la myrrhe est la première offrande des commençants; ensuite l'encens est le présent de ceux qui progressent; et enfin l'or est le don des parfaits. " abbé Guerric disciple de st Bernard.

    Ce dernier don supérieur à tous les autres, symbolise la sagesse. La Bible ne la compare-t-elle pas à l'or, cet or que l'on cherche laborieusement en creusant jusqu'aux entrailles de la terre. Aux parfaits seulement saint Paul parlait sagesse, Saint Grégoire et saint Thomas d'Aquin croient donc que c'est la sagesse que représente cet or. C'est la charité, dit Bossuet et d'autres avec lui. Mais il est facile de tout accorder. La sagesse qu'est-elle autre chose que l'expérience savoureuse d'une charité très parfaite et l'instinct qui en procède pour nous donner le sens des vérités éternelles et nous conduire à  leur lumière.

   Où le prendre, cet or de l'amour ardent et pur qui fructifie en sagesse?  Ame tiède écoute la réponse de Jésus dans l'Apocalypse :' Je te conseille d'acheter de moi cet or", en m'aimant, moi qui pour gagner ton coeur ai revêtu ma divinité impénétrable des charmes sensibles d'une ravissante humanité. Par là tu arriveras à goûter la sagesse :" Voici que je me tiens à la porte et je frappe: Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. "

    L'encens est le second présent.

   " Qu'est-ce que l'encens du chrétien ? dit Bossuet. L'encens est quelque chose qui s'exhale, qui n'a son effet qu'en se perdant: exhalons-nous devant Dieu en pure perte de nous-mêmes, puisque celui qui perd son âme la gagne:: celui qui renonce à soi-même, celui qui s'oublie, qui se consume lui-même devant Dieu, est celui qui offre de l'encens: épanchons nos coeurs devant lui: offrons-lui de saintes prières qui montent au ciel, tout ensemble qui se dilatent dans l'air et qui édifient toute l'Eglise. Disons avec David :" J'ai en moi mon oraison au Dieu de ma vie" : j'ai en moi l'encens que je lui offrirai et l'agréable parfum qui pénétrera jusqu'à lui" .

La myrrhe

    Il faut y joindre le troisième présent qui est la myrrhe. Souvenons-nous de la passion et de la sépulture de notre Rédempteur . Ensevelissons avec lui notre ancienne vie de péché, mortifions en nous toutes ces convoitises qui en sont les restes vivaces.

   Il est bien vrai que les commençants ont des raisons spéciales d'offrir cette myrrhe. Mais , comme le dit sainte Thérèse , il n'est point d'état si parfait où il ne soit nécessaire de revenir souvent aux commencements. Et pareillement, même au début de la vie spirituelle, dans l'âme qui tient au moins à conserver l'état de grâce, il faut que la charité soit déjà cet amour de Dieu préféré à tout qui la constitue essentiellement. Tous , donc, à quelque degré qu'ils soient, doivent offrir à Jésus le  triple présent des mages.

   Les parfaits continueront de pratiquer la mortification que la myrrhe symbolise . Les commençants offriront déjà à Dieu l'or de la charité. Tous élèveront leur âme vers Dieu pour lui rendre leurs devoirs et lui exposer leurs besoins.

   En retour de leurs présents, et surtout en réponse à cette prière que figurait et accompagnait leur encens, les mages furent avertis en songe de prendre un autre chemin pour gagner leur pays. Qui les avertit? Le Seigneur Jésus lui-même. Sans doute le divin Enfant ne parlait pas encore. Mais déjà il était celui qui pourra dire : Je suis la Voie. Et c'est lui qui les inspira par son influence secrète.

   A la suite de nos chefs, il faut nous aussi retourner dans notre patrie. " Notre patrie, dit saint Grégoire à ce propos, c'est ce paradis dont nous sommes éloignés par l'orgueil, la désobéissance, l'attache aux choses sensibles, le goût du fruit défendu .

   Maintenant que nous avons connu Jésus, il nous faut changer de conduite. Pleurons nos fautes, obéissons aux commandements divins, méprisons les biens de ce monde visible, et réprimons les convoitises de la chair. C'est ainsi que nous retournerons dans notre pays.

   L'humble petite lumière qui brille dans la nuit à conduit les mages et leur suite innombrable jusqu'au Christ, qui est en personne cette belle étoile annoncée comme devant sortir de Jacob. Il s'est proclamé lui-même " l'astre radieux du matin" dont l'éclat tempéré, dans la vie d'ici-bas, " rassure les fidèles sur l'incertitude du présent et de l'avenir , et les prépare à contempler dans son plein le Soleil de Justice."

   Pour obtenir de parvenir enfin dans la plénitude de la lumière divine où les mages entraînent nos âmes, l'Eglise nous fait réciter, pendant toute l'octave de l'Epiphanie, une belle oraison qui résume parfaitement l'enseignement mystique de cette marche à l'étoile :"

O Dieu qui avez révélé aujourd'hui votre Fils aux nations, en leur donnant pour guide une étoile, faites, dans votre bonté, que , vous ayant déjà connu par la foi, nous arrivions à contempler l'éclat de votre gloire, "

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Janvier 2019

 

¡Levántate!

 

    Nous avons la foi pour étoile, comme nous le rappelle la collecte de la messe. Une étoile, ce n'est pas le soleil qui chasse toutes les ténèbres et fait le jour, c'est le point lumineux qui brille au milieu de la nuit, qui se contente d'orienter, et, sans dissiper les ombres, de conduire à travers. Ainsi la foi nous montre la route, nous invite suavement au voyage, si nous voulons y prêter attention.

   Cette petite lumière surnaturelle, ne la traitons pas comme une de ces veilleuses nocturnes qui continuent de briller, sans que l'on y prenne garde; que l'on n'ose pas éteindre, car on sait qu'il sera bon peut-être de la retrouver ; mais devant laquelle on met un écran pour qu'elle ne gêne pas notre sommeil ou ne nous empêche pas de commettre nos actions dans les ténèbres.

   Bien d'autres que les mages virent aussi l'étoile et ne se soucièrent point de quitter leur pays et leurs habitudes. Ils se moquèrent de ces rêveurs qui partaient dans la direction de ce signe céleste, sans savoir où il les mènerait. Debout! Ce sont ces rêveurs qui ont raison. Partons dans la direction de l'étoile. Suivons la voie que nous indique notre foi chrétienne, quand par une inspiration de la grâce du Saint-Esprit elle brille plus vivement dans la nuit de notre âme.

   " Je ne sais quoi vous luit au-dedans, dit Bossuet: vous êtes dans les ténèbres et les amusements, ou peut-être dans la corruption du monde; tournez vers l'Orient où se lèvent les astres; tournez-vous à Jésus-Christ qui est à l'Orient, où se lève comme un bel astre l'amour de la vérité et de la vertu: vous ne savez encore ce que c'est, non plus que les mages, et vous savez seulement en confusion que cette nouvelle étoile vous mène au roi des Juifs, des vrais enfants de Juda et de Jacob; allez, marchez, imitez les mages." Nous avons vu son étoile et nous sommes venus". nous avons vu et nous sommes partis à l'instant. Pour aller où? Nous ne le savons pas encore; nous commençons par quitter notre patrie. Quittez le monde de même , le monde pour lequel la nouvelle étoile, la chaste inspiration qui vous ébranle le coeur, commence à vous inspirer un secret dégoût. Allez à Jérusalem; recevez les lumières de l'Eglise: vous y trouverez les docteurs qui vous interpréteront les prophéties, qui vous feront entendre les desseins de Dieu: et vous marcherez sûrement sous cette conduite".

   S'il est bon d'aller trouver les docteurs, pour qu'ils nous encouragent et nous expliquent notre route, quand la lumière nous est donnée, c'est surtout quand celle-ci disparaît et nous laisse parfois dans l'obscurité complète , qu'il faut recourir aux conseils de ceux que Dieu a établis pour enseigner et commander en son nom dans l'ordre du salut. Votre âme qui marchait  à la lumière de sa petite étoile se trouve soudain dans la nuit. Pas une clarté pour lui montrer le chemin. Elle ne sait plus où elle en est. Consultez les guides spirituels qui ont appris le plan de Dieu dans la conduite des âmes. Ils pourront vous renseigner sur la route à suivre. Obéissez humblement. Dieu récompensera bientôt votre docilité en vous montrant de nouveau sa lumière. Comme les mages, cheminant vers Bethléem, aperçurent tout à coup l'étoile au-dessus de la petite ville et ressentirent une grande allégresse, les âmes ont la joie quelque jour d'éprouver la conviction intime qu'elles sont dans le droit chemin. En vérité, pensent-elles, cette route où je m'en allais aveuglément par obéissance est la bonne voie, c'est le chemin qui conduit au divin Roi.

   Et si l'étoile projette son rayon de lumière sur une pauvre demeure, sur un enfant de misérable apparence, qu'importe? A la clarté de l'étoile et avec les yeux de la foi, l'âme voit au-delà des apparences . " Voyez, dit saint Bernard,  qu'elle est la pénétration des yeux de la foi! La foi reconnaît le Fils de Dieu à la mamelle, elle le reconnaît attaché à ce bois, elle le reconnaît jusque dans la mort. Le larron le reconnaît sur le gibet, les mages dans l'étable; celui-là malgré les clous qui l'attachent, ceux-ci à travers les langes qui l'enveloppent. "

   Cependant notre foi, plus ou moins vive , peut influencer plus ou moins notre conduite. Or à quelque degré de la vie spirituelle que nous nous trouvions, l'un ou l'autre des rois mages peut nous servir d'exemple.

   Celui-là, le plus jeune dans les images  traditionnelles, l'homme au visage noir, représente assez bien l'âme qui n'est pas encore débarrassée du péché. Il regarde de loin , serrant sa cassette bien fermée sur son coeur. C'est le commençant, sollicité de se convertir, de conformer sa vie à la foi qui l'éclaire. Il hésite à faire le pas décisif, à donner à Jésus ces trésors que des créatures séduisantes réclament de lui ou qu'il serait tenté de se réserver égoïstement. Enfin il cède à la grâce.

   Pour Notre-Seigneur il faut tout quitter et se quitter soi-même. Ne marchandons pas plus longtemps. Alors qu'il nous a tant aimé, ne l'aimerions-nous pas en retour?

Il n'a pas marchandé, lui. " Tandis qu'il subsistait dans la forme de Dieu, dit saint Paul, il ne s'attacha pas jalousement à l'égalité avec Dieu, mais il s'anéantit lui-même en prenant la forme de l'esclave, c'est-à-dire en devenant semblable aux hommes. Par tout ce qui paraissait de lui faisant l'impression d'être un homme, il s'humilia lui-même et se rendit obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix . "

   Les âmes en qui l'amour de Dieu a triomphé du péché et de ses convoitises et qui progressent dans la vertu trouvent leur modèle dans cet autre mage à la cassette entr'ouverte qui marche tout droit vers Notre-Seigneur. Il s'incline déjà, met un genou à terre et quitte sa couronne. Il faut faire l'effort pour avancer peu à peu,  à pas d'amour toujours plus grands. Celui-là est parvenu à l'âge mur. Ce n'est que tardivement, après avoir longuement persévéré dans l'effort, que l'on approche de la perfection.

   Il y est arrivé, ce troisième, le vieillard à cheveux blancs, à longue barbe blanche. Voyez-le, prosterné devant Jésus que Marie, siège de la divine Sagesse, lui présente et qui lui tend lui-même ses petits bras. De tous ses yeux le bon vieillard regarde le divin Enfant. De tout son coeur il lui baise les pieds.

   Ah! il est détaché de tous les biens d'ici-bas , comme le signifie cette couronne qu'il a déposée par terre! Il ne pense plus qu'à une chose, s'unir à Dieu toujours plus. Il n'a qu'un désir, mourir pour demeurer avec le Christ. C'est l'état des parfaits, tel que nous le décrit saint Thomas d'Aquin.

rp Joret op+

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 31 Décembre 2018

 

 

Bonjour Philippe,
Belle et sainte année 2019!
En union de prière,
Fr. Geoffroy osb +

abbaye de Solesmes.

 

feliz y santo año 2019!

para mi amigos de Alicante !

happy and holy year 2019!

счастливый и святой 2019 год!

Друзья! Дорогие!
С наступающим новолетием! Спасибо за счастливый и трудный год! За все свершения и дружбу, за искреннюю помощь и теплоту ваших сердец! Пусть будет много добрых и счастливых мгновений жизни и неустанная благодарность Богу за всё!
Берегите друг друга!

"! Que haya muchos momentos buenos y felices en la vida y una gratitud incansable a Dios por todo!
¡Cuídense unos a otros!"

Nathalia de Moscou.

 

frohes und heiliges Jahr 2019 !

明けましておめでとうございます !

ახალ წელს გილოცავთ!!!

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 31 Décembre 2018

    La tradition a ajouté à ce court récit des détails dont l'office de l'Epiphanie s'est embelli. Mais surtout la légende a brodé sur ce thème magnifique. Notons bien d'ailleurs que tous ces développements ne font qu'exprimer d'une façon grandiose la vérité de l'appel divin adressé par Dieu à toutes les nations du monde qui commencent dès ce jour à s'ébranler pour y répondre.

   Cet astre qui ne fut probablement qu'une comète, on a coutume d'y voir un météore créé tout exprès et qui rentra dans la matière universelle après avoir rempli sa mission. D'aucuns même ont pensé que c'était un ange: le même qui apparut aux bergers de Bethléem sous forme humaine se serait montré aux mages sous l'aspect d'une étoile. Certains ont été jusqu'à y reconnaître une manifestation visible de cet Esprit-Saint qui éclaire les âmes et les conduit.  De même que par une secrète inspiration il fera monter au temple, pour y trouver l'Enfant-Dieu, les justes Siméon et Anne, habitués à vivre dans sa lumière intérieure, il prend aujourd'hui cette apparence sensible pour se mettre à la portée des âmes des Gentils encore ensevelies dans les choses matérielles. Saint Thomas d'Aquin énumère ces trois opinions et préfère la première.

   Quoi qu'il en soit de cette divergence dans l'interprétation, la plupart s'accordaient à penser que cette étoile merveilleuse brillait pour les mages le jour aussi bien que la nuit, sauf à disparaître parfois comme elle le fit tant qu'ils s'arrêtèrent près d'Hérode.

   On se la représentait remplissant l'office de la colonne de nuée au désert, s'avançant au-devant eux pour les conduire en assurance et s'arrêtant quand l'heure de la halte était venue. Enfin on croyait qu'elle était descendue des hauteurs célestes pour se fixer sur le séjour de la sainte famille .

   Ainsi comprenait-on, en forçant les termes plutôt que de les atténuer, le récit de saint Matthieu qui nous montre les mages cheminant entre Jérusalem et Bethléem . " L'étoile qu'ils avaient vue en Orient les précédait jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur la demeure où était l'Enfant."

 

   La tradition veut encore que ces hommes fussent non seulement des savants et des prêtres, comme l'indique leur titre de mages, mais aussi des rois. Tertullien déjà le pensait. Le psalmiste n'avait-il pas prédit l'évènement raconté par saint Matthieu en disant que les rois d'Arabie et de Saba apporteraient des présents au Messie. Dans ces conditions les mages étaient des conducteurs de peuple à tout point de vue. Les rois gouvernent les corps , les savant dirigent les esprits, les prêtres commandent aux âmes.

   Et ce sont tous les peuples du monde qu'ils entraînent à leur suite. On ne tarda pas à fixer à trois leur nombre que saint Matthieu ne détermine pas  . Trois autant que de races humaines, autant que de parties connues du monde ancien. Aussi bien dans les images traditionnelles, l'un des rois mages est-il un sémite, tandis qu'un autre appartient à notre race blanche et que le troisième à la physionomie d'un noir. Cela est invariable depuis le XIVème siècle, depuis le XVème siècle surtout. Mais dès le VIII ème siècle le vénérable Bède émettait l'idée que les trois premiers adorateurs de Jésus représentaient l'Asie, l'Europe et l'Afrique. Réunis miraculeusement pour s'avancer ensemble à la suite d'une même étoile. Balthasar, Melchior, Gaspar, sont les premiers des Gentils qui s'en vont, chefs de file, emmenant tout le genre humain vers Jésus. Splendide réalisation de la prophétie d'Isaïe que l'Eglise nous fait lire à l'épître :

   Lève-toi, Jérusalem, et resplendis! Car ta lumière paraît. Et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi.

Car les ténèbres couvraient la terre,

Et une sombre obscurité, les peuples;

Mais sur toi le Seigneur se lèvera.

Et sa gloire resplendira sur toi.

Les nations marcheront vers ta lumière,

Et les rois vers la clarté de ton lever. 

Porte tes regards alentour, et vois:

Ils se rassemblent tous, ils viennent à toi

Tes fils viennent de loin,

Et tes filles sont portées sur les bras.

Tu le verras alors et tu seras radieuse;

Ton coeur tressaillira et se dilatera;

Car les richesses de la mer se dirigeront vers toi.

Les trésors des nations viendront à toi.

Des dromadaires en foule te couvriront.

Les jeunes chameaux de Madian et d'Epha;

Tous ceux de Saba viendront,

Apportant de l'or , et de l'encens,

Et publiant les louanges du Seigneur.

 

 

 

rp Joret op +

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Décembre 2018

  

   Pour se guider la nuit à travers les terres inconnues ou sur l'immensité uniforme des mers, les hommes lèvent les yeux au ciel et se règlent sur une étoile. Si même le ciel est voilé, ils peuvent encore reconnaître leur route grâce à la boussole dont l'aiguille tremblante s'oriente d'elle-même vers la polaire. Les hommes seront-ils moins favorisés quand il s'agit de leur conduite spirituelle? Non. A la naissance de Jésus une autre étoile s'est levée et surtout un instinct surnaturel s'est manifesté au fond des âmes de bonne volonté pour les orienter à travers les ténèbres de l'existence terrestre vers le divin Sauveur. Voyage émouvant, grandiose pèlerinage.

   Le fait historique est raconté par l'évangéliste saint Matthieu. "Jésus étant né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voilà que des mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem, disant :" Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu son étoile à l'orient et nous sommes venus l'adorer."

   Reprenons ce texte mot à mot. " Jésus étant né à Bethléem de Judée. " Ce grand fait qui domine toute l'histoire du monde, qui met fin aux temps anciens et marque le début de l'ère nouvelle en laquelle nous vivons, l'évangéliste doit le dater par le règne du sanguinaire Iduméen qui s'est emparé du sceptre sacré de David et gouverne les Juifs. " C'était au temps du roi Hérode."

   Dans Jérusalem à qui le tyran a du moins donné une grande splendeur en rebâtissant le Temple avec munificence, voici qu'une extraordinaire caravane a pénétré. Ce sont des hommes à la noble allure, mais aux costumes étranges et aux manières mystérieuses. " Des mages venus d'Orient", écrit saint Matthieu.

   Les chefs religieux des Perses portaient le nom de mages, et les plus vieilles peintures que nous ayons de cette scène donnent aux adorateurs de Jésus le bonnet phrygien et le costume des prêtres persans. Si cette opinion fut suivie par la plupart des Pères anciens, il faut avouer pourtant qu'elle s'accorde moins bien avec les autres termes de saint Matthieu qui fait venir les mages d'Orient. L'Arabie au contraire correspond exactement à cette direction, et les présents qu'apportaient les nobles étrangers sont des produits de ce pays. Les prêtres persans n'étaient pas seuls d'ailleurs à porter le nom de mages. Ce titre désignait aussi des sages spécialement adonnés à l'astronomie.

   L'Esprit-Saint qui inspirait l'auteur sacré semble avoir voulu que la qualité de ces hommes et leur origine et leur nombre demeurassent imprécis, afin de laisser la place libre pour les beaux développements que l'on trouvera plus tard concernant ces prémices des nations en marche vers le Christ.

   Ils sont venus poussés par la grâce de Dieu qui remplit l'univers et tournent les âmes de bonne volonté vers celui en qui seul réside le salut. Providentiellement dispersés à travers le monde , les Juifs y avaient partout répandu leurs idées messianiques. Un espoir était né que de la Judée viendrait un roi qui étendrait son empire sur tout l'univers. Les historiens romains Suétone et Tacite mentionnent cet espoir . Mais les Orientaux surtout vivaient dans cette attente.

   On aimait d'ailleurs à chercher dans les astres des présages de ce qui arriverait sur la terre. Ne parle-t-on pas encore, en vertu d'une vieille habitude, de naître sous une bonne étoile?  On croyait surtout que des phénomènes célestes annonçaient la naissance des grands hommes et spécialement des princes qui auraient un règne glorieux ... Dieu prend les âmes comme elles sont et leur parle le langage qu'elles peuvent comprendre. Celui qui se gagnera les pécheurs du lac par le moyen d'une pèche miraculeuse, qui essayera aussi de convertir les Docteurs de la Loi en leur expliquant les Ecritures, éclaire intérieurement les mages astronomes à propos d'un astre nouveau.

   On se les représente en leur lointain pays, ces vieux sages orientaux. Un soir, de la terrasse de leurs demeures, ils observent comme de coutume le ciel où apparaissent les premières étoiles et se dessinent les belles constellations qui leur sont familières.... Mais quel est cet astre imprévu qui brille du côté du Levant? On peut penser , à la suite d'Origène, que c'était une comète. Le Père Lagrange raconte à ce propos qu'il fut très frappé de voir en 1910 , à Jérusalem, la comète de Halley, très brillante à l'Orient d'abord, disparaître ensuite et se montrer plus tard du côté de l'Occident. Une comète a d'ailleurs l'air de surplomber le point de la terre vers lequel se tourne sa traînée lumineuse. Ainsi seraient expliqués plusieurs détails de l'histoire qui va suivre.

   On est ainsi porté à croire que ce fut une comète qui mit les mages en éveil.

 

    Une idée leur vint aussitôt qui s'imposa surnaturellement à leur esprit comme une certitude: Le grand roi promis doit être né. Ils y songeaient dans leurs méditations solitaires. Ils en parlèrent, les nuits suivantes, en regardant le bel astre nouveau. Enfin leur décision fut prise de se mettre en chemin, coûte que coûte, vers cet enfant pour lui présenter leurs hommages.  Un jour, ayant tout préparé et fait provision des choses les plus précieuses que produisait leur pays et que les étrangers y venaient chercher de loin, ils partirent. Le but, c'était cette Judée depuis longtemps désignée pour la naissance du Roi universel. Ils arrivèrent enfin à Jérusalem, la capitale du royaume. Sûrs d'avoir atteint le terme de leur voyage, ils interrogèrent le premier venu :" Où est le roi nouveau-né? " Car l'idée ne se présentait pas à leur esprit que quelqu'un pût ignorer le grand évènement.

   Ce fut au contraire une surprise générale. Nul ne savait rien. " Nous avons pourtant vu son astre " , disaient les étrangers autour desquels on faisait cercle .  Ils s'expliquaient, et de proche en proche un grand émoi se répandait bientôt dans toute la ville. L'arrivée de ces hommes singuliers, l'extraordinaire question qu'ils posaient et ce phénomène céleste que l'on avait vu pareillement mais qui prenait soudain sa grande signification, tout y contribuait. " Une étoile sortira de Jacob, un sceptre s'élèvera d'Israël;" On savait cette prophétie. Le peuple songe aussitôt au Messie tant espéré. Si c'était lui enfin!

 

(à suivre)

rp Joret op +

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Décembre 2018

 

 

    Hérode fût bientôt prévenu par sa police et l'évangéliste  nous dit que lui aussi fut ému, mais d'une toute autre façon. L'usurpateur avait pris toutes les précautions pour que nul ne pût le détrôner. Jamais pourtant il n'avait sérieusement envisagé l'hypothèse de ce compétiteur messianique. Et voilà que son image surgissait soudain inquiétante. Hérode troublé fait rassembler en toute hâte les princes des prêtres et les docteurs du peuple. " Où doit naître le Christ? - A Bethléem de Judée, lui répondit-on. C'est écrit dans la prophétie de Michée :" Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la plus petite parmi les princes de Juda, car de toi sortira le Chef qui doit régir mon peuple Israël."

   Hérode se tranquillise. Bethléem est toute voisine. Et il sait que dans cette petite bourgade nul parmi les hommes en âge de porter les armes n'est capable de l'inquiéter.  S'il y a vraiment un enfant indésirable, il sera toujours temps de le faire disparaître; Mais tout cela lui parait bien chimérique. Il ne tient pas à se ridiculiser personnellement dans l'aventure de ces étrangers en envoyant ses soldats à leur suite. Les mages eux-mêmes le serviront, s'il y a lieu d'intervenir. Le vieux politique les fait donc appeler . Il affecte d'entrer dans leur préoccupation pour gagner leur confiance. " C'est à Bethléem, leur annonce-t-il, que doit naître le roi que les Juifs attendent. Voici la route, . Allez, enquérez-vous exactement de l'enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, annoncez-le moi afin que moi aussi j'aille me prosterner devant lui."

   Les mages partirent tout de suite pour Bethléem. Durant qu'ils cheminaient, le soir tombe. C'était l'heure où avant les premières étoiles brillaient déjà les planètes. Leurs yeux de temps en temps se levaient là-haut et contemplaient les astres qui s'allumaient dans l'immensité. Soudain la comète qu'ils avaient vue vers l'Est apparut de nouveau, mais du côté du Sud cette fois. Ils poussèrent un cri d'allégresse. Elle était là en face, suspendue au-dessus de Bethléem vers laquelle se projetait sa traînée de lumière. Ils pressèrent le pas et se trouvèrent enfin devant un humble logis que semblait désigner la clarté céleste. C'est ici. Leur vieille expérience et les réflexions de leur sagesse ont depuis longtemps appris qu'il ne faut pas se fier aux apparences. La grâce de Dieu leur vient en aide au surplus, et ils ne semble pas s'étonner que la demeure du roi qu'une étoile annonce là-haut soit si misérable ici-bas.

   Ils descendent de leurs montures et franchissent le seuil. Une jeune femme se lève à leur entrée. C'est Marie avec son enfant dans ses bras. Ils se taisent, tout émus, admirant sa grâce incomparable qui rayonne au centre de cette  pauvre maison . Eux qui ont longuement vécu et tant voyagé par le monde n'ont jamais rien vu de si beau. En vérité, c'est une reine, et cet enfant qu'elle tourne vers eux, c'est bien celui-là même qu'ils cherchent. Religieusement ils se prosternent et ils adorent le petit roi mystérieux. Puis ils ouvrent leurs cassettes et présentent pour lui à sa mère de l'or pur, de la myrrhe odoriférante et de l'encens arabique.

   Les bons mages avaient bien l'intention de retourner à Jérusalem le lendemain pour voir Hérode et lui faire part de leur découverte. Mais durant leur sommeil l'ange de Dieu les avertit en songe de n'en rien faire.  Bien avant l'aurore ils se levèrent et par une autre route retournèrent dans leur pays.

   Telle est l'histoire des premiers adorateurs de Jésus venus de la Gentilité.

 

  

  

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Décembre 2018

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 28 Décembre 2018

 

muy bonito para Pedro i su familia!

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Décembre 2018

Rédigé par Philippe

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