Publié le 6 Janvier 2021

 

 

 

 

+ ÉPIPHANIE

 Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU 

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault 

(Fontgombault, le 6 janvier 2021)

 

 « Vidimus stellam ejus. »

 

 « Nous avons vu son étoile. » (Mt 2,2)

 

 Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

Il y a presque deux semaines, la crèche nous accueillait pour fêter la naissance de notre Rédempteur. L’Église nous convie aujourd’hui pour son Épiphanie, sa manifestation au monde. De fait, la naissance de l’Emmanuel, « Dieu avec nous », a été très discrète, cachée aux yeux des foules : une étable retirée, Marie et Joseph, seuls, puis quelques bergers convoqués par les Anges. Ce fut tout. Les bergers, des hommes silencieux, avaient probablement gardé le secret divin. Désormais, le temps est venu de la proclamation de cet événement. À qui sera-t-il révélé , et comment ? 

 

Dieu est surprenant. Dans la nuit de Noël, des Anges avaient porté l’annonce de la divine naissance aux pasteurs. N’est-ce pas leur rôle de messagers divins ? Mais aujourd’hui, quel n’est pas notre étonnement de voir arriver dans nos crèches le déploiement de couleurs et d’animaux qui accompagne les mystérieux rois ! Les noëls populaires ont multiplié les couplets à leur sujet. L’arrivée de ces dignitaires à Jérusalem n’aura pas manqué de susciter un certain désordre dans la ville. Bien vite, la nouvelle est parvenue aux puissants, d’autant que les Mages souhaitaient les rencontrer. Ces hommes venus d’Orient révèlent à Hérode, aux princes des prêtres et aux scribes, l’existence de l’étoile et la naissance de l’Enfant-Roi. En retour, ils reçoivent des savants l’indication du lieu où trouver celui que la prophétie appelle « le Chef qui gouvernera Israël. » Que les destinées humaines sont différentes ! À ce nom de Bethléem en effet, les Mages reprennent la route. Ils poursuivent le long chemin débuté sous le signe humble et discret de l’étoile ; et voici justement qu’apparaissant de nouveau devant eux, elle s’arrête au-dessus du lieu où repose le nouveau-né. La joie dans le cœur, ils poussent la porte de l’étable. Les puissants de Jérusalem, eux, ne consentiront pas à parcourir la dizaine de kilomètres vers Bethléem. Sur le chemin de Dieu, ils étaient immobiles et ils le demeureront. Bien plus, ils feront parcourir à d’autres ce chemin, non pour adorer l’Enfant, mais pour le tuer. L’annonce de la naissance du Messie, bien loin de consoler leur attente, ne suscite en eux que la haine et la crainte. Mais l’Enfant échappe de leurs mains, et la prophétie d’Isaïe se réalise : sa naissance n’est pas demeurée secrète, car voici que la gloire du Seigneur se lève, et que sa clarté illumine les nations : les peuples marchent à sa lumière, et les rois à l’éclat de son aurore (cf. Is 60,1-3). 

 

À notre tour, nous sommes convoqués à la crèche. Quel chemin prendrons-nous ? Celui d’Hérode ? Celui des Mages ? Chemin de ténèbres ou chemin de lumière ? 

 

Les Mages ont été attentifs aux signes des temps, à ces circonstances qui entourent nos vies et qui demeurent, même quand elles semblent contraires, le don de la Providence, toujours accompagné de la grâce nécessaire pour faire face au présent selon la volonté de Dieu. Dieu vient à nous dans les événements. Rien n’échappe à sa Providence.

Les Mages, dociles aux signes divins, acceptent donc de se mettre en route, de renoncer à leurs projets, à leurs habitudes. Ils font le choix radical de Dieu. Ils se convertissent et le font vraiment. Une lointaine velléité, une vague volonté ne convient pas. Il faut des actes et des actes concrets, répétés. Ils partent et non pas les mains vides : c’est un Roi qu’ils viennent visiter, et dont ils ont vu l’étoile. L’évangile rapporte qu’avant de quitter leurs contrées lointaines, ils ont pris avec eux de l’or, de l’encens et de la myrrhe. L’antienne de Benedictus au lendemain de l’Épiphanie précise : « l’or, car il est le grand Roi ; l’encens, puisqu’il est le vrai Dieu ; la myrrhe destinée à sa sépulture. » 

 

Les voici arrivés à la crèche. Autant saint Matthieu a détaillé l’étape à Jérusalem auprès d’Hérode, autant il décrit sobrement l’arrivée à l’étable. Ils entrent. Ils trouvent l’Enfant et sa Mère. Ils se prosternent, adorent, offrent leurs présents et s’en retournent par un autre chemin. Quel contraste entre la rencontre tourmentée d’Hérode avec l’Enfant de la crèche et celle des Mages : pour eux, pas de rendez-vous, pas d’attente, pas de douane à l’entrée. La seule douane sur le chemin de la rencontre avec Jésus est celle que nous placerions, comme Hérode, à la porte de notre propre cœur. L’oreille du Seigneur demeure ouverte à qui s’adresse à lui. Les Mages ont simplement vu une mère et son enfant. Malgré ce peu, ils se prosternent et adorent. La banalité de ce qu’ils voient n’est pas un obstacle à leur entrée dans le mystère de cette naissance qui leur a demandé un si long voyage. Ils ne sont pas déçus. Bien plus, ils se laissent imprégner par l’enseignement de cette présence. Dieu est inépuisable. Nul ne sort inchangé de la rencontre avec Lui. Les Mages offrent à l’Enfant de la crèche l’or, l’encens et la myrrhe, ce qu’ils ont de plus beau et de plus significatif. 

 

Et nous, quel cas faisons-nous de l’invitation à rencontrer le Christ en chaque instant ? Qu’allons-nous offrir à l’Enfant qui vient à nous ? Il est Roi, d’une royauté qui n’est pas semblable à celle des grands de ce monde : il règne sur les cœurs. Offrons-lui donc l’or de nos cœurs. Il est Dieu : il a donc droit à l’encens de notre prière. La myrrhe enfin évoque sa tragique destinée, sa mort, pour nous gage du salut. L’Enfant de la crèche attend donc notre amour, notre prière, notre misère.

 

 Le mystère de Noël invite à ne pas séparer le don à Dieu de notre cœur, l’offrande de notre prière, et le don de notre misère. Jésus attend tout de nous comme il le disait un jour à saint Jérôme : « Tu ne m’as pas tout donné ; tu ne m’as donné ta misère. » Nul ne l’aime vraiment s’il ne répond pas à cette dernière attente.

S’il nous faut quitter la crèche, demeurons avec Dieu. Poursuivons notre vie par un autre chemin, libérés du poids de la misère abandonnée aux pieds de l’Enfant ; nous souvenant aussi que la porte de la crèche demeure ouverte, si quelque misère à nouveau venait assombrir notre horizon.

Une étoile luit sur chacune de nos vies, l’étoile, signe d’Espérance, témoin de l’amour inépuisable de Dieu qui, dans la crèche de Bethléem, a voulu recevoir le nom de Jésus : Dieu Sauveur. 

 

Amen.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 6 Janvier 2021

 

 

 

 

 

"Nous sommes venus pour adorer."

 

Telle est la motivation que les trois rois donnent pour leur long voyage depuis l'Orient. Nous sommes venus pour adorer.

Avec cette seule phrase, ces trois braves hommes ont involontairement donné le ton à toute l'histoire de l'Église catholique et en particulier à cette partie de l'Église appelée les ordres monastiques. En effet, s'il y a un aspect fondamental de la vraie religion, s'il y a une idée globale qui prime sur toutes les autres dans la vie monastique et religieuse, c'est bien l'accomplissement consciencieux du premier commandement. Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n'auras pas de dieux étrangers devant moi. Les mages entreprennent un long et périlleux voyage. Ils n'épargnent aucun effort. Ils ne craignent aucun obstacle. Ils se sont même mis en avant face à une éventuelle persécution d'un roi méchant, pervers, méchant et vengeur. Ils sont venus pour adorer. Rien ne les arrêtera. Ils n'accepteront pas de demi-mesures, pas de paroles en l'air. Ils sont venus pour adorer et adorer qu'ils le feront.

 

Leur adoration prend deux formes distinctes.

 

Il y a d'abord leur acte de prosternation.

Ils ne s'agenouillent pas simplement devant le Dieu nouveau-né; ils se prosternent, couchés face au sol, dans un acte qui, mieux que tout autre, manifeste la soumission totale de soi à Dieu, l'oblation totale de tout son esprit et de toutes ses énergies au Seigneur.

C'est un acte de latrie, c'est-à-dire d'adoration qui est dû à Dieu seul.

C'est étonnant de voir comment ces hommes, originaires d'un pays païen, ont pu reconnaître Dieu sous le couvert d'un enfant sans défense, et nos contemporains sont incapables de le reconnaître dans la grandeur de 2000 ans d'histoire glorieuse de l'Église, de la vie des saints. et d'innombrables miracles.

Comme nous l'a dit ce matin saint Grégoire le Grand à propos des Juifs qui refusent de croire: les pierres mêmes ont professé leur foi au Seigneur Jésus quand il est ressuscité des morts, mais leur cœur est plus dur que la pierre! Que dire de nos contemporains qui se heurtent la tête contre le Rocher, protestant qu'ils n'ont pas besoin de Dieu, mais comme leurs ancêtres de tous âges, créant leurs propres idoles à leur goût.

 

Cela fera bientôt un an que notre monde est plongé dans le désordre d'une nouvelle forme d'idolâtrie, que l'on pourrait appeler le culte de la bonne santé.

Il a mis en place un rituel assez impressionnant et élaboré avec des actes de respect d'autrui avec des espaces spécifiques pour se lever et s'asseoir, des purifications rituelles et des voiles mystérieux qui cachent l'éclat du visage humain.

Cette nouvelle liturgie est omniprésente et étend ses tentacules sur la terre, faisant toujours de nouveaux convertis. Nous ne pouvons que penser qu'une telle folie est le juste châtiment pour le rejet du Christ-Roi, même dans l'Église. Depuis des décennies maintenant, Notre-Seigneur a été réduit à un autre dieu dans le panthéon moderne. Et comme cela s'est produit si souvent dans l'Ancien Testament, se détourner du seul vrai Dieu implique de courir après plusieurs dieux qui ne sont pas des dieux et qui ne font que rendre la vie misérable et inhumaine.

 

Dans ce contexte, la vie des moines est d’autant plus importante.

En effet, toute la vie du moine, qu'est-ce que c'est si ce n'est pas de l'adoration?

Du matin au soir et même pendant la nuit, le moine vient continuellement devant le Seigneur pour adorer, pour témoigner de la grandeur du seul vrai Dieu. Il vient pour adorer, déposer aux pieds du Maître ses pensées, ses paroles et ses actes, chacun de ses instants et désirs. Tota die benedicent ei, a prophétisé le grand Psaume de l'Epiphanie, Psaume 71:

Toute la journée, ils béniront le Nom du Seigneur.

Et quels sont les vœux monastiques sinon les choses mêmes symbolisées par les trois dons des mages?

L'or précieux signifie l'amour de Dieu par-dessus tout.

Le moine, par son vœu de pauvreté, déclare à Dieu qu'il suffit, qu'il ne faut plus rien. Le moine déclare au monde que rien ne vaut s'il n'est pas référé à Dieu et qu'en fin de compte une vie qui n'est pas vécue pour Dieu est la plus misérable pauvreté.

La myrrhe qui est amère mais qui préserve ce qu'elle touche, signifie la pureté de chasteté que le moine offre à Dieu, professant que son amour seul suffit et disant au monde qu'aucune attraction ne peut exercer son influence sur un cœur qui a été captivé par le créateur.

Cela pousse cette âme à renoncer à beaucoup de choses et à embrasser de nombreuses difficultés et sacrifices afin de devenir forte et de se préserver pure comme un sacrifice vivant offert en adoration à Dieu.

L'encens qui monte au ciel avec son odeur parfumée et représente la prière qui monte devant le trône de Dieu, symbolise le vœu d'obéissance par lequel le moine laisse son esprit et sera captivé par l'homme de Dieu, lui remettant tous ses plans et des projets, protestant que rien ne pourrait lui être plus cher que l'accomplissement du plan de Dieu, qui est toujours meilleur, plus épanouissant et gratifiant que le nôtre. De cette manière, chaque religieux continue sur terre ce beau rôle des trois rois.

 

En cette fête, et en ce moment historique, prions pour que le travail qui a été commencé ici se poursuive pendant des siècles à venir, que de nombreux autres jeunes hommes, et peut-être un jour aussi des jeunes femmes, puissent voir l'étoile, et comprendre ce que cela signifie.

En effet, l'étoile peut être comprise comme le signe d'une vocation.

Quand les mages l'ont vu, leur cœur était rempli de joie et de désir; puis, pour obtenir l'objet de leur désir, ils ont dû faire de grands efforts et traverser de nombreux périls, et finalement ils ont été récompensés en présence de l'Enfant Dieu.

Et oh, quels torrents de joie céleste le bébé divin doit-il avoir déversé dans le cœur de ces saints hommes!

De la même manière, dans l'esprit et le cœur de nombreux jeunes hommes et femmes, une étoile se lève, qui les conduit, malgré les obstacles, vers le but qu'ils prévoyaient depuis le lointain pays de leur vie dans le monde. Certains d'entre eux rencontrent de la résistance; ils ne sont pas compris. Mais comment pourraient-ils être compris par le monde lorsqu'ils sont appelés au Ciel? Comment pourraient-ils être compris par Babylone, la ville de la confusion, lorsqu'ils sont appelés à Jérusalem, la vision de la paix?

 

Que cette étoile se lève aujourd'hui et que beaucoup la voient, de sorte qu'à partir du lever du soleil son coucher, de sorte qu'à partir d'ici, dans ces régions les plus éloignées du monde, l'extrême-orient où commence le jour, ici dans le domaine de Jérusalem, à aux extrémités de notre monde, il peut toujours y avoir des hommes et des femmes qui chantent les louanges de Dieu, qui proclament au monde entier par toute leur vie, par ce qu'ils sont ce qu'ils font: montrez-nous le roi qui vient de naître dans nos cœurs , pour rien d'autre et personne d'autre ne peut nous satisfaire.

Nous voulons Dieu et nous sommes venus adorer.

 

notre dame priory. 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Janvier 2021

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Publié le 5 Janvier 2021

 

 

 

 

 

 

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Publié le 5 Janvier 2021

 

 

   

 

 

   Notre- Dame demande du vin matériel, le Christ lui fait demander un breuvage spirituel, son propre sang, et il ne lui refuse ce qu'elle ne demande pas que pour lui promettre de l'associer étroitement à l'oeuvre de notre salut.

   Car c'est sur la croix, assisté par son épouse, et sa compagne, adjutorium simile sibi, que le nouvel Adam répandra pour le salut du monde ce vin précieux, qui , étant son propre sang, est aussi celui de la Vierge Marie, comme Bossuet le déclare avec son éloquence coutumière :" Sa chair est votre chair, ô Marie, son sang est votre sang; et il me semble que ce sang précieux prenait plaisir à ruisseler pour nous à gros bouillons sur la croix, sentant bien que vous êtiez la source d'où il découlait. " 

   En effet, il fallait attendre l'heure du Calvaire pour que le Christ réalisât vraiment en toute magnificence la demande de Cana.

   Et voilà comment, sous l'apparence d'un refus, le Sauveur promettait à sa divine Mère de lui donner tout ce qu'il voulait qu'elle demandât pour le salut des hommes. Manière divinement habile, infiniment délicate et aimable, de rattacher sa propre Passion à la demande compatissante de la Vierge Marie, de faire dépendre d'elle l'effusion de son sang, et de lui reconnaître une sorte de juridiction sur tous les écoulements d'un breuvage dont elle-même était la source très pure. 

   Tandis que l'intelligence de la Samaritaine, pauvre femme ignorante et pécheresse, ne devait s'ouvrir qu'avec beaucoup d lenteur et de peine à la lumière divine, la sainte Vierge Marie, mère de la Sagesse incarnée, comprit du premier coup la réponse de son Fils et en découvrit tout le mystère. Ce n'était pas un refus, mais la promesse qu'il se réaliserait entre eux sur le Calvaire une admirable alliance, une communauté plus étroite encore, et plus intime, et plus profonde, que celle qui existe entre un époux et son épouse. Notre-Dame comprit tout de suite le sens que le Sauveur avait donné à sa propre demande. Grâce à l'Esprit de Sagesse dont elle avait la plénitude, elle conclut , sans hésitation, que le miracle sollicité par elle n'était pas écarté, mais qu'il allait recevoir dans l'intention du Christ une signification profonde. 

   Le vin de Cana sera accordé moins pour lui-même et pour satisfaire un besoin matériel, que pour devenir le gage et le symbole d'une liqueur bien autrement enivrante, le sang de Jésus. Et ainsi le bienfait opéré sur la requête de la Vierge ne sera pas un prodige quelconque, mais il sera, au sens propre du mot, un signe, parce que, en manifestant la vertu divine du Christ , il représentera par avance l'oeuvre salutaire de la Croix.

   Notre-Dame comprit si bien la pensée de son Fils, qu'au lieu de retirer sa demande, elle enjoignit aux serviteurs de prendre leurs dispositions en vue du miracle qui allait s'accomplir, et leur dit avec une tranquille assurance, comme si elle savait ce qui allait arriver:

 " Faites tout ce qu'il vous dira." 

 

   Les noces de Cana furent pour la Vierge Marie l'occasion de se manifester à nous comme l'Epouse du Verbe fait chair. Car la Vierge Marie est unie au Christ , non pas seulement en qualité de Mère, mais de plus, et très véritablement, au titre d'Epouse. Epouse du Christ, Notre-Dame l'était déjà sans doute, en raison de l'union hypostatique, puisqu'en elle la nature humaine s'unissait au Verbe de Dieu, mais elle devait l'être encore, et plus proprement, du fait de sa participation au sacrifice de la Croix et de l'assistance qu'elle prêta directement au Sauveur dans l'acte même de notre rédemption. 

   Aux noces de Cana, dans une circonstance dont tous les détails étaient divinement appropriés à ce mystère, le Christ Jésus annonça l'union qui, l'heure venue, devait se consommer entre lui et la Vierge Marie pour le salut du monde. 

   C'est pourquoi, tandis que l'épisode de l'adoration des Mages nous fait saluer dans la Mère de Jésus la Mère du Roi des rois, le miracle de Cana nous révèle, de plus que Notre-Dame est l'Epouse de ce Seigneur des seigneurs, dont elle partage à tout jamais, au ciel et sur la terre, la royauté, la puissance et la gloire :

Adstitit Regina a dextris tuis. 

 

dom Flicoteaux osb+

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Rédigé par Philippe

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Publié le 4 Janvier 2021

 

   Qu'est-ce que la beauté?

" Question d'aveugle", aurait dit Aristote, et de fait il est plus facile de reconnaître la beauté que la définir. N'est-elle point diverse d'ailleurs comme les choses et les êtres qu'elle revêt, et hiérarchisée comme eux? 

   Au-dessus des beaux spectacles de la nature, il y a ceux de l'humanité; au-dessus et au-delà de la beauté des corps , il y a celle des âmes. Une belle pensée vaut mieux qu'un beau visage; une belle action, qu'une belle pensée. En ce sens, les plus grands artistes, ce sont les Saints qui avec de l'action humaine créent la beauté divine. 

   La beauté est donc chose complexe et comme une résultante. Si l'on en croit saint Thomas, la beauté, dans quelque ordre que ce soit, est constituée par trois éléments, dont le dernier paraît être le principal: l'intégralité de l'être, l'harmonie des proportions et la splendeur des teintes. Saint Thomas rejoint ici Platon, s'il est certain que Platon ait défini le beau: la splendeur du vrai. 

  Le père Lacordaire, la définissait éloquemment :" l'épanouissement de l'être dans la lumière, l'harmonie, la grandeur et la bonté, images elles-mêmes de la lumière, de l'harmonie, de la grandeur et de la bonté de Dieu. " 

   Cette excellente définition nous avertit que la beauté - comme toute perfection d'ailleurs - n'est absolue qu'en Dieu: en Lui, elle est substance, car Il est le Bien infini, Il est le Beau infini. Au contraire, en toute créature, - être, faculté, action ou opération - la beauté n'existe qu'à titre surajouté, à l'état de reflet peut-on dire, et seulement quand se trouvent réunis les trois éléments nommés par saint Thomas: la grandeur ou l'intégrité; la proportion ou l'harmonie; la lumière ou l'éclat. 

   Cette doctrine appliquée au corps humain nous indique que celui-ci ne saurait être beau et parfait dans un " amputé " par manque d'intégrité, ni dans un " contrefait " par manque d'harmonie. Au surplus, intégrité et harmonie ne concourent à la beauté du corps humain que si une lumière apparait au visage, lumière de pensée ou de désir, lumière de joie ou de noble passion, rayon d'intelligence, de flamme , de vie intérieure ardente et pure. 

   C'est cette beauté, faite d'intégrité, de proportion et de lumière; beauté virile, et non efféminée; beauté vivifiante et non troublante; beauté divine , et non animale; " beauté qui rend pareils à des temples, les corps", comme nous dit magnifiquement le poète; - c'est cette beauté que nous revendiquons pour Jésus et qui doit être pour nous objet de contemplation " ravissante" , ravissante, à la fois pour nos yeux et pour nos âmes. 

... Cette beauté est indescriptible, et les Saints qui, par faveur spéciale, ont pu l'entrevoir, n'en savent redire que " l'éclat", accablant d'ailleurs pour leur faiblesse. " Je fus ravi en esprit, dit saint Jean, et je vis quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme... sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige, et ses yeux étaient comme une flamme de feu.. et son visage était comme le soleil lorsqu'il brille dans toute sa force. " 

   " Il plut à Notre-Seigneur, un jour , quand j'étais en oraison, de me montrer seulement ses mains: la beauté en était si ravissante que je n'ai point de termes pour la peindre... Peu de jours après, je vis sa divine figure et je demeurai entièrement ravie.. Quand bien même je me serais efforcée durant des années entières de me figurer une beauté si ravissante, jamais je n'aurais pu en venir à bout, tant sa blancheur et son éclat surpassent tout ce qu'on peut s'en imaginer ici-bas. C'est un éclat qui n'éblouit point; c'est une blancheur ineffablement pure et suave tout ensemble; c'est une splendeur infuse qui cause à la vue un indicible plaisir; c'est une clarté qui rend l'âme capable de voir cette beauté si divine; c'est une lumière infiniment différente de celle d'ici-bas, et auprès de ses rayons... ceux du soleil perdent leur lustre . " ste Thérèse 

   La vue de cette beauté physique du Christ glorieux sera, au ciel et pour les élus , une joie- non pas la plus haute, ni la plus béatifiante - , une joie très réelle cependant ,, une joie ineffable, Elle fera le ravissement de nos yeux et par eux de nos âmes ! 

   Toutes les beautés matérielles de la terre - les plus puissamment émotionnantes - beautés de la nature ou beautés de l'art, - toutes ces beautés, vestiges de Dieu, disparaîtront devant la beauté de l'Humanité glorifiée de Jésus ! comme l'ombre, indicatrice de lumière, s'éclipse, le soleil levé, ou comme l'aurore qui annonçait le plein midi disparaît quand celui-ci est venu ! 

   Le ravissement causé aux élus par la Sainte Humanité du Christ fera partie de ce " Torrent de jouissance: Torrente voluptatis" dont parle le Psalmiste auquel Dieu nous abreuvera éternellement, potabis eos

" Tu es le plus beau des fils de l'homme,

Et la grâce est répandue sur tes lèvres..."  ps. XLIV,3

" Mon bien-aimé est blanc et vermeil!

Sa tête est d'or pur... 

Ses cheveux flexibles comme des palmes,

Et nous, comme le beau!

Ses yeux ressemblent aux colombes...

Ses joues sont un parterre de baume..

Ses lèvres sont comme des lys

D'ou découle la myrrhe la plus pure...

Ses mains sont des cylindres d'or...

Son aspect est celui du Liban

Elégant comme le cèdre...

Toute sa personne est pleine de charmes. " 

Ibid, V, 10, 16

   Ouvrons chaque jour l'Evangile pour y contempler le beau tableau de l' Humanité du Christ, pour y entendre l'admirable concert de ses divines paroles, pour y lire le splendide poème de sa vie sur terre. Laissons-nous ravir - yeux, esprit, âme - à cette beauté physique du Christ: elle sera pour nous ce qu'elle fut pour les Saints: source vive de beauté morale.

RP Viel op 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 4 Janvier 2021

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 3 Janvier 2021

 

 

 pour mr. l'abbé Duchène de Paris. bonne semaine. Je reviens de chez les kangourous, vèpres et salut du st nom de Jésus, il faisait très chaud quelle paix ! 

j'ai eu droit à d'autres cadeaux cette année, plus une boite de chocolats que j'attends de Bordeaux.. hi hi hi .. un cadeau de l'espé aussi. voilà voilà .. 

Ce matin l'église était bien chauffée, normal comme c'est moi qui gère. on ne risque pas d'avoir froid, 

Allez ne prenez pas froid. Bonne rentrée  dans la joie de Noël ... 

Ph. 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 3 Janvier 2021

 

 

 

 

Les moines du Prieuré Notre-Dame de Tasmanie vous adressent l'assurance de leurs prières et leurs meilleurs vœux pour un Noël vraiment béni et une nouvelle année 2021 remplie de grâce. Nous vous confions vous, tous vos proches vivants et décédés, et toutes vos intentions, à l'Enfant Roi par Marie Immaculée, sans oublier St Joseph, en cette année qui lui est dédiée. Que la Sainte Famille vous resserre, vous et les vôtres, dans l'amour de Dieu maintenant et toujours.
 Merci d'être proche de notre communauté et pour votre généreux soutien au cours de l’année écoulée.
The Monks of Notre Dame Priory in Tasmania would like to send you the assurance of their prayers and their best wishes for a truly Blessed Christmas season, and a New Year 2021 filled with grace. We entrust you, all your loved ones living and deceased, and all your intentions, to the Infant King through Mary Immaculate, without forgetting St Joseph, in this year dedicated to him. May the Holy Family hold you and yours tight together in the love of God now and always. Thank you for being close to our community and for
your generous support over the past year.
 
 
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 2 Janvier 2021

 

 

 

 

 

 

 

 Avec les anges je voudrais chanter

du plus profond de la profonde nuit, 

et de l’Enfant porter le message

qui veille, là, dans l’étable pour nous.

Je voudrais réveiller les endormis

qui du soleil ne virent jamais la lumière.

Inviter ceux dont le cœur est en peine, 

ceux auxquels rien n’est parvenu des joies de Noël.

A tous, tous je voudrais annoncer

où ils pourront rencontrer leur Sauveur.

Comme les étoiles je voudrais briller,

d’une vive clarté jusqu’au lieu le plus reculé.

Faire connaître l’amour divin

dans les vallées plongées dans la nuit.

Plonger en chaque cœur 

la lumière de la foi et les flammes de l’amour,

guider les pas de tous les peuples

au lieu où repose leur Seigneur,

pour que réunis aux pieds de Jésus,

ils saluent, dans l’Enfant, leur Sauveur.

Être troubadour auprès de la pure Mère

pour m’agenouiller moi-même auprès de l’Enfant,

me consacrer avec la fidèle attention de Joseph

jour après jour à Jésus, mon Seigneur.

Je voudrais lui offrir pour crèche

mon cœur riche en amour,

le protéger là du vent et du froid,

reposant sur une paille tiède et moelleuse. 

De tout ce que je fais, mes démarches, mes pensées,

de toutes mes actions faire une offrande agréable.

Oh Enfant, sois le guide de mes pas.

 

st Arnold Janssen 

 

 

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Rédigé par Philippe

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